passé trois longs mois à la pêche, exposés au vent et à la tempête, quand bien même leurs labeurs n'ont pas été couronnés de succès? Ce n'est pas leur faute si le poisson ne donne pas, et n'est—ce pas alors que l'hiver s'annonce plus triste, plus redoutable! Le député qui ' fera partager au gouvernement cette manière de voir, se sera assuré 1a reconnaissance de tous les pêcheurs. La récolte a également été mauvaise. Assez de blé, mais pas de foin, pas d'avoine, ni de patates. Les cultivateurs devront puiser dans leurs tirelires pour rencontrer les dépenses courantes. Heureusement que là, sur l'Ile, il n'y a pas de taxe â payer. Quel que extraordinaire que cela paraisse, le gouvernement de l'Ile du Prince—Edouard gère les affaires publiques, construit et entretient les ponts et les chemins, donne 3100,000 par an pour fins d'éducation, etc., sans demander ni tirer un sou de la population. C'est une administration conserva— trice qui fait tout cela! Aussi les libéraux ne lui portent guère rancune et ne se donnent—ils ce nom que pour la forme, histoire de ne pas se rouiller. Le gouvernement Sullivan, dont l'hon. J.0. Arsenault fait partie, est bien disposé envers les Acadiens et l'année prochaine, nous dit—on, on aura un professeur à l'Ecole normale. C'est l'exemple du Nouveau—Brunswick qui porte ses fruits, et l'influence de la députation acadienne qui se fait sentir. Mais si l'on voulait m'en croire, on aurait d'abord un inspecteur français. Cela coûte un peu plus cher, mais cela est beaucoup plus efficace, et si le titulaire est à la hauteur de sa position, les écoles ne peuvent faire autrement que d'en subir la bénigne influence. Ce serait le moyen le plus prompt et le plus sûr de faire 1 fleurir l'éducation française sur l'Ile. Il n'y a pas de trottoirs dans les villages de l'Ile. Dans les villes, on en trouve que sur un côté de la rue, je ne parle pas de l'artère principale. Aussi, tout le monde est bien chaussé; je n'ai pas vu une seule personne même la plus pauvre, avœc des mauvais souliers aux pieds. Qu'il fasse beau, ou que les chemins soient des torrents de boue, chacun trottine à ses affaires comme si le sol était couvert de solides madriers. Parlant de chaussures, il est digne de mention que celles sortant de la manu- facture Harper & Webster, de Shédiac, jouissent de la meilleure réputation dans l'Ile à cause de leur durabilité et leur fini. Il fait plaisir d'entendre dire que les employés de MM. Harper a Webster sont d'habiles ouvriers. En proportion de son étendue, l'Ile du Prince—Edouard est la partie du Canada qui produit le plus de chevaux, et de bons. Quelques—uns sont renommés pour leur vitesse, d'autres pour leur grosseur, et tous sont très reCherchés par les acheteurs de chevaux qui viennent jusque des