LT Le SAR GRR EM ee Ar 2 RTE TR a M ns vue agence à 8 ep tuer © Le Tour de Zeybar A l'extrémité du pont qui re- lie l’ile de Sar à Saint-Louis se dressait, haute droite et impo- sante, la tour de Zeybar, la sen- tinelle avancée de la capitale de nos possessions du Sénégal. Récemment construite, blan- chie à la chaux, elle avait vrai- ment l'air coquet, la construc- tion hexagonale percée de meur- trières qu’avaient édifiée nos sa- peurs. \ L'IMPARTIAIL, JEUDI LE 28 JUIN, 1898. À quelques centaines de mê- tres du poste, une masse pro- fonde de bêtes et de gens s'a- vançait avec rapidité. Le bruit sourd produit par les sabots des chevaux heurtant la terre dure se mélait aux cli- quetis des armes qui s'entre- )choquaient. C'était l’armée de Trazza Mohammed el Habib, qui avait juré sur l'étendard du Prophète qu'il irait faire son sa- lam daus l’église de Saint-Louis. Les Trazza, couverts de vête- ments noirs, la gandoura relevée Pleine de cette fierté de bon ‘latéralement au-dessus des é- aloi que donne le sentiment de la force, elle se dressait toute blanche au rmilieu de la grande pleine ensoleillée qui s'étend de Saint-Louis au pays des Maures, semblant crier à l'ennemi loin- tain : “On ne passe pas.” Les défenseurs, douze soldats d'infanterie de marine comman- dés par le sergent Brunier, un vétéran des campagnes contre les Maures, étaient du reste bien décidés à faire respecter la consigne. Vigoureux entants de notre vieille Gaule, brusquement transplantés sous le ciel brülant des tropiques, ces jeunes soldats s'étaient vite familiarisés avec leur nouvelle existence. Si le souvenir du pays natal hantait encore parfois leur mé- moire, il n'apportait avec lui au- cun de ces tristes regrets qui dépriment si souvent le moral de ceux que les hasards de Ja vie militaire ont éloignés de leurs foyers. Durant la journée, le service intérieur du poste, la surveil- lance à exercer sur ies carava- nes qui se dirigeaient vers Saint Louis et les menus incidents de la vie coloniale étaient des ali- ments suffisants à l’activité de la petite garnison. Le soir, lorsque le soleil avait brusquement disparu à l'hori- zon, nos soldats rentraient à l'intérieur du blockhaus, et der- rière eux se fermait la lourde porte en fer aux solides arma- tures qui semblaient ne faire qu'un seul blec avec la muraille elie-même. Réunis daus la grande pièce de l'étage supérieur, ils cau-: saient de ces choses simples, toujours les mêmes, qui forment le rond des entretiens des sel- date, ou écoutaient iles récits que le sergent leur faisait de ses| combats contre les Maures. Tout en haut, dans la rourelle qui surplombait le poste, le sol- dat de faction, perçant dun re- gard les ombres qui l'environ- naient, veillait seul dans le grand silence du désert à la sû- reté commune. Jependant le mois d'avril de cette année 1865, qui avait vu la défaite des Maures par Faid herbe, tiralt à sa fin. Les défen- seurs de la tour de Zeybar vo- yaient approcher avec regret le moment où leurs camarades viendraient les relever sans qu'ils aient pu échanger le moindre coup de fusil avec un ennemi qui persistait à rester invisible. —Pécaire, disait Garripuy, le Bordelais, les bougniouis sa- vaient à qui ils avaient affaire, ils n’ont pas osé venir nous at-| taquer, il faudra que nous al-. lions les chercher. —Veiilez toujours, répliquait le sergent BruLier, car ces gail- lards oublient généralement de prévenir à l’avance de leur ar- rivée. Le matin du 21 avril, les pre- mières lueurs du jour commen- çaient à peine à poindre, les hommes dormaient encore lors- que, troublant le repos, retentit brusque et soudain le cri d'ap pei : paules de manière à laisser les bras entièrement libres, la tête nue, leurs longs cheveux bou- clés flottant au vent, avait un as- pect sauvage qui s’harmonisait bien avec la nature environ- nante. De même que les vagues mu- gissantes viennent déferlen 2- vec fracas sur les rochers qui é- mergent du sein des flots, de même les diverses lignes d'at- taque de l'armée ennemie se ru- èrent tumultneusement sur la tour aux cris répétés de : ‘Allah Aïlah !” L'attaque fut terrible. Les cavaliers, debout sur leurs chevaux petits et agiles, embouchaient les créneaux de leurs longs fusile, tiraient à l'intérieur pendant que les fan- tassins essayaient d’ébranlor la porte sous les coups redoublés de lourds blocs de aierre. Les défenseurs ripostaient a- vec une ardeur égale : de tous les créneaux Jjailiissaient des é- clairs, les hommes tiraient rapi- dement, visant avoc soin et é- coutant la voix de leur serpent, qui criait : “Du calme, les en- fants, 11 faut que tous les coups portent.” Luimême donnait l'exemple, et a chaque balle ti- rée, un homme tombait. L'interiear de la tour s’em- plissait d'une fumée noire, l'o- deur âcre de la poudre saisis- sait à la gorge, le sang ruisse- lait sur le plancher. Mais ie coa- semblaient ne pas sentir leurs donner leur poste. Le canon des fusils, sur:lrauf- fé par ce tir incessant, brûlait les mains des hommes ; mais ceux-Cl sans repos, sans trève, tiraient toujours. L'assaut dura ua long quart d'heure ; les plus braves des soldats de Mohammed el Habib étaient tombés au pied des murs, lorsque le Prophète don- na l’ordre de battre en retraite Mais les Maures ne renon- çaient pas à lutte. 1ls allérent se reformer derrière uu pli de terrain emportant leurs blessés, pendant que ies cheuaux privés de leurs cavaliers galopaient ef- frayés à travers la plaine. De notre côté, cinq hommes é- taient blessés, dont deux griëè- vewent. Le sergent profita de cette courte trèva pour les pan- ser de son mieux. L'accalmie ne dura pas bien longtemps, et les balles vinrent bientôt s’eplatir contre les cré- ueaux du blockhaus, que les meilleurs tireurs de l'ennemi prenaient pour objetif de leur tir. Enfin Mohammed ei Habib donna le signal d'un nouvel as- saut. Il fut aussi violent, aussi :m- pétueux que le précédent et en- core plus meurtrier pour nous. La petite garuison ne comp tait plus, lersque l’ennemni se re- tira, que quatre hommes qui fussent sans blessure. Une troisième fois, l’armée ennemie renouvela son attaque. La tour de Zeydar, criblée de balles, noircie par .la poudre, —Aux armes ! En un instant, tout le monde fut debont, se ralliant à la voix | du sergent, commandant : | —Au poste de combat tout le monde ! | n’abritait plus que des hommes |couverts de sang qai, épuisés, chancelants, trouvaient encore la force de recharger leurs ar- mes, décidés à mourir debout, coufiants daus la parole de leur rage des défenseurs ne se dé-| mentait pas un seul instant, ils | blessures et refusaient d’'aban-|. vieux sergent: - Quand il n’y aura plus per- sonne pour tenir un fusil, je fais sauter la baraque. Ce dernier assaut fuit cepen- dant repoussé ; mais après cette attaque un homme seul, le ser- gent Brunier, restait encore de- bout. À Saint-Louis, dès les pre- miers coups de feu, ja popuia- tion avait couru aux armes. 1l ne restait plus de troupes rè- gulière ! dans la ville, mais tous les hommes vaiides priren: un fusil et vinrent se ranger sous les ordres des officiers que la maladie avait empêchés de sui- vre l’armée de Faidherbe et qui prirent le commandement de cette sortie en masse. Mohammed ei Habib ne les attendit pas ; son armée, déci- mée par les défenseurs de Zey- bar, était incapable de résister à ane attaque de vive force. 1l battit définitivement en retraite. La colonne de secours trouva donc un ennemi en fuite et des vainqueurs réduits à l'impuis- sance. Mais l'héroique garnison avait tenu haut et ferme le dra- peau de la France et bien méri- té de la patrie. Trois jours après, le gou- verneur Faidherbe, averti de ce qui s'était passé, rentrait à mar. ches forcées dans la capitale de nos possessions africaine. Les troupes, encore en tenue de campagne, se rangèrent en ba- taille sur Ia place du Gourcrne- ment, les clairous et les tam- bours ouvrirent le ban, et, au milieu de l'émotion de tous, s’é- leva, vibrante, la voix du colo- nel qui très haut. proclamait : —Sergent Brunier, au nom de l'empereur, je vous fais cheva- lier de la Légion d'honneur. Ned Noll. tit éd es Ps ht es ea + + + Re É eurRISSE TOUTES VOS DOULEURS AVEC LE | Pain-Killer! Qui vaut a lui seul une boite de remedes, X Querison simple sure et rapide des @ À CRAMPES. de la DIARRHÉE, de À ia TOUX, du RHUME, du} - ? ue l’article veritable, celui d ÉRRY DAVIS. La Chasse aux Etats-Unis Bea=coup d'Américains adop- tant la profession de chasseurs de gibier d'eau, qui est, en som- me, assez rémunératrice dans le sud des Etats-Unis quand on connait ies endroits eù les ban- des de ces oiseaux prennent leurs ébais ou viennent pour leurs repas- Un adroit chasseur sachant trouver son chemin en canot, dans les méandres ma- rais—en état, par coaséquent, de suivre son gibier de près—peut tuer une centainne d'oiseaux à- quatiques en deux jours, car ce mode de chasse exige tou- jours un déplacement, et 1la encore des chauces pour abattre au retour un dindon sauvage, que qu+iques lontres, uu daim ou même un ours. Souvent aussi, il est vrai, à la suit d’une tempête ou d’un brus- que déménagement des canards, motivé par une cause quelcon- que, le chasseur rentre breduuil- le. Les chasseurs de canards le Savannah (Géorgie) ont des ca- Raux spéciaux, qui leur servent à la fois—pendant leur expédi- tion—de cuisine, de sallk à mauger et de chamabre à cou- cher Il emportent de l’eau dans une ou deux dames-jeaunes, des vivres, de l’eau-de-vie, et £e mettent en campague. 1is font d’abord charzer leur embarcation à bord d’un navire à vapeur remontant le fleuve Savannah qui sépare la Géorgie de la Caroline ; puis, quand ils ont franchi de cette façon de 40 à 150 kilemètres, ils redescen- dent en canot tout en chassant.! Des branches vertes sont plan- tées à l'avant de la barque, qui flotte entrainée deucement par: le courant si le chasseur se! maintient dans le fleuve, et sous l’action des rames assourdies par des chiffons, s’'] pénètre dans les marais, les rivières et les lagu- nes latérales. Les oiseaux des côtes, se chas- sent en pénétrant à marée haute et en canot dans les nombreuses lagunes qui découpent le riva- ge de la Géorgie jusqu'aux pe- tites criques où ces oiseaux pas- sént la journée, bien dissimulés par es hautes herbes. WEAK HEART “For years 1 suflered from weak action of the heart, dizzi- ness and a watery condition of the blood. Milburv's Heart and Nerve Pills have made my heart strong and enriched my blooa so that now 1 am free from the troubles that for- merly distressed me”? B. À. Ross, Alisa Craig Ont. LA PASSE-TEMPS SOMMAIRE DU No 84 : TEXTE.— Poésie : L'amour, par **%%.— Chronique de quinzaine, par Silvio. Silhouettes musica- les (avec pertrait) : M. F. Bou- cher, par Gustave Lo:nte.—Cho- ses à dire: L'Epave, par Frau-| çois Coppée.--Théâtres, concerts, etc. — wxraphologie. — Feuille- tons : Le Portrait de Bérthe [suite], par Emile Richebourg ; Seule (suite), par A. d'Ennery. MusiQuE.—Chant : Le petit! chat, paroles de Gustavé Lagvye, musique de Van Blockx ; Mou- tons et dindons (duette de la Mascotte], par Edmond Audran. — Piano : Sweet memory (noc- turne), par J. W. Turner.—Vio lon : Mignon (fantaisie), par Ambroise Thomas. Abonnement, avec primes, $1.50 par année ; six mois, 75 ; un numéro, 5c, Adressez : Le Passe-Temps, Montréal. OXIEN The wonderfull food fer the Nerves [t gives vita ity aad viger to the ea tire sy:tem. Gives Stiength, Health to young and old. For SALE BY NEIL M:KINNOxX Summerside P. E. I. es ° À eo 8 Ê & ® = Ps: 7 à SE 8 > » ! ue ed “D - 5 23 a > 3 Fe es — eo > © — œ ® H © = m Ù n S 123 5 © © e 5 F7 odE @ @ z$"l=æs<2s | néeiosre s Q , CR = + D LÉriS=ss st R0B°Q@ Az bd Z2$&15362%$ Q Z28c Eæ© | Bo 5e H © ® ° @ D - > + c E S LS Z 9 @ œ Rs ee i à à "+ o à, a = Se Et Your Stomach Distresses You aftereatirg a hearty meal, and the result is a chronic case of Inaiges- tion, Sour Stomach, Heartburn, Dyspepsia, or a bilious attack. 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