= = VA Cages M ASE ER ET er IR PC TE LE ET 2 4 » s a x CE D CS A ht ht ae ee S ' CF mm ——— LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. | Fondé en 1893 par Gilbert Buote et son fils, | F. J. BUOTE, RÉDACTEUR. Mme. Æ J. BUOTE, | Assistan!e. VOL. 5. NO. 23 11GNISH, La manière dont la jeune Pari-| sienne se vit accueillie partout frap- pa vivement son amour-propre : on loua sans restriction sa beauté, son esprit, ses talents ; et dans ce con- _cert unanime d'éloges, les voix des Dargennes primèrent toutes les au- tres. Ils ne tarissaient pas en com- pliments dont l'exagération même eût dû mettre la jeune personne en garde sur leur sincérité ; mais les esprits les plus fins, les plus pers, i caces se laisseront éternellement prendre aux pièges de la flatterie. Le fait est que les deux époux avaient compris à l'instant de quelle utilité pouvait être pour leurs pro- jets la présence de Jeanne chez leur tante, et les détails soi-disant confi- dentiels qu’ils espéraient en tirer. Jamais il ne devait exister occasion meilleure de pénétrer les intentions futures de la vieille daiue au sujet de sa protégée, de conuaître au jus- te le degré de son affection, de lire par les yeux d'une autre dans le . coeur de Cécile, de savoir eufiu ce qui se passait dans cette intimité jusqu'alors murée pour eux. Jean- ne allait devenir ainsi entre leurs mains un instrument docile, dont les services se paieraient par quel- ques politesse: , ou bien, le cas éché- ant, qu'il devait être facile de dé- se rédiure à l’état de machine! —D'une machine qui pense, dit Cécile en souriant. Tandis que mes doigts sont aimsi occupés, ma tête travaille, je vous l'assure; puis je varie mes ouvrages. — Avec un genre de vie si mono- tone, le cercle dr vos pensées doit être bien restreint, ma pauvre ami:. -—Oh! vous croyez cela, Jeanne? ‘ Eh bien, mes pensées embrassent quelquefois le monde tout entier. Je songe à tant de malheureux ré- pandus sur la terre, les uns privés de la Inmière spirituelle qui doit nous ouvrir le ciel, les autcs exposé à des tourmeuts physiques de tants expèces, que je voudrais pouvoir soulager; puis je remercie Dieu qui w'a visiblement protégée, moi pau- vre enfant abandennée! —Voilà des pensées bien récrea- tives, ma bonne Cécile, pour com- lbettre la tristesse d’une soirée com- me celle-ci: et si elles suffisent à sa- tisfaire votre esprit el votre coeur, je vous en félicite. Ainsi il ne man- que rien à votre bonheur? —Il ne faut pas chercher de bon- heur parfait ici-bas, Jeanne, repar- tit Cécile dont une larme furtive vint mouiller la paupière, —Vous convenez donc qu'il vous savouer. IV Il éteit huit heures du soir; on était à la fin de l'autome, et le vent souffiait avec violeuce dans l'immen se cheminée du salon de Mme d'Or- thés. Quatre personnes seulement occuppaient la vaste pièce dont ia * dimension surpaisait celle de tout un appartement parisien. Ces quatre personnes étaient : Mme d'Orthès, l'un de ses vieux amis, M. Daven- court, Jeanveet Cécile. L'atten- tion des deux vieillards paraissait complètement absorbée par les sa- vuntes combinaisons d'une partie d'écheces, tandis que les deux jeu- nes filles, assises à l'autre extrémi- té du salon, travaiilaient à la mai- gre lueur d'une bougie posée sur la petite table à ouvrage. Ce grand salon, imparfaitement éclairé, car la vue affaiblie de Mme- d'Orthès lui faisait redouter une cire lumière, avait un aspect triste et lugubre qui glaçait le coeur de Jeanne. Elle ne savait pas, comme sa jeune compagne, combattre l'eu- aui par uu travail assidu; à chaque in tant, elle posait sa tapisserie sur la table, appuyait son front sur Sa main et rêvait à ses plaisirs passés, hélas! passés peut être sans retour! La diligente Cécile ne perdait pas ure minute; elle tricotait de gros bas de laine pour les pauvres, la mauvaise saison avançait fà grands pas, et ses protégès allaient souffrir du froid. «Est-ce possible, Cécile, dit Jean- n: à demi voix, que vous passiez ainsi toutes vos soirées d'hiver sans mourir d'ennui? _Comment pourrais-je m'ennu- yer, repartit l'aimable jeune fille. ‘Jorsque les heures sont toujours trop courtes pour tout ce que j'ai à faire? __Mais une tells occupation est © gbrutissante,, ajouta Jeanne; c'est manque quelque chose? —J1 me manque l'affection d'une mère; j'auraiss tant aimé la mien- ne! et elle m'a abandonnée! —Mais Mme d'Orthés.... —Est ma bienfaitrice; et ce ne se- rait pas assez d: toute ma vie pour lui témoigner ma reconnaissance. _—Vous ne pouvez douter de son affection? —Parfois j'y crois, puis daus d'autres moments...mais c'est mal ce que j'allais dire là, —Quoi donc?.... Le silence qui régnait dans l'au- tre partie du salon fut teut à coup interrompu par ces mots prononcés à haute voix par M. Davencourt; ‘Echec et mât, Madame, je vous attendais ce coup et que ma tour, protégée par mon fou, menaçait votre roi. ‘‘ ‘“Yoilà ma noble tante battue par la folie, dit Jeaune à l'oreille de Cécile. Je ne voudrais pas être ce soir sa femme de chambre; je cro's que la pauvre fille aura dur à souf- frir. _—Vons ne conmaissez pas Mme d'Orthè:, Jeanne; de telles contra- riétés la laissent parfaitement in- différente. —Vous prêtez à toute le monde, ma douce Cécile, votre éternelle mansuétude. __Il est neuf heures, Mesdemoi- selles, vous pouvez vous retirer, “dit Mme d'Orthés, aux deux jeunes filles qui se levèrent à l'in- stant. Elles allèrent baiser la main sè- che et ridée de la vielle dame, sa- luèrent M. Davencourt et sortirent du salon. ‘ J] me semble que je suis dé- livrée d'un grand poids, dit Jeanne en montant l'escalier, et j'attends toujours le congé avec impatience. Qu'il vous faut de vertu, pauvre enfant, pour supporter sans vous (suite à ia huitième page) ILE du FRINCE EDOUARD, JEUDI MECANICIENS ET OUVRIERS Pour enlever des maius la grai- se, l'huile, la peinture, la rouillo etc., etc., le Savon de (xaudres ‘*Master Mechanic's’” est sans ri val. Ce savon cicatrise les plaie et assouplit la peau. Albert To et Soap Co., Montréal Mfrs. msn HI “Je racts la maïn à la plume {pour vous faire savoir que je D savon le plus pur, le plus agré- ble, ie mciileur pour la peau, c'est le Savon Baby’s Own Aucun autre savon l'égale. o3e + + MONTREAL ALCERT TOILCT SAP CO, =. # EM es v: Î NE TOUSSEZ PLUS IGPRUCINE LE REMEDE DU JOUR Une Combinaison de Gomme d’Epi- nette, de Cerises Sauvages, de Marrube et de Goudron. Scientifiquement préparée sous forme d’un Sirop agréable au goût. 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