donné à souper paraît aussi douce que maman, et vous, vous êtes aussi bon que papa, et vous portez f des moustaches comme lui.” Le forestier partit d'un éclat de rire. ‘“Bien, mon garçon, tu resteras donc avec nous. Je veux être ton père, et ma femme agira à ton é- gard comme une véritable mère. J'espère que tu seras aussi un bon fils pour nous, que tu seras tou- jour sage et pieux, et que tu aime- ras bien ton nouveau frère ainsi que tes deux sœurs. C’est donc convenu, mon petit Antoine. et dès ce moment je t'adopte pour mon fils.” Antoine, tout ému, restait immo- bil, regardant le forestier avec de grauds yeux tout étonnés, comme pour s'assurer si c'était bien sérien- sement qu'il lui faisait une telle proposition. Depuis la mort de sa mère, il avait éprouvé plus de cruels refus qu’il n’avait reçu de tendres caresses, et il était si habi- tué à se voir impitoyablement re- poussé, qu’il avait peine à croire que quelqu'un pât avoir réellement tant de bonté pour lui. ‘‘Eh bien ! dit Je forestier en iui tendant la main, es-tu décidé ?’’ Antoine se mit alors à pleurer, saisit la main de son nouveau père qu'il baissa avec respect, ainsi que celle d'Élisabeth, et embrassa les enfants comme l’eût fait le plus tendre des frères. Tout le monde se montra heu- reux de cet arrangement, qui fit é- clater la joie la plus vive dans la petite famille. Catherine et Chré- tien, surtout, étaient enchantés de garder Antoine avec eux, et d’a- voir aiusi un compaguon de leurs jeux. Après ces doux épanchements, le forestier, rappelant Antoine auprès de lui, lui dit d’un air grave : ‘‘Puisque tu vas maintenant faire partie de notre famille. écoute bien ce que je vais te recommader, et ne l’oublie jamais, Tu vois, mon ami, avec quel soin paternel Dieu a bien voulu veiller sur toi. La bé- nédiction de tes parents repose sur ta tête. Le Seigneur a exaucé la prière de ta mère expirante et ceile que tu luias adressée dans la fo- rêt : c'est sa bonté infinie qui a guidé tes pas vers cette maison. Si tu n'eusses pas aperçu de loin l'illumination de notre crèche, tu te serais endormi sur la meige, et de- L'IMPARTIAL. JEUDI LE ad. TERME QE nme $ Ps nte à à QE EU he dr | DEC. 1904 Nm er ns A es RE 7 ul F # F we, “ membres de la famille, après avoir fait leur prière du soir, allèrent se coucher le cœur joyeux et satisfait. Le lendemain, de grand matin, les enfants se rassemblèrent de nou - veau antour de la représentation de l’enfaut Jésus dans la crèche, qui, pendant la fête et les jours sui- vants, fournit une ample natière à leurs réflexions et à leurs plaisirs. Mais cette joie innocente faillit être troublée par l’arrivée d’un certain M. de Schilt, jeune homme du voi- sinage, grand amateur de chasse, et qui. pour se procurer ce plaisir, venait de temps en temps rendre visite au forestier. Cet étourdi, é- galement dénué de religion et de moralité, se permit d’indécentes railleries sur la représentation de la naissance du divin enfant, trai- tant cet usage de superstitieux, et ajoutant qu’il ne pouvait coucevoir quelle utilité il y avait à mettre de pareils objets sous les yeux des enfants. ‘Quelle utilité ! répondit le fo- restier avec sa franchise ordinaire ; regardez par la fenêtre, mon jeune monsieur : voyez-7ous ? toute la nature est encore ensevelie sous sa profonde couche de neige, comine dans un linceul ; point de fleurs, ni de fruits, ni de verdure. Les pauvres enfants sont renfermés ici comme des prisonniers et ne peu- vent faire un seul pas hors de la maison. De bons parents ont-ils donc si grand tort quand ils imagi- nent pour amuses leurs enfants, de leur créer au milieu d’une chambre bien chauffée un printemps factice ? Ce paysage en miniature, avec ses forêts verdoyantes, ses prairies é- maillées de fleurs, ses troupeaux et leurs bergers, forme presque le seul plaisir que nous puissions donner peudant l'hiver à nos enfants. Toutefois cette raison n'est pas la seule qui m’ait engagé à construire cette petite crèche, et voici quel a été mon but principal : ‘Nous autres chrétiens, voyez- fêtes de la religion, parce qu'elles nous rappellent la puissance et la bonté infinies de notre Dieu. Cel- le de Noël surtout est, à propre- ment parler. la fête des enfants, parce que la naissance de l'enfant vous, monsieur, nous aimons Îles.| ayait préparé. Jésus, étant un événemet pins | Le père de famiile qui avait a- doté si généreusement le petit Au- toine était un bave et honnête homme, générilement e-timé dans le pays pour sa conduite 1rrépro- chable et chrétienne. Depuis lon- gues années qu'il avait remplacé son père dans les fonctions de fo- restier, il remolissait les devoirs de cette charge avec la plus scrupu- leuse intégrité. Bienveillant avec | tout le monde, il montrait das | toutes les circonstances le plus en- tier dévouement aux intérêts de son prince. ver strictement les mœurs et les ha- bitudes de ses ancêtres, Jamais il ne sortait de sa maison sans avoir commencé la journée par une prière faite en commun avec sa femme et ses enfants ; le soir il ne se livrait au repos qu'après avoir de même sanctifié la fia de ses tra- vaux.’ (Comment, disait-il sou- vent, pourrions-nous raisonnable- ment ne pas commencer et termi- ner chaque jour par une élévation de notre âme vers ce Dieu plein de bonté qui chaque jour nous donne la nourriture, nous conserve la vie et nous comble de mille bienfaits. ”’ C’est un spectacle touchant et qui doit être agréable même aux yeux des anges, que celui d'un père où d’une mère entourés de leurs en- fants prosternés devant Dieu, et qui, tous ensemble, élèvent leurs mains et leurs cœurs vers l2 trône du Tout-Puissant. Le Père éter- nel, quand ses régards tombent sur uue famille si pieuse, ne peut man- quer de répandre ses grâces sur elle. C'est aussi avec ces pieuses pen- sées et au tilieu du plus profond recueillement que toute la famille prononçait ses prières avant et a- près le repas. Un jour le forestier entra avec M. de Schilt au mo- ment où lon allait se mettre à ta- ble. Ilinvitale chasseur à parta- g:rle frugal repas qu’Elisabeth M. de Schilt accep- ta,et prit place sans avoir prié. Mais le forestier, qui ne savait pas cacher sa pensée, lui sit d’un ton sérieux : ‘‘Hé quoi! mousieur, vous allez commencer votre repas sans avoir Llémoigné votre recoi- naissance au Dieu qui a pour“ à THE MOST COMPLETE STOCK > OF me. C'était un homme de workmanship, style and fit, is unexc2lled in Canada. la vieille roche, qui tenait à conser- Our line of Children's and Boy's Clothing is most complete, embracing a number of exclusive styles. 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ERR Marque de ocommerco Un Vin Tonique, agréable au goût DOMNE DE LA FORCE FAIT DU 6ANG MOUVEAU | NEFAIT LE SYSTEME Les enfants fréquentaient l'école ! PORTE EN R RP TRNE e . Pr q | Un bienfait ponr es personnes con- Dien s'est manifesté à nous sous L à is pos | V is ce | ‘est à nsi qu ‘illase i'Iichentail ie an - valescentes à la suite de fièvres et de rapproché de leur âge, dispose plus | votre e «istence ! C'est a nst qu à du village En hentai, iewr pa. DRE particulièrement lenrs jeunes cœurs | gissent les sangliers de la forè. : is [ruisse Chrétien et Catherine e- | | En venie chez tous les marchands de à . : : | meaecines à l'amour de ce divin Sanvenr.|avalent les glands sans songer à pCotinemeciout 4 S'y reucie chaque: juvis & Lawrence Co., Ltd., Montréal . . . . . @ . . ‘ r = LL Nous autres vieux, qui sentons vi-|celui quiles leur envoie.” Leljour, aus-itor tue jes fêtes furent! xs A} vement la haute importance de ce | jeune homme voulut faire quelques | passées et les chemins devenus plus! Ê « Î . . , . s à Fe s , L ! jour où, pour le salut du monde, |objections, et prétendit que l’habi- | praticablss ; Antoine les y accon- RAILWAY LS ALMA ELA, Bientôt ce dernier sur- tude de faire une prière avant et pagnait. . . ’ EL 2 p ke ut : mes Je Couras (trouvé mot delune forme humaine, nous vou-|après le repas est fort ridicule et passa tous ses coudisciples. Sou: froid dans la forêt. Dieu choisit | 4rions faire partager notr: allé- |tout à fait inutile. aptitude et sou amour du avail PERFECTION IN RAIL#AY TRAYEL pour te sauver précisément le mo- | gresse à nos enfants, en mettant ce} ‘Vous êtes dans l’erreur, reprit étaient vraiment prodigieux. Le LL , | . . . + . - 2 " . ment le plus opportun ; c’est pen-| divin miracl: à leur portée. Vous le forestier avec chaleur ; ce qui por, lursque Je forestier, au retour ta. Lo délit db { it ‘i : | S . | : , : lt HCW up: nie ‘ dant la saint nuit qu'ila assuré le | regardez ces images comme des su- tend à nous rendre meilleurs n’est ‘ile ses Courses, $S'etait assis dans de + ju 5 LÀ de der NAS 2 “! à . . ’ . e e 25. # ! . ; “s 5 recen y xe ad ) 2 SW salut 4u monde, et au moment où perstitions ; mais considérez donc ;jamais sans importance. La piété ;:on grand fiuteutl, fi appelait ses; PE Si ee s | trains OÙ 1h: Grand Trunk Kaulsan nos cœurs étaient particulièreme:t que notre histoire saints que vous-|est utile à tout : outre les grâc:s cblails autour de lui, examinäit; , . … , : 1 . NE à . pénétrés d'amour et de reconnais- |trfitez si légèrement, a cependant de cette vie présente, elle nous as-; lets cahiers, etse faisait rendre | CE ’ 2 à . , Ê ‘ | sance, qu'ilt'a conduit vers cette inspiré le génie de nos plus grauds :ur: encore celles de la vis éter-|Cuinie ue ee qu iis avaient appris! / maison isolé, que tu n'aurais peut- être jamais pu trouver en plein jour. L'asile que tx as obtenu, tu le dois à Dieu et à son Fils, à ce Fils bien-aimé qui, pour toi aussi, prit naissance et se fit homme il y a près de deux mille ans, et qui en- suite est mort au milieu des plus cruelles douleurs pour assurer le salut des hommes. Sois donc re- connaissant de ces bienfaits, et yant dans la galerie du musée l’ad- garde toute ta vie le sonvenir de la veille dela veile de Noël. Que Dieu et ton Rédempteur soient tou- jours présents à ta pensée ; mène une vie chrétienne, et tu seras heu- reux.”’ Ce fut avec des larmes d’atten- drissement qu’Antoine promit de suivre ces conseils. ‘JO Dieu bon ! s'écria-t-il en levant ses yeux au ciel et en joignant les mains, vous avez entendu la dernière prière de ma mère, vous m'avez dorné une seconde famille ; moi aussi, je veux accomplir les derniers vœux de ma artistes, auxquels vous ne repro- cherez certes pas d'avoir une intel- ligence étroite. Aujourd'hui rmmê- me, après plusieurs siècles, leurs chefs-d'oeuvre font encore l’admi- ration de tous les esprits cultivés, et excitent dans nos âmes les plus douces émotions. Moi-même, je me rappellerai toujours le vif plai- sir que j'éprouvai à Dresde en vo- mirable tableau représentant la naissance du Fils de Dieu, et connu sous le nom de la Sainte Nuit, Je suis loin de vouloir comparer ma crèche à ces u:agnifiques pro- duits des arts, qui d'ailleurs sont faits seulement pour de grands sei- gneurs ; mais je suis bien sûr que mes enfants ne changeraient pas leur crèche contre les plus précieux tableaux de la galerie de Dresde. ‘* Laissez-nous donc, mon cher monsieur de Schilt, à nous autres gens simples, le plaisir de conserver les anciennes moeurs et les habitu- mère ; je veux fidèlement observer vos saints commandements, je veux surtout honorer mes nouveaux pa- rents, les aimer et leur obéir. — Bravo ! bravo ! mon fils, dit le! bou forestier en l'embrassant ; sois | fidèle à ta promesse, et la récom- pense ne te manquera pas.'’ La femme du forestier donna à cet instant le signal de la retraite : | elle conduisit Antoine dans une jo- lie petite chambre, où on lui avait | l préparé un bou lit ; et tous les LA FAMILLE DU FORESTIER! des de nos pères. Je me souviens encore que, dans ma première jeu- nesse, la crèche était chaque année un de mes plus grands plaisirs, et que ce touchant tableau ne fut pas sans fruit pour moi. Puisse-t-elle être aussi pour mes enfauts une source de joies et de bénédic- tions !”’ III | nelle ; mais jamais ou a vu l'oubli! de Dieu produire de bons fruits ; il n'en peut résulier que du mal. Si vons voulez manger avec nous, priez avec nous, comme il convient à un chrétien et à un homme raisonnable ; nous n’aimons pas à nous trouver avec des gens qui pensent et agi-sent comme des paiens. Du reste, a- jouta-t-il avec plus de calme, vous aurez sans doute parlé sans réfle- xion : vous avez vules jeune gens du mondre se mettre à table sans avoir fait leur prière ; vous avez pensé que cela était de bon ton, et vous avez voulu les imiter pour vous donner un air plus distingué, Belle distinction, vraiment, qui ré- pudie le sentiment de la reconnais- sance, et bannit l'amour de Dieu du coeur de ses enfants !”? Le jeune homme, confu:, se leva etse mit a prier ; mais il le fit saus recueillement. Le brave forestier ne se trouvait jamais p us heurzux qu’au sein de sa famille. ‘‘Pourquoi, disait-il, chercher des distraction au dehors, tandis que je suis si bien chez moi ?’’ Aussi le soir, en rentrant, il s’asseyait au milieu de ses enu- fants, et prenait plaisir à leur ra- conter des histoires amusantes et instructives dont le but constant était d’inculquer davws leurs jeunes coeurs l'amour de la religion et de la vertu. Souvent aussi il prenait sa harpe et accompagnait sa feru- ae e e e e e e e e eo e e e e e 2 and bilious headaches. e e e e e e e e e e e e. e System has recikv:d unqualified |praise from the travel ng mmblic. The first classe coaches .are un- excelled and second to none on the continent and the café parlor cars are the acme of perfection, comfort and elegance. 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The writer describes the coi ditions under which the University came into existeace and notes the events Of natioual interest connected with is history, Le A paper that will attract many | readers is ‘‘British Distaste For I- rish Genius,” by John J. O'Shea, | who consideis the bitter criticisms made by Curran's adv-reuries. : À. D. V. Watersou coutributes an Intiinate study of the l'ri- est Of the bu.th, under th: tuile “An Afternoon in the Sunny South.” Anna Seaton Schuyit tels of an unique colony, *’A Pa- iuian Brook Farm ;” and Calir Heaiy gives a vivid picture of ‘St. Patrick’s Purgatory,'’ the isihud in Lough Derg where devout du: tholics make yearly pilgrimages. ‘Foreign Plays on the American Stage” is the titie of a critical ar- ticle by the Rey. John Talbot Sith, who points out why such plays fail to win an American au- dience. ‘The Last Memory,’ by Marie Donegan Walsh, recalls the days " vel 8.35 p. mw. arriving Toronto 9.30 p. m., conuecting with the Eastern Expres for Montreal and points east ; also on the popular Montreal day express, leaving Toroñto 9.00 a. m. daily and reaching Montreal at 6.00 p. m. Timeis aunihi- late by these superb fast trains and travel is made a pleasure. On the Cafe Cars the Booklover’s Library is found with a choice selection of book; for the free use of passen- gers in these cars as well as those travelling in the throgh pullmans operated on these trains. In addi- tion tothe regular employées on |the trains a porter is in charge of : the coaches, whose soie duty is to (look after the wants and comforts ‘of the passengers. With these mo- (dern facilities and the universal ! knowledge of the superiority of the roadbed of the Grand Truuk, it is Ino wonder that this line has be- : come the popula highway of travel. CONSTIPATION. Although generally described as a disease, can never exist unless some of the organs are deranged, which is generally found to be the liver. It consists of an inability to regularly evacuate the bowels, and as a regular action of the bowels is absolutely essential to general health, the least irregularity should never be neglected. MILBURN'S LAXA-LIVER PILLS have no equal for relieving and curing Constipation, Biliousness, Water Brash, Heartburn, and all Liver Troubles. Mr. A. B. Bettes, Vancouver, B.C., writes :— For some years past I was troubled with chronic constipation I tried nearly everything, but only got temporary relief. A friendinduced me to try Laxa-Liver Pills, and they cured me completely. 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