l3 de la paroisse de Bloomfield, mais l'élément anglophone est très fort dans la région de sorte que l'anglicisation des Acadiens est déjà une réalité dans les années 1880. Toute— fois, Jérémie et Domithilde réussissent â transmettre ä leurs enfants leur attachement ä la langue française. La maisonnée Blanchard comprend les grands—parents, les parents et onze enfants dont Henri est l'aîné. La plupart des membres de la famille participent aux travaux de la ferme. Et pour suppléer au revenu familial, le père et le grand-père, bons charpentiers, s'adonnent parfois à ce métier. En 1890, alors qu'Henri avait neuf ans, son père se présente candidat aux élections provinciales. Il est défait. Il réussit cependant ä se faire élire membre de l'Assemblée législative de l'Ile aux élections de 1893. Comme politicien, Jérémie Blanchard était très bon orateur. Ses discours poli— tiques ont été qualifiés de "fantastiques". C'était un homme qui n'avait pas été au collège mais qui s‘était instruit par la lecture. Henri a sans doute été influencé dans son enfance par les discussions politiques qu‘il entendait chez—lui, et il a probablement appris certaines techniques de l'art oratoire en observant son père. Ses grands—parents ont aussi joué un rôle important dans sa formation. Virginie Blanchard, née Doucet, la grand—mère, semble avoir eu une influence particulière sur son petit—fils. Malgré son peu d'éducation formelle, Mémé Blanchard possédait tout un bagage d'histoires qu'elle aimait raconter le soir ä ses petits—enfants, surtout ä Henri. Elle connaissait des histoires de la Bible, des histoires ä propos de Napoléon, enfin, semble—t—il, des histoires de toutes sortes. Elle en— couragea Henri, dès son jeune âge, d'étudier et puis de lire tous les livres qu'il pourrait. De sa grand—mère, il a hérité ainsi ce goût qu'elle avait pour l'histoire, la lecture et pour s'instruire, ce goût qu'il ne Cessera de cultiver tout au long de sa Vie. Une relation étroite existait également entre Henri et son grand—père Sylvestre Blanchard, un habile charpentier et Charron. Plus tard, Henri se plaisait de raconter une expéri— ence qui l'avait beaucoup touché. Une journée, son grand—père fabriquait méticuleusement les roues d'un wagon, un service qu‘il rendait ä un certain individu qui ne payait pas toujours ses comptes. Il aurait dit ä Henri: “Je fais ce wagon ici pour un monsieur. Je ne me ferai jamais payer pour ceci." "Ah, mais, lui dit Henri, pourquoi alors êtes—vous si minutieux?" Son grand—père lui a répondu: “S'il ne veut pas me payer, ça c'est ses affaires. Moi, j'ai ä faire un wagon et puis je le fais le mieux possible.“ Henri Blanchard a commencé son éducation dans la petite école de Duvar. A l'âge de douze ans, il se rendait étudier à l'école secondaire de Tignish oû il eut Gilbert Buote comme