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J1 faut eroirs qu'eu ce temps-— là le roi n'était pas rich», ear le hrave La Ramée n'avait es, pour teute récompense, qu'un pain de munition et seize Sous. Ayant mis le pain dans son eao et les sous dans sa poche, le vétéran savait pris la route de la Boucaude, qui était son hameau de naissance, 11 n'eut pas fait ane demi-liene de pays, qu'il| rencontra au mendiant areugle qui lui demanda l’aumône. “En voilà un,se dit La Ra- mée qui est encore plus leti que moi.” Et, eemme il était bon diable, il partagea avec le mendiaæt con pain demunition et Ses Selze sous Une demi-lieue plus loin, il avisa un autre mendiant, areu-— gle cemme le premier, et qui, de plus, était manchot: La Ra mêse fut émn üe pitie, et donna au pauvre marmiteux la meotié du pain et des huit sous qui lui restaient llehemina eneore une demi liene, et vit sur la reute un troi siéme mendiant qui, aveugle et manchot, était boiteux par des- sus le marché. 11 partaga avec le olopineaux le restant de son pain et ses derniers sous. “Je n'ai plus, se dit-il alers. qu'un morceau de pain et deux £ous pour boire une pinte’ En- irens vite au cabaret, sans quoi, si je rencontre encore un aflligé, je cours grand risque ds diner par coeur.” ilentra, mit son sac à terreet après avoir diné plus mal qu'un prince, il allama sa pipeet re- prit son chemin: 1l voyageait à peine depuis aa quart d'heure, qu'il vit ve- nir de son eôté un vieux soidat qui paraissait comme lui hors de service. Ce soldat ressemblait vaguement aux trois mendiants, qui- la Ramée ne l'avait pas remarqué-— avalent entre EUX Un air de famille. “Camarade, dit celuiei je tombe de fain et de soif! -Trop tard à la soupe, fieu de Bieu ! répondit La Ramée. À ostte heure, mon sao est vile, ma poche pareillement, et... —Et tu chvrches comme moi le moyens de les remplie ? — Précisément. —Veuxtu que no%s cher- chions de compagnie ? —Ce n'est pas de refus, feu, Comment t'appelles tu ? — Pierre. Et toi ? —La Ramée. Eh bien ! feu, c'est convenu. —Je m'entends un peu en médeeine, et cela me vaui quel- quetois de petits profite. Viens avec mei nous partagero's. —Tope, fieu !” dit La Ramée. | qui n'était pas pressé de revoir | Boucande, et tous les deux firent reute ensemble à pied, comme | les chiens du roi. coigne, ils passèrent devant une maisonnette d'eù partaient des! eris et des gémissements ils entrérent et virent une femme qui s'arrachait les che- veux auprès du lit de son marie malade à la mort. “Oessez vos lamentations, femme de Dieu, fit Pierre, je vais guérir tout de suite votre hemme." 1] fouilla dans sa poche, en tira une petite boite où était un engaent et en fretta le moribond qui, aussitôt apres, sauta à bas de son lit et tomba, ainsi que sa fsmme au g-noux de son bien- faiteur. “€omment nous aequitter, s'écrièrent ils, et que pourrons- veus bien vous douner ? —KRien da tout, répondit Pierre : vens n'en avez pas trep pour vous, mes braves geus.” Cette réponse fit faire ia gri- mace à ia Ramée : il était d'hu-. meur chariitable, mais, uue fois, le ventre creux et le gousset vide, il me travaillait pas volon tiers pour le roi de la Prusse: “Qu'est ce que tu chantes donc là ? dit il en poussant sen Prend | toujours, fieu ; nous ue reulons vas non plus sur l'er, nous au- tres.” Mais Pierre ne l’écoutait point et plus les bonnes gens le pres- saicn*t, plus i: refusait Enfin le paysan atteignit ua lièvre qu'iis avait tué la veille. il voulait abselument que Pierre l’empor- tat. “Je m'en chargerai, moi! fit La Ramée.” 11 logea le lièvre dans sen sac et ils s'en furent. conpagnou da eoude. *X *% * En cheminant par la forêt, ils aviserent une elairière où un feu de copeaux avait été aban- denné par des svieurs de long “Si nous mettions le liévre à la b:oche ? dit La Ramée. —S$Soit, répondit Pierre: Pré pare le diner ; moi, pendant ee temps là. je vais dormir nn som me lä-ba<, sous ce gros hêtre. Aie soin seulement da me gar- der le coeur du tièrre cela me suflira. Son compagnon parti, La Ra mée dépouilla je liévre, le vida, ranima le f-u et commança de faire rôtir son gibisr. Tout en Île 'taurnant et retonrnaat,ilse di sait : ‘Pourquoi, diatle, m'a t- il recommandé de lui garder le coeur ?” Le liévre rôti, i! le dépeça et chercha le coeur, qu'il mit à part. 1l mangea d'abord une cuisse, puis l’autre, pris le rà- ble ; après quoi il regarda le coeur da cois de l'oeil. “]l faut quece soit un fier morceau, se disait-il. Peut-être quisait ? y at-il une vertu atta chéé an coeur d’un lièvre.” 11 en ota gros comme Ja tête d'une épingle, le posa eur sa langue et lo trouva si bon, qu'il ne put résister à l'envie de goû. ter au reste. 1i n’en fit qu'une, bouchée. Pierre revint comme La HRa- mée achevaie de l'evaier. “Bon appétit! dit Il et le coeur, où est il ? —Le coear! ah oni! je J'ai moi, fieu. Ta saishien que les lièvres n’ont pas de coeur. me | pas de cotur ! Mais tous les eni | maux en ont un : t’rst bien con- ‘au | — Allons donc ! est-ce qu'on |ne dit pas d'an poitrors qui n'a ! pas plus de coeur qu'un lièvre ? Ta vois bien, fie : de Dieu, que iles lièvres n'ont pas de ce ur.” Au beau milieu des marais d’'Arnonville, La Ramée s'errè ta tout surpris. À l'eudroit où coulait d'habi- tede nn large ruisseav, bouil- lonnanit à cette heure un larg- torrent qui leur barrait le ehs- min. ‘ Passe le premier, fiin, lui ait Pierre. — Non! passe devant, toi,’ répondit l’autre. Et il s'apensait à part lui: “il n’a point fond, je rerterai de ee côté ei.” Pierre alors entra dans le tur rent et le traversa: Vogant qu'il avait eu de l'eau seulement jus qu'aux gencux, La Ramée avau- ça le pied, mais l’ean monta soudain et ilen ent bientôt jus qu'aux épaules. “Au secouis ! eria le pauvre homme. — À voue, lai dit Pierre, que tu as manger le coeur du lièvre: La Ramée honteux de son mensonge, n'en voulut poini convenir. “Non je ne l'ai pas mangé”. répoadit il. Mais o2 n'entendit point le dernier mot. car il but à la grande tasse une gorgée qui le fit éternuer eoemme un chat quai boit da vinaigre. L'eau décrat alers, et le vieil entêté en fut quitte poar la peur * y * Ils continuaient de marvher. A trois portées d'are de Péru we!z, ils apprir-nt que la fille anique du bourgmestre était en danger de mort. Le bourgmestre avait, disait on, des écus à re- muer à la pelle, et il aimait sa fille comme ses yeux. À peine entrés dans la ville, on leur dit que la malade venait de trépasser. — Bah! répoudit Pierre, Je “ais quelane chose de mieux que de guerir les malades ; j'ai dans ma poche de quoi ressut- oiter les morts. “Ressusciter les merts'!' Mà- tin ! Tu es denc soruier ? — Peut être bien. -Oh ! mais alors natre for- tane est faite ! s'écrii La Ramée eu dansant de joie, et c’est de louis d'or que le mynhcer va remplir notre sac. —Ta ne penses qu'à remplir le sac, dit Pierre. Orostu qu'il (n'y aurait pas plus d: prefit à songer un peu au salut éternel ? —Box ! le salut éternel! nous avons tout le temps d'y ronger, fieu. Avant de s'occuper de hien mourir, il faut veiller à bien vivre. Si le sac 6e remplissait tont seul, je ne dis pas... On ne serait point en p-ine de gaguer le paradis.” En dirvisant ainsi, ile arrivè- rent devaut ja maison mortuaire et demandèren: à parler an mai- Bu arrivant à la forêt de Vi-|cherché ; maii tn t'es moqué detre. Pierre lui proposa de res- ‘susciter sa fille. Comme il n'y Î l'avait plus de ressouree et que —CÇomment ! les lièrres sent} (suite à la 8me page) COVERED WITH SORES. 8.6.8. cured l'ttle Harvey Deline nine years ago and he has never had » spot on him since. [' is practically impossible to heal up sores or ulcers, especially the old chronic kind, with ordinary remedies, No matter how large or of how standing they may te Lawetee. they h up readily end stay healed permanently wben Burdock Blood Bitters is used. ER | "| % MT HARVEY DELINE. Mrs. E. Deline, Arden, Ont , proves this in the following acconnt she gave of her little boy's case: ‘When my little son Harvey was one year old he broke ont in sores All over his body. They would heal up for a time, then break out again about twice a year, til he was past four; then he seemed to get worse and was completely rostrated. When doctors failed to cure im I gave him Jurdock Blood Bitters, and besides bathed the sores with it. ‘ It is nine years ago since this happened and I must say that in as time he ee never bad a spot on his or the old trouble returning.” er Gratuitement Aucune personne qui écrira au ‘‘£tate Medical Institute.” 733 Klektron Ruild niz, Furt Wayne, 1nd. recevra eu retour, gratuitement, un puquet da Remède Domestique remarquable qui a guéri des milliers de personnes, qui pour «des an nées ont été victimes des effets de fai. blesse sxuelle résnitant des f lies de j-unesse, perte préimabunée d: l1 fo-ce et de la mémoire, faiblesse du des, varico. cèle et diminution des organes Rnvogez sous simple enveloppe. Écriviz amjours d’aui. FOR SALE — x _ 200 acer s o; Land, situated on Miscou Island, facing Little Shippagau Harbor, N-w Drans- wik. 100 acies wood land “hirfly eedar ; 100 acres nearly all under caltivation. For further particulars apply to CHARLES MALLEY. 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