activités “Plus de la moitié des délégués s'étaient rendus à Miscouche pour le 14 afin de prendre part aux travaux des commissions, lesquelles, toute- fois, n'ont pu, excepté celle de la langue et de l'éducation françaises, accomplir leur oeuvre que dans la soirée. Les commissions ont siégé dans les salles du couvent de Miscouche, généreuse- ment mises à la disposition de la con- vention par les Religieuses de la Con- grégation de Notre-Dame. Disons de suite que les mesures prises par M. le curé de Miscouche et ses paroissiens pour recevoir les gens ne laissaient rien à désirer. Franche hospitalité, accueil cordial, préve- nance empressée, on se sentait à l'aise partout. A l'arrivée du vapeur à Summerside mercredi et jeudi, des convois spéciaux transportaient les passagers à Mis- couche, où l'on arrivait à temps pour prendre le souper sous les tentes éri- gées à peu près à mi-chemin entre la gare et l'église; le service des tables était très bien organisé, et les dames méritent des éloges pour le succès avec lequel elles ont rempli leur tâche. De fréquentes averses ont inter- rompu le pique-nique qui a eu lieu le 14, et l'on avait lieu de craindre pour le succès du lendemain. Ces craintes ne se réalisèrent point, car jamais 18 Quelque 5000 personnes assistaient aux activités de la dernière journée de la Convention, le 15 août. La journée commença par une messe célébrée en plein air sous un dais d'arbres et de verdure. Le pique-nique, qui se déroula au cours de la journée, rapporta un bon profit. Cet argent servit à la construction de la nouvelle église, érigée en 1890. soleil plus radieux n'a lui sur un jour de fête. Aussi, dès sept heures du matin, les abords de l'église étaient-ils déjà remplis d'une foule immense, en habits de fête, le sourire sur les lèvres, la figure rayonnante, le regard animé. Le temple de la paroisse allait être trop petit pour contenir la dixième partie de la multitude. Un autel fut érigé à la porte de l'église sous un dais de ver- dure, et les Religieuses du couvent se chargèrent d'exécuter les décors. Un espace suffisant fut réservé en face de l'autel pour les membres du clergé présents, les membres du comité exécutif et les délégués, les membres du corps de musique et le choeur paroissial. (..) De quatre à cinq mille personnes se pressaient sur le carré de l'église lors- que commença, à neuf heures et demi, le Saint Sacrifice de la messe, offert par le doyen des prêtres acadiens, M. l'abbé Charles Boudreault, des Iles Made- leine.. Le choeur de Miscouche, composé d'environ vingt voix - hommes et femmes - exécuta à perfection une messe en musique celle de Peters - sous la direction d'une Religieuse du couvent, aidée de Mlle Léonore Bour- que, qui présidait à l'orgue. A l'offer- toire, le choeur chanta l’Ave Marie de Lambillotte. Le corps de musique du collège Saint-Joseph fit entendre plusieurs morceaux appropriés à la circonstance. Après la messe, le Révd Père A.-D. Cormier, du Collège Saint-Joseph, prononça le sermon de circonstance. Prenant pour texte ces paroles: Beatus populus cujus Dominus Deus ejus, le prédicateur - invité à la dernière heure - n'eut qu'à laisser parler son coeur pour être éloquent. (.) Après la messe on se sépara pour le dîner. À une heure, du haut d’une estrade préparée spécialement à cette fin, le président ouvrit les travaux de la convention dans un admirable dis- cours qui frappa tous les esprits par la justesse de ses observations. La convention a dû sièger le soir, dans la salle du couvent, pour élire les officiers du prochain congrès, qu'il a été décidé de tenir à la Nouvelle- Écosse. L'hon. M. Landry a été réélu président à l'unanimité; l'hon. Isidore LeBlanc, d’Arichat, et M. Urbain Doucet, de la Rivière Météghan, ont été choisis pour vice-présidents, et M. Pascal Poirier pour secrétaire.” (Le Moniteur Acadien, le 21 août 1884)