riés que la civilisation elle-même æ is ET To EE TT 22 w Moscler f\ LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. VOL. 3. NO. 37 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 22 OCT. 1903. F J. BUOTE, GÉRANT 11 ANNEE PRISES URI LR SALRSASESALSRSAIRSIAUIGESR À Standard Remedy FEUILLETON DE L'IMPARTIAL L'AVENTURIER MALGRE LUI. 20000000 RESARIRIRIRIRIRIRIRIRIRIERIRIRIRIESU RE Les uns possèdent des domaines saus fin ; les autres n’ont qu’un fu- sil pour tout avoir. Celui-ci exerce son autorité féroce sur les troupes de coursiers ou de porte-cornes dont il a la garde et devient plus farou- che, plus bestial que son bétail. Celui-là vit des meurtres et des vols que l’on peut commettre im- punément loin de tous regards. Tous se sentent noyés dans un océan de périls et décidés à com- battre pour défendre une vie, dont, d'ailleurs, le sacrifice a été fait d'avance ; ils peuvent, si un hasard les réunit, si une étincelle allume leurs passions, leur colère, si l'i. vresse les rend fous, ils peuvent tuer des hommes sans remords, égorger des femmes sans pitié, brûler des villages et pendre des innocents parfois sans que la consi- dération leur soit refusée, sans que les honneurs qui dépendent de leurs concitoyens leur soient mar- chandés. C’est donc une barbarie faite | d'éléments innombrables et si va- en fournit le plus grand nombre. Mais la loi qui plane au-dessus dés règles édictées par des sem- blants de gouvernements, et qui les étouffe sans contrainte, c'est la loi, du plus fort. Elisabeth et Claude, s’ils se fus- sent lancés à travers la plaine s’ex- posaient donc à rencontrer des en- nemis à chaque quart d’heure : hommes ou bêtes. Un Indien, la | nuit, est plus redoutable qu'un tigre. Et cette race de cow-boy, dont | l'horrible Graft était un des plus | effroyables spécimens, ne valait-il | pas mieux, plutôt que d'en rencon- | trer un, affronter une bande de loups affamés ? Ta pauvre bête, blessée, faisait des efforts désespérés pour se tenir debout, mais on sentait qu’elle é- tait prête à tomber, victime d’une suprême défaillance. Chez nous, on se serait aussitôt attendri sur le malheur du quadru- père. Là-bas, cet animal aux a- bois éveilla avant tout un senti- ment de crainte. “ya donc d’autres hommes que l’Indien, par ici, murmura miss Gartner en jetant un regard apeuré vers tous les points de l’ho- rizon. —En effet, dit Annah Billen- brock, ce cheval a reçu un coup de teu.”” Elle avait à peine achevé ces mots que l’Aïgle-Impétueux appa- rut sur la gauche des voyageurs, et lança son cheval au galop, cher- chant de l’œil quelque chose dans le bois. Après une trentaine de foulées, il s’enfonça de quelques mètres sous les arbres, regarda derrière lui un instant, puis fit face à la plaine ; une fois là, l’Indien, tour- né vers la petite caravane, se livra à une pautomime signifiant qu’il engageait Martin et tout son monde à se dissimuler, comme lui, sous la feuillée. ‘‘Il nous avertit sans doute qu’- un danger nous menace : suivons son conseil.’” Tout le monde, après ces paroles d'Annah Billenbrock, s’empressa d’entrer dans le bois ; tout le mon- de, sauf Elisabeth, que rien, déci- dément, ne pouvait retenir. Mais à peine la jeune fille était- elle demeurée seule à la place que les autres venaient de quitter, qu’- une troupe de chevaux, pas très nombreuse—vingt bêtes tou! au plus—se profila sur la lisière du | teur va nous tomber dessus pour s'emparer d'elle, Il nous verra. Je serai obligé de la défendre. Il we tuera. Elisabeth n’y gagnera rien. Décilément, c’est une sale invention que les voyages ; mais qu'y faire ? C’est ici que nous allons être écrabouillés comme des escargots par ce phénoménal ber- ger.’’ Claude prévoyait exactement les événements dont ce coin de bois allait être le théâtre. Le cow-boy avait vu Elisabeth. Presque aussitôt, une expression de joie féroce illumina sa face et il lança sa monture invraisemblable dans la direction de la jeune fille. I! nese pressait pas, d’ailleurs, un petit galop de chasse simnle- ment. Jamais Minotaure ne fut plus sûr de son affaire. C’est à peine si cent mètres le séparaient de l’endroit où se cachaient nos a- mis quand un coup de feu retentit, répété par cent échos. On vit le géant chanceler, tandis qu’une seconde détonation se fai- sait entendre. Grafft, atteint ou non, résta ferme sur sa selle, mais son énorme cheval broncha. Au même ins- tant une clameur, ou, pour être plus cxact, un hurlement énorme déchira les airs. Michonet les siens en furent glacés. Ils crurent qu’une horde entière de démons à la peau rouge avait rugi, avec une, puissance incompréhensible, Et, pourtant, c'était seul qui venait de faire entendre cet immense cri de fureur. (Car, seul, il sortait du bois dans un ga- lop échevelé, se précipitant, comme un oiseau de proie, sur son enne- mi, ais plus rapide que ne l’est l’aigle dans un vol acharné. Grafft, encore étourdi sans doute, Cependant, ils allaient partir ; | “bouquet d'arbres,’ qui avait sept | ne paraissait pas se mettre en gar- si Annah, se penchant à l'oreille|ou huit kilomètres de circonfé-}de, Cependant, on le vit secouer de Michon, ne lui avait pas dit ‘| ‘‘“La santé de votre oncle m'’in-! quiète’”, c'en était fait: ils’éloi-| gnait avec Mile Gartner. Arsène Martin semblait très af- | rence, Dans ce pays-là, c’est un, simple bosquet. Presque aussitôt le conducteur | Imaginez un géant à cheval sur | sa tête comme un chien qui s’est heurté le nez pat mégarde, et sai- sir la carabine qu'il portait en ban- } . A | du troupeau se montra lui-même. | 4oulière. Mais l’Aigle-Impétueux, bien faissé, sa respiration écourtée tra-| un mastodonte, et vous aurez l’im- | nommé, arriva sur lui comme la 4.: . DS à ! 4 S . “ . É mssait une fatigue crainte. _De | pression que res cutirent les ac- foudre, et en passant, lui détacha tout le jour les bicyclettes n'avaient | teu:s plus ou moins passifs de cette | un coup de hachette si formidable pu servir à rien. Il avait donc] marché neuf heures, sous un soleil | implacable. | | Les jours précédents on s'était | reposé trois heures chaque après- midi. Mais Elisabeth n'avait pas consenti à s'arrêter, et les autres s'étaient vus dans l'obligation de ne pas l’abandonner. Bref, épuisé par ce surmenage, l'oncle ne se sentait plus capable de grand’chose, et de quel frémis- sement Annah et Claude furent sai- sis en se demandant ce qu'ils fe- raient si le bonhomme tombait ma- lade dans ce désert. XXII Il ne fallait plus compter que sur une heure de jour. Elisabeth, dont la résolution n’était pas ébran- lée, faisait ses adieux aux amis de quelques instants qui lui avaient sauvé la vie, se promettaut d’ail- leurs de revenir, dès qu’elle pour- rait, avec des secours, quand un { cheval d'une blancheur éclatante | parut brusquement à une centaine de mètres. scène. Vêtu d’un costume de cuir fauve qui dessinait sa membrure formida- | ble, coïffé d’un chapeau mexicain’ aux larges bords, à peine barbu, le le teint bistré, d'aspect malpropre, de physionomie bestiale et caute- | leuse, il inspirait; dès le premier as- pect, une répulsion et une terreur profondes. | “Voilà un tigre !’’ grommela Michon. On ne l’entendit pas. Un cri strident qu’Elisabeth venait de pousser, malgré elle, couvrit sa voix. Dans ce cri, il y avait un nom : Grafft. C'était, en effet, le cow-boy. La jeune fille eût donné un de ses doigts pour n'avoir pas poussé l’exclamation qui l'avait trahie, car Grafft s'était dressé sur ses é- triers tandis qu'elle courait se ca- cher, trop tard, auprès de ses com- pagnons. Maigré lui, Claude ruminait : ‘Ce qu’elle a fait là n’est guère, Ce monstrueux malfai- malin. que le rifle du cow-boy, brisé en deux tomba sur le sol, inutile. Un nouveau cri, trioinphal ce lui- là, traversa l’espace , l’Indien sa- vourait le bonheur d’avoir désarmé le géant. Pas tant qu'ille croyait, cepen- dant ; car le monstrueux condnc- teur de troupeaux avait encore son asso et un revolver qui, dans ses | $ servant des arbes et des buissons mains de Kentuckien, était une arme infaillible. L'Aigle, après avoir, dans son prodigieux é:an, fourni une course désordonnée, venait de faire volte- face et accourait de nouveau, voci- férant, terrible, altéré de sang. On pensait, à son aspect, à l’- Ange de la Mort. Grafft le vit revenir et, à son tour, mit son cheval au galop pour Sous le poids voler à sa rencontre. de ces deux êtres, la terre trépidait. Cela ne dura qu'un éclair. Cavalier consommé, manœvrant poursuite, et c'est alors que Mar- d'une main sûre son formidable | tin, Annah, Michonet les autres coursier qui, on l'aurait juré, de- vinait son intention, Grafft foudait! & LCL tutti : 13 Ï li Gi. Er ns slt || Used in Thousands of Homes in | Canada for nearly Sixty Years ) l’Indien | | L'Aigle s'était relevé. and has never yet fallod to give satisfaction. Diarrhœa, Dysentery, Cholera, Cholera Morbus, Cholera Infan- tum, Cramps, Collie, Sea Sickness and all Summer Complaints. Its prompt use will prevent a great deal of unnecessary suffer- ing and often save life. Price, 530, The T. Milburn Co.. Limited, Toronto, Ontario. Importers aad Dealers:in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOE* FINE GROCEKIES And Fi: hing Supplies AT TIGNISH : and A LBERTON We have just opened à tull anc Celui-ci, se croyant sûr de vic- toire, ne cheicha pas à l'éviter, au contraire. LL: pla: du cow-boy, très simple, consistait à heurter fu- rieusemert la monture de l’ Aigle et à renverser d’un coup cheval et Effroyable, ce choc ! 1 produisit. un bruit sourd n'ayant aucun similaire, L'Indien culbu- à vingt pas, tandis vomissait des flots cavalier. | té alla rouler |que son cheval | de sang. { ‘‘Rends-toi, lui cria Grafft. Il {me faut ta chevelure, ça m’amuse- ra de te scalper, chacal.”’ Ji avait plus d’un tour dans son sac, celui- là aussi. Tablant, dès qu'il fut debout, sur la lourdeur de l'animal que montait le berger, et afin d’é- viter le lasso, il se mit à décrire un grand rond autour de Grafft en courant à toutes jambes. C'était bien imaginé, car le cow- boy, obligé de faire volter sa bête | pour le suivre dans ses évolutions, ne parvenait pas à saisir le moment favorable au lancement du lasso. | Et l’Aigle, tout en courant avec (l'agilité d’un cerf, rechargeait son fusil, décidé à marcher droit au | monstre, dès qu'il serait en mesure | de tirer. | Mais Grafit, impatienté, tira son | revolver et envoya une décharge à l'Indien, Celui-ci fit un bond comme un lièvre touché, tomba sur ses genoux, se releva et s’élança vers le bois pour s’y cacher une minute, et recommencer le duel, en pour se cacher, pour tendre des embuscades. A ce jeu-là, il pen- sait que le Jaguar-Blanc ne serait pas de force. Malheureusement, le pauvre diable avait l'épaule à demi-fra- cassée, Un Peau Rouge, à la véri- té, met sa gloire à dédaiguer la souffrance, surtout en présence d'une fâce pâle, Néanmoins, il perdait du sang, et le résultat final dela rencontre ne paraissait pas devoir lui être favorable. Grafit, bien entendu, se mit à sa | purent le voir en face. L'a:pect du bandit les fit frémir complete stock 6i NEW GOODS. We are preparec to Supply the wants of the farmer, fisb- erman and mecha- nic We invite in: tending: purchaser: to give us à cCal;, and they will fine we can meet al competitors, an save to them the J. H. Myrick & Co ! /}y Murphy ‘ P'HYSICIAN AND SURGEON 'TIGNISE. s ce sens 0 ec APR hi E., WYATS SUCCESSEUR DE HODGSON & WYATT AVOCAT, NOTAIRE, etc. Solli- citcur pour les Nova Scotia et Suinmersice Banks — AGENT À PRÊTER — Bureau : A a dessous de Clifton House SUMMERSIDE, SR MeQuarrie & .Arsenault AvocaArs, NOTAIRES, &C. S .unerside, P. E. I. (Bu'e: : au dessus du Royal Bank of Canada) ARGENT A PRETER Neil McQuarrie, K. C. Aubin E. Arsenault. HOTEL RIVERSIDE DUXE ST. MONCTON, N. B Cet hotel est à une minute de marche du Dépot de l’Intercolonial ea face du Bureau de Poste et près de la Rivière. La proximité de l‘hotel de la ri- vière, permet de voir, en plein, le spectacle grandiose du BORE à chaque marée. Ter.1es raisonnables. Une étable de première elasse pour la commodité des voyageurs. FRED. THIBODEAU PROP Hotel Bernard This house is thoroughly fitted üp ; within 2 minutes walk from depot, It is conducted on first class principles, every attention being given to the comfort of guests. Terms ‘are reasonable Theo. Bernard Tignish dis PROr ct} m . SPECIALEMENT RECOMMANDE LES Vins de Messe FABRIQUES PAR LA MAISON A. TOUSSAINT & Cie Sous le Patronage de MONSEIGNEUR L'ARCHEVE,- QUE DE QUEBEC Et la plupart de NOS SEIGNEURS LES ARCÇCH}:- VEQUES ET EVEQUES du Can. ia Public Not, e l'arties having claims agz'ast the Estate of the late Sylvain Arsenault, Clem, of DeBlois Road, are rennes- ted to place their attestui bills in the hands of the undersiy® : be- fore the First day of N:: :micer 1903. Parties owing the: 1 Este tate are requested to make imme- diate payment. F. J. Buore, Executor Tignish, May 28th 1903 . trouble and ex- pense of going tt Summerside Op: {Suite à la 8me. Page) Charlottetown. a #gP Pie X. #gPape Pie 1 AGENTS « Tousles gsonnets « filiettes o1: s+duites peuvent fair: 42.00 à $5.00 par jour en vendant not magni- fique photographie du nouveez Pape à 2%c. Cette photographie mesu._e 43 x 2%, et en plusieurs splendides coul#1rs8, La plupart des protestantset tous es catho- liques l’achètetit en la voyant. Sur pro- messe de solliciter des comman-ies, un accessoire complet et une photographie vous seront envoyés franco par la poste sur réception de ]10c. The Bradley-Garretson Co., L'rvited, BRANTFORD, Onr. é pe " p" x . a Nr PRE UE PT si FR sl | SORT EUR Aid ET MS Mage anse e ve Ses ie à ‘ £ “Sel ee an En pop RE,