l0 l'âge de l4 ans, Benoit fut recommandé comme organiste de l'Église Saint- Thomas de Memramcook, poste qu'il occupa pendant le reste de son cours. Il reçut son baccalauréat ès arts du Collège Saint«Joseph en l902. Une trentaine d'années plus tard, en 1928, cette même institution allait lui décerner une matrise ès Arts “Honoris Causa". Lorsque Benoit atteint l'âge de 20 ans, son père, avec l'aide de Père Pierre—Paul Arsenault, trouva les moyens de lui payer un an d'études au Séminaire de Philosophie, a Montréal. (Ce Père Arsenault, natif de l'Etang des Clous, Tignish, fut longtemps curé de Mont—Carmel; c'est lui qui fit construire la présente église de cette paroisse.) En effet, ils voulaient savoir si Benoît Poirier avait la vocation de prêtrise. Au Séminaire de Philosophie, Benoit s‘annonce comne modeste organiste parce que la position n'intéressait guère les autres élèves gâtés, sans doute, par de meilleurs instruments. La chapelle possédait tout simplement un harmonium sans pédalier! Benoît s‘intéressait tellement a ce poste que le personnel du Séminaire décida de le garder deux autres années comme simple pensionnaire. Ses parents, a Tignish, ne pouvaient plus l'aider et il ne gagnait pas un seul sou; mais il était bien content d‘être nourri et logé en échange de ses services. Trop pauvre pour se payer des leçons de musique, il parcourait sur semaine les église de Montréal pour s'imbiber de toute la musique d'orgue qu'il pouvait entendre. Il se risquait quelquefois ä la tribune des orgues. De retour au Séminaire, il épiait secrètement le jeu de chacun et se débattait avec son harmonium. Par la suite, le Séminaire le recommanda au Collège de Montréal pour y tenir l'orgue. Il était encore sans salaire mais il avait chambre et pension et il était fier d'avoir un orgue à pédalier. Il continuait a pratiquer seul et. pendant deux autres années, il continua a fréquenter les églises de la ville. Finalement. il se trouva les postes suivants dans les églises de Montréal. En voici la liste chronologique. Après sa nomination, en l903, comme professeur d'orgue et de piano au Collège de Montréal, il fut nommé, en 1906, organiste à l'Église SainteuHélëne — une ancienne patinoire convertie en église. Il y faisait tellement froid qu'il pratiquait avec des gants. En l908, il est organiste à l'Église Saint—Vincent de Paul et en l9l4. Poirier tient les orgues de l'Église Saint—Jacques. Enfin, en avril l92l, il est nommé organiste à l'église la plus prestigieuse de toute la métropole. soit l'Eglise Notre— Dame de Montréal où il toucha les grandes orgues pendant 33 ans. Pendant sa carrière dans les églises de Montréal, Benoît composa vingt pièces pour orque. Il composa également des chants liturgiques et des pièces de fanfare dont une, "Rhapsodie d’airs canadiens", fut jouée par la fanfare du célèbre John Phillip Sousa. Plusieurs des pièces de Poirier ont des thèmes acadiens telles que “Pièce de concert sur l'hymne national acadien 'Ave Maris Stella'" et "Au Pays d'Evangéline". Ces deux pièces pOur orgue sont vraiment des chef—d'oeuvres musicaux. De plus, Poirier donna un grand nombre de récitals d'orgue a travers tout le Québec, mais surtout dans la métropole montréalaise. A son grand concert inaugural de l924. sur les orgues de NotremDame, près de l0,000 personnes y assistaient. De l904 a l959, il forma des centaines de musiciens a Montréal. Benoît épousa, en l9l3, Irma Tremblay, de la ville de Québec. Il eut deux enfants de ce mariage. Le premier est mort à la naissance et l'autre, né en l9l9, demeure aujourd'hui a Montréal. Il s'agit de Joseph—Benoit— GabrielnHenri.