+ à OUDLETTE DANS LE PUITS 11 y avait une fois nne jeune fille appelée Oudlette, et qui é- tait si pauvre, si pauvre, qu'elle demeurait au fenl G'un vieux- puits. Un matin qu'elle allait avec sa cruche chercher de l’eau à la fontaine, elle y reucontra Notre- Seigneur. — Bonjour, Seigneur. dt Cud. lette humblement. — Bonjour, Oundliette, dit Notre-Seigneur, Comment ça ya t-il, Oudlette ? Etes vous con- tente ? —Merci, Seigneur, ça ne va pas mal, et je ne suis pas mécon tente ; mais — Mais quoi, Ondlette ? 5" Mais je serais plus contente si j'avais une petite maison. —Qu'à ce ne tienne, Oudlet- te. Soyez bien sage et vous l’au- rez. Le lendemain, en se réveil. lant, Oudliette crut faire un rève en se trouvant dans une petite maison. Eile se frotta les yeux pour être bien sûre qu'elle ne dor. mait pas, puis se levant tout d'un saut, elle se mit à tâter les murs e: le plancher de sa cham- bre. Puis élle parcourut comme folle les differentes pièces du lo- gis, grimpa au grenier, descen- dit à la cave. mit la tête à tou- tes les fenêtres, et, après avoir tout vu en dedans, alla regarder par dehors afin de bien s’assu- rer que c'était une vraie mai- son, une maison comme toutes les autres, avec ses quatre murs, son toit et ses fondations bien de terre. 11 n’y avait pas de doute pos- sible : c'était une vraie maison ! et si gentile, si proprette, si blanche en dedans et en dehors et si joliment située dans un si frais paysage, et si gaiement il- luminée par les rayons du sole. levant qu'Oudlette ne se sentais pas de joie. Eile vola plutôt qu'elle ne courut à la fontaine, et y ren- contra encore le bon Dieu. —Bonjour, Seigneur, dit Oud- lette, faisant une grande réve- rence. —Bonjour, Oudlette, dit le Seigneur. Commeat ça vat-il! Etes v.us contente de votre pe- tite maison ? L'appétit, on le sait, vient en mangeant. -Oh ! oui Seigneur, merci, dit Oudlette ; mais... —Mais quoi, Oudlette ? — Mais je serais plus contente si…..dans ma petite maison... j'avais. Et quoi donc, Oudlette ? —Un petit mobilier Seigneur. —Qu'’à cela ne tieune, Oud lette. Suyez toujours bien sage. et vous l'aurez. Le lendemain, en se réveil- lant, Oudlette se trouva au beau milieu d'un petit ménage où rien ne manquait. Petit lit d’abord (elle etait de- dans), puis petite table, puis pe- tites chaises, puis petit foyer, puis petite armoire, puis petit miroir, puis que sais-je moi ? bouilloire, marmites, casseroles, cruches, lampe, belles pincettes, etc ; et sur des planches, le lon x d.s murs. faience blanche, comme du lait, étain brillants comme d: l'argent, enivre élin- celant comme de i'or. Oudlette, à chaque objet nou- veau, poussaii un nouveau cri de joie, et quand elle eut tout admiré, pris en main et remis en place toutes choses l'une a- près l'autre, elle se rendit à la fontaine Elle y trouva No:re- Seisneur. "+ ujour, Seigneur, dit Oud- lette. E —Bonjour, Oudlette, dt le Seigneur. Comment ça va-t-il, Oudlette ? Etes-vous contente de votre petit ménage ? _ Je vous remercie, Seigneur, ça va bien et je suis bien con- tente ; mais... __Mais quoi, Oudlette ? «6 FEES. la: : ae À Àÿ eu, encore si j'avais... —Eh bien, dites, Oudlette. —Quelques petites . poules Seigneur, pour avoir des œufs les jonrs maigres. —Qu'à-cela ne tienne, Oud lette. Soyez toùjonrs bien eage, et vous les aurez. Kikiriki ! Kikiriki !..On eût dit les sons clairs d'une trom- Pette. Kikiriki! Kikiriki !..…. Oudlette se leva en sursant. Ki kiriki ! Glou, glou, glou, glou ! co ! Il y en avait de toutes les couleurs ; léblanches, de noi- 1es, de grises, de jaunes, de rou- ges et de bigarrées ; ct au mi- lieu droit sur ses pattes nerreu- ses, la poitrine en ayant, l'œil allume, la têts et la queue fière- ment levées, trôuait le coq à Ja crête de feu. Décrire les transports d'Oud-| lette serait raconter mille folies. Elle santait comme un cabri le long du chomin et chantait kikiriki, en arrivant à Ja fon- taine où Notre-Seigneur se trou: vait. —Bonjour, Seigneur, dit Oud- lette. —Bonjour, Onadlette, dit le Seigeur. Comment ça va:til ? Etes-vous centente de vos peti- tes poules ? —Merci, Seigneur, merci ; ça va fort bien, et je suis bien con- tente ; mais. — Mais quoi, Oudlette ? —Mais je serais encore plus. contente si pour manger du lard les jours gras, j'avais......un pe- tit cochon, savf respect. —Qu'à cela ne tienne, Oud- lette Soyez toujours bien sage, et vous l’aurez Le lendemain Oudlette trou- vait dans un auge un petit co- chon bien gras. 1l n'est pas de mode—et c’est dommage—de dire du bien des cochons, sans quoi j'eusse fait une belie peinture du petit co. chon d'Oudlette, qui était fort gentil vraiment. Si gentil qu'Ondlette le bai- sa avant d'aller à la fontaine où elle rencontra Notre Seigneur. —-Bonjour, Seigneur, dit Oud- leite. --Bonjour, Oudlatte, dit le, Seigneur. Comment ça va-t-il Oudiette ? Etes vous contente de votre petit... Ca va bien, Seigneur, je rous remerc'e, et je suis bien contente ; mais... —Mais quoi, Oudlette ? —Mais je serais encore plus contente si j'avais une petite vache pour me donner du bon lait. Qu'’à cela ne tienne, Oudlette. Soyez toujours bien sage, et vous l'anrez. Le lendemain Oudiette fat réveillée par un bruit ipaccou- tamé. C'était un mugissement joyeux qui partait de dessus ses fenêtres Vite elle fut à bas du lit et courat regarder dehors. Et que vit-elle dans un enclos au- devant de la maison ?.……. Une jolie vache blanche tachetée de rouge, avec le pis plein de lait. Oh! qu'il était bon le lait qu'Oudlètte s'empressa de trai- re ! Mais qu'elle était jolie, 11 petite vache, avec sa robe s0- yeuse, sa robe blanche tachetée de feu !...Oudiette en fut presque jalouse. À vrai dire, sa jupe a elle, n'était ni soyeuse, ni brillante ; aussi füt-ce avec au soupir qu'en arrivant. à. la fontaine, elle dit : —Bonjour Seigneur. —Boujour, Oudliette, dit le, Seigneur. Comment ça va-t-il ? Etes vons coutente de votre pe- tite vache ? _Ca va bien, Seigneur, je vous remercie, je suis bien con- tente ? mais... —Mais quoi, Oudiette ? —Mais je serais encore plus conteute si, pour me faire brave les dimanches, j'avais... _—Eh bien quoi, Oadlette ? .... Coooo, co, Co, co, co, co, co, | ds an un | —Mais je serais plus contente | —Qu'à!cela ne tienne, Oud- [lette. Seyez toujours bien sage. et vous l'aurez. Le lendemain, en ouvrant les yeux, Oudiette aperçut sur une chaise à tôté de son petit lit, et sur s0n Oreiiler, une petite croix d'or. Bref, tont ce que pouvait désirer Oudiette pour se faire brave les dimanches. Et comme c'était dimanche ce jour-là. Oud lette oubliant de faire sa prière, se mit, sans perdre un moment, à se parer de ses beaux habits. Elle avait oublié, tant sa toi- lette l'occupait, d'aller faire sa provision d'eau. On commençait à souner l'office quand elle s'en sourint, et ce fut dans ses frais atours qu'elle se rendit à la fou- taine, levant fièrement sa petite tête et retroussant sa jape déjà courte pour mieux montrer ses bas et ses souliers fins. Les jeu- nes filles et lenrs fiancés qu'elie rencontrait allant à l'église se retournaient pour la voir, celles- lâà‘avec un peu l'envie, ceux-ci avec complaisance, mais ni l'en. vie des unes ni l'admiration des autres ne faisaient de peine à Oudlette, au contraire ; seule- ment elle.en devint un peu son- geuse.s Elle arriva ainsi, tonte frin- gante, mais préoccupée, à Ja fontaine où Notre-Seigneur se trouvait encore. —Bonjour, Seigneur, dit Ou- dlette. — Bonjour. Oudliette, dit Île Seigneur Comment ça va-t-il ? Etes vous contente de vos beaux habÿs? —Oh! oui, Seigneur, merci, bien contente. Le Seigneur vit poindre un petit ‘mais’ qui resta entre les lè- vres d'Oudlette. —Bien contente, Oudlette, de- manda-t-il ? —Oh ! certainement, gueur. mais. —Mais quoi, Oudlette ? —Mais je serais tout à fait contente....s1...dans mon patit ménage, pour me tenir compa- gnie ! —J'avais. — Vous aviez, Oudlette ? — Un petit mari Seigneur. —Qu'a cela ne tienne, Oudlet- te. Soyez toujours bien sage, ct vous l'aurez. Oudlette fut-elie bien sage ? Ne fut-elle pas, et pour cause, un peu distraite à l’éghse ? Je ne sais rien ; mais Ce que je sais, c'est que le bon Dieu est bien bon. Aussi le lendemain, en 8e réveillant plus tard que de cou- tume, après une nuit agitée, Oudlette entendit toquer douce. mext, .ien, bien doucement à sa porte. Se dontait-elle de quelque chose ?...Queique ce fat un lundi, e;le passa à la hâte sa belle rohe bianche à raies rou- ges, mit ses baset ses souliers fins, sa petite croix d'or et le res- te, et, prendre le temps de se siguer [ce qui ne porte pas bon heur], elle courut bien vite ou- vrir ia porte après avoir, comme de .aison, mis l'oeil au trou de la serrure. Et devinez qui ea tra ?..... Lui !..un petit homme lrais, rose et veuf, avec un habit bleu de roi à boutons d'or, ane netite queue poudrée qui caressait sou collet par derrière, tandis que son triple menton caressait son jabot par devant. Lui qui du Sel- haut de son grand banc l'avait si fort distraite ia veillc‘en la loignant avaut l'office en même temps qu'il Ppuisait des prises dans sa tabatière d'argent. Lui. le maire du village en personne! avecun énorme bouquet à la! main. 1lentra fort poliment, et présent»nt son bouquet à Ou-| dlette lui dit d'une voix qui, avait le son d'uue flute : | Oudlette, voulez-vous être! mairesse ? Oudlette prit le bouquet et. | ! | ne dit pas non. Le maire lui! passa au doigt son anneau, et Une jolie rohe blanche a raies rouges, comme ma vache. sortit pour aller avertir le pré- L’IMPARTIAI., JEUDI LE 25 NOVEMBRE, 1897. tre qui devait benir leur maria. ge. Oudle'te, en attendant courut, bien vite à la fontaine Elle y rencontra Notre Seigneur — Bonjour. Sergneur, dit-elle d'un ton un peu dégagé. —Bonjour, Oudliette, dit le Seigneur. Comment ça vat-ii, Oudlette ? Etcs-vous contente maintenant ? On ne m'appelle pas Oudlet- te, reprit-elle je suis la mairesce du village. Le Seigneur la re- garda d’un air sevère : —Dans le puits. dans le puits ! dit-il. Et petite maison, et petit mo bilier, et petites poules, et petit cochon, et petite vache, et petit trouss*au des dimanches, tont disparut, et le petit maire du village ne.vint pas chercher, pour faire bénir son meriage, Oudlette daus ls vieux puits. Dans ce momout :e coq chau- ta, comme après le reniement de St-Pierre, et Oudletie se réveil. la. Tout cela n'était qu'un rêve. — Merci, Seigneur, fit la dévo te fille en s'armant du signe de- la croix ; je me souviendrai de la leçon, J'en avais besoin, car, mêma éveillée, j'ai été plus d’une fois sur le point de vous! äemander bien des choses iun- tiles. Plus nous avons, plus, nous voulons avoir. Désormais | je me tiendrai pour cont:ntel si vous m'accordez la grâce de! ne pas vous oflenser. Je serai | contente si je réussis à vous! contenter. 7 Oudiette, ANDRE LEHAs. [Légendes et Contes, Levoffre, édit LELEL WARNING! 1 wish to inform the public! thet several parties are travel: ling the country using my name and pretending to be selling| Spectacles for me. Mr. C. H. White is the only traveller that 1 empioy. He is competent to test eyes and fit Spectacles pro- perly. 1f any others call and say: they are seiling for me please ask them to show their license. E. W. TAYLOR Optician | CAMERON BLOCK Ch'Town, Aug 2nd 1897 J LS D je œ & ta 2 SU | > LS 9 ® @ = eh æ ë œ@ © @ 3 E 9 © se Er. tm © = © Ÿ "r à E = 9 “4 m2 © © s TH © © e< wo A 282]: DS | | Fire 428 s O| tr Oo ds one: à | rAS=»%S $ M Co652e —— © bad | RENE S dE sn | » 8 © D + © | 6" F3 ml > ® * & | 4 > | - 5 Œ — © | é ER | 2 a A o + + ET + eo ta iu L2 PROMPTLY SECURED! GET RICH QUICKLY. Write to-day for our beautiful illastrated Book on Patents and the fascinating sto: y of a poor Inventor who made 2230,000.60. 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Actual size of picture 4% x 27 inches. e publisher’s price is $25.00, unframed, and that is what a copy would cost you in the artstores, It is a work that would grace the walls ofthe most pelatial mansion in the land. “ The subject is treated in a masterly manner, the grand curve of the Horseshoe in the foreground leading the eye up to the tumbling,raging rapids above, and the broadexpanse of river beyond, with the islands in the midd!e distance and the face o! the farther curve cf the Horseshoe, as well as the great white wall of the American Fall partially ocbscured by the cloud of rising spray which is handied lightly with fine effect. In th- great amphitheatre below the falls are seen the boiling waters, strongiy and effectiveiy “epicted, and the two staunch little steamers that make their tours under the constant showers of spray. 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