nai ana cs / + Moscler : mn LA mme mn SE ten ne CE. DE PUB. 7 DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. | Fondé en 1893 par Giibert Bnote et san fils, | —— “in ii F. J. BUOTE, RÉDACTEUR. Mme. F. J. BUOTE, Assistante. mms VOL. 5, NO. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 29 JUIN. 1905. GARE SALSA RSR EIRE SÈSA SA SA SE: ë # GUIRLANDE DE HOUBLON +- à G ÉRERSARIRSERIRIERIRIRIRIRIRS RERSLELSS) net . : =LA— EPISODE Cependant la guerre entre lalet tu seras heureuse avec nous.” France et l’ Allemagne avait éclaté de nouveau. Les armées françai- ses s'approchaient. Le;comte de Lindenberg, craignant de voir son! e e . | château envahi, prit la résolution de se réfugier à Vienne avec sa fa- mille. Léonore, en annonçant ce départ à son amie Thérèse, la pria en pleurant de l'accompagner dans ce voyage, et employa toute son é- loquence pour l'y déterminer. ‘‘Cette province, lui dit-elle, va bientôt être occupée par i’ennemi : savons-nous ce qui peut arriver ? Selon toute spparence, nous ne re- viendrons pas de longtemps dans ce château, et nous serons hors d'état de te protéger, tandis que si tu es avec nous, nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour te ren- dre heureuse. Viens donc avec nous, chère Thérèse. —Dieu sait quel est mon attache, ment pour votre personne, répon- dit la jeune fille, et combien je sou- haiterais sincèrement de ne jamais me séparer de vous ! mais je ne puis abandonner mon père, surtout à pré-ent que la mort nous a eule- vé notre fidèle domestique, qui au- rait pu prendre soin de lui en mon absence, et qu'il n’a plus d'autre soutien que moi.’” Une autre fois, lorsque Léonore- renouvelant ses instances faisait à sa jeune amie une brillante peintu- re des merveilles de la résidence impériale, de toutes les fêtes et de tous les amusenents dont on y jouissait, celle ci répliqua : (‘Et comment voudriez-vous, chère demoiselle, que je pusse me réjouir loin de mon père, le sachant vieux et infirme, privé des soins de sa fille, et ignorant ce qu'il serait devenu > Cette {seule idée empoi- sonnerait tous mes plaisirs et ‘me ferait mourir de chagrin. —Mais songe donc, chère amie, à latriste position où tu vas te trouver. Aussitôt après notre dé- part, le château sera fermé et «ban- donné : et dans le villageiïln’y a persoune que tu puisses fréquenter. Quel ennui pourune personne de ton Âge et de ton éducation ! __ Ah ! n'insistez pas, mademoi- selle : ne vous occupez pas de moi : tant que mou père aura besoin de ma présence, jefne verrai que lui : le reste de l'univers me sera indiffé- rent.’ La mère de Léonore, aise aussi d'emmener Thérèse avec Lindenberg, bien de aurait été comtesse elle à Vienne : elle ioignit donc ses Thérèse, émue jusqu'aux larmes de ces témoignages de bonté, de | confiance et d’attachement de ses maîtres, les en remercia dans les termes les plus touchants ; mais elle protesta de nouveau qu'il lui était impossible de quitter son père dans ces temps de guerre et de malheurs. ‘‘Eh bien ! soit ; au fait, tu as raison, mon enfant, lui dit alors Mme de Lindenberg, je ne saurais te blâmer : je suis, au contraire, profondément touchée detes no- bles sentiments ; que Dieute ré- compense de ta tendresse filiale ! Reste auprès de ton père pour le soigner, et sois la consolation et le soutien de sa vieillesse, Mais, si tu as le malheur de le perdre, ne te re- garde fpas comme orpheline. E- cris-moi alors sur-le-champ ; je te fournirai les moyens de nous re- joindre ; tu verras que je serai pour toi une seconde mère, et tu trouve- ras toujours dans ma fille une ten- dre soeur.”” Le jour du départ arriva : -Iéo- nore et Thérèse versèrent bien des pleurs ense séparant. Mme de Lindenberg fut si touchée de la tendresse rèciproque de ces jeunes amies, queses yeux étaient inondés d2 larmes, etle comte lui-même eut de la peine à cacher Son émc- tion. Lorsque la voiture partit, Thérèse la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle eût disparu dans les mon- tagnes voisines. Elle pleura, elle sanglota tellement que ses beaux yeux en furent gonflés et qu’un vi- olent mal de tête la força de se mettre au lit. Thérèse, restée auprès de son père, dont elle dirigeait le ménage, menait une vie paisible et heureuse. Comme elle aimait le travail, elle savait se créer des occupations et ne s’ennuyait jamais. Elle ne pensait ni au château ni au jardin, qui ne lui offraient plus aucun at- trait. (C’est ainsi que s'écoula la première année, lorsque le père re- cut la nouvelle de la mott de M, de Lindeberg. A défaut de fils, le château avec ses dépendances échut |en héritage au plus proche parent. Celui-ci, regardant ce beau domai- ne comme une possession mal assu- rée au milieu des chances d’une guerre qui se prolongeait, le ven- dit. Un marchand de blé qui s’é- tait enrichi par des fournitures à l’armée l'acheta, et fit beaucoup de changements, tant dans les disposi- | tions locales que dans le personnel sollicitations à celles de sa fille. (Viens avec nous, bonne Thérèse, tu tiendras compagnie à ma Léo- nore : elle ne pourra jamais rencon- trer ailleurs une amie aussi fidèle, avssi sage et aussi dévouée que tu Je te et l'as été jusqu’à ce jour, traiterai comme ma propre fille puis tu es d'un âge où il faut son- ger àte marier : à Vienne, et sous notre protection, tu trouveras CeT- tainement un parti avantageux alors, ainsi qu'en toute occasion, j'agirai envers toi comme une mère pleine de tendresse. Décide-toi ; tu n'auras pas lieu de t'en repentir, et | du château ; l'intendant fut congé- dié. Thérèse et son père quittè- rent donc leur ancienne demeure, |et allèrent se loger au village dans lun modeste appartement composé | de deux petites chambres et d’une cuisine. Leur pension de retraite létait fort modique, et ne fut pas | toujours exactement payée, à cause de la gnerre, ce qui les exposait |quelque-fois à de dures privations. | Heureusement la bonne fille sut y |suppléer par sou travail, et prèser- ver ainsi de la misère l’auteur de |ses jours. Elle était fort adroite à ! | tous 7 Ÿ passait la journée, et souvent une partie des des nuits, à coudre ou à broder ; de cette façon elle gagna toujours quelque chose. En outre, elle savait gouverner son petit mé- nage avec tant de soin et d’intelli- gence, que son père chéri ne man- les ouvrages de femme ; elle. qua presque jamais d'aucune, des ressources dont la vieillesse a be- soin. Cependant sa santé s’affaiblissait de jour en jour, en bientôt il fut obligé de garder le lit. C’est alors que les soins et les attentions de sa fille redoublèrent. Elle veillait à côté de lui, travaillait sans se lasser jusque bien avant dans la nuit, à la faible lueur d'une lampe, et ne cessait .e prier pour lui ; enfin elle lui prodigua tous les adoucisse- ments, toutes les consolations qui pouvaient dépendre d'elle. Char- mé des vertus de la bonne Thérèse, le père versa souvant des larmes de joie et d'attedrissement. ‘‘Tu ne te jm je QE HA | | | Li | LL | | PILLS | SL Have Restored Thousands of ! Canadian Women to | Health and Streagth. | There is no need for so many women ta suffer pain and weakness, nervousness, sleeplessness, anæmia, faint and di spells and the numerous troubles whic render the life of woman a round of sick- ness and suffering. Young girls budding into womanhood, who suffer with pains And headaches, and whose face is Les the blood watery, will find Milburn's Heart and Nerve Pills help them greatly during this period. 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Après la mort de ce père chéri, Thérèse, se voyant orpheline et sans ressourses, se rappela les offres de Mme de Lindenberg ; elle se disposait à lui écrire, lorsqu'elle reçut de Léonore son amie une let- tre qui lui donnait des nouvelles bieu affligeantes. Mme de Linden- berg aussi venait de mourir ; et, ayant perdu depuis longtemps ses revenus par suite des malheurs de la guerre, elle avait laissé sa fille dans uue position d'autant plus triste qu’elle se voyait forcée de vivre en Bohême auprès d’une vieille tante orgueilleuse, avare et méchante, qui n’avait aucun égard pour elle, et traitait sa nièce avec la même dureté dont elle aurait usé envers la dernière des domestiques. Hofin toute la lettre était remplie de détails si navrants, que Thérèse, oubliant ses propres peines, versa des larmes de douleur et de com- passion sur le malheureux sort de son amie. Thérèse, voyant s’évanouir tout espoir de rejoindre Léonore et de vivre avec elle, puisque cette nobie demoiselle était devenue aussi une pauvre oipheline, quitta le village et se rendit chez son oncle Hiimer, qui demeurait dans une ville située à une assez grande distance de là. Elle en fut très bien accueillie : il la traita avec une tendresse vrai- ment paternelle. Bientôt Thérèse, vertueuse, modeste et sage, et de plus douée d’une figure agréable, fut demandée en mariage yar plu- sieurs jeunes gens de bonne famil- le. 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