ll Quoique ne refoulant jamais tout ä fait ces continuelles et charmantes exubérances—4 qui, pour une raison quelconque arrivaient toujours ä irriter notre curé dépourvu de tout humour——I nous avions le sentiment, d'une manière ou d'une antre, d'accomplir quelque chose de très beau pour le Saint Sacrement. Il me semblait que nous laissions sortir le Christ pour qu'il puisse respirer le ciel et sentir la terre et s'évader un moment de cette prison—tabernacle, si sombre eet si confinée. Les enfants pensent en images poétiques, ce qui ne contredit nullement le PANGE LINGUA GLORIOSI de Thomas d'Aquin. Le monde reste pour eux un carnaval de signes et de symboles qui exprime toujours plus que ne leur permet leur moi limité. Notre monde était fait de rituels et de coutumes étroitement tissés et pourtant sans cesse métamorphosés dans leur propre et mystérieuse réalité. Le sacré n‘était pas quelque chose â part: les anges et le pain du ciel étaient aussi réels, si ce n'est plus, que l'absurdité des fleurs du pommier qui nourrissaient des essaims d'abeilles butineurs de pollen. La danse sacrée de la vie nous entraînait tout simplement vers sa destinée impénétrable. Nous n'étions jamais tentés de ne pas nous y joindre.