LE GRAND VAINCU {suite de la 1ère page] riant sa main sur l'épaule du sergent, peux tu me conduire à ten capitaine ? --A M. de Saint-Preux ? —Oai. Certainement, mon père. Un rude officier, allez ! continu. a-t-il en introduisant le rère An dré dans le fort. 11 a marché à l'ennemi sans broncher et est resté plus d'une heure debout sous lo feu, tandis que les cama- rades faisaient le coup de fusil à plat ventre... 1l est vrai que mon artillerie l’a bien soutenu... Ab ! si vous aviez vu cela, père André !......je puis dire que c’é- tait finement pointé ; pas un bou:et de perdu ; tous dans le tas. Leur charge de cavalerie e été joliment hbalayée..……. et puis, ç'a été le tour des Ecos- sais... 11 fallait les voir sauter, ces grands diables, avec leurs jambes nues !..Mais voicr M de Saint-Preux. Le jeune officier sortait, en ef- fet, du blockhaus. Le mission. naire s’avança vers lui, et le ser- gent La Ressource, portant ja main à son tricorne : —Mon commandant, iui dit- il, voici le père André, l'ami des soldats, qui voudrait vous par ler. —Je suis à vos ordres, mon père, dit gracieusement Gaston de Saint-Preux en saluant le missionnaire. 11 ontra avec lui dans la pe- tite salle basse du blockhaus. Monsieur, dit le père An- dré, je n’ai pas l'honneur de vous connaître, mais j'ai beau- ceup entendu parler de vous par ce pauvre M. d’Arramonde avec lequel j'ai fait route jus qu'ici et dont j'ai partagé jus- qu’à ce jour les fatigues et les dangers. —Soyez le bienvenu, mon père, dit le jeune officier. M. d'Arramonde n’est nas précisé: ment de mes amis, comme vous le savez sans doute, mais je lui suis redevable aujourd'hui d’un grand service, et je rends jus tice à sa bravoure qui est venue si à propos me porter secours. —Oui, il était brave, le pau- Vre garçon... fit lepère André en soupirant. Trop brave, même, car c'est ce courage téméraire. irréfléchi, qui luia été fatal. —Que voulez-vous dire ?..... Lui serait-il arrivé malheur ? —Hé'as ! — Vous baissez la tête, vous ne me répondez pas...Ak ! mon Dieu ! est-ce que ?...… —Supposez qu'en effet il ait éte victime de son couraze. La nouvelle de sa mort pourrait- elle vous affecter, vous, son ri- val, son ennemi ?....… Dans ce combat leyai dont M de Mont- calm a fixé lui-même les condi tions, c'est vous, monsieur, qui demeurez vainqueur, grâce à ce malheureux événement. —]l est donc tné..……. c’est bien vrai ?...…. dit Saint-Preux. —Ah ! que voulez-vous, mon père, je ne sais pas hair, moi |. Je ne lui en voulais pas beau: coup, à ce M. d'Arramonde, et, s’il ne s'était pas obstiné à me chercher querelle, j'aurais vo-| lontiers consenti à oublier les termes un peu vifs dont il s’est servi à mon égard... Et puis il s’est passé tant de choses depuis ce jour-là ! Estce qu'on a le temps de penser à ses griefs par- ticuliers quand on a les Anglais sur les bras ? Pauvre garçon ! mourir à vingt-cinq ans, loin des siens, loin de la France !....… Au même instant s'onvrit avec fracas. —Ah ! père André, s’écria une voix éclatante, que me di- siez-vous donc 2... Gaston do Saint-Preux pous- sa une exclamation de surprise. —M. d'Arramonde ! —M. de Saint-Preux ! — Vivant ! la porte! Le Ta Eh ! eai, parbleu ! Les deux jeunes geus hési- tèrent mn iustant, se regardè- rent, reyardèrent le père André qui souriait doucement, puis, «n- trainés par leurs sentiments gé- néreux, l'âme exaltée par la joie du danger bravéet du devoir accompli, tout entiers à l'enthou- siasme de la victoire... ils tom- bèrent dans les bras l’un de l'autre. FIN DE LA DEUXIEME PARTIE ) . TROISIEMÉ PARTIE LA DEFENSE DE QUÉBEC. 1 LE GUET--APENS. Les nouvelles que M. de Montcalm avait reçues du gou- verneur général de la colonie é- taient graves. M. de Vaudreuil lui annon- çait l'approche d’une flotte nom- breuse qui remontait le Saint- Laurent et portait une armée de vingt mille homraes sous les or- dres du général Wolf. Cette ar- mée devait assiéger Québec et pénétrer dans le cœur même de la Nouvelle-France. Cet avis était arrivé à M. de Montcalm le jour même où Da- vid Keruiaz était venu lui faire part de la situatiou critique où se trouvait le détachement de M. de Saint-Preurx. Le général avait aussitôt chargé un des Abénaquis de porter en toute hâte au défen- seur du fort Sainte-Anne un court billet qui contanait ses orires. Puis, faisant appeler David Kerulaz : —Mon brave David, lui dit- il, nous partons demain. Le Chasseur de bisons s’incli- na respectueusement. —Tu feras préparer trois barques : l'ane pour moi, les deux autres pour mes officiers. Je t'emmène comme guide ; les Abénaquis réstés au camp nous serviront de rameurs. Nous tra- verserons le lac Champlain, puis nous descendrons le Saint Lau- rent jusqu’à Québec. —Nous allons à Québec ? -—Oui. Le visage du Chasseur de bi- sons s'éclaira. Ii songeait à Marthe, il pen- sait à son frère et se disait qu'il aliait pouvoir enfin travailler à la délivrance du pauvre garçon. —-Je désire que mon départ soit tenu secret, ajonta le mar- quis de Montcalm après une courte pause. Je m'embarque presque seul et, ajouta-t.il avec un peu d'amertame, il y a veut- être des gens qui auraient inté rêt à m'empêcher d'arriver jus- qu'à Québec. —Je vous comprends, mon- sieur le marquis, dit David Ke- rulaz d'un ton grave Personne ine se doutera que vous quittez le camp demain matin... A quelle heare voulez vous par- tir ? —Au lever du sole |. Le Chasseur de bisons s'élei- Ba. S'il n'avait pas été préoccupé par les pensées que cette an- nonce d’un prochain départ a- vait fait naître dans son esprit, David eût peut-être pris garde à la présence d'un hemme qui se rejata brusquement en arrière au moment où il sortit de la tente de M. de Montcalm. Cet homme était Godard, le premier commis de l’intendant Varin et son âme damnée. | Le lendemain, avant que le seleil eût répandu ses premiers rayons sur le camp encore en dermi, M. de Montcalm, suivi | d'une dizaine d'officiers et ac- |compagné de David Kerulaz, |s’acheminait d'un pas rapide |vers la rive ombragée du lae | Champlain. | nÈ rs satin das et db GET btp Re "L'IMPA ÿ Trois pirogues l’attendaient 11! monta dans la première a- rec David. Les officiers prirent place dans les deux autres. _ Les Abénaquis, se courbant légères qui s'élevaient au-dessns de l’eau. Pendant trois jours, ce rapide voyage se poursuivit saus inci- dent. Les barques longèrent la rive droite du lac et passèrent suc- cessivemenut devant les forts de l'ile aux Neix, Saint-Jean, Chambly et de l'Assomption. _ Enfin, les voyageurs atteigni- rent le fort Richelien, situé à l'endroit où les eaux du lac Champlain rejoignent celles du Saint Laurent, et ils descendi- rent le courant rarile de ce grand fleuve. Ils entrèrent bientôt dans les vastes solitudes des forêts que traverse le Saint-Laurent. Un silence solennel régnait autour d'eux, silenco que troublaient seuls le plongeon précipité d’um castor ou d’une loutre et les cris des oiseaux qui franchis- saient d'un coup d'’aile la large bande d'azur qui s'étendait entre les cimes élevées des arbres ri- verains. Vers le milieu dan quatrième jour, les pirogues arrivèrent à un endroit où le fleuve était plus étroit. Les arbres plus rap- prochés baignaient dans l’eau sembre leurs racines semblables à de gros serpents. M. de Montcalm était étendu au fond de la barzue sur une peau d'ours gris. David Kerulaz, debout à l'avant, appuyé sur sa carabine, montait sa garde vigi- lante. Tout à coup il se baissa rapi- dement, enfonça sa main dans l’eau et en même temps une sourde exclamation de surprise s'échappa de ses lèvres. ——Qu'y at-il donc, mon brave M. de Montcalm. —Bien, monsieur le marqnis. répliqua David à voix basse. Mais le général s'était retour. né et avait vu le Chasseur ca- nadien examiner avec atten- tion un ohjet qu'il tenait à Ja main. —Que regardes tu donc si cu- rieusement ? demanda:-t-1l. Le Chasseur de bisons hésita un instant ; son regard inquiet fouilia les profondeurs de la forêt, puis interrogea les hautes branches des arbres où le soleil jet ait des paillettes d’or. — Voici ce que je viens de trouver dans le lac, dit David Kerulaz. Et il teudit à M. de Montcalm une de ces bandelettes doit les Indiens se servaient pour atta- cher leurs mocassins. Cette bandeletts était en cuir rouge, de fils de cuivre. Assurément, un œil moins ex- ercé que ceiui du Chasseur de bisons aurait laissé passer au fil de l’eau cette courroie de mo- Cassin. Mais en temps de guerre rien n’est indifférent, et l'attention avec laquelle David avait exa- miné sa trouvaille prouvait l’im- portance qu'il y attachait. —Les Hurons! murmura:til enfin à l'oreille du général en étendant le bras vers la iorêt. Certains ornements de cuivre fixés au bout de cette courroie ini avaient révélé qu’elle appar- tenait à l’un des guerriers de la tribu des Hurons, alliée des An- glais. David fit remarquer au mar- quis de Montcalm que la bande lette n’éta t pas entièrement im- bibée par l’eau : elle venait d'être jetée récemment dans le fleuve. 11 était donc probable qu’une troupe huronne station- nait à peu de distance sur ses bords. vint prouver au chasseur Cana sur leurs ram s lanvèrent les! pirogues au milieu des vapeurs | Chasseur ve bisons ? demaada | Un nouvel et bizarre incident ; dien que ses conjectures étaient | lime. f Marie St PENDANT SEPT ANS SOUS LES SOINS DE QUATRE MÉDECINS-MAIS SAUVÉE DE LA MORT PAR LES PILULES ROUGES DU DR. CODERRE:. Dans tout le monde, et dans toute l'histoire du monde, aucun médecin et aucun remëde n’ont pu guérir et sauver la vie à un si grand nombre de femmes que les Pilules Rouges du Dr. Coderre. Elles sont pour les femmes seulement et elles agis- sent directement sur les organes spé- cialement féminins des femmes, qui, quand elles sont en santé les rendent si attrayantes, mais quand elles sont malades, font qu'elles sont un obj:t de pitié. Ne voulez-vous pas encore être bien comme quand vous étiez petites filles ? Les Pilules Rouges du Dr. Coderre vous rendront ainsi. Telle est l'opinion de Madame St. Laurent, qui estune dame intellig-nte et tout à fait digne de foi. Voici ce qu’elle dit : “ La misère ct le travail “ ont été la cause que j'ai contracté “une grave maladie qu m'a fait à c pour rien. . Laurent . Les Pilules Rouges du Dr. Coderre sont la supreme espérance de toutes les femmes malades et l’amie des jeunes filles.— Elles conviennent a tous les ages et a toutes les bourses. leurs dans le bas-ventre, les étourdis- sements, nervosités, les maladies particulières au changement d'âge, bouillonnement du sang, froideur des pieds et des mains, elles sont d'un grand secours, prises avant et après la naissance d'un enfant ; les mères devraient toujours en donner leurs jeunes filles, elles les rendront régulières et aideront à leur forma- tion. Souffrez-vous depuis longtemps ? Alors il est bien douteux qu’une ou deux boîtes de Pilules Rouges du Dr. Coderre puissent vous guérir. Soyez consciencieuses et prenez-en ssez pour leur donner une chance d'agir sur votre maladie, en même temps écrivez à nos médecins spé- Vous pouvez les consulter Ecrivez-leur une des- jalistes. __— ciption bien complète de votre ma- “ souffrir pendant sept ans. Le “ d'appétit. dans la vie. MADAME MaARig Sr. LAURENT, Béni soit ce | le Dimanche), de 10 Adressez : ladie. “beau mal me rendait martyre. Je souffrais de maux |ne leur cachez rien, “ de tête, douleurs dans l’estomac, le dos, les côtés, pas J'étais si faible que j'avais de la misère ‘“ à marcher seul:, j'avais l'air d’une morte tant j'étais | eux. ‘’ pâle ; quatre médecins me soignèren!, mais sans suc- “cès, j'étais tout à fait découragée, quand des amies “ charitables qui connaissaient les Pilules Rouges du Dr, ‘# Coderre me conseillèrent d'en prendre. ‘“ remède, car je ne me sens plus du beau mal, je fais mon “ouvrage comme si je n'avais jamais été malade et je “ suis bien, forte et alerte comme à l’âge de 15 ans. Je “ suis heureuse de vous envoyer mon témoignage, car “ je dois la vie aux Pilules Rouges du Dr. Coderre.” Mme. Marie St. Laurent, Lac Edouard, Co. Portneuf. | Dr. Coderre, Que pouvons-nous ajouter de plus après un témoignage aussi éloquent ? N'’est-il pas clair, n'est-il pas évident que les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent ? N'estl pas assez prouvé qu'aucune maladie particulière aux femmes ne peut résister contre leur usage ? Les Pilules Rouges du Dr. Coderre donnent toujours en même temps que la guérison, l'énergie et le courage |dat-poste pour six pour entreprendre les luttes et les tracas inévitables bliez pas, consultations Refusez comme rouges que l’on vous offre à la douzaine, au cent ou à 25c. la boîte, même lorsqu'on vous dit qu’elles sont aussi bonnes ou qu’elles sont les véritables Piluies Rouges du Nous tenons à vous avertir que ces pilu- les rouges vendues ainsi à bon marché sont des imita- tions qui souvent contiennent des drogues dangereuses. 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Les branches les plus hantes portaient sur le rocher pointu qui s'élevait comme une borne au milieu des eaux et marquait le seul endroit du fleuve qui fût! praticable ; le tronc barrait ce passage. Une même expression in- quiète assombrit ia physionomie de M. de Montcalm et cells du chasseur. ——!\]s nous ont vas ! murmura David. —-Nous sommes trahis, dit M. de Montcalm. C'est une embus-| cade que ces coquins nous ont norme que les eflorts réunis de; ‘dressée, mon rave David. —Au uom de Dieu, monsieur le marquis, restez au fond de la barque !s’écria David Kerulaz qui pâlit à l’idée que la vie pré cieuse confiée à sa garde allait être exposée à un terrible dan ger. -—Que veux tu faire ? vius en supplie, ne vous mon- trez pas Nous allons recevoir des coups de fusil. David avait ordouné aux À bénaquis de cesser de ramer ; les deux autres barques rejoi gnirent bisntôt celle du com- mandant en chef. Vavid les fit mettre de chaque côté de la pirogue de M de Mont- ca!m, afin de la protéger dans —Je n'en sais rien, mais. je le cas où les sauvages embus- qués dans le bois voudraient tenter une attaque de vive force. Pais, se penchant vers les À- bénaquis : -—Ramez doucement, leur dit: il en largue indienne. Et désignant du doigt les grands bois silencieux : — Les Hurons sont ]à, ajouta- t-il. Il pria ensuite les officiers qui montaient les deux birques voi. sines de fsire comme M. de Montcalm et de se dissimuler dans le fond des pirogues. Maigré son calme apparent, le pauvre David était dévoré d'angoiss2. Les regards de se: compa- gnons se fixaient sur lui comme pour implorer dans cette ter- rible situation les ressources de son esprit ordinairement si fer- tile en expédients. Mais commnt ïorcer le pas- sage du fleuve ? 1l .e fallait pas songer à fran- chir les rapides louillonnants qui occupaient Ja meitié dn Saint Laurent. Les barques fra- giles des sauvages se seraient brisées contre ces roches poin: tues. Et ‘e seul passage auavi1- gable était barré par un arbre é- vingt hommes semblaient im- puissants à soulever ! (à continuer) = 7 —— Your Stomach Distresses You aftereatirg a hearty meal, and the result is à chronic case of Indiges- tion, Sour Stomach, Heartburn, Dyspepsia, or a bilious attack. RIPANS TABULES | Promote igestion, Regulate Stomach, — and Bowels, Parts he Blood, and ar 2 P jJonstipation, Sicx ilendache, Bil- jousnens, and all other Diseases n rom « disordered condition of the Laver an Stomach. They act gent:y yet promptiy,and rfect digestion follows t eir use. ! pans Tabuies taie the jlaccof an Entire NS itrdiceine Ühest, and | Sn suvuid be zcpt for use in, #à 2very family. esitive Cure for Crice, 59 Cents a box. At Druggis:s, .\r by mati, UPANS CHEMICAL CO ” LG ©" rcr ST. 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