N: \ dm m-<n>ng c —n:n: S- mo’ mn<Cmo\i- U D >10 1>1—fi‘ m2522, .. _‘ “On ne fait Pas des Prêtres ou des médecnns avec cles garçons qur quxttent l‘école à l‘âge de H ou 15 ans... lnsxstons donc our que nos garçons acadiens continuent leurs études (Sans les grandes écoles, dans les collèges et les untversxtés.» J. Henri Blanchard : Bulletin de la SSTA, avril 1960 Après sa retraite de l‘enseignement en 1948. monsieur Blanchard parlait très souvent avec émotion et chaleur de cette première année passée au Collège Prince-de-Galles. Il mentionnait avec grand respect le nom des professeurs dévoués qui l‘avaient enseigné dans le temps: le Dr Alexander Anderson, monsieur John Caven, le Dr S.N. Robertson. monsieur Edward Jordan. monsieur H.H. Shaw et monsieur Joseph-Octave Arsenault. ll disait d‘eux qu‘ils constituaient un corps professoral des plus compétents. Evidemment. leurs grands efforts et leur dévouement ne correspondaient guère à la rémunération salariale qu‘ils recevaient en retour. On connaît bien les salaires plutôt dérisoires que le gouvernement accordait à ceux et à celles qui oeuvraient alors dans les salles de classe de la province. Ainsi commença une deuxième étape dans cette longue relation que monsieur Blanchard allait connaître avec les écoles et avec les jeunes de la province de l‘Île-du-Prince- Edouard. Ayant en main son brevet d‘enseignement, plein de zèle que seule la jeunesse peut connaître. passionné pour le travail intellectuel et croyant pouvoir changer pour le mieux le monde entier comme le pense la majorité des jeunes. il accepta immédiatement un premier poste à l‘école primaire de Harper‘s Road. dans l‘ouest du comté de Prince. Entre 1898 et 1907. il fit son enseignement dans cinq différentes écoles de ce comté : après l‘école de Harper Road, ce fut celle de Léoville. l‘école «graduée» de St—Chrysostome. l‘école de St-Nicholas et. enfin. celle de l‘école << première classe >> de Miscouche. Dans ce temps. l‘on travaillait dans des conditions physiques parfois peu enviables car la plupart des écoles ne possédaient qu‘un strict minimum d‘installations physiques et de matériel didactique tels les cartes géographiques et les manuels de classe. Il enseignait comme il le pouvait toutes les matières académiques à des élèves de plusieurs différents niveaux réunis dans un seul local. ll ressentait sans doute à l‘occasion beaucoup de frustration et aussi d‘impatience. Mais qu‘il aimait le travail qu‘il avait entrepris. qu‘il était heureux à le faire jour après jour. on ne peut pas s‘en douter. Autrement aurait-il pu y mettre autant d‘intérêt. d‘énergie et de dévoue- ment et le poursuivre pendant ces premières années dans ce domaine? Combien plus intéressant aurait-il été pour nous de pouvoir lire ses propres mémoires à ce propos! Malheu- reusement. il a bien peu écrit en ce sens. Toutefois, il nous a laissé un témoignage de vive voix et c‘est par l‘intermédiaire de ses enfants que bien des détails de ces années nous sont aujourd‘hui transmis. À son fils, Francis, Henri Blanchard avouait qu‘il ne s‘est jamais senti prêt à faire l‘enseignement du fi'ançais à ses LA PETITE SOUVENANCE' " A ,-: 2006 élèves lors de ses débuts dans l‘enseignement. En effet. il disait qu‘il n‘avait jamais eu le privilège de suivre un seul cours de français formel tout au long de ses études, soit à l‘école élémentaire, secondaire ou universitaire. C‘est donc par un effort tout à fait personnel, et par une application sérieuse de ses capacités intellectuelles, que celui qui sera un défenseur engagé de la langue française dut d‘abord lui-même apprendre à en maîtriser les rudiments. Sur ce fait, il insistait: «Je donne crédit à Jean Octave Arsenault... c‘est lui qui m‘a vraiment lancé dans l‘étude du français. » Signalons ici le fait que monsieur Blanchard a enseigné avec ce monsieur Arsenault à l‘école de St- Chrysostome dans la paroisse Saint-Philippe—et-Saint- Jacques de Baie-Egmont. ll paraît que son confrère lui avait fait don d‘un manuel de grammaire française et lui avait suggéré de l‘étudier à fond. Acceptant avec grand plaisir le livre et le défi. monsieur Blanchard s‘est mis à approfondir ses connaissances de sa langue maternelle dès ce moment. J. Henri Blanchard à Port—Laloye avec des étudiants du Collège Prince—de-Galles S \ \ ,. z Î .\ I. .\ .. m \ s. x x. x x m w. î! Se rappellant ces deux années passées dans le district scolaire de St—Chrysostome. monsieur Blanchard disait qu‘elles avaient été les deux plus belles armées de sa vie d‘enseignement dans les petites écoles. «On m‘avait donné. disait—il. une belle grande chambre au deuxième étage. avec un poêle; et puis. j‘étais confortable là-dedans et je passais mes journées à lire lorsque le temps me le permettait parce que le propriétaire Joseph Gallant. arrière- grand-père de monsieur J. Albert Gallant. ancien surinten— dant de l‘Unité scolaire 5. avait pas mal de livres.» Monsieur Blanchard pouvait ainsi passer toutes ses soirées à lire et à étudier son français. Sachant qu'on le traitait en véritable monsieur dans cette maison. il poursuit ses remarques: « À tous les soirs après le souper, on montait avec une grosse brassée de bois pour le poële. J‘étais vraiment confortable et ça m‘a donné une belle chance de lire.» Et lire. il a lu! ll lisait un peu de tout et il remplissait son cerveau d‘une quantité énorme de connaissances générales qui lui seraient un atout précieux devant ses nombreux élèves qui se trouveraient devant lui au cours de ses cinquante années d‘enseignement. Ce goût fort prononcé pour la lecture. Henri Blanchard ne l‘a jamais perdu. Même lors des dernières années de sa Vie quand sa vue ne lui permettait plus de parcourir avec autant d aisance