Le “puit 7e = Pme . L'IMPARTIAL 7 te "L'IMPARTIAL FoNDE EN 1893 Le seul Journal français de 1le du Prince Edouard. HEBDOMADAIRE, 8 PAGES. me ABONNEMENT : D... us 0 SES QE dl 28e st 00 Trois mois... D EE } Les abonnements sont pay- ables d'avance. Annonces 10 cents la ligne, 1ère insertion. 2 cents la ligne les insertions subséquentes. Toutes communications doivent être adressées à L'IMPARTIAL TIGNISE, I P. LE. — L'IMPARTIAL TiGNIsH Mar 27 1897 PERRY, LE JOUR DE LA NOMINATION Nous donnons aujourd’hui une partie du discours que fit M. Perry à Alberton le jour de Ja nomination. M. Perry débita ce tissu d’absurdités et de men- songes devant un auditoire en grande partie de protestants très prononcés contre la ques: tion des écoles, mais compre- nant aussi, disons le à leur é ternelle honte, nn certain nom- bre de nos acadiens qui joigni- rent leur app:audissements à ceux des fanatiques. Faites attention et jugez si on n’a pas raison de dire qu’un collége électoral comme West Prince, dont la grande majorité est catholique, s’est couvert de honte en envoyant à Ottawa un homme comme le vieil aca- dien qui tient un tel langage à l'égard de l’église qu'il dit être la sienne. Nous traduisons du ‘“Pa- triot” : Un bon nombre de tories, dit Perry, tels que Charles Tupper, le sénateur Ferguson et George Montgomery d’Al- berton étaient prêts à répandre qusqn'à la dernière goutte de leur sang pour Mavitoba—]Jes patriotes ! Mais continua -M perry, la question des écoles du Manitoba est heureusement ré- glée. C'est une question qui n'aurait jemais dû entrer dans l’arêve politique de l'Ile. Si c’est un péché de ne pas avoir d'écoles séparées au Manitoba. alors c’est aussi un péché d'a- voir de mêmes écoles dans l'Ile du Priice Edouard. Nous a- vons noire système d'école en opération depuis vingt ans et je défie qui que ce soit de dire qu'iln'a pas donné satisfac- tion. Jamais, dit Perry je re- viendrai sur le vote que j'ai aonné dans la chambre des Communes sur cette question au mois de mars dernier, et tout en respectant mon église, son chef et ses évêques, je res- pecterai également l’église ro testante et son clergé, Le déle- gué n’a pas été envoyé par le pape pour régler la question des écoles politiquement, mais simplement sous un point de vue moral et religieux. Si Hac. kett. continue Perry, est élu par l'influence cléricale, je pro mets de faire tout mon pos:- sible pour lui faire perdre son siège. [l parla de l'attitude in. conséquente de sir Jharies et du parti conservateur sur la question scolaire et dit qu'il croyait que les catholiques du Manitoba ne trouvaient rien à re dire au règlement Faisant voirla justice qui gst accordée aux ca:- tholiques de l'Ile par Les pro- majorité parmi les instituteurs et que gràäce au gouvernement Peters les catholiques français jouissaient du privilège de faire usage de leur catéchisme dans leurs écoles et n'étaient : . ds ‘ | * «7? ; ? testants il dit qu'ils avaient la! de sens, comme “l'humanité”, | élever leurs enfants Lrmmntéent pas contraints de lire la bible protestante. Il ne voulait pas être envoyé au parlement pour exercer lacoercition contre le peuple d'aucune province. Le gouvernement libéral actuel quoique n'étant encore au pou- voir que depuis peu de temps faisaient déjà honneur à leurs promesses comme en rend té- moignage le règlement de Îa question des écoles du Mani- toba.” De telles expressions se pas- sent de commentaires. Dans cette fameuse harangue, Perry se jette dans les bras des sec- taires et confesse publique- ment qu'ilest le plus grand admirateur de Greenway le persécuteur des catholiques. Ce qui prouve davantage que Perry ne tient guère à dire la vérité lorsqu'il est en quête de votes, c’est l'éloge qu'il a vou- lu faire de M. Peters qui, com- me de raison était présent. Que notre premier ministre devait rire dans ses barbes en cnten- dant le vieux hâbleur acadien jui attribuer un honneur qu'il ne mérite pas. Les livres fran- cais dans nos écoles nnt été in- troduits sur Ja recommanda- tion de feu le surintendant Montgomery.Il nous est dé- fendu de faire usage du caté- chisine dans nos écoles. Perry, se trouve donc aux prises avec le dilemme suivant : d'être ig- uorant de la chose publique ou coupable de mensonge déli- béré. PREPARATIFS POUR LA CAMPAGNE ELECTO- RALE DANS ONTARIO Toronto, 19--Tout annonce que la lutte électorale dans On- tario va être extrêmement vive d ici à quelques mois. Les con- servateurs ont l'intention de ne rien négliger pour infliger une défaite au premier ministre Hardy. Les plans de campagne ont été dressés à une assem- blée de l'Union conservatrice d'Ontario. L'hon. M. Foster prendra une part active dans la lutte, et il est possibie que sir Charles Tupper aide aussi M. Whitney. L'hon. M. Montague et l’hon John. Haggart prête- ront main forte à M. Whitney. On considère comme certain que deux nouvelles personnalités vont entrer dans ia lutte : ce sont M. James Metcalfe, préfet du pénitencier de Kingston, et M. Killachy, qui a été récem- ment destitué aux bureaux de la douane, à Windsor, et qui jouit d’une grande influence sarmi les irlandais catholi- ques. M. Whitney est prêt à com- mencer sa tournee électorale dans l'ouest d: la province. 1] sera probablement accompagné du colone: Matheson, du doc- teur Willouphby et de MM. J. W.St-Jean. O. A. Howland. 4. M. Campbell et Thomas Mag- wood. M. Whitney tien‘ra Ja première assemblée de la cam- pagne, à London, le 7 juin. LA BANQUEROUTE DE L'’E- COLE NEUTRE ee On sait que, en France, tou- te idée de religion est bannie de l’enseignement officiel. On a même pris la peine de rayer le mot “Dieu partout ouil se trouvait dans les livres d’éco- les et dele remplacer par un mot qaelconque, p'us ou moins appioprié. On y enseigne, mé- me, une ‘morale laique” dans laquelle 1i n’est fait aucune mention de nos devoirs envers | la Divinité, mais tout est rap- porté à des abstractions vides # 19 «la nature”, etc. Naturellement, pas plus en France qu’au Ma- nitoba, les catholiques ne pe- vent consciencieusement faire | dans les écoles d'où l’enseignement ca- ‘tholique est banni. Aussi s'esti- Corps ense; gnaat.s’en est ému. il formé, à eôté des écoles de l'Etat, dont le gouvernement paie tous les frais, des écoles catholiques libres où les bons citoyens, désireux d'élever chrétiennement leurs enfants, les font instruire à leurs pro- pres frais. Or, il arrive Franee,—et nous en trouvons J'aveu dans les journaux républicains eux-méê- mes,— que les écoles catholi- ques libres ont partout plus d'élèves que les écoles publr ques, quoiqu'il faille payer pour les premières et que les secondes soient gratuites. Et ce n'est pas seulement pour l’école primaire, pour lé cole élémentaire. que cette concurrence se dessine tout à l'avantage de l'école religieuse ; il en est de même pour l'ensei- gnement secondaire. Les coilè- ges libres, dirigés générale- ment par des religieux, regor- gent d'éleves, tandis que les collèges publics ou lycées, com, me on les appelle en France, voient leurs éièves diminuer chaque année. C'est tellzment le cas que le budget de l'en’ seignement secondaire en Fran- ce, pour le dernier exercice, s’est so!de par un déficit de 1 million 600 mille francs, par suite de la diminution des ré- cettes provenant de la contri bution des élèves. Le gouvernement lui-même est obligé d'admettre le fait. Dans un rapport officiel, il est constaté que le nombre des éle- ves des lycées a diminue de 700 l’année dernière ; mais on a:- joute que “la population de nos établissements pnblics est en- core supérieure de 2.209 unités à celle de 1899. ” Le journal républicain à qui nous empruntons ces chiffres, nous fait une peinture comique des embarras du gouvernement français pour expliquerce de: ficit et équilibrer son budget. Au lieu de s'adresser franche- ment à la commission du bud- gei, et de lui demander de combler ce défivit, après lui en avoir expliqué la provenan ce, il a préféré économiser et et retrancher quelques milliers de fran:s à chaque lycée, déjà pourtant si parcimonieusement doté. Ce qui a empêché le gouver- nement français d'exposer sim- plement le situation au parle- ment, c'est que, dit le confrère cité : “I aurait fallu dire qu'en bat- tant le rappel eten faisant de la réclame, on avait peuplé tant bien que mal Los lycées non pas d'élèves ‘“d’'ensei- gnement secondaire”, mais de bébés depuis l’âge de 4 ans ; qu'on avait fait des remises à outrance, souvent malgré soi, parfois malgré les ea bloc toute une catégorie d'é- lèves, sauf à demander plus pour leurs propres enfants dans leur propre classe, ce qui ne s'était jamais vu depuis Ja création de l’Université. 11 an- rait fallu avouer que ces belles mesures avaient été impuis- santes à enrayer le mal, que linternat continuait à se dé- peupler, que l'externat se peu- plait de bambins, mais perdait l'élite de ses élèves. Et alors. qui sait, si au lieu des éternels cliches, il n’eût pas fallu don- ner des raisons raisonnables, et reconnaitre enfin que le déplo rable état présent ne provient ni de la femme, ni de la mode des salons, ni de la malveil- formes” que nous devons à l'ac cord de quelques philosophes et des radicaux, aussi bons pé. dagogues qu'habiles politi- ques ? et que, si l’Université se meurt, c'est parce qu'on la tue ? “Cela est si vrai, que tout 13 parents ; qu'on avait exonéré | tard aux protesseurs de payer! lance des fonctionnaires de l’E-| tat, mais des étonnantes ‘“ré-! 11 a le sentiment profond que ceux qui perdent l'Université sont précisément ceux qui onf pour mission de la diriger et de la défendre. Aussi, malgré l'esprit d’individualisme qui règne dans ce corps si tran- quille et si discipliré, nous vo- yons les maitres de l'enseigne- ment secondaire, inquiets de l'avenir qu'on leur prépare, chercher à se solidariser, à prendre contact en eux, au ris- que de sacrifier un peu de leur esprit d'indépendance, et de- mander à dire leur mot dans des questions qui les intéres- sent comme eliws intéres- sent le pays tout entier. Il n'y a pas de symptôme plus grave de l’état de trouble et de désar- roi où l'on a jeté notre ensei. gnement public.” Avions-nous raison de parler de la ‘“banqueroute de l’école zeutre” ; et est-il meileure preuve que l'utopie poursuivie par nos visionnaires radicanx ne ferait qu’aggraver les char- es des pères de famiiles catho- liques du pays, c’est-à-dire de la grande majorité des pères de famille de la province, pour donner un résultat pratique in- féricur à"celai de l’enseigne- menti catholique ? l’Lv. Garde. LEON X111 ET LES EVE: QUES CANADIENS TELEGRAMMES ECHANGES Toronto, 18-Les messages té- légraphiques suivants ont été échangés entre les archeveques et évêques des provinces ecclé- siastiques de Toronto et de Kingston et Léon X111, à l'oc- casion de la visite du délégué apostolique en cette ville : ‘A Sa Sainteté Léon X111, Rome “Les archevêques de Toron- to et de Kingston et leurs suf- fragants, assemblés ici sous la présidence du délégué aposto- jiique, présentent à Votre Sain- 'teté l'expression de leur déiou- lement filialet de Jeur grati tude, heureux d’avoir au mi- lieu d'eux votre représentant, dont ils partagent les senti- ments. Et ils acceptent d'a vauce les instructions de Votre Saiiteté, convaincus qu’elles seront des plus sages et des mieux calcu!'és pour sauvegar- der les intérèts de la religion troublés au Canada et consé- quence des derniers événe- ments.” | | 1ls ont reçu la réponse sui- vante :* “Le Saint Père a appris avec beaucoup de plaisir la nou- veile de l'assemblée des arche- vèques de Toronto et de Kings- ton et de leurs suffragants, qui a’eu lieu sous la présidence du délégué apostolique. 11 a été très heureux de recevoir l’ex- pression de lenrs sentiments à cette occasion et il espère que ves sentiments auront le résul tat tant désiré de sauvegardes les interê:s de lareligion au | Canada. Sigur, RAMPOLLA, Cardinai. LA FIN DE LA SESS10N UHES LIBERAUX DE L'OUEST EN GREVE | Ottawa, 19-On a beaucoup parlé de la conférence qui a eu lien entre M. Laurier et sir | Charles Tupper au sujet de la clôture de la session. On dit que M. Laurier a proposé à sir Charles si l'opposition y con- sentait, de retirer toutes les mesures du gouvernement, à l'exception des estimés et du bill relatif au plébiscite, afin d'avancer la date de la proro- gation. Sir Charles a consenti à cet arrangement et le marché a été conclu. Mais il semble que cette entente n’a pas duré. On dit que les libèraux de l’ouest n’y en avait pas un seul à la Chambre hier après midi : ils étaiant en’conférence avec MM. Greenway et Watson au sujet des droits affectant le Nord- Ouest. Ils veulent l'entrée libre des instruments agricoles. Les députés de Québec veu- lent aussi que les arrangements avec le Grand Tronc soient soumis à cette session, parce que l'élargissement du pont Victoria et l'extension de l'1n- tercolonial en dépendent. Ainsi ‘disparaitrait la perspective de la prorogation au commence- ment de juin. LE VOYAGE DE M. LiU- RIER EN ANGLE: TERRE nl Il est finalement réglé, dit la Pairie dans sa corrospondance parlementaire d'Ottawa, que M. Laurier partira le 5 juin, par voie de New-York. Ilfera le voyage sur le Lucania. Le pre- mier miuistre ne sera de retour qu'en septembre. Après avoir pris part aux fêtes jubilaires il" visitera la Frence et, probable- ment d'autres parties de l’Eu- rope. LES PROTESTANTS ET LA QUES- TION DES ECOLES On iit dans La Minerve : “Certains journaux protes- {ants, espérant nous endormir, sans donte, exprime avec un grain de dépit, leurs doléances, réitérées plus que jamais depuis le 11 mai, de ce que la brülante question des écoles du Manito- ba absorbe trop de l'attention publique, au détriment, d'a- près eux, du progrès et du bien-être du pays. Laissons de côté, disent-ils, a- vec un accord, parfait, cette embarrassante affaire, qui ne veut qu'aumenter race contre race, pour ne travailler doréna- vaut qu’à la prospérité de la nation. Pour les protestants et quel- ques libéraux avancés, c'est fa- cile à dire, mais grand Dieu ! pour un Canadien catholique, de cœur et d'honneur, y a-t-il possibilité de jamais démontré d'un cheveu des droits indénia- bles que nous accorde la consti- tution et que le plus haut tri- bunal de }'Fmpire nous recon- nait ! Ce serait folie que de le penser ; ce serait un suicide national que de consentir à une si honteuse capitulation. C’est pourtant ce qu’à fait M. Laurier. Jamais, depuis les premiers temps de la colon'e, avons nous vu un tel sacrifice de nos droits. Nos péres, en présence des flot. tes ennemies, sous le feu des anglais, {rouvaient encore mo- yen, aux derniers jours du ré- gi.ne trauçais, d’arracher de force aux cConquérants, des droits qu'il transmettaient à leurs descendadts, dans l’es- poir qu'ils seraient bien gar dés. Mais, hélas ! ces preux d'autrefois, qu'une arme n'ef- frayait point, ne songeaient guère qu’un jour un de leurs descendants, épeurée par les cris d’une poignée d'orangistes. vendrait horteusement ses compatriotes, après les avoir au préalable désarmés par des pro- messes menteuses. Oui, malheureusement, c’est ce qui est arrivé, et les gazettes protestantes nous demandent d’un commun accord de laisser maintenant tomber la question, elles qui rient de notre honte. Non jamais ! Jamais, nous ne ferons cadeau aux fanati- ques des droits sacrés qui nous sont garantis par les plus hautes antorités judiciai- res et par l'entente scellé du nom et de l’honnenr des pères de la Confédération. Nous tien- drous ferme jusqu’au dernier monent et ne Cesserons de pro- tester qu’«u jour où l'on nous aura rendu justice.” sont pratiquement en grève. 11, ALBERTON HEADQUARTERS SPRING 1897. nmiagégs 7e LS L 3 on ARE …. _ "cf cu We hare imported an ele- gant line of clothing for the Spring and Surmer trade. 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