w … PAPE, € MP cam — Broe 2 RER Na L'Orgue DA'lexandre 1létait un orphéoniste Avait il nom Pierre ou Bap tiste ? L'histoire n'en dit pas uv mot. Chœur . Dosi la sol fa mi ré do. La légende continue ainsi pendant quarante deux couplets que uous apprennent comment un orphéoniste, s'étant embar qué pour l'Angleterre, débar- qua dans le Congo, et comment après avoir failli être dévoré par une reine sauvage, il en de. vint l'époux. Mais, pas plus que l'histoire, Ja chanson ne dit le nom du héros légendaire. Ce nom, nous somwres par- venus à le connaitre. Nous avons3 découvert aussi la suivre des merveilleuses aventures du sympathique chanteur. 11 no s’intitalait mi Pierre ni Baptiste. Jise nommait Alex- andre. À ia suite d'une de ces ré-- volutions qui ne désolent que le Dahomey, l'Araucanie et quelques autres pays peu ci Vilisés, Alexandre 1er perdit son trône de bambou, sa couron- ne de coco et sa noire épouse Ceite dernière perte le cousola des deux sutres. 1ls s'enfuit dans le desert voisin où il vécut tant bien que mal de privationus et de banane vertes en donnant des leçons de musique. À force d'errer de coté set d'autre, ii finit par arriver à Ja cour d’un despote nègre, Je sultan Salah’ ed-Din Kété-fou ce qui veut dire en français Saladin jl'Entêté, littéralement le Loup-Phoque. Le sultan fut ému par le récit des maiheurs. de i e*-rui. 11 lui offrit la place de mai tre de chapeile du palais. Or, comme dla chapelle était une mosquée, et comme on n’y fai- sait jamais de musique, Aie xandre se trouva pourvu d'une agréable sinécure. Néanmoins, voyez la miser Les de met: de Paris. Tous les mois, les dans des cornets de papier fa- briqués aveo de vieux journaux. Le sultan humait le tabao, dé roulait les cornets, et les lisait avec âssiduité. C’est ainsi qu'il se tenait au courant du mouve-’ ment politique de l’Europe. Un matin, en lisant un de ces cornets de tabac, qui se trouvait être un fragment du Petit Jour ua}, Salah'‘en-Din fut frappé par les lignes suivantes : “à l'église de la Trinité, le grand orgue était admirable. meat tenu par notre éminent et justement célèbre organiste Alexandre G....” lei le jourual était déchiré. — Alexandre ! hurla le sultan. Alexandre lici, tout de suite, souraois ! hypocrite ! oachot- tier! Tu m'as dissimulé le plus beau de tes talents. Je sais tout! Il parait que t" joues de l'orgue, et très bien. \Lis toi même. — Permettez, fit Alexandre s- pres avoir lu, votre hautesse confond — C'est toi qui vas être con- fondu, reprit le sultau. Tu t’appelles Alexandre. Or Ale- xandre joue de l’orgne, donctu joues de l'orgue. —Je vous jure... — Pas de blasphèmes! Tu es un organiste éminent, avoue- le sans détours, ou bien... J'avoue, sire ! j'avoue, s'em- pressa de répondre le tremblant Alexandre. Je suis un organ iste éminent. —Et justement célèbre. —Et justemevt célèbre, oi majesté. —Tu vois bien. J'en étais sur ! À présent tu vas me ré. galer d'un petit air. Un petit recital d'orgue, heïr ? —Mais, Ô mon roi! objecta Alexandre, pour jouer de J'or- gue, ii faut un orgue, et il n’y a pas d'orgue dans vos Etats —Ca n'est égal. Tu m'en fabriquer un. — Majesté, je suis incapable Due — Assez. Tu vas me faire un vas de la nature humaine, Alexan- dre ne se trouvait point heu- reux. Son rêve aurait été de fonder, de présider, de diriger un orphéon, et sur ce chapitre. là Sa:adiu Ké té fou se moutrait iutraitable, Les souverains nègres ut sont pas tous des princes no Vateurs. (Oeluici était parti- culièrement lent à saigir l'uti lité des choses qu'il ne con haissalt pas. Les inventions modernes Jui étaient antipathiques. La pre mière dois qu'Alexandre Jui de- manda l'autorisation de créer un orphéon, le sultaut l'envoya p:omener. La seconde fois, 11 parla de Jui faire trancher ja tête. Alexandie chercha d'autres sujets de conve:sation. Mais ses idées d'orphéon ne lui sortaient pas de l'esprit. Son visiveté, si blen rétribuée pourtant, lui devenait insup- portable. 11 engraissait d'une manière fâcheuse. Fon menton se grasdoubiait. 11 prenait du ventre. 1iserait moit miséra- blement si un incident imprévu u‘était venu bouleverser le cours de sa monotone existence. — — loi queiques détails sur ics habitudes de Salah'-ed-Din de- viennent indispensables. (Nous ne croyons pas faire tort à prince cruel, mais vindicatif, eu révélant les secrets de sa vie! privée. D'ailleurs Saladin l'En- têté appartient à l'histoire.) Ou saura dont que le redou table suitan prisait comme un Capucin, Mais c'etait un gour- À ce orgue, du je te fais empaler. Vaineu par cet argument, Alexandre promit tout ce que le sultan voulut. Seulement il demanda des matériaux, des ou vriers et un délai de quarante Joure. Saladin lui accorda quarante ours, quarante nègres, quarante stères de bois et quarante quin aux de ferblane. Pendant trois jours, Alexan- dre s'arrach: les cheveux. Le quatrième jour, n'ayant plns de cheveux à s’arra.her, Alexandre se trappa le front. 1len jaillit une idée, et l'ingénieur orphéo- uiste, suivi de ses quarante nè- gres, alla s’enfermer dans un souterrain oùüilse livra à un travail mystérieux, en atten- dant le t: rme fatal, Dès le matin du quaraniième jour, l'orgue couvert d’un voile était installé daus la mosquée: | A midi, Saladin l'Entêté &t son entrée, coiffe d'un turban ueut et chaassé de bottes jau- nes. Son cimeterre trainait sur les dalles avec un b'uit de fer. rai!le tout à fait effroyable. Derrière le sultan, la sultane favorite, la belle Kinavéja Mé- vussa. Derrière Ja suitano, la coar en robes rouges. Derrière la cour, les gardes du corps, su- perbes aveo leurs buruous blancs et leurs shakos polouaus. Derrière les gardes du corps, l’exécuteur des hautes-oeuvres portant sur son épaule un pal excessivement poiutu. Alexandre, un peu pâle, fi: rois saluts à la noble assem-) rlée et arracha le voile qui cou t t : 1l faisait venir son tabac! vrait son che f d'oeuvre. magasins de la Civette lui ex: |étincelèrent alors au soleil. Ces pédiaient du ‘bon’ et du ‘râpé’ tuyaux etaient moates sur un L'IMPARTIAL JEUDI LA Quarante tuyaux de f1 banc massif de mebuiserie an-devant duquel se dressait une eorte de clavier. L'ensemble avait à pau près l'apparence d'un orgue. Alexaudre s'assit devant le moustrueux instruimvuut lise fit un épais silence. Tout la eour retenais sa respiratior Ou eût euteudu pousser la bb: du sultan. L'ariiste poases duigis sur les touch-s.....Un hairminieux murmurée s'el:va des tuyaux. C'étaient des sons d'uu timbre étranye etcharmaut. Les aecords su:véduieut aux accords; Îles ‘‘septièmes” se wmarials:ut avec les “tierce,” les “tritons" se re- POsaleut sur ies ‘’sixles"” L'et- fot fat éiectrique. La cour se leva comme ua seul hoimiue. Le suitau resta froid. —(Q'est g:util, dit-il à Ale xandre, très gentil. Mais..…....je trouve que ton Orgu mauque de plus de…....c‘est-a dire quel que 6h56 de moius..…....tn cum- prends.........C'ust t10p ses. (Grand sultan, vous avez raïon, répondit Alexandre trop prudent pour chicauer le prince sur ses Opluions. Cest la cha- leur. Eflectivement le clavier. le grand ressort... les gros tu- yaux sont dune sech-resse, je les huinecterai tantôt. —Boune idee !'fit Saladin. li y à quaraute (uvaux, }: L'aucor- de quaraute twucsures d huie pour graisser tout ça. — Pardou, eire ! mais mon or- gue est d'une ‘oustructiou tonte particulière, 1 s humectera mieux avec GU Vin. — Soit. Ou t'enverra quarante mesures de Vin, vi, ce soir, après lé soleil couché, je reviendrai pour juger de l'effet. À la nuit tombante, le sultan fat exact. 1! cimeterre, avec la suitane, “vec cour, aveo les gardes du corps, avec l'exécuteur des hautes-œæuvres portant toujours son pal excessivement pointu. Des miliers de flambeaux il- lumiuèrent les voûtes de la mosquée, et l'on pat voir que les quarante mesures de vin étaient parfaitement vides. Alexandre avait la figure en- laminée comme s'ileüt partici. pé personneliement a j'ario-age des tuyaux. Il se mit à l'orgue avee réso- lution......L'orgue resia mut. Un ronflement souid repondit seul à l’appel de ses doigts. Alexandre se jeya, fit le tour de l'inetrament, donna quelques bons cou;s de pied dans les tuyaux,et, de nouveau, tour- menta le clavier. Mais 6 sur- prise ! ô te:reur ! ô désespoir ! !! Des sons bizarres partent de tous côtés. C2 ne ‘ont plus des accords, ce sont des braits! Et quls bruits! D: hurlewents. Et cho:e ,no.ie, incroyable, l'orgue tout ent.er fivit p:r pro. férer disrincte ment ces «ris : — Vive le sult:n ! Vive Sala- dia ! revint avec son le a L'orgaviste, p'us mort qui vif, croit déjà sentir la pointe du bai li se reiourne pour re- tarder +on supplice, et que voit- il ? La cov :frémissante d'euthon: siasme, les gardes pâmés d'ad-| œiration, le sa!tan criant à tue- tête : — Bono! Bono ! Viens, grand artiste, recevoir ta récompense. Demande ce que in voudrais. — Génér.ux sultan, accordez- moi seulement la permission de faire chaut-r mon cr;ue s21n8 tuyaux. —Homme éonuant, e:t-ce donc uns chose possible ? | fait plaisir. LE 2 JAN, —Oùi; si votre hautesse Île veut; car font ce que voire hautesse reut,elle le peut. Le sultan flatté fait un signe d'assentiment. —Orph#o: de Salah'-ed-Din, s’écria Alexandre, apparaissez | Aussitôt quarante tête noires et crépues rortent Ge quarante tuyaux. Quarante nègres s’élancent et vieunenttomber aux pieds du sultau en chautant sur tous les {ons : Vive le magnifique Salah’ ed Din ! Vive le gracieux Salah'-ed- Din ! Vive le b‘au Salah -ed Din! Saidiv est attenudi1. taue sanglotte !| —Sire ! dit alors Alexandre, votre maj-sté est-ell: Coutente «t satislalte de nes j*unes éiè- La sul- ves ? — Oai, vraiment, répondit Sa- iadin. Cette petite cantate m'a Mais, vois tu, mon ch-# ami, ce qu'il y a de plus admirable dans la musique, ce +out Les paroiss. LAURENT DR RILLE. NE Vous TROMPEZ Pas. Vous ne vous tromperezZ pas si vous faites usage de Kendrick. 11 n'y a rien qui équivant à K:ndrick pour les boiteux, pour les en- flares, les douleurs, les maux de gorge, les poumous. (C’est un remède général de familie. Sold by AII Newsdealers AJ W. PEPPEI JÊ FATAL Furnishes Monthly to afl fove:s of Song and Music a vast volume of Hew, Choice Copyright Compositions by the most popular authors. 6£ Pages of Piano Jlusic 21 Complete Pieces for Plano Once a Month for 10 Cents, Yearly Subscription, $1.00. If bought in any music store at onc-half off, would cost $5.25, a saving of $5.15 monthly. 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