PT wn.sf nn. ® "A A are bien: ef © nt PRE NOR PE 0 ip ms med ee À RS ES Qi. CE À À .» T° L ÉMPARTIAL . — entra — _— a CHACUN SON HOMME [d'or ses yeux rage comme | doigts sa parruque soufflée. |, du qu'il put et répondit | pas Gottlieb, ; te ceux d’un hibou, et presque con | Comment je fais PORT NOT | avec assurance : —Moï.… mon... monsient ! HAYIN G & ä È ag 2 le ha vous Con- | stamment il avait à la houche | tant et cheveux us Agé | _I]s sèrônt repoussés avant | balbutia-t-il. ; HAR nit à Laon et que vous éprou- | une longue pipe en porcelaine | 207 intérieurement flatté inze j k } , | viez le besoin de vous faire ra- ee : F] allait répondre que c'était TRE T pri ré F —Voyons, remettez-vous, je VESTING ser ou rafraîchir les cheveux, ne vous adressez à nul autr: qu'a maitre Agénor Brisset, dont la boutique ornée des panonceaux de la partie—les deux plats à barbe en métal tintinnabulant au moindre souflle de zéphir— fait l'angle de la (rande-place et de la petite rue d:: Coucy. Maitre Brisset, outre ses ta. | lents incontestés de figaro, est | ux patriote qui a fait «es preu- ves en 1870; et pendant qu'il | passera d'une main l‘gère le blaireau mousseux sur vos joues | ou fera grincer, selon les régles, ses ciseaux à vos areilie, il ne manquera pas d'amen:r avec a- dressé la conversation «ur l'oc- cupation allemande. Ah! monsieur, s’évria-t-il, pour peu que vous l'en aura- giez par quelques grogn-:nents approbatifs. qnatorze mois du- rant, nous avons du h'-rger cette vermine!..…..C'est ions, al- Jez!.…., Mais c'est notre faute aus- si, il faut savoir l'avouer ve Si tout le monde avait :;-ofit le sien, camme je l'ai fait. :uo! qui vous parle, nous en aurious (hf plus vite débarass's! Cha- eu» son homme ! Je ne connais que ça! Crardez-vous bien de manifes- ter Ja maindre impatience si mai ire Agénor, tout en se retirant un peu de vous pour donner un coup du euir à son rasoir, tous- saille comme l'orateur: qui va entamer son morceau capital, Vous perderiez l'histoire de ses hauts faits et ve serait dom- mage, car elle est amusante. La voici pour ceux qui n'iraient pas à Laon ou qui n'auraient pas de temps à y d'penser. En 1870, maitre Brisset qui est aujourd'hui un gros petit homme légèrement chauve et déiraichi, entrait dans sa tren- tième année et passait owr un joli garçon. Il possédait, entre autres avantages, une luxu- riante chevelure brune toute crépélée, formant de chaque côté d’une. raie irréprochabie deux touffles monuementales. Les lois dela proportion hu- maine étaient bien quelque peu voilées par cett. tête aussi gros- se à elle seule que son buste toute entier, mais les Laonnai- ses n'y regardaient pas de si près et il avait en b.aucoup de succès auprès des jeunesses de la ville. | Finalement il s'était rangé en épousant une des plus gentilles d'entre elles, Cévile Obin, fille unique d'un de ses coilègues retiré des affaires avec une pe- tite aisance, Cécile était grande élancée, elle avait la taille bien prise, ie corsage rebondi, le teint-superbe, et un amour de petit nez relevé à la Roxelane : dont sont mari raffolait, Les affai res marchsient bien, la boutique était des plus achalindées; le couple encore dans sa lune de miel jouissait donc de la félicité la plus parfaite ques la guerre éclata, Les désastres, se mirent à succéder et enfin le 9 septembre, après un court bom- bardement, les Prussiens en- traient à Laon. Agénor, pour diminuer ses frais, sous-ieuait en garnit une belle chambre si- tuée au-dessus de sa boutique ordinairement à un officier de Ja garnison. Dès le lendemain de J’occupation, un capitaine de dragons bavaroïs se présenta avec un billet de réquisition et s'y installa sans plus de céré- mouie C'était une espèce de colosse d'une quarantaine d'années, au le menten orné d’une barbe rude, mais !e ja quelque pu dénndé pollrox, longue crane, dé au soinmet par le qu: Son large nez sout nait d: lon:des nuet'es qui -ur‘olaieut port du vas- | pendue entre temps à ses ai- guillettes. Ce paudour répon- dait au doux nom de Gottlieb Fitzelmann. Dès son installation chez les coiffeur. il se mit à courtiser tesque d'ours mal éché, mettant la main sur son cœur avec des roulements - d’yeux blancs, | quand, en train de fumera sa | fenêtre, il s'apercevait balayant | le matin le seuil de la boutique |avançant vers elle ses lèvres lip- | pues en ouvrant les bras quand il a rencontrait par hasard dans l'escalier, ne manquant pas une aceasjon de murmurèr en pas- sant près d'elle : —Cholie ! Chôlie! Cécile! esquivait de son mieux, dégringolait les marches ayec ane légèreté de cabri à son. approche et venait toute tremhlante se réfugier près de son mari, Agénor comprenait à la voir ainsi entrer en coup de vent, la figure à l'envers, ce qui venait encore de se passer, et toute sou petit corps sou- bresautait de fureur. Ah mais ! ah mais ! C'est qu’- il ne faudrait pas qu'il aille trop loin, ce coca-là ! répétait souvent quand sa femme Je soir, sur l'oreiller, lui confiait les galautes entreprises du dragon. Oh! je t'en pris! disait alors Cécile en se serrant contre lui, fait semblant de rien... il te tuerait ! Me tuer: ricanait le petit homme avec un air de dédain comique, Il en faudrait un au- tre que Ini! Mais en attendant il n'était guère rassuré et sa jalouise d'époux lui inspirait une haine ardente de patriote qu'il exha- lait à tout propos. Nouvent même ses clients lui conseillent un peu plus de circenspection, Il vous arrivera malheure, voisin ! lui dit un jour le bou- langer d’en face, Mais il ne tenait aucun com- pte des avertissements et ne perdait pas une occasion de re- garder Gottelieh d'un air de défi, Celui-ci s'apercevait bien de l'hostilité de son hôte, mais il affectait d’en rire, prenait en lui parlant des airs vainqueurs et ne l'appelait jamais autre- ment que “Bedit !” Un matin, en revenant de la parade, il entra dans la botiqne pleine de clients, et d'une voix de commandeur ii s'écria : Fous vaire monder gez moi paugoup bedides poudeilles… pour sendir pou... pour blaire aux vermme | Tout en parlant ainsi, il fixait des regards langoueux sur Cé- cile assise à la caisse, Agénor qui rasait un commer- çant du voisinage eut comme un éblonissement. Le sang afflua à ses joues et il brandit son rasoir d'un air si tragique que tout le monde erut qu'il allait sauter sur le Bavaroïs. Mais ce ne fnt qu'un éclair. La raison lui re- vint à temps et il répondit sans lever les veux. C'est bien... on vous mon- tera ça... Du de suide ! C’est entendu A partir de ce jour Gottlieb empesta le Bully et les vitrines d’'Angenor se dépouillèrent avec rapidité, Sa fureur s'en aug- mentait d'autant et il ruminait sans cesse de quelle façon il pourrait se venger de cet odieux Jocataire. Ce fut le dragon lui-même que lui en fournit occasion. Satisfait de l'effet produit par sa demande de parfums, il en- | tra de nouveau quelque jours | après dans la boutique et s’ad- | ressant au coiffeur : Gomment fous vaire bour afoir geveux dant ?.....….. , de mandat-il on efflenrant des 7 Cécile ; une cour brutale et gro- naturel, mais soudain une idée d'ingénieuse vengeance germa dans la cervelle. Ah! voilà! s’écria-t-il. grâce à ceci! Et il alla prendre un des ra- res petits pots restés à son éta- lage. Une pommade inventée par moi ! continua-t-il. En s’en grais- sant la tête tous les jours on volt ses cheveux pousser com- me par enchantement, Ah! fit Ctottlieb avec son ac- edt guttural. 1l ôta son casque, se haissa pour montrer au petit homme le dessus de son crâne où la tonsure s’accentutait de plus en plus, puis se redressant : Fous vaire rebousser ça? de- manda-t-il. Certainement! En un mois!. Et ensuite vous aurez autant de cheveux que mel !…, répon dit ie perruquier. Et goguenard, il ajouta : C'est ça qui plait aux femmes ? Le Bavarois n'hésita plus. 1l prit par le bras le client à moitie rasé qui le regardait bouche béante. Fourt ! lui dit il. Et s'instsllant sur le fauteussil à sa place, il commanda à Agé nor. Cressez mon dêde! Le petit homme ne se le fit pas répéter, D'un air empressé qui intrigua tout lo monde, il soisit la fiole, l'ouvrit, en sertit du bout du doigt une pâte bian châtre et se mit en devoir d'en enduire l'occiput du dragon. Quand l’opérrtion fut terminée celui ci aila regarder dans la glace. Il était hideux avec ses raèches raides et luisautes, dres sant de toutes parts; mais cela ne l’empècha pas de se sourire d'un air satisfait et de mur murer en passant devant la caisse où tronait Cécile ! Chôlie ! choôlie ! : Dès qu’Agénor se trouva seul avec sa femme, il lui confia le bon tour. C’est de la pâte épilatoire‘ lui dit ii en riant. Dans quinze jours, ce sale oiseau sera plus déplumé qu'un vautour! —0h ! Agénor! qu'est-ce que tu as fait là? s’écria Cécile éDeu- vantée. Quand il verra que tu t'es moqué de lui, que va-t-l arri- ver ?......Oh! mon Dieu! mon Dieu !...… Et elle se mit à pleurer. Bah! hah! tu t’exagères la chose ! répondit le petit homme. Mais au fond il commencait à regretter sa fumisterie. Le lendemain matin quand le capitaine revint pour la seconde séance 1l essaya de substituer à celle de la veille une pommade inoffensive Mais Gottlieb avait l'œil et il fallut s’'exéonter. Au bout de huit jours des mèches entières de cheveux roux demeuraient attachées aux parois de son casque chaque fois qu’il se décoiffait et son crâne ressemblait à un jardin où des allées sablées formaient les méandres et les rondspoints les plus fantaisistes. Un matin, il eñtra, son sabre un à la main, le plaçca lourde- ment sur la tablette de marbre devant la glace et, fixant sur Agénor das yeux mauvais, 1l dit : — Fous afez tit un mois !..,i tant drois semaines gefeux pas reboussés dous, che goube le dède à fous ! Cécile faillit s'évanouir dans son comptoir et Agénor sentit un frison désagréable lui courir le long du dos. Mais que faire ? . Avouner sa faute ? C'était tout simplement avancer l'heure du châtiment! Mieux velait gag- ner du temps et compter sur l'imprévu. 11 raffermit sa voiy C’est A a d ss vous le“dis:! … Ei il se mit au graissage. Huit | jours se passèrent encore. Le crâne du dragon se dénudait de plus en plus Le jardin était devenu une plaine aridé où quelques rares végétations se montraient seules ça et là et on prévoyait qu'à courte écheance ce ne serait plus qu'un vaste désert sans la moindre oasis. Aussi Gottlieb roulait-il des yeux de plus en plus féroces et frappait-1l plus fort son sabre sur le marbre. , 1l ne parlait plus même à Cécile. Les deux époux, une fois dés barrassés du terrible client, n’arrétaient pas de so lamenter ot Agenor avait beaucoup per- du de son assurance des pre- miers jours. L'hiver était venu, un hiver épouvantable, fraid, pluvieux, sombre, désespérant, et cette tristesse ambiante s’a- joutait encore comme un lugu- bre pressentiment à leurs ac- goisses, Le délai fatal allait expirer quand un branle-bas inusité se produisit dans les troupes d’oc- cupation. C'étaient des allées ot veuues, des appels réitérés de trompettes, des galopes d’es- tafettes, un tohu-bohu extraor- dinaire, Finalement. la veille dut jour ou le mois accordé par (Grottlieb au coiffeur expirait, et comme le dernier de ses che- veux avait quitté son occiput en peinte, désormais lisse et brillant comme un œuf d’an- truche, la plus grande partie de la garnison reçut l’ordre d’aller renforcer, en prévision d'une prochaine bataille, l’armée d’in- vasion opérant sur Paris. Le temps était plus mauvais que jamais, une pluie diluvienne mélangée de neige n’arrêtait pas de tomber. Le capitaine entrouvrit la porte de la boutique avant de monter à cheval et ôtant son casque il dit à Agénor plus mort que vif : --Che tefrais gouber dède a- fan bardir !......mais moi vitèle à mon parole... Ch'ai dit un mois, é’èdre un mois! Che gouberai déde en refenant, si gefeux bas reboussés !.... Il se recoiffa d'un geste tra- gique, sauta sur son grand che- val et partit au galop. _—S'il pouvait se trouver sur le chemin d’un boulet, s’écria Cécile dès qu’il eut disparu. —On simplement d'une balle d'une petite balle! ajouta Agénor. 1l ne faut pas être trop exigeant. Et ils rentrèrent avec un peu d'espoir. Huit jours. La colonne ne re- venait pas. L'espoir augmen- tait. Eufin un soir, on entendit au loin les trompettes. C’étaient eux !.…Cécile et Agénor se mi- rent à trembler de tous leurs membres. Ils n'avaient plus qu’à attendre la mort. Jusqu'à minuit 1ls demeurè- rent enlacés, mêlant leurs san- aœlots et frissonnant au moindre bruit de pas se dirigeant vers leur maison Rien ne vint. Avec l'aurore, ils commencèrent à respirer. C’était donc vraïi...le boulet !...la balle!... Deux jours, trois, huit... Pas de capitaine. Cécile reprenait ses belles couleurs et Agénor- redevenait goguenard. Mais le soir du neuvième, comme il mettait les volets de sa bouti- que, une lourde main s’abattit sur son épauie. 1l poussa un grand cri et s’écroula sur le pa- vé. —Eh bien! qu'est-ce que vous avez mon bonhomme ? de- manda une voix claire, dans un français presque sans accent. Est.ce que je vous fait peur ? Agénoi rouvrit les yeux et releva la tête ; c'était bien un ofcier des dragons, c® n’était k ine vous veux pas de mal. Mon- sieur, Brisset, coiffeur, c'est ici n'est-ce pas? 11 y a chez vous une dhambre vacanté ? Cécile an bruit des voix était ‘accourue, --Vacante ? dit-elle. Non, c’est la chambre ” M. Fitzel- mann ....., — À été tué ? s'écrièrent d’une seule voix les deux époux. —Non, le pauvre diable! 11 n'a pas eu cette chandé. 11 est mert bétemenr à l'hopital! ce matin, des suites d’un refroidis- sement pris en route. 1l avait perdus tous ses creyveux dans ses derniers temps, le malheu- reux, et par nne température pareille. Agenor et Cécile ne l’écau- taient plus. Ils étaient tombés dans les bras l’un de l’autre. et ils pleuraient, Le soir, à l'heure de la oau- serie ordinaire sur l'oreiller, le petit homme dit à sa femme : —Hein !crois-tu que j'ai eu une bonne idée de l’épiler!...… Depuis ve temps cette aven- ture a pris dans son imagination légé- rement gascenne des preportionz co- lcssales- Il est persuadé qu'il a agi côrement qu’il répète à tous ses clients; —Ah ! sitout le monde en avait fait autant !...Chacun son homme | Je ne connais que ça ! PETITE CONTREVERSE Les savants et les hommes d esprit ne s'occupent pas de religion. C est là une assertion comp'ètement fiusse. Il suffit dlouvsir l’Litoire peur s'en convainere ‘Ou peut affirmer, dit Mgr de Ségur, que depuis dix-huit cents ans, parmi les hommes éminents de chaque siècle, il y n ÿ à pas eu uu iucréddule sur vingt ‘Et parmi ce faible nombre d'incré- dules, on pent aflirm:r encore que la plu part ue tureut pas stables dans leur ju crédulité et se rèfugièrent, avant de mon tir, dans les bras de cette religion qu'ils avaient blasphémée, Tels furent Montesquieu, Bufian La Harpe Voltaire, lui même. malade 4 Haris, fit appeler le curé de Saiat-Sul- pice.Le danger passa et avec le d:nger la crainte de Dieu. Son médecin a attes è quavant sa mort il avait de nou veau demandé un prêtre. Maisce der nier ne put jamais pénétrer jusqu'au lit moribond. Ses amis qui veillatent Ini re tusérent cette consolation 1l en fut de mème de d’Alembert, Et s’il fallait nom mer tous les grands hommes que le chris tianisme a produits, il fsudrait nommer 1°8 plus grands savants, les plus profoud gé: es dans tous les genres Faut il par lent Pères de l'Eglise, oes seuls savants des quinze premiers siécles ? Faut iinom mer tous les philosophes, les juriscousul tes les litterateurs, les poètes qui sont l'honneur de notre race ? Et nos gloires militaires ne sont‘elles pas la plupart des gloires re.igieuses ? Aujourr’hui encore, le catholicisme peut citer, dans touces les professions les noms les plus glorieux- P. M. P. I HAVE THEM! AI Styles ! ALL PRICES ! Banner spring road wagons concord body, Elliptic spring Phaetons, Milkado Phaetons, Maple Jeaf road carts, Sunol carts, Truck wagons; Brantferd buggies, all ER Cossitt’s rakes, mowers and reapers, New William sewing machines, Sold Cheap for Cash or approv- ed Credit, Wm. Mclntosh, TIGNISH, P, E. 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