ponte > 0. ob nt 00 PI Mosclier LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT 104 5, NO. 23 SSSR SALSA RE > e Ù L'AVENTURIER MALGRE LUI. 6 RERSRERIRIRERS RER TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 16 JUILLET 1908. 2000000000 En revanche, ils contaient l'ex- | les préoccupations dont il était si plosion dans tous ses détails. disparition de Mme. Michon y était | mentionnée avec force suppositions | plus ou moins extraordinaires. Tout ce que les reporters avaient fait im-| titude étonnante. Depuis sa chute dans le Mississi- | pi jusqu’à l’éclipse inexplicable du | bateau monté par les hommes de! couleur, au tournant de la rivière, rien n’y manquait, pas plus que les recherches inutiles de son mari. En sorte que le rédacteur qui savait tout restait muet sur le seul point. qui eût satisfait Claude. Et, encore une fois, cette ques- tion : Que faire ? se posait sans so- lution possible. ‘L'article du New-| Orleans-Times’”’ se terminait par ces quelques lignes : ‘“L'embarras de M. Michon est, on le voit, des plus grands. Il ne! lui restera probablement qu’à se rendre chez son oncle, M. Arsène La /obstinément assiégé en temps nor- mal. Il prit donc le bateau, descendit )à Heathfeld ; puis, s'étant fait in- | Giquer l'habitation d’Arsène Mar- + primer à ce sujet était d’une exac-|tin, ils’y rendit à pied, toujours suivi de Boubou, dont le bavardage demeurait sans écho. Au moment où les deux voya- geurs mettaient le pied sur la pre- mière marche du perron de Hill’s- Point, un grand vieillard, charpen- té en hercule, la figure soigneuse- | ment rasée, sauf une assez longue barbiche poivre et sel, sortit de la maison et vint au-devant de Claude avec empressement:.. Le premier mot de l’oncle, car c'était lui, fut : ‘Sophie ? —ÆElle n’est pas chez vous ? — Non. Je sais par les journaux ce qui s’est passé. Rien de plus. Vous ne l’avez donc pas retrou- vée ?”? Claude fit un geste de découra- LEE MRERISRERINES RS Martin, à Hill’s-Point, et ce der-|gement profond et laissa couler les nier, dont tout le monde a pu ap-|larmes qui lui emplissaient les yeux, précier, dans notre cité, l’énergie| ‘Allons ! allons ! s’écria l'oncle, et l'initiative, l’aidera sans doute à vous êtes un homme, je pense. retrouver promptement Ia dame D'ailleurs, il n’y a aucure raison disparue, qu’elle soit morte ou vi-|de jeter le manche après la cognée- vante.”” | —Mais, mon oncle... “Morte ou vivante l’’ répéta! —Oui, je sais, l'aventure est cr1- Claude, effaré. | elle, surtout pour un Parisien tout Son désespoir, auquel une colère | plein de ses idées d’ Europe. noire se mêlait, impressionnait tous! —Comment ! nos idées d’Eu- ceux qui en étaienttémoins. Mais | rope, vous trouvez donc tout sim- à quoi servait de se lamenter ? fallait agir. C’est ce que lui dit chon, qui se montait. Boubou, avec une douceur voulue, | —Je n’ai pas dit ça. Mais com- décelant chez ce petit noir une âme | mencez pas entrer dans la maison, | à ia fois résolue et délicate. jet ne consacrons pas notre première “Le journal a raison, mister |entrevue à une dispute. Vous Claude, lui dit-il. Allons trouver êtes, cela se conçoit, dans un dé- mister Martin ; il saura s’y prendre | plorable état nerveux. Tenez, as- pour découvrir sa nièce. seyez-vous là, sur ce fauteuil, tà- —Qui sait, d’ailleurs, dit le mai- tre de la maison où avait couché le mari de Sophie, —qui sait si votre femme, revenue à elle, n'a pas, comme vous, loué une voiture pour | se faire transporter chez son oncle, à Hill's-Point, le seul endroit où elle pouvait penser que vous iriez, en désespoir de cause. __Peut-être même qu’elle a écrit à M. Martin, si elle n’a pas pu se rendre encore chez lui,” ajouta Boubou, tout fier d’avoir trouvé un argument consolateur. Î chez de vous calmer, et causons froidement. (C’est le seul moyen d'arriver à retrouver la petite So- phie.”” Claude, qui venait d’être intro- duit dans un vaste salon meublé confortablement, élégamment mê- me, ce qui n’est pas toujours la même chose, Claude s’assit machi- nalement et dit : ‘Que pensez-vous faire ? —Avant de vous répondre, re- prit Martin, dont la longue figure qu'il faille En ce moment, un des hommes |de Vankee en imposait à son ne- partis à la découverte vint annon- | cer qu'on avait trouve la barq veu, je voudrais bien savoir com- grande | ment il s’est fait que vous ne fus- ue des hommes de couleur: El-|siez pas sur le même bateau, la pe- Je avait été abandonnée dans les ré- | tite Sophie et vous.” : À œ" | seaux, à deux kilomètres de 1. | Claude allait tout bêtement dire {ny avait donc plus à espérer | la vérité, mais 1l ressentit une cer- de découvrir Sophie. Toutes les suppositions, à la vérité, restaient possibles, les réconfortantes plus que les autres, peut-être. Mais Î était nécessaire de prendre une dé- cision. Comme la veille, comme tous les jours, deux bateaux à vapeur, par- tis de la Nouvelle-Orléans, allaient passer. Leur première escale se trouvait à douze kilomètres en a- mont. Claude avait congédié son bateau. Il loua une voiture pour se rendre au point d'embarquement. Par un phénomène curieux, il n’éprouva aucune répugnance à se confier de nouveau à des pyrosca- phes si peu soucieux de la vie des passagers. Sa douleur endormait révéler par suite de quel sentiment cupide il avait es- ; L . taine honte à sayé d'empêcher le départ de sa Malgré sa douleur, il sen- tait l’inconvenance d’avouer que les seize cent mille francs étaient la feinme. cause de tout. ‘Nous n'avons pas fait le voyage Nous avions eu feint ensemble, dit-il. une petite querelle et j'avais Ide la laisser partir toute seule. | Mais quand je suis ‘arrivé au Ha- |vre, la ‘‘ Normandie” avait pris la Je me suis embarqué à Le Cunard qui me | portait a été retardé par les glaces flottantes et, à New-York, Sophie Comp- tant la trouver chez vous, je ne me mer. | Queenstown. avait déjà pris le train. \ FEUILLETON DE L'IMPARTIAL & | suis pas autrement inquiété d’elle à la Nouvelle-Orléans. dait guère à ce que je lui courusse après. Pendant qu'elle prenait le ‘“Jackson’’, moi je m’installai sur le ‘‘Lafayette’’...vous savez le reste. —Oui, oui, oui ! articula l’oncle, pensif. —Ah ! reprit Claude, en retom- bant dans son désespoir, j'avais bien raison de redouter ce voyage... nou pas pour moi, mon Dieu ! a- jouta-t-il en manière de correctif ; mais mon instinct me disait qu'il tournerait mal... —Mon garçon, encore.une fois, ne vous imaginez pas que tout soit perdu. —Comment ? interrompit Mi- chon, presque indigné du sang- froid avec lequel parlait Arsène Martin. 2 —Eh ! certainement, on retrou- vera la petite Sophie, si du moins c’est bien elle qu’on a retirée de l’eau sous vos yeux. Dans ce pays- ci, nous en avons vu bien d’autres. —Ah ! fit Claude, ahuri. —D'abord, mon petit, ce que vous devez espérer avant tout, ce qui est le plus probable, c’est que Sophie lise le journal, comme je l’ai lu moi-même, et qu’elle nous écrive ou nous envoie un télé- gramme pour nous rassurer. —Bon ! répondit Claude, mais Il | ple ce qui est arrivé? s’écria Mi-!elle a pu le lire dès ce matin, puis- qu’elle sait l'anglais, et vous atten- dez encore sa dépêche ? —D'accord, cela ne prouverait rien encore d’extrêmement fà- cheux. — Pourquoi, mon oncle ? —Parce que Sophie, après une secousse pareille, peut-être fort souffrante et hors d'état de lire ou d'écrire. — Alors, comment saurons-nous ? — Mais l'Amérique, reprit Ar- sène Martin, et principalement la Louisiane, sont des pays civilisés, quoi qu’on puisse dire sur votre boulevard de Gand, ou dans la rue Coquenard. L’oncle Martin en était encore à ces antiques dénominations. ‘Vous pensez bien que les gens chez qui on l’a transportée lisent aussi les feuilles publiques ; à son défaut, ceux-là écriront au jour- nal. — Alors, votre avis !... —Est d’attendre à demain ma- tin. Je vais câbler à un ami de ia Nouvelle-Orléans qu’il m’avise par télégraphe de ce qu’il y aura de nouveau sur Sophie dans le ‘‘New- Orleans-Times,’’ dès que ce jour- nal aura paru. —Quelle nuit je vais passer en- core ! soupira le pauvre Michon. —Et puis, mon cher neveu, per- suadez-vous bien d’une chose, c’est que, si j'aime la petite Sophie au- trement que vous, je l’aime autant. La différence entre nous deux, c’est que mes sentiments ne sont pas à explosion. — Cela se voit de reste, pensa Claude, qui comprenait mal le flegme américain de son oncle. —Mais, continua le bonhomme, vous verrez que je lui suis dévoué autant que personne, si les événe- ments nous forceut à agir avec vé- “De son côté, Sophie ne s’atten- | FOR DIARRHOEA, DYSENTERTY, COLIC, CRAMPS, PAIN IN THE STOMACH, AND ALL SUMMER COMPLAINTS, ITS EFFECTS ARE MARVELLOUS, IT AGTS LIKE A GHARM. RELIEF ALMOST INSTANTANEOUS, Pleasant, Rapid, Reliable, Kffectual. EVERY HOUSE SHOULD HAVE IT. ASK YOUR DAUGGIST FOR IT. TAKE NO OTHER, PRICE, « 36c, hémence. En attendant, j'estime que vous vous désespérez préma- turémeut, et qu’en tout cas il sera temps de gémir quand vous aurez la preuve indéniable de votre mal- heur. Voici la nuit, allons diner. —Oh ! je n’ai pas faim. — Possible ; songez pourtant que- le corps de l’homme est une sorte de machine à vapeur dont l’esto- mac est le foyer, et qui, pour fonc- tionner utilement, a besoin de com- bustible ; si vous voulez être assez fort pour supporter les fatigues auxquelles vous pouvez être appelé dès demain, il faut manger votre compte m'horripile en tout temps de manger, mais je m’y résigne. Je fais même, sous ce rapport, mon devoir complet, et c’est à ça que je dois d'avoir con- juré la décrépitude. —Non seulement conjuré, oncle, mais... —QOui, oui, si je suis gaillard pour mon âge et agile d’esprit comme de corps, c’est à une nour- riture régulière, suffisante et rai- sonnée que je dois ça Encore une fois, allons diner et, croyez- moi, ne vous laissez pas abattre. Tout s’arrangera, c’est la loi hu- maine, ”” Pendant le diner, Arsène Martin parla de Sophie, s'informa de son caractère, fit causer Claude et par- vint à le distraire quelque peu ; ; moi, Ça mon immédiat du lendemain pour que le pauvre garçon sortît de table presque réconforté. manger, Arsène passa son bras sous celui deson neveu, et lui dit de l'air le plus naturel du monde : ‘“Quand nous aurons retrouvé Sophie, je vous ferai part d’une nouvelle assez importante : sa pré- sence et la vôtre rehausseront une cérémonie qui doit avoir lieu ici dans quelques jours, à moins d’em- pêcherents imprévus. —De quoi s'agit-il ? demanda Claude, sur le ton d’une politesse légèrement saupoudrée d’indif- férence. — Vous saurez cela, Ce n’est pas du tout le moment de vous rien (A Suivre} J. H. Myrick & Co. Importers aad Dealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOER FINE GROCERIES And Fishing Supplies AT TIGNISH : and A LBERTON We have just opened a tull and complete stock of NEW GOODS. 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