Evangeline DEUXIEME PARTIE II (suite) Elle n'avait plus d'autre espé- rance nf d'autre désir encette vie, que de suivre humblement et d’un pas respectuenx les traces sacrées de son Sauveur. Ainsi elle vécut bien des années comme Soeur de la Merci, visitant les toits solitaires et misérables dans les rues popu- leuses de la cité, où la détresse et le besoin se dérobaient au soleil où la maladie et la douleur languis- saient abandonnées dans des ga- letas. Une nuit après l'autre, lorsque le monde était endormi, et qu‘à travers les rues où gémissait le vent, le veilleur de nuit redisait à | haute voix que tout al'ait bien dans la ville, il apercevait bien haut, à quelque fenêtre solitaire, la lumière de sa lampe. Un jour après l'autre, dans l'aube grisâtre, lorsque le fermier allemand venait lentement à travers les faubourgs, en ployant sous le fardeau des fleurs et des fruits qu’il conduisait au marché, il rencontrait la figure pâle et douce de la vierge. qui. sa veiliée finie, rentrait chez elle. En ce temps, une peste vint à sévir dans la ville, annoncée par des signes extraordinaires, surtout par des bandes Ge pigeons sanva- ges, qni assombrissaient le soleil dans leur vol, et qui n'avait qu’un gland dans leurs jabots. Et com- me les vagues de ia mer s'élè- vent dans le mois de septembre et viennent inonder quelque ruisseau argenté qu'ils répandent en lac dans les prairies, ainsi la mort inonda la vie, et, franchissant ses rives naturelles, elle changea en un lac amer le fleuve argenté de l'existence. La richesse n'avait aucun pouvoir pour corrompre la cruelle, ni la beauté pour le char- mer. Tout périssait également sous le fouet de sa colère. Mais hélas ! le pauvre qui n'avait pas d'amis ni de serviteur se traînait hors de chez lui pour aller mourir à l'hô pital, foyer de ceux qui n'ont pas de foyer. L'hôpital s'élevait alors dans les faubourgs, au milieu des prairies et &es bois : aujourd'hui la cité l’environne ; maïs il est jours là avec sa porte cochère et son guichet, humble au milieu de la splendeur, et ses pauvres mu- tou- railies semblent répéter doucement | dans un rêve le foyer de son en- ces inots du Seigneur : rez toujours des pauvres au milieu de vous ?’’ C’est là que, jour et nuit, la sœur de la Merci venait. 1,es mourants regardaient son vi- sage et croyaient en vérité voir des rayons de lumière céleste eu- tourer son front d’une auréole, teile que ies artistes en mettent sur les fronts des saints et des apôtres, ou comme il en flotte la nuit au- dessus d'une ville que l'on voit dans le loiutain. C'étaient à leurs yeux les lampes de la cité céleste, dont leur âme allait bientôt fran- chir les portes lumii.euses. C'est ainsi qu’un samedi matin, suivant paisiblement sa route à travers les rues désertes et silen- cieuses, elle franchit le seuil de l'hôpital. L’atmosphère printanière [doigts, comme de ses yeux et de Rbbinis, Ces gard plein de lumière, elle entra dans les chambres des malades. Là, les sœurs assidues et attentives, circulaient sans bruit, humectant les lèvres fiévreuses et les fronts nb. fermant en silence les! yeux sans regards des morts, et recouvrant leur visage pendant que sur leurs grabats ils gisaient, comme des tas Ce neige sur les bords de la route. Plus d'une tête! languissante, se soulevant lorsque Evangéline entra, se retourna sur! sou oreiller de souffrance pour la contempler au passage, car sa vue était pour les coeurs comme. un rayon de soleil sur les murailles d'une prison. Et, regardant autour d'elle, elle vit comment la mort, cette conso- latrice, avait posé sa main sur plus d'un coeuret l'avait guéri pour toujours. Mainte figure familière avait disparu pendant la nuit, lais- saut sa place vide ou déjà occupée par un étranger. Soudain, comme arrêtée par la peur on par la surprise, elle de meura silencieuse, les lèvres déco- Lorées, la bouche ouverte : un fris- son parcourut son corps. Les fleu- rettes oubliées tombèrent de ses ses joues la lumière et matin. l'éclat du Puis un cri d'angoisse s'échappa de ses lèvres, si terrible que les mourants l'entendirent et se soule- vèrent brusquement sur leurs oreil- lers. Devantelle, sur un grabat, était étendu un homme déjà vieux. Longues, minces et grises étaient les boucles qui ombrageaïent son front, mais comme il était couché dans la laimière du matin, son vi- sage, pour un moment, reprendre encore les semblait traits de sa L'IMPARTIAL JEUDI LE 26 DEC, côte dans leur tombe sans nom. Persière les humbles murs du petit cimetière catholique, au coeur de la cité, ils gisent inconnus et La rés. Tous les jours, les flots de la vie font leur flux et leur reflux à côté d'eux : ce sont des milliers de coeurs palpitants, alors que les | I ; int + 1901 qd lenrs reposent pour toujours ; des milliers d’esprits qui souffrent,, quand les leurs ont renoncé à la! lutte des milliers de mains affai-| rées, quand les leurs ont cessé tout | travail, des milliers de pieds fati- gués, quand les leurs ont achevé leur voyage. | C'est touiours l'antique forêt vierge, ais sous l'ombre de ses branches demeure une autre race, aux moeurs etau langage diffé- reuts. Seulement le long du rivage du triste et brameux Atlantique, languissent quelques paysans acça- diens, dont les pères sont revenus d’exil pour mourir Gans leur pay natal. Dans la cabane du pêcheur le rouet et le métier à tisser sont toujours en mouvement, les jeunes filles portent toujours leur bonnet normand et leur tablier de ménage, et le soir, au coin du feu, elles re- disent l’histoire d’Evangéline, pendant que du fond âe ses cavernes rocheuses la voix profonde de l'O- céan Voisin s'élève, et que la plainte de la forêt lui répond avec des accents désespérés. FIN » ar 3 P ainters L ê Le Kidners. Â # The worst (ins a painter k23 12 con. ndvith is the ture jeunesse virile, car la figure des mourants est sujette à des change-| ments pareils. Sur ses lèvres brûlait encore l'é- clat rouge et ardent de la comme si la héevre, vie, semblable aux Hébreux. avait aspergé de sang sa 1, porte pour que ’ange de la pût voir ce signe et iort passer outre. Sans sans connais- sance, 1l gisait mourant, et son es- mouvement, prit épuisé semblait descendre par des profondeurs infinies dans les ténèbres dû sommeil et de la mort, et y descendre pour toujovrs. Mais, du fond de ce royaume des ombres, en échos multiples, il en tendit ce cri de douleur, et à tra- vers le culme qui succéda, ume douce voix murmura avec des ac- cents tendres et semblables à ceux d'une sainte ; ‘‘Gabriel, d mon bien aimé !’’ puis expira dans le si- ‘Vous au-}fance, et les vertes prairies de l'A-| | était embaumée par les fleurs du | jardin. Elle s'arrêta en chemin cueillir les plus belles, afin que les mourants pussent jouir une fois encore de leur parfum et leur beau- té. Puis, pendant qu'elle mortait les marches du corridor rafraichi par le vent d’Est, elle entendit dans le lointain le doux son du ca- rillon de l'église du Christ, et, se mêlant à ces accords, pour les chants | angoisses continuelles jeunesse, Evangéline surgit dans lence. Alors il vitencore une fois cadie sillonnées de rivières boisées, et le village, et la montagne, et la leur ombre, comme dans les jours de sa forêt, et, se promenant SOUS sa visiou. Des larmes montèrent à ses yeux, et comme il soulevait lente- ment ses paupières, sa vision s'é- vanouit, mais Évaugéiline était a- genouillée à son chevet. Vaine- ment il s'efforça de murmurer son! nom : des accents iuarticulés mou- rurent sur ses lèvres, et leur mou- vement seul révéla ce que sa langue Vainement :il aurait voulu dire. s'efforça de se soulever. Evangé- bai- sait ses lèvres mourartes et appu- line, agenonillée pré: de lui, yait sa tête sur sa poitrine. Douce était la lumière des yeux du mou- raut ; mais séucain elle s’éteignit dans les ténèbres, comme une lam- éteint | pe qu'une bouffée de vent près d’une fenêtre. Tout était l'espérance, et la crainte, et la tristesse, et toutes les peines fini | | | maintenant, et | | du | coeur, et les désirs inquiets et in-| assouvis, et tous les sombres et profonds chagrins, et toutes les! { de la soufi-| des psaumes chantés par les Sué-/france. Et comme elle pressait en-| Éd E . | . “8 x drsoQu: * Un e | dois dans leur église de Wicaco lui |core une fois sur sa poitrine la tête! Russell et Cie., Londres) arrivaient à travers les prairies, |inanimée, elle iuclina humblement : portés sur le souffle du vent. Doux !son front et murmnra : : é | ts comme des ailes qui descendent, le merci ! | | | calme de cette heure descendit sur son esprit. Quelque chose en son cœur lui ‘‘O Père, | l C'est toujours l'antique forêt, disait , ‘‘Enfin,tes épreuves tou-| vierge, mais, bien loin de son om- chent à leur terme : ’’ et, le re-|bre, les amants sommeillent côte à | | n 47 1C Te r# [à | pentine. Thelcad, of course, | some one. When a painter 5 bac: time for him to begin treatiny tic DIN DOAN’S LB 1 ES 1 X La will fix them up—t:r PILLS à 4 and congestion, give case to the aching e outtheinfammation back . Mr, J. Evansoa, tie well-knowa paister :d decorator, 59 Ox'ord St., Toron:o, t., said : ci:s ago Ï wa taken with an cxcruciatins it #rbacs over the kidney: Ît was so Led that r*? wife had to app!y lot cloths tili tae doctor came and gave me morphine. He said the trouble was due to-a stcna passing from the Likk::cey to the blaäder. | My water was loaded with a brick dust ] se pe deposit and sc d on passing. , rs . de dv . f , While ia Cris condition [ heard of Doan's Kidney Pills and started taking thera. ras not longe before Ï got relicf from It was not lone { I got: pain and bave beenimproving in heaithever since. My urine is row clear and does nc smart me, and I feel betier than in years, | LEXA-LIVER PELLS, Te tie nr do _——. Émis 5 black feilows act casily and natnraiiy ox tho system, | ciearing away ell bile and effete material. ! Constipation, biliousness, dyspepsia, s1ck headache, hea-thburn, waterbrash—all dis- appear when they are used. Prico 250. oran sg eme Dr. Murphy PHYSICIAN AND SUBGEON First Prize Graduute New York Uriversity LIONIBEE..... D NE] IRON, MD. J. DOIROM À 5 » | GRADUÉ DE LAVAI, DE MONTREAL. PR LC D J. E& WYATT, SUGCESSEUR De Hopeson & Wyari AVOCAT,NOTAIRE, eTo Solliciteur pour Nova: Scotia et Sununerside Banks ARGENT À PRETER. — Bureau : Au dessous de Cléfton }ious,. |! SUMMERSIDE P. E. LI. 1 lus Arsenault & McKenzie Avocars, &c. (Iiécemment chez Charles. BUREAUX : Summerside et Charlottetown Aubin E. Arsenault, S'Side, | H. R. Macreuzie, Ch‘°Town. ARGENT A PRETER | en ! mère soit paralysée ou percluse de rhumatisme, ces maux sont fréquents chez les femmes au ! RETOUR de l'AGE, et s’il est raisonnable de supposer qu’il peut arriver à votre mère des acci- | dents aussi graves, il est aussi raisonnable de supposer qu’elle a besoin d’aide et d'assistance. LA jeun: fille qui se rend compte de ces faits et cherche un moyen simple et effectif de scu- 2 sx mère si elle est malace, ou de soutenir ses forces, si elle se sent affaiblir, trouvera dans PILULES ROUGES tout ce dont elle a besoin pour arriver à ce but, car les PILULES || DUGES guérissent toujours les troubles du retour de l’âge et assurent aux femmes qui les prennent, une vieillesse heureuse et prolongée. ‘‘ J'ai pris les PILULES ROUGES, dit Madame Vallée, | L . } ‘ prendre au moment, où les premiers symptômes du RETOUR DE l’AGE se faisaient sentir chez moi. J'avais | ‘les mrins et les pieds froids et engourdis, je souffrais du mal de tête, d'insomnie, et mes vivres digéraiert ‘mal: j'avais toujours des douleurs daus le dos, j'étais incapable de travailler et ma famille craignait Leau- * » * Fa [EE 12 ‘“ coun pour mes jours. ‘“ semaines au lit, LE en eus ls Je à à Erreur dem née à la santé.”’ > nie . ht en tte + mener nr tomgonag mMothotine Tite À ve dt ane «er se 74e ù anne oem D «4 4 serez récompensées. ont besoin. devoirs d'une Jeune Fill ENVERS SA ‘‘ J,es PILULES ROUGES prises de temps à autre L ‘* graud bien, me rendirent à la santé et me guérirent de tous les troubles dont je souffrais et qui sont +i cur:1- : | ‘‘muus chez les femmes qui passent cette période entre l'âge de 40 à 50 ans. ‘< Vers l'âge de 50 ans, dit Madame D. Gervais, je commençais à souffrir de palpitations de cœur, de dlou- ‘‘leur:s dans tons les metnbres, ma respiration était courte et je ‘aucun doute, les troubles du retour de l’âge qui se faisaient sentir chez moi : je passais de temps à aut-e, des rcluse par le rhumatisme et les douleurs ; j’essayais à me soulager le mieux en voyant les médecins des alentours, ou en prenant des remèdes que mes voisins me conseillaient, mais le ‘‘ tout sans résultats, et au bout de quelques années, voyant que mon état empirait toujours, je résolu de pren dre les PILULES ROUGES qui me firent un grand bien et me ramenèrent à la santé. 4 ans, et je suis aussi bien que jamais. ‘‘ les recommande aux femmes qui en souffrezt.’’ ‘‘ Je suis allée voir les médecins spécialistes, dit Madame PF. Leblanc, pour me faire guérir d'une hydro- ‘‘ pisie causée par les troubles du retour de l'âge : mes mains et mes pieds da ‘‘ très faible, je souffrais de cette maladie depuis plusieurs années. ‘‘ Les Médecins Spécialistes me donnèrent un traitement spécial et je pris aussi 15 boites de PILULES ‘‘ ROUGES. Ils me guérirent dans quelques mois et après avoir souffert pendant des années, après m'être ‘‘ fait soiguer par‘un grand nombre de m Ce sont surtout les femmes sur le retour de l’âge et qui ont été malades des mois et des années à qui il faut de la patience et de la persévérance, car elles ne peuvent pas se guérir en quelques jours, ri même en quelques semaines. ment des Pilules Rouges, après en avoir pris une boîte ou deux seulement, car pour les maladies qui durent longtemps, il faut aussi un long traitement. Femmes sur le retour de l’âge, soyez persévérantes dans l'usage des Pilules Rouges et vous Les Médecins Spécialistes invitent toutes les femmes qui souffrent depuis longtemps à leur demander conseil, ils répondront à leur lettre aveg soin, si elles écrivent et aussi si elles veulent venir à leurs bureaux ils seront toujours heureux de leur donner les conseils et les avis dont elles Les Bureaux de consultations sont au No. 274 rue Saint-Denis ; is sont ouverts de meuf heures du matin à huit heures du soir, tous les jours de la semaine, excepté le dimanche, et 1:5 consultations sont gratuites. Les femmes devront refuser comme imitation toutes PILULES ROUGES vendues de porte en porte, au 100 ou à 2$c. la boite, et aussi exiger que le nom de la CIE CHIMIQUE FRANCO: AMÉRICAINE, soit sur chaque boste, c’est le seul moyen d'avoir lès véritables PILULES ROUGES ET DE SE GUÉRIR RAPIDEMENT. | Si elles ne peuvent les obtenir de leur marchand, elles jeur seront expédiées sur réception d1 MERE Jeune fille, rendez à votre mère sur ses vieux jours, les soins et les tendresses qu'elle vous a prodi- gués avec tant d'anxiété, lorsque vous étiez enfant. C’est une dette de reconnaissance que vous lui devez. Si elle a passé ses nuits sans dormir ct ses journées à peiner pour votre con- fort, lorsque vous étiez jeune ; veillez aujourd'hui sur son bonheur et sa santé, veillez à ce qu’elle prenne soin de ses forces,c'est votre devoir et ce sera votre bonheur. Sa santé est aussi précieuse pour elle, même si elle est âgée, que pour vous quiêtes jeune et bien portante. La jeunesse peut avoir ses attraits, mais une verte vieillesse a bien aussi ses charmes. A l’âge mûr, après avoir élevé sa famille, il survient chez la femme un moment critique ; les premières rides apparaissent sur son front, un peu d'angoisse se peint sur sa figure, elle souffre de douleurs qu'elle n'avait pas habitude d’endurer, ses mains et ses pieds devien- vent un peu froids et s'en- gourdissent, elle devient nerveuse et inquiète, elle dort mal la nuit et le jour, les moindres tracasserics la fatiguent. Ces symptêmes augmentent si elle n’est pas secourue à temps. Jeunes filles, n'attendez pas pour lui donner les soins qu'elle nécessite, que votre ù -— ndant deux ans. On m'a conseillé de les ndant cette période du retour de l'âge, me firent ur: DAME VICTOR VALLIE, Sept Iles, Côte Nord, Que." ais mes nuits sans dormir; c'étrit sans ssible, soit J'ai aujourd'hui 53 Les Pilules Rouges m'ont guérie des troubles du retour de !' âge, ct je MADAME DAMASE GERVAIS, Gower Point, Ont, ient enflés et j'étais mal à l'aise ecins sans résultats, je leur suis reconnaissante pour 11 avoir rame- MADAME F. LEBLANC, 154 rue Montcaln. Montréal. Ce serait folie pour elles d'abandonner le traite- f ALES. prix, soc. la boite ou six boites pour $2.50. Adressez vos lettres comine suit : | COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, { No. 274 Rue St-Denis, Montréal, Canada. pr Rnenre are ER TT EE A RE ERA. à AU CRE * ns | THE DELINEATOR The Christmas number of The lineator is aboutthe first of the special Christmas issues. It is a beauty. 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