4, ‘gua. L'IMPARTIAL, TIGNISH 2€ T À. P. E., MARDI 21 FEVRIER 1911 Il mm À r8 ANNÉE a ———— — NOUVELLE SERIE ee 000000070529 0000009999959 Nouvelles Locales, Provinciales et $ Â. O C209000000009 Un théâtre d'opéra a été rasé par le feu dans la région de Cobalt. Les pertes sont d'environ $10,000. Le nouveau navire de cinquante mille tonnes, de la ligne Cunard, actuellement en construction à Clyde Bank, sera nommé ‘‘Aqui tania”’. Un attentat a été dirigé contre la vie de M. Alex:ndre ferroux député et :hef du parti épublicain à Barcelone, Espagne. Oa vient de présenter à la légis- lature d'Ontario un bill abolissant toutes les exemptions de taxes sur les églises, les écoles publiques et séparées et les propriétés des uni- versités. Les gouverneurs du Daïhousie Generales. O O COST C ment. M. et Mme. Celestin Poirier de DeBlois, sont revenus ia semaine dernière, d'un voyage à l’est de l'île et à la Nouvelle-Ecosse. Nous regrettons d'apprendre que Muwe. (Dr.) Murphy de ce village st gravement malade. M. Hubert Gaudet de ce village est reteuu à la maison par une gra- ve indisposition. Mgr Debout, l'historien de }:anne d'Arc, vient d'être nommé évêque de Langres. Le détachement canadien quijse- ra envoyé au couronnement du Roi sera composé de quatre hommes de chacun de nos régiments. College, de Halifax, ont entrepris de prélever une scmme de $300,090 | | “ pour pourvoir à l'agrandissement : de l'institution et à la fondation de bourses. Mgr Gauthier arrivera à Ottawa cet après-midi vers 5 heures pour prendre officiellement charge de ’ Archidiocèse d'Ottawa. L'iftronisation du distingué pré: lat aura lieu les 21 et 22 à la basi- lique. Le ministère de la guerre, en Al- lemagne, continue sa confGance au comte Zeppelin. Il vient de mon- trer qu'il avait toujours foi en son habileté inventive et constructive en lui commandant un ballon pour l'armée. On dit, à Rome, que le gouver- nement de Grande-Bretagne a eu . une cousultatiou avec les autorités navales italiennes au sujet de leur attitude envers la situation créée par la fortification du cauxl de Pa nana. Les dépêches d’Extrême-Orient signalent la possibilité d'un soulè- vement des Boxes contre les ét'an- gers dans la région ravagée par la peste. Il paraît que l’émeute gronde et qu'elle sera aussi vio- lente qu’il y a dix ans. Il est rumeur que l’‘‘Empress of Britsin’’ et l’‘‘Empress land ,’’ les deux grands navires du C P. R. feront l'an prochain, le service sur le Pacifique, entre les ports canadiens et Hong Kong. D: nouveaux navires seraient contruits pour remplacer ces steamers sur l'Atlantique. of Ire- Une explosion s'est produite dans un entrepôt d'armes et de mu nitious situé non loin du palais du président du Nicaragua, à Mana- D'autres explosions se sont ensuite produites successivement, qui ont causé la mort de trois sen- tinelles. 7.000 carabines et 10. 000,000 de cartouches ont été dé- truites. M. Hill, membre du Congrès des Etats-Unis, a déclaré, d'après un discours prononcé autrefois par le speaker Cannon, que le but ultime du traité de 1éciprocité était d'en arriver à euglober dans la républi- que américaine toute l'Amérique; du Nord et même tout l'hémisphère occidental. Ur premier vote a été pris à la Chambre des représentants de Washington sur proposition d'entamer immédiatement l'étude du traité de réciprocité présenté par M. McCall. La proposition a été adoptée par un vote de 197 contre 120. On s'attend jà ce que le traité soit approuvé par une ma- la ) jorité plus forte encore. L'Autel—A St-Paul de Kent, le 14 février, M. le Curé Léger bé- nissait l’uniou de M. J.-O. Gal. lant, rédacteur de l’‘‘Evangéline’”, et de Mlle Evargéline Arsenault. Le nouvean couple est arrivé à Moncton dans l'après-midi. L'ImPARTIAL souhaite bonheur et prospérité à l’heureux couple. MM. Stanislas et Zacharie Cor- mier de St. Gilbert, paroisse d’Eg- mont Bay. étaient en visite à Tig- Lundi les messieurs Cormier nous faisaient uve agréable visite. M. Zacharie nish la semaine dernière. est arrivé des Etats Unis dernière- M. L. H. McLeod, Kildare capes, will sell at public auction, at his residence, March 8 1911, Stock of farmiug implement, household firniture, horses, cattle etc. See posters for further ivformation. Comme suite aux rapports alar- mants venant de Chine, la presse anglaise insiste pour que les plus graudes précautions soient prises contre l'invasion de l’ Europe par la peste. « À moins que le gouvernemient de St Petersbeurg ne trouve un mo- yen quelconque pour arrêter les ra- vages du choléra en Russie, l’épi- démie va prend-e des proportions plus redoutables que jamais. Le projet de loi accordant le suf- frage à toutes les tenancières d'ha bitations sera mis à l’étude par la commission des bills privés des Communes anglaises, le 28 avril prochain, M. L. H. McLeod, de Kildate Capes, offre en vente ses instru- ments aratoire, chevaux etc. voir les placards pour plus d’informa- tions.$ La vente a lieu ie 8 de mars. Le R. P. Théodore Spetz, de Berin, Allemagne, a apopris, par un courrier de Rome, sa nomination au poste de supérieur des religieux de l’otdre Canadien des Résurrection- uistes. L'Association des marchands de bois du Connecticut a adopté à l'u- nanimité, une résolution recom- maudant aux sénateurs de l'Etat d'appuys#r la ratification du traité de réciprocité. David Lloyd-George, chancelier de l’échiquier en Angleterre, se- rait, dit une dépêche de Naples, très gravement malade, au point d être forcé tout ;prochainement de démissionner. J1 souffre ue pros- tration nerveuse. Sir Robert Bond, ex-premier mi- uistre de Terre-Neuve, condamne l’arrangement conclu par£sir Ed ward Morris avec le ‘gouvernement américain au sujet des pêcheries. Il se déclare aussi opposé à un traité de réciprocité avec les Etats- Unis. Le ‘‘Victoria’’, paquebot en acier de la ligne Alaska Steamship, al- laut de Seattle aux ports alaskans, s’est échoué sur les récifs de Hin- chinbrook, dans une tempête de neige. Il a été renfloué et les pas- sagers ont terminé leur voyage sur le ‘‘Bertha'’. La banque du Nouveau-Bruns- wick doit porter son capital à un million. Les parts nouvelles se- ront vendues aux actionnaires à $260 ce qui fait $15 de moins que le prix réclamé sur le marché de Montréal. Après plusieurs années de tra- vail, le président des Etats Unis a réussi à obtenir l’assentiment des puissauces maritimes, dont les su- jets s'’adonnent à la chasse aux phoques, à une entente pour la rè- glementation de cette chasse Gans le but d'assurer l'accroissement de ; ces animaux dans la mer de Beh- ring. 2,500 étudiants de l’université de S. Petersbourg, réunis eu assem- blée, ont décidé de se mettre en grève jusqu’à Pâques. La police a opéré cinquante arrestations. L'acte des étudiants est provoqué par cer taines mesures répressives ado: tées par le cabinet qui enlèvent aux (sous-gradués certains privilèges. Les sénateurs américains Crane, Carter, Smart, trois vartisans du tarif élevé, ont annoncé à la Cham- bre Haute, que si le vote sur le traité de réciprocité n’est pas pris avant le 4 mars prochain, le prési- dent Taft convoquera une session spéciale du Congrès. | | | | Le président Henderson Mau, de l'Association des Grain Growers a donné ordre à son avocat d'inten. ter des poursuites en dommages pour libelle, coutre le ministre des finances de la Colombie Anglaise, M. Ellison, à moins que le ministre ne se rétracte ou ne donne des preu- ves de son affirmation, que Hill au- rait donné $50,000 aux ‘ Grain Growers’’ du Mauitoba pour les er- gager à se déclarer en faveur du traité de réciprocité. La commission des écoles de Winnipeg a décidé d'augmenter les traitements de tous les instituteurs. Ceux de première année recevront $500 au lieu de $450. Les iustiteurs réguliers toucheront de $650 à $80o en première année, au lieu de $575 à $725, etle maximum obtenu a- près huit années de services sera de $900 à $1050 au lieu de $800 à $950. Dix-neuf hommes ont été bles- sés, dont cinq fatalement, lors de l'explosion d’un baril de gazo!ine, à Jamaica, Long Island, mardi ma- tin. La gazolire se tiouvait sur un wagonnet dans les cours du chemin de fer Long Island‘et les hommes qui ont été blessés travail- laient à côté à enlever la rieige sur la voie. On n’a pas pu découvrir ce qui avait été la cause de l’ex- plosion. Est décédée à Egmont Bay, sa- medi le 11 du mois, Mme. veuve Prospère Arsenault. Elle était soeur de feu sénateur Arsenault et âgée de 80 ans. Que son Âme re- pose en paix. In an issue of this paper in De cember last reference was made to the Standard Topographical map of Canada being issued by the Department of the Interior, Otta- wa, in sheets as completed and to the new map of Prince Edward Islanäi, being sheet No. 14 of this Series and then just issued. The Halifax sheet of the same series, covering the counties of Lunenberg and Kings, and parts of Hants, Halifax, Shelburne, Queens and Annapolis in Nova Scotia, has just been published and gives inte- resting ani up to date information about that part of the Province of Nova Scotia. The Cape Breton! and Truro sheets have already been published. Single copies of any of these sheets, as far as published, can be obtained on application to the Chief Geographer, Department of the Interior, Ottawa. No :s sommes heureux de cons- tater que les cultivateuts de Bloom- fieli sont à l'oeuvre pour établir uve fromagerie à B'oomfield Sia- tion. L'hon. B. Gallant, notre dévoué député à la Législature Provinciale fait tout en son pou- voir pour la réusite de l'entreprise. M.S. T. Gallant de Piusville é- tait à Tiguish au commencement de ia semaine, dernière, M. Gal- lant, qui est gérant pour une des hommarderies de la Portland Pack ing Company est très occupé aux préparations de cette importante industrie pour le printemps. M. J. R. LeBlanc,Ï agent-voya- geur pour l’importaute maison Laing de Montréal, était à Tignish, jeudi dernier. M. LeBjlanc est na- tif de Memramcook, N. B. et voy- age pour la maison Laing depuis nombre d’années. M. LeBlanc est un patriote d’un type qni ré jouit lorsque l’on a le plaisir de le rencontrer. A. T. LeBlanc, agent-voyageur du chemin de fer Intercolonial pour l'envoi du beau calendrier du che- min de fer du peuple. Le club dramatique de Miscou- che est à prépaer un concert pour le 24 de ce mois. Voici le compte rendu de la fro- | pour 1910 : juin, fermature 3r octobre. Nombre .e patrons 167 ; quanti- té de lait, 1,705,54 livres ; from- mage 171,092 livres ; moyenne de gras dans lelait, 3.78 ;! valeur du cent ; prix reçu pour fromage, 10,86 ; quantité de lait pour chaque livre de fromage, 9975 livres. L'arnée 1910 a été prospère pour cette fromagerie. Ci-suit le compte rendu de la fromagerie de Tignish : Ouverture de la fromagerie 30 mai, fermature 31 octobre. Nombre de patrous 170 : quanti- té de lait, 1,307,904 livres ; froma- ge 1,505.63 ; quantité de lait pour chaque livre de fromage, 10,017 : le prix du transport du lait a été 9 12 ; le prix dulait par cent 82.83; prix reçu pour fromage 10.955 ; moyenne de gras dams le lait 3 78, Nos lecteurs peuvent faire une comparaison de ces deux fromage- ries avec les autres de l’île. Tig- nish et Alberton ont droit aux cha- leureuses félicitations pour leur succès. NECROLOUIE Est décédée à Duvar, paroisse de Bloomfield, vendredi le 3 du mois, Catherine Buote, institutrice. Elle laisse pour la pleurer, un père et une mère ;,M. et Madame Gérard Buote, aussi trois soeurs et deux fières. Quoiqu'elle n'avait pas encore! atteint l’âge de dixen ufs ans, Mlle. Buote se dévouait à l'enseignement depuis près de trois ans. Elle a enseigné pendant une année à l'é- cole de St. Louis et une autre an- née à DeBlois. Lorsqu'elle fut frappée par la maladie, la défunte, avait charge d'une école près d’Alma, mais ce u’est que quelques semaines avant sa mott qu’elle abandonnait son é- cole pour revenir chez ses parents. Malgré tous les soins dont elle fut entourée, la chère enfant ne re- vint pas à la santé. Au contraire, on la voyait se flétrir comme une fleur dont les pétales trop tendres tombent au moindre souffle du vent. De telles fleurs ne sont pas pour la terre, c’est porrquai elle nous quitte si-tÔ. La classe enseignante, qui vient de perdre un de ses membres, sau- ra se montrer sympathique à la fa- wille Buote dans cette affliction. Les funérailles oat eu lieu diman- che après midi les du mois. Un grand nombre de personnes y as- sistaient. Que son âme repose en paix. APE ET EM REED LE DIOCESE D'ANTIGONSH (De !’Action Sociale) Les Acadiens du diocèse d’Anti. gonish sont moius bien partagés que ceux du diocèse de Haïifax pour ce qui est de l'instruction se condaire ; ils n’ont pas de collège envoyer leurs enfauts à {Sainte-An- ue, Digby, ou au collège de Cara. quet ou encore à celui de Memram cook. Le temps comblera cette lacune, s'il y a lieu. Quant aux couvents de religieu- ses, le diocèse paraît avoir l’avan- tage, si l’on en juge par les appa- rences ; il possède six couverts des religieuses de N.-D. de la Congré- gation de Montréal ; les religieuses de la Charité possèdent aussi le même nombre de maisons ; le Fil- les ue Jésus, en ont trois. Tous ces magerie d'A'berton pour l’année Ouverture de la fromageris le 8 lait par ceut 82675 ; le prix du transport du lait a été 9.95 par classique ; il est vrai qu’ils peuvent! MAS à fumer Le Tabac coupé “AMERICAN NAVY' Tabac Américain. MANUFACTURÉ PAR ROCK CITY TOBACCO * QUEBEC TER MASON et à chiquer, provient exclusivement de nos palettes ‘AMERICAN NaAvy?’’ fabriquées avec le choix du meilleur EN VENTE PARTOUT 1 7 WII 1) rh CN 2 X MASON [CUT. PLUG LEA) co. Ce u’est guère un chiffre élevé, mais les Acadiens sout dans la pro- portion de 4 à 8 par ravport aux autres catholiques. Oï, comme leur progression est plus rapide que celle de leurs coreligionnaires, on peut prévoir que la proportion s’é- lèvera bientôt de 10 à 12, en ad- mettant que les autres catholiques continuent à croître. Par conséquent, il serait préma- turé de conseiller aux Acadiens de s’anandovwner ; l'avis venant d’où l’on sait, on peut croire qu'il man- que de désintéressement et que d'autres calculs que celvi de l’inté- rêt porté aux Acadiens entrent en ligne de compte. De plus, il peut arriver qu'il y ait arrêt chez nos a. mis d’autres races ! la chose s’est vue ailleurs. PACIFIQUE, LES JOIES ET DOULEURS D'UN SAPIN. Dans la fôrêt était un joli sapin, parfaitement exposé à l'air, aux rayons du soleil, et entouré d'une ligne d'autres sapins pius grands "dont la taille élevée excitait son en: vie. L'ambitieux petit arbre ne songeait ni à la douce chaleur du printemps, ni à la brise rafraîchis- sante, ni aux enfants du village qui venaient près de lui cueillir des fraises et des framboises. Quelquefois ces enfants, après a- voir fait leur récolte forestière, s’asseyaient en cercl: autour du sa. pin naissant, et disaient ; ‘‘Que cet arbre est petit !” Et le sapineau gémissait de les entendre parler ainsi. L'année suivante, une nouvelle branche sortit de sa tige, puis l’an- née d’après encore une autre. Mais cet accroissement ne le satisfaisait pas. —Oh! disail-il, que ne suis-je aussi graud que mecs voisins, qui du haut de leur cime regarde an loin la campagne ! Les oiseaux viendraient nicher dans mes ra- meaux,et au souffle du vent je pourrais me balancer et faire du bruit comme les autres. L'été, ces orgueilleux désirs lui enlevaient toute joie, l’hiver, les lièvres venaient lui ronger son é- corce ; c'était une triste humilia- tion, Au bout de trois ans il avait cependant déjà tellement grossi que les lièvres passaient devant lui sans le toucher ; mais il voulait grossir encore et il se disait que rien en ce monde u’était si beau que d'être fort élevé, | En automne les paysans venaient abattre les grands sapirs, les ébran- chaient, les équarrissaient ; puis on les plaçait sur un charriot, et un vigoureux attelage les transpor- tait hors de la forêt. Au printemps, le sapineau de- maudait aux cigognes, aux hiron delles, ce qu’on avait fait de ses frères aînés. Les hirondelles n’en savaient rien ; mais la cigogne ré- poudait : Quant j'aiquitté l'Egypte, j'ai vu flotter sur mer de nouveaux na vires avec des mats superbes. Je pense que ces mats c'étaient tes frères. —Oh ! s'écriait le sapineau, que couvents eu communautés sont éta blis dans des paroisses qui ont à leur tête des curés non français, sauf deux des Filles de Jésus, dont l’un se trouve à Arichat, l’antre à Chéticamp. Voilà un premier fait qui exigerait peut-être des explica- tions. En tous cas, il serait inté- ressant de savoir quelle part est faite à la langue française et com- bien d'enfants l’apprennent. Quant aux écoles entretenues par le gouvernement les détails me Nos sincères remerciements à M. font défaut ; des renseignements se- raient reçus avec reconnaissance, Dans ce diocèse, le groupe aca- dien se confine presque exclusive- ment dans trois comtés limitrophes, circonstance propre à favoriser la cohésion. En voici le détail. Au- tigonish, 2,364 (1901) ; Inverness, 4,325 ; Richmond, 6,678, soit un total de 13,360. Pour tout le dio- c èse, 18,264. | i ] ne suis-je assez grand pour m'en aller aussi sur mer ! —Réjouis-toi de ta jeunesse, di- saient les rayons du soleil, réjouis toi de ta fraîcheur. Et le vent carressait ses rameaux et la rosée l’humectait de ses lar mes ; mais le sapineau était insen- sible à la lumière «du soleil, aux ca- resses de la brise, aux pleurs de Ja rosée. A l'approche des fêtes de Noël, les paysans venaient couper un grand nombre de jeuues arbres : ils choisissaient ies plus touffus n’en eulevaient aucune branche, et les transportaient hors de la forêt, Vu vont-ils ? disait le sapineau. Ils ne sont pas plus âgés que moi, et pas plus grands ; où les emmê- ne t-on ? "je le sais répondait le moineau. arrêté #. un balcon ; j’ai regardé par la fenêtre ; je lesai vus dans une belle chambre, debout sur une table, ornés de rubans, chargés de pommes, de jouets, et! éclairés par quantité de bougies. — Puis après que deviennent ils ? — Après, je ve sais, voilà tout ce que j'ai vu. | —Oh ! s'écriait le sapineau, vei- là une destinée nouvelle et meilleu- re que de voyager sur mer. Qu'il me tarde d’être à Noëel ! mes ra- meaux sont larges, épais, parfaite- ment ronds. Quene suis je dans la belle chambre, paré de toutrs ces richesses ! Il est vrai qu'ensuite je ne sais pas ce que l'on devient ; mais lorsqu'on a été si bien placé et si bien décoré, c'est qu'on est sans doute réservé à un heureux emploi. —Réjouis-toi de ta jeunesse, lui disaient le vent et le soleil, réjouis toi de ta liberté. Mais il n’entendait point leur couseils : il n’aspirait qu'à s’en al- ler dans le monde. (Cependant il devenait de plus en plus beau. Un jour des paysans l’admirèrent en passant et dirent :—Nous l’abatte- rons à Noël. Et, le grand jour de fête venu, la hache frappa le sapineau ; il tomba sur le sol avec un soupir. Il n’éprouva en ce moment si dési- ré qu'une vive douleur dans tout le corps, et le regret d’'êtr enlevé au tertre natal, aux fleurs, aux ar- bustres qui l’entouraient, aux oi- seaux qui venaient causer avec lui. Tout le long du chemin il se sen- tit triste, ianguissant, ne se ranima que lorsqu'il se trouva déposé dans une cour avec d’autres sapineaux de sa taille. Un homme le ragarda et dit :—Voilà celui qui rous con vient ;ilest inutile d'en chercher d’autres. | Deux valets vinrent le prendre sur leurs bras et l’emportèrent dans un salon splendide. On le plaça dans une caisse pleine de sable et revêtue de soie verte. Le sapineau palpitait et attendait avec impati- ence la suite de ces préparatifs. Les jeunes filles ct les servantes de la maison commencèrent à le parer: celle ci plaçait entre ses branches un petit nid de papier de couleur rem- pli de dragées ; celle-là attachait des noix, des j‘ommes ; une autre, des bougies ; et à la pointe de sa tige on plaça une large étoile en caiton doré. (C'était superbe. —AÀ ce soir, direñt ceux qui l’a quelle déception ! Deux domes- tiques le prirent, le transportèrent au haut de la maison, et le posèrent sous le toit dans un coin obscur. —Quel singulier changement ! dit le pauvre arbuste, pourquoi m’abandonne-t-on ainsi ? Que vais- je devenir ? Et il se mit à songer, à songer ; et ileut le temps de songer, car des semaine: entières se passèrent sans qu'i! vit personne ; seulement un jour on apporta encore des cais- ses qui le cachaient de tout côté. —Maintenant, se dii-il, la terre est dure et couverte de neige: les hommes veulent sans doute me garder jusqu’au printemps, car les hommes sont si bons. C'est pour- tant triste d'être ici tout seul dans les ténèbres. Ah ! que ne suis-je encore dans la forêt ! je me réjoui- rais de voir le lièvre courir sur mes racines. Tout à coup il enten lit une sorte de sifflement, Des souris trotti- naient sur le plancher pour se ré- chauffer ; elles arrièrent près de l’arbuste solitaire et dirent : — Ah ! on est mieux ici ; n’est-ce pas, vieux sapin ? —Je ne suis pas vieux, dit le sa- pin en colère ; il y a beaucoup d'arbres qui sont plus vieux que moi. —D'où viens-tu donc, et qu’as- tu vu avant d’être ici ? As-tu été à ia cave, à la cuisine, à l’office ? — Non, répondit le sapin ; mais j'ai été dans la forêt où le soleil brille, où les oiseaux chantent. Et il leur raconta tousiles souve- nirs de sa {jeunesse ; et les souris lui enviaient le plaisir d’avoir vu tant de choses. Puis il leur parla de la joie et des magnificences du soir de Noël : et les souris s’écri- aient :—Oh ! que tu es heureux d’avoir été témoin d’un pareil spec- tacle ! Quand il eut fini tous ses récits, les souris’ s’éloignèrent. Il se trou- va de nouveau seui, et fort triste, attendant avec anxiété le moment où l’on viendrait le sortir de sa pri- Son. Un jour enfin des gens de service montent au grenier, enlè- vent les caisses, et descendent le sa- pinean dans la cour. Ce fut un heureux moment. Le pauvre ar- brisseau revoyait le ciel, respirait l'air frais, et regardait »vec ravis- sement les plantes, les fleurs épa- nouies dans le jardin à côté de la cour. —Evfin, murmura:t-il, revivre. À je vais vaient ainsi orné ; ce soir il brille- ra dans tout son éclat. —Que ne suis-je à ce soir, disait le brillant sapineau, pour savoir ce qui va m'arriver ! Les arbres de la forêt me verront ils ? Les moineaux viendront-ils me regarder par la fe nêtre ? Vais-je rester été et hiver dans ce beau salon avec cette forme ? Enfin les bougies furent allu- mées ; et les portes du salon s'’ou- vrirent. Une troupe d'enfants se précipita bruyamment près de l’ar- brisseau chargé de tant de ri- chesses. Derrière eux venaient les parents, quise réjouissaient aussi de cette heureuse fête de Noël. Et les enfants couraient de côt$ de d'autre, et toute la chambte reten- tissait de cris d2 joie et d’exclama- tions de surprise. Pendant ce temps, les petites bougies se consu- maient ; la flamme se rapprochait tellement des rameaux que le fi2:r arbuste, l'ornement de la fête, tremblait d’être brûlé. La mai- tresse de la maison les fit éteinire. Les enfants, dont on avait eu bien de la peine jusque-là à contenir l’impartience, s'élancèrent sur le sapineau et le dépouillèrent de toute sa parure. Ils s’assirent au- tour d'un petit homme qui leur ra- conta un conte de fées, puis ils se retirèrent. Le salon désert resta silencieusement plougé dans une nuit profonde, neau, nouvelleïfête, sans doute, et uouvelie splendeur. J —A demain, se disait le sapi-! Etil'fit un effort pour étendre sek branches : mais elles étaient raides et desséchées. Ceux qui l'avaient apporté là le laissèrent au milieu d’une touffe d'orties et de chardons. De ses moments de splendeur il?ne lui restait que l'é- tile d'or attaché à sou front : un enfant la vit et l’arracha, en fou- lant aux pieds ses rameaux jaunis. Le sapineau regardait toujours le vers jardin, et regrettait déjà sa place obscure dans les grenier, et sa solitude triste, mais au moins paisible, Un domestique vint, le co‘1pa en, morceau ; tous ces 1nOr- ceaux furent jetés sous une chau- dière. ls craquaient, ils pétil- laient dans le feu, et chaque pétil- lement était un soupir que le mal- heureux sapin exhalait en songeant tantôt aux beaux jours d'été de ia forêt, tantôt aux nuits d'hiver où brillaient les étoiles, puis au soir de Noël. Et il soupira de la sorte jusqu’à ce qu’il fut consumé. Ainsi finit l'histoire. Ainsi finis- sent toutes les histoires. | ARCHEVEQUE MORT D'UN AR Mgr Patrick Joln Ryan, arch2- vêque de Philadelphie et métropo- (Jitain de la Pennsylvanie et décedé à 4.08 samedi après-midi après une maladie de plusienrs semaines, Il était âgé de près de 80 aps. Des messages officiels ont été en- voyés au Pape, au cardival Gib- bons, à Mgr Falconio, délégué pa: pa! à Washiugton, leur appreuant la mort du vénérable prélat, Jusqu'à la nomination d'un suce- cesseur, c'est Mgr Edmond E. Prendergast, évèyue titulaire de Le lendemain matis, en effet, la Quand j'étais à la ville, je e suis porte du salon s’ouvrit ; Seillio qui sera à la têtefde l'erchi- mais diocèse. 7