D ." “1 ... r EVANGEL INE. L'HOMME VALAIT LE POÈTE Il était d’un caractère aimable, ami de la solitude ; il préférait les joies calmes et antiques du foyer à “C'est l'antique forêt vierge, Les toute autre distraction ; professeur pins murmurants, les sapins cou- distingué, poète en renom, il sut se verts de mousse, aux vêtements | 1érober et mener une existence pai- verts, se (ressent confusément dans | “iPIe et sereine, toute faite de labeur le crépuscule, comme des druides ,©t de paix. de l’ancien temps, à la voix dois L'épreuve le frappa : cruelle à et prophétique, comme des ménes- | t°uS, elle est so uvent plus aiguë aux trels chenus dont la barbe descend | 165 vibrantes des poètes. Long sur leur poitrine. Et bruyante, s'é- fellow fit bonne contenance quand lève du fond de ses cavernes ro- |UM€ mort prématurée le priva de cheuses, la voix profonde de l'Océ- *?" épouse bien aimée : mais au an voisin, et la plainte de la forêt fond de son Âme il fut profon:e- lui répond avec des accents déses | Ment affligé, et s'il u’en laissa rien | pérés. | voir jusqu'à la fin de sa vie, son “C'est l'antique forêt vierge. | Pauvre cœur saigna toujours. Mais où sont les coeurs qui bon lis- II saient sous sou ombre, comme le | L'épisode que raconte Longfellow chevreuil lorsqu'il entend sous bois | dans ‘‘Evangéline’’ débute en 1755, le cri du chasseur ? Où est devenu sur les rivages de l’Acadie. Qu'elle le viilage aux toits de chaume et le | était alors la situation de ce pays ? foyer des fermiers de l’ Acadie, ces | L'Acadie renfermait de 16000 à ho-1mes dont la vie s'écoulait pai- 17000 habitants; agriculteurs ou sibl: comme le ruisseau qui arro:e pêcheurs, les Acadiens vivaient pres la forêt obscurcie par les ombres de que sans gouvernement, ‘dans la la terre, mais réfléchissant une ima- quiétude et l'innocence. De moeurs ge du ciel ?. Elies sont désertes au- pures et simples, joyeux, hospita- jourd’hui, ces riantes demeures, et liers, amis de la liberté, connaissant les fermiers sont partis pour tou- et appréciant l'égalité qu'ils recher- jours. Ils ont été dispersés comme | chaient d’ailleurs, eux ‘‘ces demi- la poussière et les feuilles, lorsque | républicains, ”’ ils passaient pour un ee I « L’IMPARTIAL 1907 La Jeune Femme chez l’Epicier. D 4 La première année de notre mariage, ma fem- me décida de faire son marché elle-même. “Non seulement cela me plait, dit-elle, mais je crois pouvoir y réaliser des économies. ”” L'épicier, notre voisin, eut sa première visite. ‘* Ce que je veux, dit-elle, c’est faire le plus d’é- cono-nies passible. Je suis décidée de faire moi- mn > mon pain eta ne pas acheter de pâtisseries. ”’ Dans un petit panier, elle vit des œufs. ‘“ Combien la douzaine, demanda-t-elle à l'épicier ?’’ ommne vous le savez, les œufs sont très cher, mais ma femme fat surpr's: du prix, 25cts. ‘*Vingt-cinq cents! Muis ce prix est tout sim- vlemeant impossible. Je vous ai dit que Je voulais faire les écono- mies, a'auriez vous pis des œufs à 18 cts. ou à Y%0vtsa.? Ce prix est diii très élevé.” Notre épicier est un honn°t: homme doublé d'un philosophe. an: don zi-t-il à ma femme les exphications que là situuion demandait. “J'ai des œuis à 2) es: là douzaine. mais je ne puie vous les recorn aunler. S'il s’agit pour vous de faire de boun:3 pitisseries, il ne vous {ant pas songer à faire des économies sous ce rapport ‘Le beurre, ies œufs et la farine sont desarticles qu'il vous faut de toute nécessité avoir de pre- mure qualité.” Ainsi parla l’épicier, en homme sage qu'il était. Ma feinine reprit: ‘Mais, alors, sur quoi pourrais je faire des écono:nies ? “Sur nne foule de choses, mais jamais eur ce qui est absolument nécessaire, dit l’épicier, la farine de première qualité, les œufs frais et le bou beurre sont indispensables.?”’ F ‘Quelle est votre meilleure fariäe,questionna la nouveile ménagère ?”? ‘‘La farine ‘Royal Household,’ dit simple- ment l'épicier."* ‘Quel en est le prix ?’’ I! lui dit. ‘Mais vous devez en avoirdemeillearmarché?"’ “J'en ai qui coûte moins cher, mais ce n’est pas meilleur marché pour cela ear à la longue, elle coûte plus cher.” “Pour quelle raison ?’° “ÆEn achetant la farine ‘Royal Household,’ vous en avez beaucoup plus votre Del vous avez une plus er: pour un ni Les supérieur. En un mot, vous avez toute valeur de la farine.”’ ‘“‘Qu’entendez-vous par—valeur de la farine?” . “La plus grande quantité des éléments nutri- tifs que contient le blé.” C'était le moment de l'après-midi où les affaires sont un peu plus calme, aussi l’épicier se mit-il a expliquer à ma femme ce qu’il savait de la farine. . *‘Flus la farine est bon marché, plus elle con- tient de son. “Il y a du son dans toute les farines tant qu'on ne l'a pas Ôté. “Le son est éliminé de la farine ‘Royal Household,' ce qui exige une mouture parfaite, des machines perfectionnées et un outil'age parfait sous -tous les rapports. ‘‘Outre ce que je viens de vous énumérer, la farine en question est purifiée par l'électricité et ceci la rend différente de toutes les autres farines. ‘Tous mes clients me la demandent, ce qui confirme la bonne opinion que j'ai d'elle.” ge png Gi sr cp Er l'esprit de an je ina femme et ce ‘un ton un peu moqueur pr qu’elle demanda. Fr Nr < ‘Ne faites vous ee de plus bénéfices en f\/B{117 8 "AE vendant la farine ‘Royal Household ?’ : Lu TV US “Non, certainement non, madame, répondit . a notre RER contraire j'en fais moins que sur les farines de seconde qualité.” ‘Alors, pourquoi la recommandez-vous aussi ee ?” * ‘Simplement par fait qu'un client qui achète de la farine ‘Royal | Household ; enit ensuite ce qu’il veut quand il a besoin de farine, je n’ai plus besoin de lui faire l’article. “Si vous le demandez à la Compagnie des Moulins à Farines Ogilvie, vous recevrez un petit livre utile sur la manière de faire le pain.” Ce dernier argument décida ma femme qui acheta de la farine ‘‘Royal Household, ’ Le œufs de 25 cts. et le meilleur beurre qu’elle put trouver. SANS-SOUCI. [21 le puissant souffle d'octobre les}sai- | peuple fort, industrieux et respec- sit, les fait tourbillonner dans les tueux de la religion. Chez eux, pas r— vrier 1807. Lès son enfance, il mon- airs, et les sème au loin sur l'Océan. Rien ne 1este que le souvenir du beau village de Grand-Pré.”’ Cette citation, d’une si pénétran- te mélancolie rappelle un épisode navrant, la dramatique dispersion acadiens prouvèrent qu'ils étaient en avance sur les Canadiens et les acadienne et résume l’idée du poè- de luxe ; on y vivait dans l’abon- dance des produits de la ferme. Ils étaient des agriculteurs avisés, et après la dispersion, au Canada aussi bien qu’en France, les réfugiés me. L’Evangéline de Longfellow | Français. Quoique fort habiles, et | est une oeuvre à la fois historique | possédant un talent naturel pour) et littéraire. ‘Avaut de l’examiner à ce double point de vue, qu’il nous soit permis de faire connaître som- mairement l'auteur. IT Henry Wadworth Longfellow na- quit à Portland (Maine), le 27 fé- | | tra beaucoup de goût pour les ‘‘scè- nes de la nature qui devaient lui fournir plus tard ses meilleures ins- pirations et ses plus beaux vers’’. Il eut d abord l'intention d'embras- | ser l4 carrière du droit, mais se sen- | tant irrésistiblement attiré vers les lettres, il ne tarda pas à s'y livrer, tout entier. Peu après avoir terminé ses hu- imanités à Brunswick, il accepta une chaire de littératire étrangère au ‘‘Bawdoin Collège’’ qu'il avait déjà fréquenté et où il avait conquis ses diplômes à la suite de brillants examens. Mais il ne voulut fa; monter dans cette chaire sans un: sérieuse préparation. Il eutreprit dans ce but un voyage en Europe qui dura trois ans et au cours du- quel il visita successivement la Fran: ce, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et l'Angleterre, prenant un contact direct avec la littérature de ces pays. Ne retour en Amériqueen 1829, muni de précieux renseignements fortifié par des études conscienciett ses il mit la dernière main à ces cours qu'il ivaugwra en 1835 au ‘‘Bawdoin Collège'’. Son succès le fit appeler à succè- der à George Ticknor, célèbre hu- maniste de l’Uuiversité d'Harvard. Il profita de cette nomination pour tous les métiers, ils ne connaissaient gugre les arts, encore moins les sciences, et dans plus d’un village acadien, à part le curé, les paroissi- ens qui savaient lireet écrire étaient plutôt rares. C'est parmi ces der- niers que se rangeait le notaire Le- blanc, un des personnages qu'iin- moitalise Longfellow. Par le traité d’Utrecht, la fertile Acadie fut cédée à l’Augleterre en 1713. Ce fut le commencement des malheurs des Acadiens. Leur atta- tachement à la foi de leurs pères. à la foi catholique, et le souvenir fidè- le qu'ils gardèrent à la patrie d'ori- gine leur valurert d’indignes traite- meuts, d'abori, puis l'extermina- tien. Les moyens plus ou moins légiti- mes étant impuissants contre ces valeureux et tenaces colons, on en vint aux plus tyranniques Ben;a- min Franklin, le tolérant Franklin! et Lawrence, gouverneur de la Nou- | velle Ecosse, imaginèrent la trans- : plantation en masse. Cette mesure barbare décidée, un consentement quelconque fut arra- ché à Lord Chatam, qui, en cette occasion, fit preuve d'une déplora- ble faiblesse. Le grand dérange- ment ainsi que l’appellent les Aca- diens, commença. L'histoire en est connue ; le 3 septembre 1755, on transmet les iniques décisions aux Acadiens, le 10 s'inaugürait la dé- portation infernale. Grand-Pré où se déroule la première scène du »0- ème, nous intéresse seul. Ce vil- lage fournit 1923 prisonniers. Les malheureux arrachés de leurs fo- yers, dépouillés de leurs biens, sont entreprendre un nouveau voyage d'informations ; et cette fois, l:s pays du nord de l’Europe e‘irent ses préférences : le Danemark, la Suè- de, la Hollande et le nord de l’Alle- Imague. Eu 1854, il abandonna l'enseigne- ment pourse livrer exclusivement à la poésie. Quatorze aus plus tard, quand il fit un troisièm: voyag: dausles vieux pays, ce fut une tour née triomphale. On le reçoit avec enthonsiasme à Liverpool et à Car- isle ;: l'Usiversits L2 Cauorilzs lui coufère le dilôn: de docteur ; la reine Victoria lui accorde une entre- vue au château te Windsor ; la vil- le de Loudres offre au poète uu ban- quet ; Gladstone le salue au nom de sa patrie ; Alfred Tennyson le poè- te lauréat de l'Angleterre, l’accueil- le en sa demeure et lui fait fête. En 1882, Longfellow mourait, le 24 mars, à l'âge de 75 ans: le mon- de entier salua respectueusement le poète illustre qui entrait dans son immortalité. airigés vers la grêve, accablés de douleur. Dans la confusion, il ar- rive que des maris se voient sépa- rés de leurs f:mmes, et des mères de leurs enfants. On lesembarque pêle mêle sur des vaisssaux pour les semer ensuite au hasard sur des [rivages lointains. Quel déchire- ment ! quel désespoir !...se voir sé- | parés à toujours ! | L'HEUREUSE ACADIE CESSAIT D'EX- ISTER. | | | | | | POOR MOTHERLESS GIRL TUE ELDEST OF A FAMILY OF SIX A Touching Story as Told in a Letter to The Toronto Globe. To the Editor of The Globe: Sir,—1I ask for space in your columns to quote from a letter received at this office For obvious reasons I do not give the name. The letter reads :—‘*I have à sad case to present to you. Twelve years ago a mother died, leaving six small children, the eldest eight years olû and the youngest an infant. My mother took the eldest and kept her until my mother's death. Then the young girl went clerking on small wages. Last year she contracted a cold of which she has never been free, and she has been unable to work since last January. She is just nineteen years old. Kindly tell me how to Eu to get her into the Muskoka ree Hospital for Consumptives.” The sad part of it is this letter is only one of many—alike pathetic and a ealing—that are being received daily y the writer. Fifty-five patients are in residence in the Muskôka Free Hospital to-day. Seven hundred and thirty-eight have been cared for since the hospital was opened in April, 1902. In place of fifty we could care for one hundred if the needed money for maintenance was at the disposal of the trustees. Perhaps some of your readers have seen the following earnest statement in Dr. Lawrence F. Flick’s valuable book, ‘Consumption, a Preventable and Curable Disease” ;—‘*Could the consumptives of any given community be seen at one time or pass in panc- rana before the people public consci- ousness of the magnitude of the affic- tion might be aroused. A physica: disaster shocks the world and lets loose the sympathy of millions. A few thousand deaths are nothing as com- pared with the deaths from consump- tion.” The appeal of the trustees of the Na- tional Sanitarium Association is on behalf of the consumptives of the Do- minion, 590 of whom die in Toronta annually, 3,090 in Ontario, 8,000 in the PDominion. Coffre Fort de Meilink’ ——— ——— Pour Maisons, Bureaux, Ma= gasins, Communautes, Fermiers, etc., etc. — f Aujourd’hui le Coffre-Fort de Meiliuk est reconnu par tout le Canada les Etats Unis comme donnant pleine et entière satisfaction sous tous es rapports. Donne plus d’espace à l’intérieur que tout autre de deux ois son poids et est à l'épreuve du Feu, de l'Eau et de l'Humidité. Pour catalogue detaille adressez vous a Ledger Grave] st agent 22 a 28 Place Jacques Cartier Montreal, P. Q. ———]MPRIMERIE DU JOURNAL-—— Æ L'Enmpartial, TEGINISEZ, LL ». D PTE, ls, TES PE LR PS On execute, avec soin et dans le plus court delai, toutes sortes d’im- pressions tels que hlets, En-Tête de Comptes, En-Tête de Lettres, Cartes de Visites, Cartes d’affaires, Enveloppes, etc. This poor, motherless girl is one of LLTES OUVRAGES EN COULEUR ET EN OR LS TE the iauny suffercrs of to-day. L j Paanking you in anticipation for in- plus grand soin est ‘lonné anx ordre par la malle sertion of letter, belicve me, very truly $ yours, J. S. Robertson, Secretary Na- tional Sanitarium Association. 28 Adelaide street west, Toronto. Contributions mav be sent to Sir Vin. R. Leredita, 12t., OCsgooïe Hall, Toronto, or to W. J. Gage, Esq., 54 \ A L'ront street wesi, T:roxtu. Ya. 3 ) ) ° 100 Bbls well cured Island Herring VIOLINS EDISION : 600 Sacks salt MANDOLINES PHONOGRAPHS Chest Best Tea GUITARS RECORDS L : lot asks American Kerosene oil BANJOS & sd à lot of Laths, Lumber and Pailings, Mat- AUTOHARPS SUPPLIES che Boards and Hardwood Planks, boots ACCORDEONS s j L and Shoes. Paint and oils, Nails, etc. etc. ‘On annéantit, dit Bancroft, une! maguifique et fertile partie du pays. | | | Rien ue subsistera autour des villa- ges acadiens ruinés sinon le fidèle chien de garde cherchant in'itile- | ment autour des cottages en cen- | dres les mains qui le nourrissaient. Les taillis de la forêt envahirent les vergers, l'Océan rompit les digue. négligées et dévassta les prairies” Le même historien ajoute : ‘‘Je ne sais si les annales du genre hu- | main conservent le souvenir de souf- | frances aussi amères, aussi longues, (Suite à la sème puge.) } 143 Yonge St. ASK YOUR DEALER If he does not handle them Let us send our large catalogue Îree TE WILIAMS #fireo Toronto, Can 200 Bblis Flour now on hand. LAIT cheap for cash or produce. CASH PAID FOR OATS og Pt À. l. Dark ABUNNEZ-VUUS À l’'Impartial, Tignish rame) ># J