Le 4 spé" Mal 8 : ben jte Re Le | Re ar 2 content totem 0 rod ne ae DE se SOA RE éapéisagsers > ME + 4 bponsgamaane drone us 4 @ gén beeuther 2 sf 1 De LEE SP” Fi Lé ve Reg meer _ D, er mrbes ape ramener man RE PR PE iennemennm e ns haie re mg increr me ut aa re © LA TOUSSAINT IMPOSANTE DEMONSTRATION RE- LIGIEUSE AU CIMETIERE DE LA COTE-DES NEIGES, MONTREAL Vibrantes allocutions de Sa Grandeur Mgr Bruvchési ct du KR. P. MeCzilen De la ‘Minerve’ : La cérémonie religieuse qui a eu lieu hier, au cimetière de la Côte des Neiges, est un de ces spectacles inoubliables qui de- meurera gravé dans la mémoire de ceux quienont été les té- moins. Toute la population ca- tholique de Montréal, répon- dant à j’appel de son arche- vêque, s’est portée spontané- rmaent vers le champ des morts, afin d y prier sur les tombes des disparus et entendie l’éioquente voix de son premier pasteur. Mgr Bruchési a eu une heu- reuse idée d'iustituer ce pieux pélerinage et l'empressement qu'a montré la foule à s'y ren- dre, hier, prouve combien cette idée répond à un besoin intime de notre population : celui de rendre un hommage prblie à ses morts. La températwe morne, le ciel gris le majesté du lieu, la so- lennité des pompes du culte, le spectacle de ces milliers de per sonnes priant agenouillées sur la tombe des morts aimés, tout en un mot, parlait an cœur et forçait le spectateur à rêver à l'au-delà, eu murmurant un “miserere” pour le repos de ceux qui reposent sous le gazon. À trois heures, Mgr Bruchési, accompagné d’un nombreux clergé, monta sur l’estrade et prononça uxme allocution vi- brante que nous avons pu obte- nir in extenso et que nous publions intésralemenñt. Mar BRUCHESI Mes bien chers Frères, Je vous ai conviés aujourd hui a cette ville des morts ; et vous y êtes accoarus en foule, con- duits par votre esprit de foi et de charité. C'est bien ainsi, il me semble, que les chrétiens, aux premiers siècles, aimaient à se réunir dans les catacombes, autour de leurs pontifes, pour y rappeler le souvenir de leurs frères de- fants, et nour redire, au milieu de leurs épreuves et de leurs deuils, leurs immortelles espé- rances. Mais eux devaient se ca- cher sous terre pour accomplir ce devoir de leur piété, nous, nous pouvons prier et chanter au graud Jour. Cette liberté est déji vieille de bien des siècies et ce sout eux, nos pères et nos martyrs, qui nous l'ont conquise au prix de leuis sacrifices, de leurs vertus et de l’effusion même de leur saug. Ceite terre où nous sommes est sainte. L'Eglise l’a bénite et séparée ainsi Cetous Îles lieux! profaues ; ella l’a prise sous sa :,rotection et y a planté la croix pour faire connaitre à tous son caractère sacre. En conséquence, les divertissements frivoles, les réunions bruyantes, tout ce qui rappelierait les di:sensions et les luttes de notre moaude agité, ne saxraient y trouver place. ci, l'on vi-nt se souvenir, pleu- rer et prixr. C'est un lieu saint et bien cher aussi. En est-il un autre où l’on ail” arec plus de teu- dresse et d'émotions ? (C'est qu'ici il y a quelque chose de nous-mêmes à chaque pas. Les trois ceuts mille morts qui re- posent sous Ce gazon, Ce sont nos concitoyens, nos parents, nos frères et nos amis. Qui d'entre vous n'a pas veisé des larmes, auprès de quelqu'une de ses tombes ? Dans ces fosses li à { OÙ jrax usevel] comme des | L’IMPARTIAI,, JEUDI LE 10 NOVEMBRE, 1898. lambeaux de notre cœur ? Pauvres disparus, ils nous res ent toujours unis par les liens les plas forts, et j'ai voulu les bé- air aujourd'hui Car aujourd'hui, c'est vraiment leur fête. Combien, parmi eux, sont a- vec le Seigneur dans le séjour de l’éternelle paix ! Mères chré- tiennes, vos petits enfants mois- sonnés dès le bercean, vous les appeliez des anges partis pour le ciel, pendant que l’on confiait à la terre leur frêle corps glacé, et vous aviez raison ; tous ces fils soumis de l'Eglise, ces pa- rents exemplaires, ces bons ou- vriers, ces servantes modestes, ces amis dévoués des pauvres, tous ceux qui sont passés en faisant le bien et qui sont morts dans la paix du Seigneur, mais c'est au ciel que notre foi doit les contempler. Et ce matin, ne les entendiez-vous pas chanter avec tous les éius leur bonheur de p sséder Dieu et celui d'a- voir travaillé et souffert pour son amour ? Mais il en est d'autres, et ils sont nombreux ceux-là, pour qui le ciel est encore fermé. Au mi- lieu des souffrances du purga- toire, leur âme achève de se pu- rifier et de payer ce qu’elle doit à la justice divine, et à nous tous réunis auprès de leurs tom- beaux, ils adressent cette sup- plication ardente : “Ayez pitie de nous, à nos amis ; songez à cette Eglise souffrante en com- munton avec la vôtre qui lutte sur Ja terre, et avec celle qui triomphe dans le; cieux ; sevou- rez-nous par vos œuvres et vos prières ; nous attendons tout de votre charité. Nous ue resterons pas sourds, mes Frères, à ces cris de la dou- leur, et nons prierons. C'est la prière qui est le but du pèleri- uage que vous avez fait à ma demande ; elle vous est du reste prescrite par la piété filiale, l’a- mour paternel, la justice, la re- connaissance et l'amitié. La gloire de Dieu y est intéressée, puisque le ciel, grâce à elle ver- ra, nous n’en pouvons douter, augmenter le nombre de ses é- lus, et il y va aussi de vos inté- rêts les plus chers, puisque les pauvres Captifs dont nous au- rons brisé les chaînes devien- dront nos protecteurs et nos in- tercesseurs auprès du Tont- Paissant. Mais, mes frères, les morts ici ne se présenteñt pas seulement à nous comme des suppiiants ils nous prêchent et avec une é- loquence que ne saurait avoir aucun discours des vivants. Regardez en effet, parcourez ces tombes, lisez tous ces noms gravés sur le marbre ou sur le bois Comprenez-vous le néant de tous les biens terrestres ? Où viennent aboutir la puissance, la grandeur et le génie ? Que reste-il aux riches, aux plus fa vorisés de la vie ? Regardez en- sore une fois : une fo se, quatre planches et un linceul ; c'est tout, oui c'est tout, et voilà le sort réservé aux humains sans exception. Que l’on élève sur leur poussière un mausolée su- verbe ou une humble croix de bois, pea importe, ici ils sont tous égaux, tous confondus dans le même silence, tous sonmis. à la même loi de décomrpositioà et de ruine, etils dormircn: tous ensemble du même so nme 1, jusqu’à ce que reten isse la trompette angélique qui les con- viera devant le tribunal dn sou- verain juge. Et vous viendrez ici, mes frères, les uns après les autres, au jour et à l'heure que vous 1g- norez, mais dont le Seigneur a le secret. L'an prochain, pour plusieurs d'entre vous, la fête des morts sera votre propre fête. Vous parlez des somptueusess demeures que vous vous êtes construites, vous en êtes fiers peut-être et vous vous dites hervrenx. Ah ! sachez-ie, vous n'y êt:s qu'en passant ; votre bonheur sera court, ce “chez vous” aimé vous lui direz adiea et c'est ici que vous trouverez votre vraie demeure, votre de- meure deriière dont vous savez peut-être l'endroit précis et qui dit déjà votre nom aux passants. Mes frères, puisqu'il en est ainsi, ne vivez donc pas commie si votre vie ne devait pas finir. Pensez à la mort et n'ayez porn: peur : c'est elle qui bien com- prise fait les vrais sages et les graudt saints ; elle dirige dans la voie droite, elle éclaire, elle rend pur. hamble et bon. *‘Il est difficile, disait un jeune lévite, de ne pas craindre la mort, parce qu'elle a des côtés terribles, mais il est encore plus facile de l'aimer, parce qu'elle a des ôtés admirahlement beaux et qu'on peut la considérer par là.” Que le double fruit de la pi- euse cérémonie de ce jour soit, mes Frères, ane dévotion plus grande envers les fidèles dé- fants et un détachement plus complet des choses d’ici bas. Ce matin, l'Eglise nous rap- pelait le sublime enseignement tr donné par Jésus-Christ sur Ja montagne, il y a dix-neuf cents ans ; laissez-moi vous le redire sur les tombes de nos chers morts : Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux les miséricordieux, heureux les purs et les chaetes, heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, heureux ccux qui pleurent ! Gardez bien ces di- vines paroles dans vos cœurs, règlez vos actions d’après elles ; elles contiennent le secret in- faillibie d'une vie sainte que couronnera la mort des prédes- tinés. Après cette brillante pérorai- son Mgr Bruchési a donné sa bé- nédiction aux fidèles agenouillés tout autour de l’estrade. — M. l'abbé McCailen, de l'é- glise Saint-Patrice, prêcha en- suite en anglais et daus une im- provisation touchante, il déve- loppa :es raisons qui nous as- surent de la vérité du dogme du Purgatoire, zaisons qui doivent nous porter à prier pour nos morts. Le ‘“libéra’” exécuté par un chœur de 600 voix, avec grand accompagnement d'orchestre, a été La finale de cette touchaate démonstration. Rien ne saurait rendre j'effet saisissant de ce chant funèbre rendu par cette masse de voix, en présence de la foule décou- verte et recueuillie. Avec les «lernières notes du “libéra,” la foule s'est disp2rsé, chacun allaut s‘agenouiller sur la tombe de ses proches, avant de repasser le seail de la cité des morts. Mgr Bruchési, accom- pagné du clergé, est allé, lui aussi prier sur la tombe de son père, avant de quitter le cime- tière. QUERISSE TOUTES VOS DOULEURS AVEC LE ain-Killer Qui vaut a lui seul une boite de remèdes, Quérison simple sure et rapide des À CRAMPES. de la DIARRHÉE, de f la TOUX, du RHUME, du RHUMATISME, de la NEVRALGIE. Boutellies de 25 et de B0cts., LU Defiez-vous des contrefacons. 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