LA PETITE SOUVENANCE rence n'a jamais été qu'un instrument de bonne volonté dans cette affaire déplorable. la « bête noire » de la Déportation. Il est tout simplement absurde de supposer que le lieutenant-gouverneur d'une province. un simple colonel d'armée. prendrait sur lui de déporter quelque 8 000 sujets du roi de sa propre initiative. Lawrence était un soldat. pas un politicien. et il connaissait parfaitement la rigidité de la chaîne de commandement. De lui—même. il n'avait rien à gagner de cette entreprise abominable parce que même s'il réussissait. et c‘était loin d‘être certain. il lui aurait encore fallu affronter la cour martiale pour avoir usurpé la prérogative royale. Cela aurait été un acte politique criminel impardonnable entraînant automa- tiquement la peine de mort. Lawrence n'a pas reçu la moin— dre réprimande : au lieu de cela. lui et ses acolytes ont été promus. C'était la récompense de l'exécution soumise et efficace des ordres de Sa Majesté. La loyauté aveugle et fidèle porte ses fruits. Normalement. Lawrence était un administrateur circonspect et qui n'aurait même pas osé ré- parer de son propre chef le fortin de Grand—Pré. De même. il n'aurait pas fait la moindre réparation aux installations militaires de Pisiquid. Beaubassin et rivière St-Jean sans avoir reçu des directives de ses supérieurs. Lawrence n'était peut-être qu'un valet. mais il n'était pas bête. ll n'est que trop évident qu'il était bien disposé à servir. En outre. il était manifeste qu'il était ambitieux et désireux de s'insi— nuer dans les bonnes grâces de ses supérieurs. Quoi que l'on puisse dire de Lawrence. cependant. il n'était pas un usur- pateur et il savait que les officiers britanniques n'invoquaient jamais leur roi en vain. Lawrence. à l'instar d'autres offi- ciers coloniaux. n'a été qu'un pion dans une gigantesque lutte géopolitique entamée et achevée devant le tribunal de St.James. The hypocritical nature of Great Britain’s recent pious claims of concern over “ethnie cleansing” (génocide) is readily apparent when one examines the past actions of the British Empire. From the Scottish Highlands, t0 India, to Australia t0 the New World, history is replete with examples of ethnie cleansing of all those peuples who resisted the “improvement” (an impérial term for total acculturation) that thc British sought to hring t0 thc “less civilized” peoples on the fringes of the empire. Pcrhaps it is guilt among Anglo-Ameriean elitist circles which is‘ now driving the current dcmantl for foslering eultu ‘al diversity. I755 * l763 PAGE 21 But more likely. it is the ongoing push for global governance that is the force behind the fad—like reversal of elitist sentiment toward variant cultures. - Stephen .l. Martin. ,mlilit'ul ucl‘it'isl. “Charles laiwrwicc: Canadian l’t-rpetratnr Uf(il'nUl'i(lU“. 'l'hc lim'nt's Ri't'it'tt'. Mut/ /.Ium' 2mm, pp. 77-"); (lilul'tin ulsn spmks on thc tlfît’fllllh't] gn'riricitlt' oftht' Scottish Iliyhlmirl L'Irms) Le peuple acadien a été la victime innocente d'un com— plot sinistre conçu a la cour et sanctionné par elle. Les preuves sont concluantes. Dans cette macabre tragédie. Lawrence a joué le rôle principal. Morris en a écrit le sce- nario. tandis que les autres membres de la distribution. de Halifax et de Boston. n'ont tenu que de seconds rôles. À l'origine. Shirley s'était opposé 'a une expulsion générale. prétendant qu'il s'agissait d'une mesure trop sévère. Avant l'arrivée des instructions secrètes du roi. les personnalités coloniales. y compris Lawrence. avaient envisagé un dé- placement limité vers le territoire français. et non pas une déportation générale vers quelque terre étrangère et éloi- gnée. C'est ce qui explique que Winslow ait changé d'avis. passant d'un enthousiasme pour le grand projet du bannissement des Acadiens à une véritable répugnance face à l'éventualité d'une déportation générale vers les co— lonies anglo—américaines. Winslow n'a pas été mis au cou— rant des détails de la Déportation avant la fin de l'été. Le 3 juillet. cinq jours avant l'arrivée des instructions secrètes de Sa Majesté. Winslow s'est plaint auprès de Lawrence que les troupes étaient agitées et qu'il ne fallait pas les laisser sombrer dans l‘indolence. Une autre lettre adressée à Law— rence. datée du 23 juillet. indique que Winslow continuait d'envisager une expulsion limitée d'une partie de la province seulement. "« Il semble probable ». écrit-il. « que nous allons continuer quelque temps a Chignectou - au cas où il serait jugé commode d'établir des gens de Nouvelle—Angleterre dans une partie de cette province. comme ils attendent. »> Ce n'est pas avant le l l août que Lawrence a informé Winslow de la réunion du conseil tenue dans le but d'envisager les moyens voulus pour mettre la Déportation a exécution. Wins- low a été obligé d‘obéir a ses ordres. alors qu‘ils ne conve« naient ni à sa nature ni a son tempérament. . Les Acadiens étaient pacifiques. fidèles a leur serment et sont restés neutres jusqu'au bout. Ils ont été déportés pour des raisons d'État et ont été les victimes innocentes d‘une politique d'impérialisme réclamant une Amérique du Nord britannique. Ne pouvant être assimilés. il fallait les élimi- ner. On a espéré que dans les I3 colonies. ils seraient absorbés par la population générale et cesseraient d‘exister en tant que peuple. ll s'agit. z. mon sens. de génocide. 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