14 professeur de 1893 â 1894. C'était l'année de la fondation de L'Impartial, 1e premier journal de langue française publié dans l'Ile. Gilbert Buote en était le propriétaire et 1e rédacteur. C'était un homme qui avait aussi une grande passion pour l'histoire et la généalogie. Quoique peu méthodique, Buote était, comme l'écrira plus tard Blanchard, "un splendide érudit," "un homme très renseigné qui souvent parlait au— dessus de la tête des élèves." Cet éminent maître a été pour Blanchard une autre source d'inspiration. Ses études primaires terminées, le jeune Henri devint élève au Collège Prince de Galles de Charlottetown, oü il obtint son brevet d'instituteur â l'âge de 19 ans. Il enseigna par la suite pendant neuf ans dans les écoles acadiennes de l'Ile. Outre son éducation formelle, Blanchard s'est instruit par la lecture. Jeune adolescent, il préférait de beaucoup 1a lecture aux travaux de la ferme. Il lisait ä chaque occasion qu'il avait. Et, plus tard, pendant les longues veillées d'hiver lorsqu'il était professeur de campagne, il lisait souvent jusqu'à une heure avancée de la nuit. C‘est 1e cas de son séjour ä l'école de Saint—Chrysostome â partir de 1903. Agé de 22 ans, il pensionnait chez un dénommé Jos Pacifique Gallant. Ce dernier possédait une assez bonne bibliothèque héritée, semble—t—il, d‘un curé de la paroisse. La famille Gallant servait Henri comme s'il était un grand visiteur, et elle faisait tout dans son possible pour qu'il soit confortable. Installé dans une grande chambre au deuxième étage avec un poële ä bois, Henri passait ses soirées ä lire. A tous les soirs après le souper, Jos Pacifique montait avec une brassée de bois pour le poële. "J'ai passé ici," Blanchard a—t—il dit plus tard, "les deux plus belles années de ma vie." Il aimait particulièrement lire des romans historiques qui lui donnaient 1e sens de l'histoire. La poésie était une autre de ses lectures favorites. A part ses lectures, il étudiait une grammaire française que Jean —0. Arsenault, son confrère ä l'école de Saint— Chrysostome, lui avait passée. Jusque—là, Blanchard comme de nombreux Acadiens de l'Ile, n'avait pas eu l'opportunité de suivre aucun véritable cours de français. Grâce à Jean —O. Arsenault et â sa grammaire française, Henri approfondit alors pour la première fois 1a langue française. Dans le cadre de ses fameux concours de français qu'il organisera ä partir de 1930 dans les écoles acadiennes de l'Ile, Blanchard visera à partager avec ses compatriotes l'importance de l'apprentissage de la grammaire française. Après neuf années d'enseignement dans les petites écoles de campagne, il redevint élève et obtint son baccalauréatnès— arts de l'Université St—Dunstan en 1911. Il poursuivit plus tard des études de perfectionnement professionel pendant ses vacances d‘étés â Mount Allison, au Collège d'Agriculture de Guelph et jusqu'à la Sorbonne ä Paris. Dès 1910, et jusqu'à sa retraite en 1948, l'on retrouve Blanchard comme professeur