ali LATE Sélbs s cd Abe hide NP PE ‘a ho CAT a 25. 4 disant Ru LES SE RE CO Den PES ne PR SO TN dd SN Din: comltil “ti PPT PT re Ne + PR MA + | L'IMPARTIAL : Es e LES JOLIES FILLES DE | tont e’il me fait l'honneur de | Le renouveau, dans tonte sa Le” ns ui Sentiment d’appréhension | Recommandation inutile. CHIQUENDIABLE me lire,-qu'il n’est pas le seul, | splendeur, galvanisait la nature effort-de bravoure nes à dans les yeux des conseillers. --| Ce messieurs ne savaient que trop 1 Il y avait une fois, dans une paroisse qui portait le singulier mon de Chiquendiable,-nous ver rons pourquoi, — un petit jeune homme blond comme les biés rs, et joli, joli... comme une réduction de l'Appoilon du Belvédère, au Vatican. Ce blondiu-là remplissait dans le village de Chiquen- diable, les honorables et peu lucratives fonctions d’institu- tuer. C’est lui qui ‘tait chargé de décrasser les Cinquondiablo- tins, jusqu’à leur première commuuion, iuculsivement. Après quoi, vs petits mes- sieurs devenus des hommes à ieurs propres y -ux, se jugeant assez instruits pour labourer la terre et faire ia cour aux belles grandes filles de leur endroit. ils abandounaient donc l'école, aussitôt leur première communion faite, laissant ce pauvres hère d'instituteur re- cemmencer avec des Chiquen- disblotins tout aussi encrassés que leurs devanciers, sinon _ plus. La vie ainsi conlait comine uu ruisseau ti Lorsqu'un jour . san Mais n’anticipons nés et ne rexdons pas si vite a main à notre coursier. * 4% Or, a cette ‘poque, il se trou- vait qu'à Chiquendiable, les Chiqueudiablesses et les Chiquendiablotines étaient tou- tes jol'er, faites au lour et d’al- lures pimpantes, quoique de très grand taille :- l:s plus pe- tites ayant au mois six pieds et les plus... r-solues, sept bons pieds fran ais. De vrais tambours-majors des Highlands d’Ecosse ! Tandis que cas pauvres dia- bles de Cinquendiablotins, au contraire, ressemblaient unani- ment à Ces bonshommes arti- culés qu’on suspend à une perche, dans les champs de grains, poûr effrayer les oiseaux pillards. Avec cela, rabougris, trapus, bossus, borgnes, bancals, brè- che-dents.… bref, toute la ri- bambelle d’infirmit:s suscepti- bles d’enlaidir l'espèce hu- maine. - Singulier caprice de la na- ture, n’est-c -pas? Les filles taillées, en amazones anté-di- luviennes et belles à croquer | Les homm-s, avec des corps de nains, de têtes de gnômes, enfin laids à faire prendre la fuite à maitre Satanas lui même, les deux mains sur les yeux et la queue en trompet- te. He ! que voulez-vous? C'était comme ça à Chiquen- diable. Je n’invente rien. Mais fermons cette paren- thèse. *yX Bon ! Ou en étais-je? Ah ! m'y voici. Je commen- çais le second vers d'un mor- ceau de poésie destiné à chan- ter la gloire du pays chiquen- diablotique. Mais réflexion faite, j'aime mieux vous dire la chose en simple prose, comme M. Jour- dain :—à cela près qu'au con- traire de ce brave bourgeois- gentilhomme illustré par Mo- lière, je vais m’apercevoir, moi, du changement d'outil, ne se- rait ne serait ce que par la plus grande liberté de main apppor- tée dans l'exécution de mon important travail. Donc, la paroisse qe Chiquen- diable avait un instituteur qui se faisait du mauvais sang, à cause du d‘oart prématuré de ses élèves les plus avancés. Je puis dire à cet excellent homme,—<s'il vit encore et sur: dans sa classe, à déplorer cette inepte coutume suivie dans nos campagnes, de retirer, les en- fants des écoles primaires sitôt qu'ils savent lire et écrire, ou du moins dès qu’ils ont fait leur première communion. Mais nous ne sommes pas ici pour moraliser mon lecteur et moi. Nous nous sormmme don- né rendez-vous, lui pour m’en- tendre, moi pour lui racontre l'histoiré des jolies filles et_ de l'instituteur de Chiquendiable. Et d’abord, en passant, disons de suite que ce nom bizarre, pour une honnête paroisse qui s'appelle sur le colederier Saint- Nicodème, est dû indirecte- ment, à notre magister lui- même,—bien qu'il ne s’en doute pas le moins du monde, le cher homme, Vous ai-je dit que le petit in- instituteur de Chiquendiable était beau comme un chéru- bin? Oui, oui Alors, je continue. D'une taille moyenne, blanc, blond, rose, lescheveux bouclés séparés par un raie midiane, quand il servait la messe le di- manche, en eùt dit un petit ange découpé dans un tableau Raphael. Avec cela, une aimable timi- dité qui mettait une couche de carmin sur ses joues dès que vous lui adressiez la parole, où dès qu'une p«rsonne le regar- dait, Les Chiquendiablotines, et même les Chiquendiablotèsses, dégoûtées, de leur congénères masculins qui ressemblaient à des Chimpanzés, se mouraient d'amour pour lui. Tout sans exception, la gouvernante du euré, Ce qui ne laissait pas que d’exaspérer les hommes marié et les garçons de l'endroit, sans compter les papas et les ma- mans, impuissants à retenir leurs filles dans le devoir Tous les cotillons du village ne parlaient que du petit ma- gister ; tous les pantalons le ja- lousaient. Une grande belle fille, la brune Hortense (six pieds et demi), plus éprise que ses com- même pagnes et connaissant, par la | lecture clandestine des romans du ] jour, l’argot des beulevards | parisiens, S ‘était uu jour écriée: Oh! monsieur Lalurette (il s'appelait ainsi), il n'est pas seulement beau, mais c'est qu’ il est chic en diable. Le mot fit fortune. On se le passa de bouche en bouche. On le répéta tant et tant, qu 1l resta accolé au village où il était éelos,. Et voilà comment il se fit que Saint-Nivodéme ent l'af front de n pluse figurer dans les procès-verbaux du conseil. municipal de Chiquendiable. Mais il réservait à ses ex-pa- tronés un tour de sa façon, saint Nicodème. Et, pour arriver à ses fins, le rancuneux saint suscita...…. de- vinez qui ? Le petit maitre d'école Lalu- rette. Avec une paille, les saints du paradis sont capables de soulever des montagnes, voyez- vous, 11 Cependant la terre tournait, tournait comme d'habitude sur elle-même et autour du soleil, ainsi que le fait un couple de: valseurs enlacés, enlacés dans une salle de bal. Les jours s’écoulaient. Juin arriva, et avec lui les chaudes efluves estivales, les caresses yoluptueuses de brises du soir embaumées par les émanations des roses épanouies et de gé- rajiums gonflés de sève odo- tante... entière... Hélas ! il galvanisait aussi les: filles géantes, ou plutôt les ama- zones de Chinquendiable ! . Si le petit instituteur eût su ce qui lui “pendait au nout du nez !” Mais non. Innoncent et timide eomme un jeune pensionnaire. le lion- ce une se doutait mäme pas que sa criniére eût poussé et ignorait absolument son. pou- voir sur les cœurs féminins. Des événements extrordi- naires allaient lui ouvrir ee yeux. kyX* Comme Chiquendiable s’é- veillait un beau matin, il apprit avec stupeur que trois combats singuliers venaient d'avoir lieu. Six de ses grands filles s’é- taient rendues sur le pré et flanqué, par couples, uue volée de coups de bâton. Le lendemain, ii y en eut, douze qui se rossèrent d’im- portance. Et, tout les jours, fut cemme cela: des yeux pochés, des nez en marmelade, des dents en rupture d’alvéoles….….. Remarquez qu'on y allait “bon jeu bon argent”: de so- lides triqnes de bois franc et des bras vigoureux pour les manier ! Les maris, les pères, les frères les cousins, bref toute la popu- lation mâle de Chiquendiable étaient dans la stupeur et se lamentaient à tous les saints du calendrier, à tous les héros chré- tiens du martyrologe..……… L'abomination de la désola- tion. quoi | Mais rien n'y faisait. ce Les duels à coups de triques | se succédaient avec une recru- descence alarmante, Toute la population féminine semblait prise d’histérie : toutes les grandes filles de Chiquen- | diable . x'cutaient la ‘‘danse de Saint Guy”. *&X Poussé au pied du mur, men- sieur le Maire eut une idée lu- mineuse : il convoqua le conseil municipal, Les membres de cette grave corporation obéirent avec em- pressement, anxieux qu'ils étaient, eux aussi, de mettre fin | disgracieux pour une honnête paroisse. La réunion de ces fortes têtes avait lieu d'habitude à la salle publique, dans le bas de la sa- cristie. Le maire ouvrit la sciénce par un discours savant dans le- quel, après avoir exposé le mal étrange qui ravageait la popu- lation féminine de sa munici- palité, il fit toucher du doigt à ses collègues la cause de cette épidémie... sexe barbu. De cette cause.—il n'irait pas | chercher son voisin pour le dire,—— c'était l’institutenr, ce petit frisé qui portait des de- vants de chemises à jabots et | des poignets blancs ornés de boutons étincelants, Jarges | comme des éous français... | Pour sûr, ce petit monstre là | devait porter sur lui quelque amulette pour rendre lus fem- mes folies de lui... L'orateur en était là de son |! discours, lorsqu'une les municipales rants.….. : Les femmes ! s'écria monsieur | le Maire, tout refroidi. Les amazônes! murmurèrent des d‘hhé- les autres devenus blancs com- | me le papier où le secrétaire du | conseil couchait leurs verbaux. proces- Et chacun de ces braves £e | prit à guigner la porte et Jes fenêtres, Messieurs, dit il, notre côté, Si, si! fitun conseiller, pâle d'émotion... Les entendez vous ?...… Les voilà! Les voilà! Jouons des guiboles! hurla uue voix épouvantée. | Esjuivons-nous sans que ça | paraisse | appuya un autre, en- | veloppant sa lâcheté dans un euphémisme- | Quand je devrais rester seul É pour sauver la dignité du con- | sell de Chiquendiable, je péri- | rai dans mon fauteuil munic-- | pal! vociféra le maire, se eram } ponnant aux bras du dit fau- | | | | | | teuil. .. Ce mouvement était beau. La voix du maire, quoique al- térée, résenna comme un cuivre sonnant Ja charge, et les conseil- lers se rassirent, honteux. Mais ce ne fut pas pour long- temps. Une nouvelle clamenr, com- posée de eris dispates, se fait eutendre.…....... Le bruit s’ap- nrotlhd.i: Des voix indignées hurlent, glapissent, menacent, L'air est déchiré par des appels stridents ; les oreilles écroch£es par des ris sinistres : Mort au maire! À l’eau les conseillers ! Des gens qui n'étaient pas gros, c’étaient eux, les con- seillers, - Un homme qui aurait voulu se voir allieur:, c'était lui, mon- sieur le maire. Mais... le moyen ! La salie au conseil était alors bloquée par la foule mouvante des Chiquendiablotines, Il fallait faire face à Comme la porte de la salle du conseil cédait sous la ponssée des assiégeantes, le maire, "lui, s’aidant de son fauteuil prési- dentiel, grimpa sur la table. Cette assension 1é mit du coup au niveau de ses ennemis, Ï1 étendit les bras avec ma- jesté et, d’une voix aigrelette qu'il s’efforçait pourtant de grossir : penauds :et , l'orage. : d | délibétions ?. à un tel état de choses aussi | | | crée où 8 ‘élaborent les règle- | hiérarchie humaine, Femmes de Chiquendiable, glapit-il, d'ou vous vient cette audace d’envahir la salle de nos . l/enciente sa- meuts qui vous régissent ?....…. Grognements universels dans les rangs féminins, N’avez-vous pas honte, pour- suit l’orateur sur son ton plus aigu, de manquer ainsi aux lois les plus imprescriptibles de la suivant l’ordre physique, et à vos supé- rieurs, dans l’erdre moral ? humiliante pour le Ricanements et apostrophes | saugrenues éclatent comine un | bouquet de pétards au sein de | la masse houleuse en jupons. | Gestes d’admiration parmi les conseillers municipaux. Jamais leur maire avait paru RE Ce dernier, croisant ses petits | bras sur sa petite poitrine et re- jetant sa petite tête en arrière, | continue d’une petit voix sar- | | | | donique : |. Femmes de Chiquendiable, poussez le mépris de toutes lois divines et humaines jusqu'au | point de vouleir porter nos cu- | lottes..……, rumeur | grandissante arriva, par les fe- | uêtres ouvertes, jusqu'aux oreil | Une grosse voix féminine : Une seule de nos jambes n'y | logerait pas ! ! Le maire continuant sans faire | | semblant d'ayoir entendu : | Oui, jusqu’au point de vou- | loir porter nos cuiottes..…..Fem- | mes de Chiguendiable, vous seulement, savez d'après les E ritures, d'ou vous sortez, tout | compie fait ? } Murmures «t poings levés, | émergeani des jupes en ébuili- tion, mourons à notre post.…..…...D'ailleurs, elles ne viennent peut-être pas de Le maire se soulevant sur la pointe des pieds et se frappant la poitrine : D'une de nos côtes ! Là ! faites les fières à présent ! Ilest plus aisé d'imaginer que de décrire la scène qui sui- vit cette apostrophe du premier dignitaire de Chiquendiable. .. Hélas ! Hélas! pourquoi les maires sont ils si éloquents et, se sachant tels, lâchent-ils la bride a ce coursier fouguenx qui s'appelle ia langue ? . L'orateur n'avait pas plus tôt terminé son imprudente haran- gue, qu'une grande diablesse de de Chiquendiablotine l'empoig- nait par la partie la plus... ample de sa culotte, lui fourrait £ ’ e . E sans cérémonie la tête sous sou bras et lui administrait de sa large main ouverte, une... gamme ascendante de doubles croches sur son clavier munici- pal, suffisante pour le mettre à jamais .…....désaccord. Ce qui voyant, cinq ou six autres de ces demoiselles em- poignèrent à leur tour les con- seillers, sans oublier le secré- taire, bien entendu, et tirèrent sur leurs clavier tréemblant une demi-deuzaine d’éditiens du même morceau de musique. Le tout fut accompagné de «ris de douleur, avec cind bé- mols à la clé; ce qui produisit une cacophonie à déchirer -un tympan de cacoutchouc vulea- nise. * * Quand cette partie ds leur pro- gramme git été exé utée, les Chi quendiablesses et les Chiquendia- : L'tines làchérent chacune leur con- seilier, qu'eiles ne ce pas de vue, toutefois. Il va sans dire qu'on en fit autant à nvonsieur secrétaire trésorier Puis celle qni commandait -une virago de sept pieds moins deux pou- ces,—s'adressa au anaire et à ses collègues fouettés, en ess ternise- ‘Jui, mon espèce de signe, et vous autres, mes petits babouins mal ve- uüs, écoutez bien ce que la grande Hcycense, chef des amazones de Chi- quendiab'e, va vous dire : Vous vous é.iez rassemblés pour ehaser de la paroisse le seul homme montrable qu'il ait, M [Lalurette...... Eh bien nous décrétons, nous, que tous les hommes au-dessous de quinze ans. et au dessous de soixante vont déguer pir du village, pour n’y el que quand nons les rappellérons. Et ce ne sera pas de sitôt, nos maîtres ! “Quant à ce chérubin de Laiurette. nous le gardons. . “1 sera no re....,, pacha. “Est ce compri ! ‘ Voyons; filez, et plus vite que ça !” + ,* Il faut bien en passer par là. Toute la populatlon male ya'ide- fut obligée de quitter le village, poursuivie par. les feuimes géantes qui brandissaient, en poussant de grands cris, leurs formidables tri- ques. Mais ce succé:, hélas ! les Chiquen- diabiesses le payérent cher. Songez donc | Quand ces dames, après voir fait place nette chez elles, se rendirent à l'école pour rendre leurs hommages au petit pachd Lalurette,—cause in nocente de tout le vacarme qui ve nait de bouleverser Chiquendiable, elles trouvèrent le nid vide. _ L'oiseau s'était envolé, . none ep coton rene ! soon shere La vérité vraie, c'est que le petit instituteur, effrayé d’avoir a subir dé- sormais, à lui seul, les feux croisés de toutes les viragos, d’uu populeux viliage, ne se sentit pas de taille à affronter un pareil bombardement. Il fit son. paquet et s’esquiva par une nuit foire comme de l'encre, la veille même de la fuite... involon- taire du conseil munieipal. Et il fit bien. * * * Après que'ques jours de consigne, et ce départ de l'irré:tible maître d’éco'e étant bien camstaté, les ama- zones de Chiquendiagle permirent aux hommes de réintégres leur do- iuivuie,—#à la condition de filer doux. ra ms Bipans Febules 7 diove hogdache, c.# ji qu'ils n'étaient pas les plus forts. Inutile d'ajouter que, depuis cette échauffourée, la municipalité scolaire de l'éndroit, très coulante sur l’arti» cle qualification, exige impérieuse- ment de son instituteur qu’il soit laid comme.... les sept péchés capi- taux ! Evene Dio. De Monde Illustré, AUX SECRETAIRES DES COMMISSAIRES D'ECOLES Nous avons en mains uxme quantité “d’Assessement Bills” pour Taxes Prix modérés. L'1 mprimerte …. DE L'IMPARTIAT.. L'IMPARTIAL est ie seu: jouinai français dans }‘Il: 4u Prince Etuird Ayant trois bonnes Presses à notre dispositios, nou; s mm-s èn mesu'e d,exécuter, en fr:nç:1; et en angl-15, da::s les derniers gonts, ei à des prix ‘4 dérés, toutes so:tes d,ouvrages :els que Re Tete de Comptes, Te de Lettres, Afhehcs, Brochures, Cartes d'Affaires. Cartes de Visites, Envelopes, Blancs pour Magistrats. Blancs pour Avocats, Cireulaires, Placards, Billets. Meunsrandunms Envoyez-nous vos coimnaudes nous garantissons salisfaction. F. J. Buore. Editeur-Proprietaire. Tignish, Bioe Chasson, [. P. 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