4m n—< >hi —u1n: b no mu<Cn0n UU>IÜI>FU auditeurs étaient le plus souvent bien indulgents à son égard. En fait. on le pardonnait de bon cœur car personne ne pouvait ignorer la grande sincérité et la profonde détermination de ce «petit homme» qui fut «le grand défenseur» des droits acadiens. Alors. dès la prochaine visite de monsieur Blanchard dans la localité. on venait encore une fois remplir la salle à pleine capacité pour l'entendre relancer son appel au combat pour la survivance de l'identité acadienne. À mesure que les années s'écoulaient et qu'il s'intéressait de plus en plus à tout ce qui se rapportait aux francophones de l'lle. il se voyait voyager d'une extrémité à l'autre de la province : un soir. à Tignish. le lendemain a Summerside ou bien à Souris ou bien encore a St-Charles. Presque toujours, il fallait qu'il se fasse conduire pour se rendre à sa desti- nation car il n’a jamais eu d'automobile et il ne savait pas conduire une voiture. Quand il ne trouvait pas une machine à sa disposition. il prenait le train. ou même il partait à pied car. connu de tous comme il l‘était. il ne marchait jamais bien loin sans que quelqu'un arrête pour le faire monter. Souvent ceux qui voyageaient avec lui disaient par la suite que faire le trajet de Summerside à Tignish avec Blanchard devenait un véritable cours d'histoire de l'lle! Rendu a destination. il couchait là où on l'invitait: au presbytère bien souvent. ou encore chez les gens qui venaient à la réunion et qui l'invitaient d’aller passer la nuit dans leur famille. Partout. Henri Blanchard se sentait le bienvenu. Et à leur grande surprise. ses hôtes trouvaient souvent qu‘il connaissait bien mieux leur histoire familiale qu'ils la connaissaient eux—mêmes. Ses premières expériences dans le domaine de l'ensei- gnement ont vite fait comprendre au jeune instituteur qu'il ne possédait guère la somme requise de connaissances pour pouvoir répondre adéquatement à la curiosité intellectuelle naturelle et grandissante des jeunes esprits qu'il espérait voir s'évoluer. ni pour stimuler au plus haut degré leurs imaginations vibrantes et fébriles. Sa grande honnêteté intellectuelle lui faisait admettre qu'il n'aurait pas dû ensei- gner du tout à ce moment—là de sa vie. justement à cause de ce manque de préparation pédagogique et professionnelle. Pour mieux combler ce déficit qu'il constatait dans sa fonnation académique, il accepta en 1907 un poste d'enseignement à temps partiel comme professeur de français et de grec au Collège Saint-Dunstan à Charlottetown. ll était heureux de ce nouveau poste qui lui permettait de poursuivre en même temps les cours nécessaires pour l‘obtention d'un degré au niveau universitaire. Donc il devenait professeur et étudiant dans cette institution catholique de langue anglaise du diocèse de Charlottetown. Jusqu'en 1910, monsieur Blanchard garda ce poste au Collège Saint-Dunstan où il résidait car il avait. en plus de son travail d'enseignement et d'étudiant. à faire la surveillance d'un dortoir où couchaient une cinquantaine de collégiens. En plus, pour les années l9l0 à l9l2. il a accepté d'enseigner le français au Collège Prince-de-Galles dans hÂPEHTESOUVENANCEHL""“TAa;g 2006 ’ la même ville. Si l’on doit juger du fait que ces deux institutions de langue anglaise cherchaient ainsi à bénéficier mutuellement de ses services dans l'enseignement. l’on pourrait conclure en effet qu'il démontrait de talents exceptionnels. Collège Saint—Dunstan, 1903 À chaque jour de classes. monsieur Blanchard avait à faire son travail au Collège Saint—Dunstan pour ensuite partir à pied et se rendre au Collège Prince-de-Galles. Son salaire mensuel ne lui rapportait que peu mais le Collège Saint- Dunstan lui offrait la pension gratuitement. Déjà on pourrait se demander. et avec raison. où il trouvait le temps nécessaire pour faire tout ce qu'il avait à faire: enseigner. étudier. corriger. lire. surveiller et le reste! Non seulement réussis- sait-il à le faire mais. en plus. il fut membre de l'équipe de football au Collège Saint-Dunstan! Dans le domaine sportif. il semblait posséder certains talents aussi et. au champ. ses adversaires savaient fort bien qu'ils ne passaient pas impunément sur le côté de la ligne défensive où se plaçait le robuste et très solide << Peggy » Blanchard. Les champions de football au Collège Saint—Dunstan dont J. Henri «le ftbaueur Blanchard, au centre à gauche. J. Henri Blanchard» ale existe. c'est un fait reconnu que la nécessité et l'importance d’un effort .continu personnel ne se trouve pas chez certains indiv1dus du corps étudiant. Ce n’était pas le cas pour Henri Blanchard. ll avait fort bien compris qu‘il avait devant lu1 une chance unique d’acquérir de plus amples connaissances tout en Depuis que la vie collégi A__————d.—