PE \ # % ' ob Dé À able dr: 5 te PASSE SRE, Roi RL M. Sales di Un Mr RE ER Le Petit L'IMPFARTIAI,, JEUDI LE 22 SEPT, 1898. = Ravageot 1l y avait une fois un petit garçon qui était si méchant, que tout le monde avait peur de lui. 11 battait sa bonne, cassait les verres et les assiettes, tirait la langue à sen papa, et, quand, au milieu de ses colères, sa pau- vre maman, qui l’aimait de tout le malheureux enfant va nous faire honte. S'il est malhonnête avec la fée, on le saura, et nous n'oserons plus nous montrer nulle part. —Ne crains rien, dit la bonne mère, je vais bien le débarbouil- ler. Je démélerai avec mon son cœur malgré ses défauts, voulait le prendre dans ses bras | pour essayer de le calmer, il lui disait : “Tu m'ennuies !” On l'a- vait appelé Ravageot, parce qu'il ravageait tout, etil aurait dù avoir grand'honte, car c'était le nom d’un chien, son rival en tapages dans la maison. Mais il n'avait honte de rien. Gentil avec tout cela, il avait une petite tête, blonde et bou- clée, qui faisait plaisir à voir quand il lui prenait fantaisie d'être aimable. Mais ce n'était jamais qu'une fantaisie, et l'ins- tant d'après il revenait insup- portable. Tous les voisins plai- gnaient ses parents qui étaient les meilleures gens du monde, et il n'était bruit dans touice la ville que de ce méchant petit garçon. L'on contait que Rava- geot lui avait jeté une pierre dans les jambes, un jour qu'il prenait le frais devant sa porte ; l’autre, qu'il avait sauté dans le ruisseau, par une grande pluie, exprès pour éclabousser les pas sants. La laitière ne voulait plus le laisser approcher de ses boites de fer-blanc, depuis qu'il y 2- vait jeté par malice une pleine poignée de sable fin ; et le gar- dien de la rue menaçait déjà de le faire meïtre en prison, s'il continuait à pincer les petites filles qui passaient par là pour aller à l’école. Bref, on parla tant et tant de sa méchanceté que la nouvelle en arriva aux oreilles d’une vieille fée, qui, après avoir longtemps couru le monde, était venue prendre sa retraite dans le pays. La fée Bon-Coeur, c'était son nom, était bonne comme il n’est pas possible de l'être ; mais. à cause même de sa bonté, elle ne pouvait supporter qu'on fit du mai autour d'elle. La vue d’une injustice la rendait malade, et le seul récit d’un acte de mé- chanceté lui ôtait l'appétit pour huit jours. Dans le cours de sa longue carrière. elle avait puni oien des méchants, grands et petits, et quand elle apprit tout ce qu'avait fait Ravageot, elle résolut de lui donner une leçon qui le corrigeât pour longtemps. En conséquence, elle fit prévenir ses parents qu’elle voulait leur rendre visite un Jour qu'elle in- diqua. La fée Bon-Cœur était bien counne dans Île pays, et chacun tenait à grand honneur de ja voir entrer dans sa maison, car elle ne se prodiguait pas, et c’é- tait presque un événement quand on la voyait en ville. Dès le matin du jour indiqué, la cui- sinière courut au marché, et, deux heures ap’ès, elle rentrait ployée en deux, rapportant dans un énorme panier tout ce qu’- elle avait trouvé de meilleur chez les marchands. Dans toute la maison, on entendait des bruits de vaisselle et le toc toc des vieux plats d'argent qu'on tirait des grandes armoires. On montait de la cave des paniers pleins le houteilles ; des cham- bres hautes, o1 descendait de grandes corbeilles de fruits. C'était ane agitation, un va-et vient comme oi n'en avait ja. vu. Les domestiques étaient sur les dents ; mais personne ne se plaignait, ear tout le monde ai- mait la fee Bon-Coeur, et pour elle les gens se seraient jetés au feu. Le père dit à sa femme : —Qu'allozs-nous faire au- jourdhui de Ravageot ? Tu sais ec “bien il est désagréable avec! 8 lrrsonnes qui viennent 1ci : peigne d’or ses beaux cheveux blonds qui frisent si bien. Je lui mettrai sa joiie blouse neuve et ses petits souliers à boucles. et je le prierai tant d'êire gentil qu'il ne pourra pas me refuser. Tu ver:as qu’au lieu de nous {aire honte il nous fera hon- neur. Elle disait cela parce qu’elle pensait au bou diner qui se pré- parait, et elle aurait été trop chagrine que son cher petit gar- çon n'en fut pas. Mais quand ou voulut amener Ravageot à sa mère pour qu'on lui fit sa toi- lette, on ne le trouva nuile part. Le méchant garçon avait enten du parler de la fée Bon-Cœur, et elle lui faisait peur sans qu'il püt dire pourquoi. C'est la pu- nition des méchants d’avoir peur de tout ce qui est bon. En- tendant qu’on l'appelait, il se cachait dans tous les coins, et l'on finit, après bien des recher- ches, par le trouver dans une chambre de débarras, où il four- rait ses doigts dans une crème glacée qu’on avait (ransportée là pour la laisser refroidir. La cuisinière poussa de g'ands cris quand on lui rapporta Sa crème toute gâtée, sa belle crême où elle avait mis son talent. Mais elle eut beau crier, et gourman- der le coupable ; le mal était fait, et il fallut se passer de crème pour ce jour-là. Le pis de l'affaire, ce fut qu- au beau milieu des lamentations de !a cuisinière un grand bruit se fit tout à coup entendre dans la rue. C'était la fée Bon-Coeur qui arrivait au tripie galop de ses chevaux. Aussitôt tous les gens de la maisoü se précipitè- rent vers la porte, laissant ]à Ravageot, qui courut se cacher sous les fagots du grenier. Sa pauvre mère était bien dé- solée de ne pas l'avoir à côté d'elle, un jour comme celui-là ; mais il ne fallait plue y penser. et ren{onçant ses larmes, elie s'a- vança de l'air le plus joyeux qu'elle put prendre vers Ja bonne fée qui descendait de son carrosse. On la conduisit avec toute sorte de révérences à la salle à manger, où toute ja so- ciété prit place autour d'une grande table magnifiquement servie. Quand le repas fut terminé. la fée, promenant ses regards dans toute la salle ; —Où est voire petit garçon ? dit-elle à la mère quise mit à trembler. —Héias ! madame, répondit celui-ci, nous avons eu tant à faire uepuis ce matin que je n’ai pas eu le tomns de l’habiller, et Je n’ai pas osé vous le présenter dans l’état où il est. — Vous me déguisez la vérité dit la fée d’une voix sévère, et vous avez tort. On rend un mé: chant service aux enfants en cherchant à cacher leurs fantes. Qu'on me l’amève tel qu’il est ! Je veux le voir sur-le-champ. Les domestiques envoyés à la recherche de Ravageot revin- rent bientôt en disant qu’on ne l'avait vu nulle part. Le père haussa les épaules, et la mère commenca't à se réjouir dans son Cœur, en pensant que son cher enfant allait échapper à la leçon qa'ou lui préparait évi- pour rien. Elie fit un signe à son naiu favori, qui se tenait de- ianca hors de la salle. Ce nain, cause d'uue :ongue toufle de demment. Mais la vieille fée! n’evtendait pas s'être dérangée! bout derrière sa chaise, et 11 s’é- qu'on appelait Barbichon à! poils qu’il portait au menton, é- tait d'une force de géant malgré sa petite taille, plus large que haut, avec de longs bres noueux etiortus comme de vieux sar- ments de vigne. Mais ce qu'il a- vait de plus extraordinaire, c'est qu'il flairait les petits garçons méchaats, et les retrouvait à la piste, comme un chien de chasse qui poarsyit un lièvre. Barb'chou courut à la cuisine, où l'on avait laissé Rarageot. Suivant de là sa trace, sans hé- siter, il monta au grenier, et marcha droit aux fagots, à tra- vers lesquels on voyait passer le panta'on déchiré fagitif. Sans dire un mot, ii le saisit d’une main par la ceinture, et l’'empo:ta à bras tendu dans la salle, où son entrée fat saluée par un immense éclat de rire. 1] n’était pas beau comme cela, le pauvre Ravageot ! Sa blouse bieue, toute fripée. était noircie d'an côté Dar le charbon de la cuisine, blanchie de l'ancre par tous les murs contre lesquels il s'était frotté depuis le main. À ses cheveux éhourifflés et emmèê- lés, pendaient des brindilles de bois et des feuilles sèches, ra- massées dans les fagots, sans parler d’une grande toile d’a- raignée, à travers laquelle Bar- bichon l'avait fait passer en franchissant la porte du grenier, et dont la moitié s'élait accro- chée à sa tête. Sa figure, em- pourprée par la colère, était bar- beui:iée de crème depuis le bout du nez jusqu’au bas du menton. Il se to:tillait et gizottait, mais en vain, dans la grosse main de Barbichon. B.ef,comme je viens de vous le dire, il a’é- tait pas beau, et les gens qui ri- rire. Trois personnes seulement a- vaient gardé leur sérieux dans l'assemblée : son père, dont Ja figure exprimait un grand mé- contentement ; sa mère, les yeux s'étaient remplis de larmes ; et la vieille fée, qui lui lançait un regard menaçant. — D'où venez-vous, monsieur, lui dit-elle, et pourquoi ne vous ai-je pas vu en entrant ici ? Mais lui, aa lieu de répondre, s’'échappant des mains de Barbi- chon, qui venait de le poser à terre, courut à sa mère, en tré: ignant, dans son tablier. — Voilà un enfant, dit la fée, qui aime à faire sa volonté ! Eh bien ! Je vais lui laisser en par- tant un don qui le rendra bien heureux. “Je le dispense à tout jamais de ce qui lui déplaira.” Adieu, madame, continua-t- elle, en s'adressent à la mère qui caressait involontairement, «le sa blanche main. les cheveux en désordre du petit mauvais sujet ; adieu, madame, je vous plains d’avoir un enfant pareil. Si vous m'en croyez, vous allez com- mencer par le débarbouiller, car il est vraiment trop vilain. Et, se levant majestueuse- ment, elle alla retrouver son ca- rosse suivie de Barbichon qui portait la queue de sa robe. Voilà une maison bien affi- gée ! La fee Bon-Cœur éta't par- tie mécontente, après toute ja peine qu’on s'était donné pour: la bien recevoi”, et les invités disparaissaient un à u2, p'essés d'aller raconter par toute la vil- le ce qui venait de se passer. Le père prit son chaneau, et sortit irrité, disant tout haut que ce polisson-là fidirait pur les dés- sans rien dire, et contisucit ma- chinaieme »t de ca”esser Ja ‘éê’'e mal peiznée de son cher tour- ment, réfléchissant tort bas au don s'rguier qu'on veuatr de lui faire. À la fin, elle se leva, et pre. vant Ravageot par Ja ma u : —V'e3s, cher pesi, dic-elle ; pous a los f: ‘'e ce que la fée a dit. Eile le mena donc dans son cabinet de to lette, et, plonge. at aient de lui avaient de quoi, dont | honorer tous. La mère plewra:t. sa grande éponge dans une belle eau bien claire, elle s’ap- prêta à lui laver la figure et les mains. Ravageot, encore tout pe- nand des reproches qu'il vena't de s'atii’er, s'était d'abord la'ssé faire sans résislauce ; mes quavud il seniit l'eau fro'de qui lui entrait dans le nez et dans les oeilles, il commença à re- g'mber.et se sauva à J'aucre boat de la chambre. en ct nt : —Oh ! c’est trop fro;d ! Je ne veux pas qu’on me mouille comme cela. Sa mère l’eut b'entôt r:!.repé, et,en dépit de ses trép'gne- ments, elle promena de nouveau l'éponge sur sa figure. Mais le fatal don de la fée opéraït déjà. L'eau obéissuit aux ord'es de Ravageot. Pour éviter de le et à gavche ho:s de la cuvette, et se sauva't de l'éponge quire- veuaic toujours à sec, si b'en qu'il fallut y renoncer. Ta chambre était pleine d’eau. et le visage du peiit garçon, à moitié lavé. n'en avait pas reçu une gov'te depuis les paroles 1m- prudenies qu'il avait prono: cées. La pauvre mère, bien désoiée, se jeia de guerre lasse sur uxe chaise, en secouant sa robe toute mouillée. —ÂÀllons, se dit-elle, poi- gnous-le au moins ; il ne sera plus tout à fait si malpropre. En disant cela, elle l’aitira sur ses genoux, et se mit à pas- ser son beau peigne d'or daeus les cheveux du petit gorçon. Bientôt le peigne rencontra une des brindilles autour de Ja- quelle cinq ou six cheveux s'é- talent entor.illés. —Oh ! cela me fait mal, cria Rovageol. Qu'on me laisse tran- quiiie avec Ce peige ! Aussitôt voilà Jes dents du peigne qui rebroussent en ar- rière, et refusent d’enter dans les cheveux. La bonne dame tout épouvantée courut prendre un autre peigne qui en fit au- tant. Les gens de la ma'son é- taient accourus à ses Cris de dé- sespoir, et chacua apportait tout son attirail de peiguage ; mais rien n’y faisait Oa alla même à l'écurie chercher l’érille du che- val ; maie à peire eut-elle tou- ché la chevelure enchartée qu'elle aplatit ses dents d: fer, let passa sur la tê e de Ravageot sans déranger rn seul cheveu. Mon Ravageot ouvrait de grands yeux, et il commeucait à se repentir d'avoir été si n'ompt à parier. :ÎF avait 0ù p5 tite coquetterie au fond. et cela ne lui déplaisait pas d'êt'e pro: pre et gentil, pourvu qu'il ne lui en coûtat ni peine ni soins Se voir condamné à rester alusi, les cheveux pleins d’o'dures et la figure à demi-débarbog''lée. ce n’était pas une perspective a- musan'e. Pour exprimer son mécontentement, 1l se mit à pleurer de toutes ses forces, ce qui est Ja resource ordinai’e des petits +arçons méchan:s, quand ils ne savent plus que dire ni que fa're. —Je veux quon me lave et qu'on ms peigne ! criaii-1 en sapglotant, mais il n’était plus temps. La fée l'avait bien d's- | peusé de ce qui pourrait :ui | plaire. Pour le consoler, sa mère rou- |Jaït lui meïtre sa blouse neuve |et ses jol's souliers à boncles. ‘11 les repoussa loin de lui | — Je n'en veux pas, s'écria-t ji Je veux une énorge qui me |mouilie, et vu peigu» qui entre dans mes chevenx. | : | {à cont nuer) | Am, rie | 4 . h 4 9 , < te SR DE era ANTENNES DOGMPTEMENT IS2TENUES FAURE EMELRI ! Envoyez un timbre pour notre ‘Guide des In- venteurs.” Nous obtenons plus de patentes pour les inventeurs que tous les autres Imgé- nieurs ensemble, et nous faisons une spécialité | des applications, que les autres agents n'ont pas réussi à obtenir. Pas de patente, pas de paye. MARICN & MARION, EXPERTS. 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