L'IMPARTIAL, JEUDI. LE 10 DEC. 1903, TN PE Rue APT Tel SE ST TRE, Un reveillon de Noel. A Paris, en 1841, par une froide et brumeuse soirée de Décembre, le vingt-quatrième jour du dit mois, un homme de haute taille, appuyé sur un bâton, suivait pé- niblement larue Mazarine. Ses vêtements étaient insuffisants pour le garantir des morsures de la bise qui, ce soir-là, scufflait avec rage ; un chapeau à larges bords, rabat- tu sur son visage, ne laissait voir qu’une longue barbe et de grands cheveux blancs tombant sur ses é- paules voûtées. Il portait sous le bras un objet de forme oblongue enveloppé dans un mouchoir à car- reaux. Il traversa le pont et la place du Carrousel, gagna le Palais-Royal, fit le tour du jardin, s’'arrêtant plusieurs fois. Puis, comme si les flots de lumières et les parfums savoureux des mets préparés dans les restaurants pour de joyeux réveillons, lui eussent donné le ver- tige, il s’éloigna vacillant sur ses jambes e‘: vint échouer rue des Fontaines. Là, il releva la tête et, voyant de la lumière à toutes les fenêtres, il commença une mé- lopée mais si ti'ste, si discordante, que devx ou trois polissons qui s’é- taient plantés devant lui se sauvè- rent en se moquant. L/homme, écouragé, s’assit tristement sur la marche de Fallée, posa son instru- menant leurs cheveux sur leur vi- sages, enfoncant leurs chapeaux sur leurs yeux. ‘— Maintenant, de l'entrain et de l’ensemble !’’ s’écria Charles. Puis interpellant Adolphe : ‘—En avant ton morceau de concours, Adolphe, pour amasser du monde !”? Sous les doigts exercés du jeune virtuose, le violon du pauvre réson- na joyeusement, et le Carnaval de Venise s'égrena avec un brio extra- ordinaire. Toutes les fenêtres se rouvrirent, passants s’attrou- pèrent, des applaudissements écla- tèrent de toutes parts, et beaucoup de pièces blan:hes tombèrent dans le chapeau du vieiliard, placé en évidence sous le réverbère. Après un temps d'arrêt, le violon préluda de nouveau. ‘*__ A toi, Gustave, ’? Charles. Le jeune homme dénommé chan- ta avec une voix de ténor, vibrante. les commanda chaude, superbe! Et l'audi- toire, ravi, criait: ‘‘Bis! bis! bis !’’ Et la quête allait grossis- sant, et la foule devenait de plus en plus compacte. Devant ce suc- cès et cette recette, le promoteur de l’idée, Charles, ajouta : ‘__Allous, pour finir, le trio de Guillaume Tell ! "’ Le rio commença. Alors le ment sur ses genoux en murmu- raut : —‘‘Je ne peux plus jouer !.... Mon Dieu ! mou Dieu ! ayez pitié de moi !”’ Et un sangiot plein de larmes s'échappa de son cœur. A ce moment, et par cette même allée longue et sombre, arrivaient trois jeunes gens fredonnant un air en vogue. Il n’aperçurent pas tout d’abo:d le joueur de violon : l’un le heurta du pied, l’autre renversa son cha- peau et le troisième resta tout sai- -i en voyant se dresser et sortir de l'ombre ce grand vieillard, à mine fière et humble tout à la fois. —‘‘Pardon, monsieur !....Eit- ce que nous vous avons fait mal ? —Non,'’ répondit le violoniste, en se baissant péniblement pour ramasser son chapeau. Mais un des jeunes gens le devança et le lui rendit, pendant queson camarade, avisant l'instrument, le question- na : —‘‘Vous êtes musicien, mon- sieur ? —Je l’étais autrefois, soupira le pauvre hommie, et deux grosses larmes descendirent lentement dans les!rides profondes qui sillonnaient ses joues. —Qu'avez-vous ? Vous souf- frez? Pouvons-nous vous veair en aide ?”’ Le vieillard regarda les trois jeunes gens ; puis il leur tendit son chapeau en muimurant : —‘‘Faites-moi l'aumûue ! Je ne Yeux plus gagner ma vie en jou- ant du voilon ;-- j'ai les doigts an- kylosés : ma fille se meurt dela poitrine et aussi de misère.” Ii y avait taut de douleur dans l'accent de ce vieux mendiant, que les jeunes gens en furent secoués lelatête aux picils. Bien vite ils mirent la main à leur goussets et en retirèrent tout ce qu’ils cou- tenait. Hélas ! le premier 50 cen- times !.... le second 30 centimes ! et le troisième un morceau de colo- phane !....Total, seize sous pour s rer das d’infortune ! C'était peu lils se regardèrent piteuse- ment. —‘‘Amis ! s'écria tout ému, ce- lui qui avait questionné le mal- heureux, un coup de collier et trois coups de cœur ! C’est un con- frère !—Toi, Adolphe, preads le violon et accompagne Gustave, pendant que je ferai la quête.”” à Aussitôt dit, aussitôt compris. Les voilà relevant les collets de jeurs paletots, ébouriffants et ra- è 7 Sydney. C. B. ‘yeux ni ses vieillard, qui jusque-là était resté immobile, n’osant en croire ni ses oreilles, craignant d’être ;e jouet d’un songe, se re- dressa de toute sa hauteur, l’œil brillant, le visage trausfiguré ; et, saisissant son bâton, il se mit à battre la mesure avec tent de maestria que, sous sou impulsion, les jeunes exécutants électrisèrent, enthousiasmèrent la foule qui ne leur ménagea ni ses bravos, ni son argent. Le concert fini, se dissipa assez lentement. jeunes gens s’approchèrent vieillard suffoqué d'émotion. ‘_Vos noms? murmura le pau- vre homme, pour que ma fille les place dans ses prières. ‘_Le premier dit : la Foi. l’attroupement Les du je m'appelle cond. ‘__ Alors, je suis la Charité, fit le troisième en déposant devant lui le chapeau débordant de monnaie. ‘‘Ah ! messieurs ! messieurs ! Sa- chez au moins qui vous venez d’o- bliger si généreusement :—Je me nomme Chappner, je suis Alsacien, —Pendant dix ans j'ai été chef d'orchestre à Strasbourg, j'ai eu l'honneur d'y monter Guillaume 701... quitté mon pays, le malheur, la ma- ladie etla misère m'ont accablé. Vous venez de me sauver la vie.” —Et le bon vieillard pleurait. ‘4__ Grâce à cet argent, reprit-il, je pourrai retourner à Strasbourg où je suis connu, où l’on s’intéressera à ma fille ! L'air natal lui rendra la santé ! Vos jeunes talents que vous avez mis si simplement, si noble- ment au service de ma misère se- ront bénis, je vous le dis et le pré- dis : vous serez grands parmi les grands ! «__ Ainsi soit-il,'’ répondirent les trois amis. Mais si vous êtes curieux, teurs de savoir comment s’est ac- complie la prédiction du vieux Chappner, je puis vour révéler les noms des trois élèves du Conserva- lec- toire. Le ténor s'appelait Gustave Roger ! Le violoniste, Adolphe Her” mann | Le quêteur, Charles Gounod ! Beau reveillon de Noël, puissiez- vous provoquer dans l’âme de tous vos lecteurs un grand esprit de cha- rité pour les pauvres et les malheu- reux ! La charité porte bouheur ; le doux Enfant de la Crèche de | Bethléem la prêche et la bénit. Un désastreux x incendie qui aeu| eu aux mines de Sydney, le 29 novembre, a causé de jourdes pertes | et jeté 300 personnes hors d’em- | ploi. Abonnez-Vous a | | L'Impartial ‘__ Moi, l’ Espérance, ajouta le se-! La Russie et le Japon M. Oishi, ancien ministre du commerce et de l'agriculture au Japon, qui vient de visiter la Mand- daus un discours public, contre l’a- croisseinent jucessant des forces russes en Extrême-Orient. Il a declaré qu'il fallait rompre les né- gociations, demander l'arrêt immé- cas de refus, recourir aux armes UN SUCGES SAS PAECEDENT L'‘'Album Universel” est tout entis: dans son titre. C’est la lec- ture pourtous, pour’ les petit: comme pour les grands, c’est la lecture gaie et instructive qui dé- lasse et apprend, qui distrait des préoccupations journalières et fait trouver mille fois meilleures les heures de récréation et de loisir. L'‘‘Album Universel’’ est la joie de la famille. Ses illustrations artis- tiques et humoristiques, sa musi- que de choix, son texte soigné, plaisent à tout le monde, aussi son succès grandit-il chaque jour. Le 12 décembre prochain, cette revue commencera la publication de ‘‘Mme Thérèse,’ célèbre roman patriotique, et donnera les condi- tions du concours du mois de dé- cembre. De nombreux prix seront décernés, qu’on ne l’oublie pas. ‘‘Album Universel,’ 40 pages par semaine ; prix, 5 cents, Bu- reau : 55 rue Saint-Jacques, Mon- tréal. ne re RER PR a PILULES MORO vou vas HOMMES REMEDE MERVEILLEUX POUR LE SYSTEME NERVEUX Réveiilent les facultés endormies et rendent la vitalité de la jeunesse | aux hommes vieillis avant le temps. Les hommes faibles retrouveront en elles la joie des jours d'autrefois, | : chourie a protesté avec véhémence, ! diat de ces envois de troupes, et en | Les Tempetes en Europe ee ——— — PARTES DE VIFS | Les pluies continuelles de ces jours derniers, dit une dépêche de Londres en date du 1er. décembre, ont été remplacées par des tempê- tes de neige qui, hier, étaient géné- rales en Grande-Bretagne et dans la plus grande partie des pays du continent. La neige n’est tombée que très légèrement à Londres, mais dans certaines parties dela campagne le travail est suspendu et le trafic se fait avec la plus grande difficulté. On a enregistré 16 degrés de ge- lée daus le sud de l’Ecosse diman- che soir. Les navires cherchent uu abri dans les ports le long de la côte anglaise. Les tempêtes de neiges sont si violentes en Beigi- que les communications par télé- phone et télégra phe avec l’Allema- gne sont interrompues. Une vingtaine de personnes ont perdu la vie sur les bateaux-pê- cheurs français pendant la récente Hélas ! depuis que j'ai | | tempête. S, E. Gallant \brams Village Nouvelles Marchandises de tou- tes sortes. Les marchandises d'automne sont maintenant arrivées et les prix, comme toujours, aussi bas que pos- sible. Marchandises sèches, Habits, Chaussures, etc. etc. Aussi :—Uu magnifique Stock de Livres de prières, Chapelets et Objets religieux, aux prix les plus réduits. En Gros et en Détai's. Venez voir mon Stock, vous se- Epiceries, Chapeaux, rez satisfaits. S. E. GALLANT Abramw'’s Village. All parties indebted to the late | Peter McInnis, testate, Sea Cow Pond, are hereby notified to pay at onceto Chas. Dalton, Tignish. All bills against the said estate must be fyled duty attested on or before April 22nd. 1904. CHaAs. DALTON { Excutors JAMES MCINNIS 1903 Notice | et les hommes souffrants, soulagement à leurs douleurs. Pas un homme malade ne devrait désespérer, il y aura toujours soulagement et guérison pour lui par les Pilules Moro. Le hommes qui ont essayé tous les remèdes imaginables pour Panimer leurs forees perdues ot qui n'ont pas fait usage des Pilules Moro, n'ont rien fait pour leur santé, a » " L’attestation solennelle, par-devant notaire, que vient de donner M. JULIEN GRAND JEAN, «tt que nous reproduisons plus bas, prouve, une fois de plus, la grande valeur des Pilules Bioro: dans le traitement des maladies des hommes. D panier 4 PROVINCE DE QUÉBEC, DISTRICT DE MONTRÉAL, Je soussigné, Julien Grand Jean, domicilié à Abercorn, Comté de Brome, province de Québec, dé- clare solennellement : Que depuis un an je souffrais de troubles de cœur, de mauvaise di- gestion, de grande faiblesse et de rhumatisme ; Que toutefois, sans être malade au lit, j'étais dépourvu de toute énergie et presque incapable de travailler, et qu’au moindre ou- vrage que je faisais j'éprouvais de grands malaises ; Que je me suis fait traiter pen- dant un an par deux médecins de notre localité qui ne m’ont apporté aucun soulagement ; Qu’un de ces médecins m’a dit que je souffrais d’une maladie de cœur et qu’il désespérait de mon Cas ; Que découragé, n’obtenant pas de soulagement nulle part et voy- ant sur les journaux le rapport des guérisons merveilleuses opérées par les Pilules Moro, je commençai à les prendre et en obtins un bien immédiat ; Qu’aujourd’hui je suis parfaite- ment guéri et que je dois entière- ment cette guérison aux Pilules Moro et aux conseils des Médecins de la Compagnie Médicale Moro; Que je rends ce témoignage libre- ment, sans y avoir été engagé par amoindrirait la force. ou six boîtes pour $2.50, ee Ni) Nu &) Fi D Da 52 \ — il x E } LE LR À XX XX sn A M. JULIEN GRAND JEAN, Abercorn, Qué. qui que ce soit et sans promesse de récompense, mais simplement pour rendre justice aux effets merveilleux des Pilules Moro, Et je fais cette déclaration solennelle, la croyant consciencieuse- ment vraie et sachant qu’elle à la même force et le même effet que si elle était faite sous serment en vertu de l'acte de la preuve en Canada, 1893. JULIEN GRAND JEAN, Déclaré devant moi, dans la cité de Montréal, ce vingt-septième jour de février mil neuf cent trois, P.-A. BEaupois, N.P. Nous ne voulons certainement pas commenter ce document donné sous le seing et sceau d’un notaire et nous nous faisons un scrupule d’y ajouter le moindre mot qui en diminuerait l'exactitude et en Ce sont là des faits, une attestation nette, il n’y a rien a ajouter, sauf ces re- marques aux hommes faibles et souffrants qui auraient encore un doute sur l'efficacité des Pilules Moro. Voici un homme, M. Julien Grand Jean, cultivateur à Abercorn, Qué., par-dessus tout respec- table et honnête, qui affirme sous serment et déclare qu'après avoir souffert pendant longtemps et s'être fait traiter, sans résultat, par deux médecins, il obtint un bien immédiat en prenant les Pilules Moro, Peut-on demander quelque chose de plus ? Peut-on se fermer les yeux et se boucher les oreilles devant un témoignage aussi décisif ? Hommes faibles, nerveux, vieillis avant l’âge, qui souffrez soit du cœur, des reins et de la vessie, de l'estomac ou de faiblesse générale, n'hésitez plus un instant, rendez-vous à l'évidence, vous pouvez encore être ramenés à la santé et devenir forts ; votre seule chance de salut est de prendre les Pilules Moro. Les médecins de la Cie Médicale Moro donnent des conseils, tous les jours de la semaine, excepté le dimanche, de neuf heures du matin à huit heures du soir, à leurs bureaux, au n° 1724 rue Ste-Cathe- rine, Montréal, et leurs consultations sont parfaitement gratuites, Les Pilules Moro se trouvent chez tous les marchands de remèdes et sont aussi envoyées par la malle, sur réception du prix, 50c la boîte Adressez : COMPAGNIE MEDICALE MORO, 1724, RUE STE-CATHERINE, MONTREAL Un nouvel Almanach Nous sommes heureux d’accuser réception de l’Almanach Wingate pour l’année 1904, publié par ‘The Wingate Chemical Co. Ltd’’ Mon- treal, Can., les propriétaires des remèdes bien connus : le Sirop du Dr. Coderre pour les Enfan's, le Stanton’s Pain Relief, la Sprucine McGale, les Pilules de Noix Lon- gues McGale etc. etc. Ce livre contient outre les annon- | ces plusieurs recettes utiles, pré- dictions de la température, anec- dotes, bons mots et une foule de: re: eignet ments intéressants et sera. envoyé promptement par la malle; sur réception d’un timbre-poste. | DTÉNLES S PROVPTEMENT Avez=vousune idée ? Si oui, demandez notre “Guide des Inventeure,” pour savoir comment “obtiennent les patcntes Informations fouruniez pratuitemct. MARIE. Æ MAR « “{ ‘ Edifice Nexz York Life, Montréal. 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