ue ne un Ron ne nee cn + do cu eu a fl î } À r ut -—Oh ! mais, ce n'est pas fini !! Ecoutez... — Will, je vous crois, je suis cer- tainque vous êtes tombé sur une perle... Nous en reparlerons longue- ment quand vous voudrez, mais achevez d’abord la liste des choses extraordinaires ; je suis horrible- ment impatient de vous voir à L'IMPARTIAL JEUDI. plus grands que les crans de l'autre machine, et je dois y aller avec plus ce précautions... Je n'ai encore atteint que le douzième : au vingt-. cinquième cran je fais ma demande en mariage ! J'en ai encore pour treize mois. | V Je tins à mon pauvre ami Will terre ! —Bien, bien... Parlons alors de mes mécaniques.—Il va de soi qu’à Mlle Olivine, gracieuse et lé- gère comme une fée, js ne pouvais ofirir une montagne pour mari... Du jour donc où j'ai décidé de l’é- pouser, j'ai résolu aussi d’aholir ma bosse. C’est de ce jour encore que date ma passion pour l’anato- mie, qui vous étonnait tant et que vous comprenez aujourd’hui. J'ai surtout étudié ce qui concernait ma d'formité. Si vous voulez ouvrir mon armoire, là dans le coiu, vous y verrez des matériaux : une col- lection de rachis déformés de toutes sortes : des types de cyphose, de lordese, de scoliose... Tout ce qu'il y a de gibbeux dans l'espèce humaine est là représenté. J'ai fa- cilement constaté que ma bosse é- tait uniquement causée par la sim- ple déviation de mon épine dor- sale ; la pile est défectueuse, mais chaque pièce est bonne : il suffit de me redresser comme on fait à un les discours les plu; persuasifs pour l’'engager à renoncer à ses mécani- ques : — Encore une fois, lui disais-je, si Mlle Olivine vous refuse pour | votre bosse, elle n’a pas un coeur ! digne du vôtre. —Mon cher, pour loger une bosse, une femme doit avoir un grand coeur ! —Parlons sérieusement, Will, vous n'êtes pas si difforme que vous le croyez, et certes, vous allez | {vous fabriquer de gaîté de coeur une maladie de langueur ! Rien n’y fit! Ces conversa- tions, que je m’efforçais de rendre menaçantes, je les eus vingt fois avec Will, sans rien gagner contre cette volonté de fer, | VI Hélas ! mes prévisions se vérifiè- rent ! Je vis peu à peu Will dépé- tir. Lui-même, je pense, finit par s’en arbre tordu. Pour cela, un appa- reil orthopédique très puissant mais lentement gradué suffisait. Ma toile d’araignée, comme vous l appelez, est cet appareil. Je l'ai longtemps calculé, et vous voyez qu'il est assez compliqué ; l’essen- tiel consiste en ceci : cette corde qui me soutient par le menton (et non par le cou, comme vous avez eu l’ingénuité de le croire), passe sur cette poulie fixée au plafond ; de là, elle va s’enrouler sur ce tam- bour attaché au pied de mon lit, puis sur cette triple poulie accro- chée à ja cheminée ; elle revient par deux câbles me distendre le dos au moyen de cette ceinture que vous voyez sous mon gilet : au mo- ven de cette petite manivelle que je tiens à la main et qui fait tourner cette roue dentée à arrêt, je puis augmenter graduellement la tension de l'appareil. Vous allez voir... Là-dessus, Will ft une profonde aspiration, et se mit à tourner Ja manivelle : je reconnus le bruit prolongé de remontoir qui m'avait frappé tout à l'heure. Bientôt Will poussa un léger gémissement, que je reconnus aussi. —Assez, Will, c'est assez !... Vous allez vous pendre... Je vous en prie, assez !... À quoi bon ces manœuvres, .. La manivelle s'arrête. Will est tout rouge de l'effort. — Will, mon garçon, vous finirez par vous casser quelque chose. A quoi bon ?... Vous... —(Ça ne fait pas si mal que vous croyez... Du reste, je suis au trente-deuxième cran, c'est le der- nier : encore cinq minutes dans cette position, et mon exercice d’aujour- d'hai... aïe !... sera fini. Enfin, Will détendit ses agrès et mit piec à terre. Hors de son ap- pareil, Will reprenait graduelle- went la courbure de son dos. Je fus cependant frappé alors de la di- minution considérable de sa gibbo- sité, en me rappelant ce qu’elle é- tait lorsque j'avais fais la connais: sance de mon ami, cinq ans aupar1- vant. —Qui, dit-il, et une application de quelques mois fera encore beau- coup. D'ailleurs, ceci n’est que la première partie de mon invention. Je vais maintenant vous expliquer l'autre. L'antre appareil inventé par l'in- génieux bossu était moins en:om- brant Que son système de cordes à poulies : c'était une petite machine de fer s'appliquant contre la colon- ne vertébrale, et que les habits mas- quaient complètement. (Cette mé- canique restait à demeure : elle é- tait aussi graduée, et, au moyen d'une clef, on lui donnait la tension voulue. Avec cet engin dans le dos, Will était un beau garçon, droit et bien découplé. Will por- tait habituellement cette machine, et tous les mois il en augmentait l'effort d'un cran. 1 y a, me dit-il, vingt-cinq crans à cet engin. Maisils sont Î convaincre, car sa gaîté habituelle ‘fit place à la mélancolie, puis à une |soinbre tristesse. L'âme et le corps souffraient. Un soir, soir fatal ï ilyint me trouver. Sa figure amaigrie avait repris pour ce moment quelques couleurs, qui me faisaient penser avec effroi aux pommettes rosées des phtisiques ; son oeil était bril- lant ; sa voix, sonore. —Dick, dit-il, avec exaltation, cette soirée décidera de mon bon- heur, et par conséquent de ma vie. Il y a, aujourd’hui, bal intime chez le Professeur X. Il m'a invité comme de coutume. J'y serai... mais non avec ma patience et ma placidité habituelles : l’attente et l'incertitude me tuent, je veux en Gnir. Voici maintenant ce que j'attends de ton amitié ; d’abord, que tu m’accompagnes chez le Pro- fesseur. Tu pourra ainsi juger de l’effet que je produirai, tu pourras même peut-être sonder le terrain. enfin, tu me diras après tou avis sur la manière dont je dois faire la | grande démarche... (Ce n’est pas tout. Je veux ce soir paraître de- | vant Mlle Olivine et son père avec tous les avantages possibles. Tu comprends de quel intérêt il y va ! Je le comprends, dis-je avec | un soupçon d'inquiétude. , —Bon! Mainteuant, regarde |mon dos ! Ilest voûté. ; —Mais non, Will... | —Je te dis qu’il est redevenu rond comme un melon. Je le veux plat comme une figue ! | —Mais, Will... | —J'aidit : Je veux ! Tu sais cv que vaut cette parole dans ma bouche... D'ailleurs, ce n’est que | pour deux heures, trois heures au | plus. Après je me détendrai ; mais pour le bal, je veux monter ‘au moins de trois crans…. | —Will ! | —De trois ou de quatre, nous verrons. Moi, Dick, n'ai plus la force nécessaire pour remonter le mécanisme. Voici la clef, rends- moi ce service... Dick, je t'en | prie. je le veux !.… | Hélas ! quels souvenirs !.. et quels remords ! Devant cette fi- gure plaintive de mo pauvre Will, |je ne sus pas refuser, et je remon- tai le mécanisme. Ce fut dur ! A chaque cran, il fallut se reposer. Will gémissait, et malgré tout, me forçait de reprendre après quelques moments. Nous remontâmes ainsi de quatre crans ! | Je remis la clef à Wil. Il était | épuisé de fatigue ; mais, chose sin- gulière, l'effort qu'il subissait ne se trahissait en rien : sa respiration é- tait libre et calme, son visage, très pâle mais nullement anxieux. Au coutraire, l'espérance, l'exaltation lui donnaient une physionomie claire, presque joyeuse. Notre pé- nible opération lui avait d’ailleurs fait une tournure! svelte et élé- LE VII Deux heures après nous étions chez le Professeur X, et en pleine soirée. Will était assidu auprès de Mil: Olivine,et je pus facilement me convaincre que ce mode d'agir ne déplaisait ni à Mile Oliuine ni à sor père. À plusieurs reprises je vis le Professnr les regarder en sou:iant. Tout allait bien, et cependant, j'a- va's des craintes terribles... Dans un momet de repos, le Pro- fesseur m'aborda, et après quelques banalités : —Votre ami Wil semble bien a- nimé, ce soir, me dit-ii. —Monsieur le Professeur, je crois que votre charmante soirée le rend heureux... —Je le pense ainsi...Et, dites donc, son ancienne difformité a to- talement disparu : c'était sans dou- te un défauts s’atténuent, ou mé- me se corrigent avec l'âge... et vraiment, Will semblé n’en plus porter de traces. —J'eu suis henreux, Monsieur Dick, car c'est maintenant un élé- gant jeune homme... et de plus un jeune homme que j'estime beau- coup pour des motifs plus sérieux que sa constitution nysique...Mais, c'estisingulier,... j'ai l'illusion de le trouver très nâÂle, ce soir... Le Professeur parla ensuite d’au- tre chose, puis m2 quitta Dour aller ver sa fille. Aussitôt, Will, qui se tenait à peu de distance, s'appro- cha demoi avec empressement : — Qu'est-ce qu'il vous a dit ? Il me regardait... Je lui répétai notre:bout de con- vérsation. —Mais, ajoutai-je en le regardant attentivement, que vous êtes pâle ! Qu’avez-vous donc ? —Je soufire Dick... Et, comme il me répondait à voix basse, il dut s'appuyer sur un fau- teuil. —Mais cela n’est rien, continua- t-il... Je suis heureux... je crois qu’elle me trouve passable... Sa- vez-vous ce que j'ai fait ? Avant d'entrer j'ai réussi à monter encore d’un crau : je suis à l’avaut-der- nier... — Will, dis-je, c'est impossible ! Vous ne pourrez pas tenir jusqu’à la fin de la soirée... Sortons eusem- ble, je vous démonterai d'un... —ÂÀh ! par exempie ! Vous vou- lez donc me perdre ! Non seule- ment je tiendrai, mais je vais m'é- clipser un moment... et je monte- rai, au dernier cran... au vingt cinquième. Il était surexcité..…. —Je vous le défends, lui dis-je... —Je le veux ! le vingt-cinquiè- me cran !... Avant que j'eusse pu le retenir, il s’éloigna brusquement vers la porte. Je le suivis aussitôt, mais, par le plus fâcheux contretemps, je rencontrait Mile Olivine sur non passage. Elle m'offrit une polka, que je voulais remercier en balbu- tiant... Elle iusista, et je dus res- ter. Je dansais avec la mort dans l’â- me, tadis que Mlle Olivine me par- lait avec éloge de mon ami d’An- gleterre. Ce succès, les espéran- ces qu’il me donnait pour mon cher Will, les terrirait, tout cela faisait une tempête dans mon cœur , je perdais l'esprit, et je répondais à bâtons rompus. La polka finit... Il me semblait qu’un siècle s'était écoulé depuis la sortie de Will. Tont à coup—je verrai cela, j'en- tendrai cela toute ma vie !—tout à coup, Mile Olivine poussa un cri d’effroi, le Proferseur se précipita… Tous les invités s'arrêtèrent, silen- cieux, en regardant de notre côté. Will venait de rentrer. Il n’était plus pâle, mais livide ; des gouttes de sueur tombaient de son front ; sa respiration était sif- flante ; il marchait avec la raideur saccadée et fantastique d’un auto- mate... : Il vint vers nous et voulut parier à MIl: Olivine, qui recula, toute horriblement, treublant:, comme devant uu fan- tôme... pronnouça Will en râlant, écoutez-moi…. gaute. (C'était un charmant cava-/ lier. { . 1 . ! ” Mais à peine eut-il dit ces mots, ! ep 7 eng A M RUE 13 OCT. 1904, MIDSUM workmanship, style and fit, is unexc Our line of Chil ber aud Showerproof Coats, from ÿ2 Here we show an extensive line mer Coats & Raglans, Wrappers, the most up-to-date styles. Boot à Shoe Besides our usual large stock of : goods for Men, Woiben and Child ‘‘Invictus Shoe'’ (made by GEO. class footwear cn the market. We sell Progress Brand Clothing, which for Iren's and Boy's Clothing is most complete, embracing a number of exclusive styles. 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Will Humpy, arrivé au vingt- cinquième cran, et tendu comme une corde de verre, venait d'écla- ter. » RACHON —————…—————— ZX 2X0O x There is no better Blocd Purifier or Nerve Tonic in the world. SNIFFELING AND SNEEZINC COLDS | Can be stopped in a few minutes and permanently cured in one hour by inhaling fragrant healing Catar- rhonoze. No remedy compares with Catarrhozone for cold in the head and nasal catarrh. It socthes and heals the inflamed mucous membranes, prevents sneezing and coughing, clears away the ‘‘stuffed up’’ feeling in the forehead. If you have’nt used Catarrhozone get it to-day and try iton your next cold. VYou'll be surprised at the efficiency of this delightful inhaler treatm:nt which pleases everyone because it cures so quickly. Com- plete outfit $1.00 ; trial size 25c. 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