: Ë l : L'IMPARTIAL | FONDE EN 1893 Le seul Journal français de l'ile du Prince Edouard. HEBDOMADAIRE, 8 PAGES. ABONNEMENT : ons toi $1.00 To... oO rh ml... oo Les abonnements sont paya- bles d'avance. Annonces 10 cents la ligne, lère insertion, 2 cents la ligne les in- sertiens subséquentes. Toites communications doi- vent être adressées à L'IMPARTIAL TIGNISEH. I. P. E. L'IMPARTIAI., Ticnism 10 Nov. 1898 SAGES CONSEILS Soumis à la considération de ceux des nôtres qui abandon- nent le sol natal pour aller aux Etats-Unis. J'aime cette parole d'un saint, qui fut en même temps un hom- me d'esprit—ce qui ne gâte rien : “Il faut demeurer en la barque en laquelle on est.” Il y a au delà de deux cents ans que l’aimable évêque de Genève, François de Salles, é- crivait cela. 11 est donc à présu: mer qu'on voyait déjà de son temps, des gens cherchant le bonheur dans l'impossible et en dehors de la sphère où Dieu a voulu qu'ils le trouvassent. Ce travers est commun de nos jours. Souvent la tranquilli- té, le contentement, l’aisance sont là, tout près de nous et nous faisons de grands frais pour courir les chercher au loin. Quand on voit des milliers de nos frères vivant sous un ciel étranger, on se demande avec tristesse si notre pays n'était pas assez grand pour les conte- nir, ou si les lois en étaient trop dures, ou si le climat trop inhospitalier Dans aucune de ces alterna- tives on ne trouve la raison dé- terminante de l’ex:l de nos com. patriotes. C’est pour d’autres motifs qu’ils vont porter-:,m- me, sous Louis Quatorze, les Français huguemots le firent en faveur de l'Angleterre et d'’an- tres pays ennemis-le trésor de leur activité, le formidable ef- fort de leur nombre et les res- sources du génie uationai, chez une nation étrangère que ce concours enrichit. Pourquoi ce besoin gieux de s’expatrier ? D'ou vient cette insouciance qui fait qu'on passe d'un cœur léger, de la situation de maître chez soi, à l'état de serviteurs de l'étranger et qu’on change l'air libre du chant netal pour l’em- prisonnement du “tenement” des conta- rives fleuries d'uu ruisseau cam- L’IMPARTIAL, JEUDI LE 10 NOVEMBRE, 1898. Dans notre beau et riche pays, la Provideuce a manifestement voulu qu'on exploitât les res- sources dn sol. La fertilité de nos vailées, l'abondance de nos inépuisables 1orêts fatigueraient les bras de bien d’autres ‘a- tions. | Si ie Canadien obéissait au commandement de Dieu qui le destine à la plus noble, à la Le Langage a Tenir L'antre jour on a fêté M. Tarte, à Sorel, et M. Tarte a pro- noncé un grand discours. M. Tarte improvise, et en improvi- sant il se grise assez facilement et ne pèse pas ses paroles. 11 parle souvent à tert et à travers. L'autre jour, à Sorel, il a mal plus libre de toutes les posses- sions : l’agriculture, il n'y au- et plus prospère que Ja nôtre. L'habitant de nos campa- gnes plus indépendant qu'un roi, mangerait un pain qu'il ne doit qu’à lui même ; son pied ne fouierait, son œil n'embrasserait qu’un espace dont il est le maîi- tre et le toit sous lequel 11 vieil- lit, après avoir abrité des an- cêtres, conserverait encore son souvenir à la génération de ses enfants. Et les douces mœurs d'’autre- fois refleuriraient et notre race reviendrait à son antique vail- lance. Au lieu d'être de mau- vais yankees ou des anglais in- férieurs, nous serions de vrais Canadiens, fiers de notre ori- gine et loyaux au drapeau qui nous abrite. Disons donc à nos filles que rien n’est plus noble que d'être uze bonne fermière. Prenons garde qu'elles ne dé- daignent cette belle existence à laqueile veut-être la Providence leur fait la faveur de les appe- ler et dont plus d’une citadine leur envie la douce liberté, le calme et l'indépendance. Pour moi rien n’est au-dessus du cultivateur. Je salue avec respect sur le seuil de leurs de- meures ces braves familles qui vivent au sein de Ja belle et honnête nature, dans la pure atmosphère des champs ; plus près de Dieu que nous. Pour uu de leur jour serein et Jabo- rieux, Je donnerais un mois de nos vaines agitations. Enseignons aussi à nos fils, s'ils sont nés au milieu des champs, qu’un brevet de méde- cin, d'avocat ou de notaire ne les élève pas. Qu'ils soient fiers de recueillir la succession pa- terne.le et qu'ils n’avillisent pas en la méprisant une profes- sion qui n’a pas de supérieure. lustruisens-nous, si nous vou- lonsæt sachons, en la relevani, faire de l’agriculture, l’aristocra- tie de notre peupie. C’est d'elle, aussi bien, que nous vient ce que nous avons de meilleur. C'est des réserves de nos campagnes, c’est du sein de leurs familles patriarcales que surgissent constamment jes hommes qui font l'honneur de notre pays. Si l’on a le bonheur d'y ap- partenir, restons-y attachés. Ne changeons pas de barque. Prions plutôt que les mal. heureux galériens des grands | centres songent à quitter leur bord pour devenir de joyenx nautoupiers voguant entre les pagnard, “ MME DANDURAND. villes manufacturières des “States” ? Est-ce pour trouver loin de Ja patrie, plus de loisirs, plus de jouissances, plus de fortune cet moins de travail ? Non ; pas plus que le Canada, la grandeRépublique n’est un pays de Cocagne pour les pares- seux. La lutte pour la vie, au coutraire est plus rude, plus fé- roce, j'oserais dire, de l’autre côté de la frontière que xartout =. er. PSS Cures Coughs, Colds, Lung and Bronchial Affectionsthat ailleurs. Encore une fois, quelle est donc la raison qui fait préférer l'esciavage de l'usine améri- caine à la fière éxis- tence du citoyen Canadien ? C’est qu'on s'obstine à ne pas vouloir rester dans la barque en laquelle Je Bon Dieu nous a other remedies won't touch. Mr. Taos, J. SmirH, Caledonia, Ont., writes : ‘‘ A year ago I had a very severe cold which settled in my lungs and in my throat, so that I could scarcely speak louder than a whisper. Î tried several medicines, but got no relief until [used one and a half bottles of Norway Pine Syrup, which com- pletely cured me.” 25c. a bottle or five for $1.00. A D mens ennemi de mérmans à QE MIS. parlé de la question des écoles manitobaines. 11 a dit, d’après “7 ù rait pas de race plus heureuse, {$0n Propre organe, que ‘ia ques tion des écoles est disparue de la scène”. Cela est faux. Et M. Tarte sait que cela est faux. Cette question ne disparaitra de la scène que lorsqu'elle sera xé- glée. Et ellé ne sera réglée que lorsque la minorité manitobaune [sera réintégrée dane la jouis- sauce de tous ses droits naturels et const'tutionnels ; lersqu’elle sera aussi bien traitée que l’est la minorité protestante dans la province de Québec. Affirme, qu'il y a quelque chose de fait, qu'on-est entré dans la bonna vois, c’est fort bien. Mais pro:lamer que tout est réglé, que la question des écoles manitobaines n'existe plus, c’est tenir un langage qu'on n’a pas le droit de tenir et contre lequel nous n"roteste- rons Chaque fois qu'on ie tien- dra. M. Laurier, nous le savons, comprend toute l’incorrection de ce langage. 1l sait que la seule note juste que son parti ait fait entendre jusqu'ici sur cette question, a été donnée dans certain entrefilet paru daus la Patrie, au mois de septembre. Il y est dit qu'un “grand pas a été fait pour la solution finale des difficultés”. Donc la ques- tion n'est pas finalement réso- lue. Donc elle n’est pas disparue de la scène. : 1l est souverainement regret- table que M. Laurier ne possède pas l’énergie voulue peur for- | cer ses collègues et ses organes à s'en tenir à cette note de la Patrie. À quoi sert la discipline de parti dont on parle tant ? Le Progrès, de Valleyfield, prétend qu'’attaquer M. Tarte, c’est attaquer M. Laurier qui l’a choisi comme ministre. Alors pourquoi M. Laurier n'exige:t-il pas que M. Tarte tienneun lan- gage correct en parlant de Ja question des ecoles ?2—La Véri- té. Le Plebicite (Du Pionnier de Sherbroke) Enfia, nous connaissons le résultat final du vote pris le 29 septembre dernier. Voici l’état officiel de la majorité dans chaque province du Cana- da. Pour la Prohibition : Onterio Nouvelle Ecosse 29,216 Nouveau Brunswick 17,335 1le du Prince Edouard 8,315 Manitoba : 9,412. Colombie Anglaise 983 Nord Ouest 3,414 39,224 107 899 Contre la prohibition : OS... onde 94,015 La majorité hostile de notre province étant déduite, il résul- te que la prohibition l'emporte dans toat le Canada par 13,884 voix. Les tempéranciers jubilent et considèrent qu'ils ont gagné leur point. , 1l viennent d'envoyer une députation auprès du Premier Ministre pour lui demander de de présenter devant les Chan- bres une loi basée sur le vœu de la nation. ” Nos zélés buveurs d’eau sont bien naïfs s'ils espérent obtenir une réponse catégorique. M. Laurier possède au supré: me degré l'art de dire ni oui ni non. 1l va recevoir les délégués a- rec toute l‘ämabilité qui le dis- tingue, en les inondant de paro- l sernmiellées et d'eau benite de cour ; mais quant à la prohi- tion, ‘‘va-t‘en voir s'ils viennent, Jean.” Jamais le gouvernement ne présentera une pareille mesure et il n’a jamais songé à le faire. Son attitude sur cette ques- ral. M. Laurier a cru qu'il était de bonne politique de berner les braves gens de la ‘“Dominion Alliance” et son double jeu n'a pas mal réussi jusqu'à présent Nous ne voulons pas nous 2- pitoyer plus qu’il ne faut sur la déconvenue qui attend les pro- hibitionnistes : comme tous les utopistes ils sont destinés à faire rire d’eux à leurs dépens. Mais ce que nous ne pouvons excuser, dans la circonstance présente, c'est la dépense inu- tile de $250,000 qu'on vient d’infliger au trésor public. En définitive, le principal dinden de la farce, c’est ce bon peuple dont on gaspille les de- aiers. Que de travaux utiles, que d'œuvres patriotiques on aurait pu aider avec cette somme ! C'est dans la poche du pau- vre contribuable qu'il faudra puiser por acquitter le coût de cette finasserie politique. Comme l’a si bien dit Lafon- taine, Hélas ! on voit que de tout temps Les petits ont pâti des sottises des grands. Si encore cette affaire du plé-| biscite fermait la marche des. erreurs administratives, mais le régime des pots cassés ne sem- ble pas prêt de finir à Oitawa. En attendant, paye Bap'iste !! LECTURE A HAUTE VOIX Son Utilité. Quelques esprits prétendus tion, n‘a été qu'un truc électo | graves vous disent : Tout daas l’enseignement primaire doit a- | voir un caractère sérieux et pra-| tique. L'art de la lecture peut servir d'agréable complément à | l'éducation des classes riches ; il peut former de beaux diseurs de salon, voire même des c)mé- diens de société, mais à quel ti tre l’introduire dans le sivère et sobre programme des {Coles pri- maires ? Ce que renferme ce programme s'appelle la grammaire, la g'ozraphie, l'a- rithmétique, l'histoire. Qu'ira | faire dans une si austère Com-| pagaie, cet art si aimable, qui a toute la grâce mais toute la fri- volité d'un amusement mo | dain ? À quoi servira:t-il aux fiis et aux fiiles de fermiers, de | paysans, d'ouvriers? À qui] serçira-t-1l à leurs instituteurs ? | 1l eur servira à mieux rm- | plir lenr rôle de maïtres et d':- lèves. Oui, certes, l'art de la lecture | est un art agreable, mais c'est. aussi, c'est surtout un ait ntile, | Oui lil a sa p'ace n arq ée dais Péducation élégante des classes | riches, mais il doit entrer dans l'enseignement des classes po. pulaires, sinon au même rang, du moins au même titre que la. géographie ou la grammaire. 1| n'est pas le privilège de gqael- ques-uns, ilest le besoin ce tous. : Prenons des faits pour preu- ve. Les fonctions de l'institut: u” primaire consistent à donner des explications, à lire des morceaux détachés, à corriger des devoirs, tout haut ; or, avec quoi lit-i!, explique-t-il corrigetil avec sa voix, y a-t il intérêt pour l'élève à ce que cette voix soit claire et juste ? Explications orales ou morceaux lus tout haut ne «’im- primeront-ils pas plus fortement | | | | | tt eme mrespeammenne a dans l'esprit si la prononciation FAL LA GOODS est nvutte, si le débit est appro- prié aux paroles ? C'est incon- {estable, car les mots ne sont pas tout dans le débit ; la musi- que des mots, l'accent des mots ont leur valeur, ils sont à la va: role ce que sont les plumes à une flèche, elles la portent plus loin et pins avant. Ce n'est pas tout. Les classes commence nt à meuf heures et finissent à quatre ; soit six heu- res de travail, si l'on en déduit le moment du repas. Pendant ces six heures, que fait le mai- tre 2il parle. Ces sept heures de paroles par jour durant dix mois par année, et cette année se prolonge pendant dix ans, quinze ans, vingt ans, trente añs ! Quelle fatigue ! Quel mé- tier!11lya donc pourle mai- tre, intérêt de premier ordre, = | térèt de santé, intérêt de vie peut-être, à savoir so servir de: son unique et fragile instru- ment de travail, à le ménager, à l'économiser, à le rendre ca- pable dé fournir à une si péni- bleet si longue besogne. Eh ! bien, un des résultats de l'étude da la lecture est précisément de vous apprendre à lire et à par- ler sans fatigue. Quant aux enfants, un mot suffira. Quel est leur principal travail ? apprendre des leçons et les réciter. Quel doit être leur but ? apprendre des leçons le plus vite possible, et les 1etenir le plus longtemps possible. Or, que l’art de la lecture conduise | y sûrement l'élève à ces trois ré- suitats, c'est ce que va vous prouver ma réponse à la se- conde objection.—L’Enseigne- ment Primaire. E. LEGOUVE. | | Kipans ‘l'abules vure Jaundice Ripans Tasules cure liver troubles. 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