* % attribuer tes: créations à +“ # é. « È d ne Se + ; * . * 4 LL + + ” 6 sis © 2 Z ZA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. .F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 3. NO. II (suite) Ces rochers étaient tapissés d'ar- bustes, de fougères et de ces con- combres sauvages, qui, au moindre coutact, lancent au loin leurs grai- | nés visqueuses. Les fonds produi- saient abondamment plantes fleuries, qu'on n'eñt pu cueillir toutefois sans courir le risque de déranger de v nimieuses familles de scorpions, de lézards oceilés où de vipères, épiant le soleil à travers | les touffes mouvantes des napels et | des campanules. En face des vo-| yageurs, au pied d'une montagne | escarpée, s’enfonçait la grotte que l'on venait chercher. L'entrée en | était commode, riante, encadrée de | scolopendres et surmontée de vi- : gues, dont les fruits mûrs pendaient en festons à la voñte. Le ruisseau s'en échappait, et l'œil pouvait re- monter ui moment argentés, l'intérieur de grotte obscure. tance frappa les voyageurs plus en- core que les charmes pittoresques du site : trois chevaux, attachés à un figuier à l'entrée de la caverne, semblaient attendre, tout sellés et bridés, le retour prochain de leurs maîtres. Le vicomte sauta joyeusement à bas de sa monture : “Nous arrivons à temps ! s’écria- t-il ;: ‘‘ils’”’ sont encore ici...Nous réussirons. ? Adrien s'était empressé égale- ment de mettre pied à terre. ‘“Mornas, dit-il avec inquiétude, encore une fois, souvenez-vous de mes recommandations, et prenez Un procès au des ses méandres | dans ja | Mais une circons- garde aux méprises. criminel n’arrangerait ni mes af- faires, ni sans doute les vôtres !”’ Le vicomte se mit à rire. “Eh bien ! Laroyère, n'êtes- vous pas avocat? Ce serait une] belle occasion de faire des écono- mies d'argent et de donner carrière à votre éloqaence !”? Adrien goûta médiocrement cette plaisanterie, mais ilse promit de ue pas quitter son compagnon et d’in- tervenir, au besoin, dans la que- relle. On attacha les chevaux à côté des autres ; puis le jeune guide ayant assuré qu’on ne risqnait rien de les abandonner pour un moment, les voyageurs s'empressèrent de pé- nétrer dans la grotte. Il y régnait une agréable frai- cheur, bien précieuse par cette tem Pendant une | la lumière | pérature brûlante. centaine de pas environ, qui venait de l'entrée permetiait | d'y voir assez pour se conduire, mais à cette distance il failut allu- | mer des torches, avait eu la précaution à Frontignan : de s'appro- | visionner s’enfonça dans les ténèbres, en sui- | vant le cours du ruisseau, auquel sans doute ces galeries devaient leur existence. 00006600 1X.—LA POURSUITE pénétrant ces formes à demi-trans- parentes, leur donnait une appa- rence aérienne, presque surnatu- relle, et les filets d’eau, ruisselant à l’entour, les encadraient de perles et de diamants. Adrien, malgré ses préoccupa- tions, parcourait avec admiration ce musée splendide de la nature ; il eût bien voulu s'arrêter un peu de- vant chacune de ces merveilles, mais Mornas songeait uniqu-ment à l’homme qu'il était venu chercher dans les entrailles de la terre, et s’étonnait de n’en apercevoir aucu- ne trace. Plusieurs fois, il fit signe à ses compagnons de s'arrêter, et on prêta l'oreille, mais on n'enten- dit autre chose que le murmure bas et timide du ruisseau, semblable au chuchotement de deux jeunes filles qui se font des confidences le soir, et le bruit des gouttes d'eau qui, tombant de la voûte sur les stalacti- tes, produisaient les notes douces et musiçales d’un harmonica. ‘‘La grotte a-t-elle plusieurs is- sues ? demanda le vicomte au jeune guide. —Non,®répondit l’enfant. —C'est bien ; avançons donc, il n’y a pas à craindre qu’'‘‘il’’ nous échappe.’’ Et on continua de marcher sur ce sol humide. Parfois, la galerie était fort étroite et les concrétions d’albâtre semblaient devoir obstruer le passage ; puis elle devenait tout À coup si large que les flambeaux u’en pouvaient éclairer l'étendue. Alors, on croyait apercevoir à une prodigieuse élévation des condors et des hippogriffes, aux ailes éten- dues, planant dans l’espace, tandis que des spectres blancs, du fond de leurs niches sombres. menaçaient du doigt les curieux. Ces appari- se montraient plus nombreuses, | “ . plus colossales à mesure que l'on pénétrait plus avant dans la grotte; elles semblaient s’animer au mou- vement des torches, et le gémisse- ment du ruisseau leur servait de voix pour protester contre les prô- fanations des hommes qui osaient pénétrer dans leur splendide pa- lais. Tout à coup Mornas, qui mar- chait le premier, s'arrêta et tendit le bras en avant pour désigner un objet nouveau : à une grande dis- tance, dans l'obscurité, deux points lumineux brillaient comme des é- toiles dans un ciel noir. ‘Ce sont eux, dit-il avec satisfac- tion ; j'aperçois leurs torches. —_ Oui, oui, répliqua le guide ; ils sont arrivés au lac et ils ne peuvent aller plus loin ; dans quelques mi- dont le vicomte | nutes nous les rejoindrons.”” Encouragés par cette certitude, puis on les voyageurs doublèrent le pas. Enfin ou atteignit une salle, vaste comme une place publique, et dont le regard ne pouvait sonder els ef- frayantes profondeurs. De grands Bientôt les merveiiles de ce lieu | piliers d'atbâtre soutenaient la voû- souterrain surgirent de toutes parts aux yeux éblouis des visiteurs. C'étaient des stalactites affectant les formes les plus gracieuses ou les plus bizarres. Ici, des choux-fleurs s'épanouissaient à la voûte, conme des végétations de pierre ; plus Join, l’albâtre formait des obélis- ques, des jeux d'orgues, des drape- ries, des palmiers, des culs-de- lampe ; on eût pu prendre ces œu- A chaque instant on dans l'ombre des fan- 6 des statues de vres d'art. entrevoyait tômes immogbiles femmes ehveloppées de longs voiles flottañits, des figures effrayantes - d'animaux “fantastiques ; il fallait un effort d’iinagination pour ne pas ib : um habile stafuaire. « La lueur des ‘torches, # # jeu Ë ë « ex ? ite, mais la lumière des torches les | éclairait seulement dans une partie de leur élévation, et leurs éxtrémi- tés supérieures se perdaient au mi- lieu des ténèbres. Sans doute, cet- lte salle s’étendait fort loin, mais il | était impossible d'avancer davanta- ge ; un lac aux eaux limpides, qui donnait naissance au ruisseau de la grotte, formait une barrière infran- chissable. La lueur des flambeaux se réflétait en traînée rougeâtre sur ces eaux dormantes, que le classi- que Mailevieux eût pu comparer à celles du Cocyte ou du Léthé. Des poissons, enfants de la nuit, attirés par cet éclat insolite, nageaient cu- rieusement à la surface et faisaient, par moments, étinceler leurs -écali- iles argentées sous ce transparent, 4 $Èà > > à > RIRIRIRNTRIERERSRIRIRIREMERINE RIRE cristal. Du reste, l’immobilité, le silence, une obscurité glaciaie é- taient à demeure dans ce souter- rain, où l’homme semblait si faible et si petit- L'imagination d’Adrien était vi- vement frappée. Ses impressions extérieures, se combinant avec ses pensées secrètes, lui présentaient ce lugubre lieu comme devant être le théâtre d’une Ilutt: acharnée, d’une scène tragique. Un frisson, qui n’était pas dû seulement à la fraîcheur de la grotte, parcourut ses membres, et il éprouva une vé- ritable anxiété à examiner les in- connus qui semblaient attendre a- vec complaisance, au bord du lac, leurs flambeaux à la main. Ils étaient deux, outre le guide, qui se rapprocha amicalement du fils de l’aubergiste dès qu'il l’eut reconnu. L'un des voyageurs se tint à l'écart comme un inférieur, et se contenta de saluer respectu- eusement. L'autre vint au-devavrt des survenants d’un air de politesse ; c'était un homme d’un certain âge, mais vert et vif encore, d’une mise convenable et de manières distin- guées. ‘Soyez les bienvenus, messieurs, dit-il d’un ton ouvert ; je regret- tais de n’avoir pas de compagnons pour partager mon admiration en présence de ces ‘‘belles horreurs’’ ; et nous autres, Français, nous nous lassons bien vite d’admirer seuls, comme vous savez !”? Adrien et le vicomte s’inclinè- rent ; mais ni l’un ni l’autre ne se pressait de répondre à ces avances ; ils gardaient le silence et observaient l'inconnu avec curiosité. Rien ne ressemblait moins à lord Corbett, le vieil Anglais podagre et taciturne de Balaruc. que le per- sonnage alerte, dispos, plein d’ai- sance et de naturel, qui se trouvait devant enx. (Cependant, Mornas dit enfin avec ironie : ‘Eh bien, mylord, si vous êtes content de nous voir, M. Adrien de Laderoyère et moi, nous sommes également enchantés de vous ren- contrer ; nous avons eu assez de mal pour cela....ÆEn vérité, my- lord Corbett, je vous félicite de votre prompte guérison ; hier en- core, vous étiez perclus dans un fauteuil, et aujourd’hui vous cou- rez à pied et à cheval par les grands chemins ; votre langue elle-même s’est déliée, et, pour comble de merveille ! vous, Anglais pur sang, qui ne pouviez prononcer deux mots de français, vous vous expri- mez avec une netteté, une facilité. Le docteur Moirot sera bien fier quand il saura que les eaux de Balaruc ont accompli si rapidement de pareils miracles !”? Le voyageur à qui s’adressait ce persiflage n’en parut nullement troublé ; il manifesta seulement un étonnement extrême. ‘Monsieur, reprit-il tranquille- ment, vous vous méprenez sans doute....Je ne suis pas Anglais et je ne viens par de Balaruc. Je viens de Cette, et je voyage pour mon plaisir. Comme j'aime beau- coup les arts, je m’arrête de temps en temps pour prendre des croquis; c’est pour cela que j'ai désiré visi- ter la grotte de Mireval..”’ En même temps il montrait un magnifique album qu’il portait sous le bras, et qui semblait contenir des dessins. Adrien fut tout à fait convaincu d'une méprise. ‘Mon cher vicomte, dit-11, nous ne devons pas craindre de recon- naître une erreur ; et je prie mon- sieur d’agréer nos excuses. .., P-PaiS Adrien êtes-vots fé? + interrompit le vicomte avec impa-| tience : vous laisserez vous donc prendre à toutes les comédies qu’on prendra la peine de jouer devant vous ? Celle-ci, j'en conviens, est fort bien conduite, mais elle ne ré- ussira pas... Mylord Corbett, a- jouta-t-il avec raïllerie, remplit fort bien son personnage, il sait avec un art consommé prendre de nouvelles figures ; par malheur, son Crispin n’est pas d’égale force... Appro- chez, John, mon ami, continua-t-il en s'adressant à l’autre voyageur, qui s'était glissé derrière les gui- des ; quoique vous n'ayez plus vo- tre chapeau à cocarde noire, vous n'êtes pas moins reconnu, et il est inutile de vous cacher plus long- temps. L'individu qu’on interpellait ain- si s’approcha comme par habitude, et Adrien lui-même ne put se mé- prendre à la haute taille, à la fi- gure effrontée du laquais de lord Corbett. ‘Vous voyez ? dit Mornas, ce- lui-ci du moins ne cherche pas à se renier lui-même. —Ce garçon est Angiais, en effet, reprit le voyageur sans se laisser vicomte ; or, comme le savent ces messieurs, tous les domestiques an- glais se ressemblent ou s'appellent John... — Vous comptez trop sur notre stupidité et sur l’obscurité de cette grotte, mon cher ; vous êtes le pré- tendu lord Corbett, comme ce gail- lard-là est le prétendu John ; vous essayeriez vainement de soutenir le contraire. — Enfin, quand cela serait ? de- manda le voyageur avec impatience, que nous voulez-vous et qu’atten- dez-vous de nous ? — Ah ! vous l’avouez donc ? Eh bien, mylord, dans ce cas, M. A- drien de Laroyère, ici présent, ne serait pas fâché de rentrer dans une certaine somme de soixante et quel- ques mille francs, à lui appartenant, dont vous avez adroitement dé- barrassé son tuteur... —Débarrassé ! répéta lord Cor- bett avec indignation. —Débarrassé, ou volé, ou escro- qué, comme vous voudrez, je ne tiens pas aux terimes..., toujours est-il que vous allez me remettre immédiatement cette somme, qui est sans doute en ce moment sur vous, dans votre portefeuille. —Monsieur, voilà une demande d’une audace ! et si je n’écoutais que ma juste colère... — Pas si haut, mylord, dit le vi- comte d’un ton d'autorité ; il ne vous appartient pas d’élever la voix. Vous étiez moins insolent quand vous ne vous étiez pas encore af- fublé d’un titre d'emprunt et quand vous vous appeliez tout simplement Joseph Bernard.”’ A ce nom, le soi-disant Corbett recula d’un pas et devint livide. ‘Joseph Bernard ! s’écria Laro- yère au comble de l’étonnement. Quoi ! ce grec fameux dont j'ai tant entendu parler par mon oncle, et qui a fait des dupes dans toutes les maisons de jeux de l’Europe ? —Lui-inême, Adrien, et il est fâcheux pour vous que votre oncle n'ait pas connu sa figure aussi bien que sa réputation.’ Puis, s’apercevant que le soi-di- sant lord venait de tirer de sa po- che, en frémissant de rage, une paire de pistolets, Mornas marcha hardiment vers lui : ‘Laisse ces armes, Bernard, dit- il d’un air de mépris ; tu sais bien que tu ne t'en serviras pas..., ce n’est pas ton genre d'industrie, et tu as dû calculer à quoi tu t’expo- | serais en jouant avec ces petits ins- truments-là.”’ Il s'empara des pistolets et les lança dans le lac. Les eaux éter- nellement immobiles du souterrain rejaillirent avec un bruit lugubre qui se répercuta d'échos en échos dans l’immensité de la grotte. ‘Tiens, crois-moi, ajouta-t-il, ex- écute-toi en brave. ..rends de bonne volonté à M. de Laroyère l'argent qui lui appartient. A cette condi- . (suite à la srme page) « i désarçonner par les soupçons du] gore TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 28 AVRIL 1908. RER SR ER SAR SALE SALSA SAR SI E FEUILLETON DE L'IMPARTIAL LE CRI DU SANG ES nr à LE = EEE LL Es \ ” Make Weak Hearts Strong. Make Shaky Nerves Firm. They are a Sure Gure for Nervousness, Sleeplessness, Loss of Energy, Brain Fag, After Ef- fects of La Grippe, Palpitation of the Heart, Anæmia, General De- bility and all troubles arising from a run down system. They regulate the heart’s action and invigorate the nerves. This is what they have done for others! They will do the same for you. GREAT RELIEF. I have taken Milburn's Heart and Nerve Pills for palpitation of the heart and shattored nerves, and for both troubles have found great relief. —Mrs. W. Ackert, Ingersoli, Ont. FEELS SPLENDID NOW. Before taking Milburn's Heart and Nerve Pills I was £11 run down, could not slocp at night and was terribly troubie4 with my heart. Since taking them E fecl splendid. 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