RE, D 5 jt. cn bn aTRlE à dm sé DAC REN EE ire en PRE PIRE (de le page 1] Î nu sembla hésiter, puis, avec un effort, il articula : —J'ai à vous parler... mon- sieur à vous parler….confiden- tiellement… Comme il disait ces mots en se rapprochant de Philippe, ce lui-c1 sentit une furte odeur d'ean-de-vie. Les joues enflam- mées de l'inconnu et ses yeux brillants sous des paupières boflies, révélaient la fiévreuse excitation d'un alcoolisme in- vétéré —Excusez-moi, monsieur. mais je suis attendu, dit lo lieu- tenant soupçonnant quelque quémand. ur, et il fit un mou- vement pour passer devant ce louche personnage. L'inconuu fit un pas en ar- rière et barra le chemin. —[] faut que je vous parle, monsieur. Veuillez rentrer chez vous et me recevoir ! Cette phrase sortit impé- rieuse des lèvres corrodées de l'ivrogne, dont la haute taille se redressa. Puis il ajoutta plus digne : —Ce que j'ai à vous dire ne se raconte pas dans la rue. Malgré son desir d'éviter l'entretien, le lieutenant fut frappé de dette attitude. —C'est bien, monsieur, en- ue... dit-il, et il s’effaça pour laisser passage. L'inconnu s’inclina, et d'un pas cliudicant pénétra dans le jardin. Ce fut alors que le lieu- tenant s'aperçut quil boitait sur ses longues jambes. Lors- qu'ils furent tous deux dans le famoir, assis l’un en face de l'autre : —Eh bien ! monsieur, me di- rez-VOus au moins qui vous ê- tes ? interrogea Philippe. —David Wintropp...courtier Courtier, c’est-à-dire bookma- ker, pensa aussitôt le lieute- nant e2 examinant le costume quasi-professionnel de son visi- teur. Celui-ci, malgré l'embar- ras auquel il semblait être en proie, et à travers l'ivresse qui alourdissait sa langue, conser- vait encore quelque tenue. Mais 1l cherchait ses mots et parlait bas avec lenteur, comme s’il eût craint d'être entendu. Après evoir, en termes conve- uables, remercié le jeune off- cier, il le regarda en face un instant, puis brusquement : —Je sais, dit-il, qu'il y a des billets à votre nom chez Péri- gnon. — Ah ! vous savez que j'ai signé des billets à Pérignon, dit Philippe dressant soudain l'oreille ; eh bien ! moi, je ne le savais pas. Onsvient de me l'ap- prendre, tout à l'heure, vous me le dites maintenant, j'étais sür du contraire jusqu'à pré- sent, mais je commence à le croire. —Je n'ai pas dit que vous a- viez signé des billets à Péri- guon, j'ai dit que Pérignon a- vait des biilets portant votre * signature.…..il y a là une..….diffé- rence... —C'est-à dire qu'une tierce personne les a passés à Péri- gnon, quoique cela me paraisse fort douteux et savez-vous qui les a donnés à Pérignon ? —C'est.c'est moi qui les ai offerts à Pér'gnon. Le lieutenant regarda David Wintropp. —AÀlors vous connaissez leur valeur ? —Trois mille, en deux traites de quinze cents, répondit la- coniquement le bookmaker. —Deux traites de quinze cents francs, je n'ai jamais rien signé pour ce chiffre ; ces trai- tes sont fausses, évidemment. —Elles sont fausses. _——Eh bien, nous avons été volés tous les deux, mon cher monsieur. Quand vone avez passé ces iraites à Pérignon, vous igroriez leur provenance. Le visage de l’homme devint |que l'officier n'avait pas résisté. Won.…..je la connaissais. — Alors, vous avez le uom du faussaire ? —Je l'ai. --Et c'est lui qui vous en- voie vers moi pour savoir si je payerai ? Mais il a de l'aplomb, ce gaillard-là ! —Qui, c'est.…lui qui m'en- voie. Monsieur le lieutenant Archeraud, il faut que vous payiez ces traites, il faut que vous tiriez d’embarras un pau- vre homme qui a fait un coup de tête Qu'est-ce que c'est que trois mille franc pour vous ? Vous êtes jeune, riche, satis fait, vous ne savez pas qu'il y des malheureux pour qui la vie est dure.….qu'une méchante signature est bien vite donnée. —Mon cher monsieur, tout cela est bel et bien, mais outre que je ne vous fais pas compli- ment de vos...connaissañces, je vous dirai que je suis au plus mal avec Pérignon, que je ne lui ai jamais signé pour un cen- time de papier e‘ qu'en me li- vrant ainsi à ce vleux coquin, votre.….ami m'a fait un tort con sidérable et que par conséquent je ne payerai pas ! L'homme devint livide. — Vous ne payerez pas ? —Jamais ! David se leva, raide, les mains tremblantes, toutes lis rides" de sa figure avinée agi- tées de frissons convulsifs. Et, d'une voix étrangiée : —Monsieur Archeraud, je vous en prie ? —Non, monsieur, mou parti est pris. L'homme parut se dresser encore, non plus humble cette fois, mais menaçant, et ses or- bites sanglantes fixées sur son interlocuteur : — Vous payerez! bava:t-ii dans un hoquet. —luutile d'ajouter quoi que ce soit, fit le lieutenant irrité de cette attitude. Je ne payerai pas. C’est mon dernier mot. Ne prolongeons pas cet entretien. Bonsoir monsieur ! Et Philippe se levant à son tour fit un pas vers la porte. Mais l’homme était devant lui, l’empêchant de sortir. — Vous payerez .….. Vous payer:z..….Je vous le dis... parce que c’est moi qui ai signé les traites. Les derniers mots, il les souf- fla comme un râle dans la fi- gure de Philippe. Celui-ci se recula et les deux hommes se regardèrent les yeux dans les yeux. —Et si, malgré tout, je re fase ? articula Philipe furieux de l’imprudence de David e —Si vous refusez..…..L'hom- me s'arrêta un instant la face épouvantée, puis il reprit :— Eh bien ! non, vous ne voulez pas faire votre malheur... votre malheur et celui des vôtres. —Les miens n'ont rien qui les rapproche de près ou de loin des louches spéculations d'un homme tel que vous lan’ ça Philippe avec hanteur. —Une mauvaise action porte toujours malheur. Vous paye- rez. —Eh non ! pas un sou ! Lais sez-moi tranquille ! — Prenez garde, monsieur Archeraud, je n'ai aucune res. source. Votre refus. ce n’est pas seulement le déshoneur pour! moi.....mais c'est le déshon-| neur pour vous. | Vous dites ? | — Pour votre mère. —1l avait à peine achevé que Philippe s'était élancé Ja main laiée. Mais le book ma- ker lui avait saisi le poignet, et d’un mouvement violent l'avait rejeté sur un siège. —Ah ! ne me touchez pas! Vous ne savez pas qui vous frappez ! 1] y avait eu tant de force dans le geste et dans l'accent, pourpre. 1l se fit un silence. | { vais. e. | | dement ; —Si vous aviez... quelque chose à....à me dire... je L’'IMPARTIAL A présent, Philippe et le vieil ivrogne se retrouvaient en ‘ore en face l’un de l’autre. David, debout sur sa bonne jambe, laissait tomber de sa lèvre bavease des mots entre- coupés et pressés comme pour se débarrasser plus vite des choses honteuses qu'il avait à! diro et Philippe l'écoutait ies yeux baissés et écroulé sous le poids des paroles révé- latrices. E: c'était sa propre nistoire que racoutait David Wintropp, autrefois vicomte Laser. [! disait comment ces gens, riches, pourtant, afin de satis- faire de misérables intérêts, a- vaient accouplé la mall eureuse à un jeune banquier ‘‘plein d'avenir”, lequel, grâce au nom et aux relations de ses beaux-parents, était rapide- ment arrivé à la grosse for- tune. i! racontait l'histoire de ce vicomte Laser, gentilhomme sans fortune, habile écuyer, vi- vant de prix gagnés auxs cour- ses en montant les chevaux de! ses amis, moitié joukey, moitié gentleman, jJusau’au jour où, s'étant brisé la jambe dans nne chute, il avait dù renoncer à courir et avait trainé d’hippo-| drome en hippodrome sa dou- teuse jambe et sa douteuse ex- istence le déclassé. et puis, l'invincible enlisement entrai- nant toujours plus bas, tou- jours plus bas, invalide écu- yer devenu book-maker, et par quel sentiment de pudeur il a- vait renoncé à son nom,et en- fin, devant le vicomte Laser définitivement effacé, l’appari- tion de David Wintropp, l'al- coolique, abruti et démoralisé, qui, un jour, à bout de res- sources, après uue saison de courses désastreuse, avait livré à Pérignon pour trois francs de traites fausses signées du nom de celui qui aurait dû être son fils ! Son récit était terminé, Phi- lippe ne bougeait pas, altéré et n’osant lever le regard, tr:m- blapt qu'il était de rencontrer la face avilie de David Celui- ci, pris d’un attendrissement de pochard, laissait tomber de ses yeux de lourdes larmes que Philippe voyait s'étaler sur le! plancher, pareilles à de grosses taches d'huile. C'est fini; j'ai tout dit, conclua-t-il. Voici... ses let-| tres. Et, il posa sur la table un | petit paquet de papier crasseux. Je voulais vous les donner seulement contre la somme... mais c’est bien assez de faire ce que je fais sans aller... jus- | que-là...…… Je vois bien quel vous me croyez maintenant, vous payerez Pérignon..je m'en —dJe m'ea vais, répétat-il…. Et voyant que Philippe ne répondait pas : —Oui.....je comprends... mille | euse et deux bras qui l'étrei: CHEA PEST gnaient. —Bonjour, mou chéri; tu m'attendais à quatre heures, mais j'ai eu la chance de pren-) dre l'express et me voici; et| sa mère l'embrassäit à pleines | lèvres. ( Puis, tout d'an coup, voyant | sa mine défaite : —0Oh ! mon Philippe, quelle triste figure ! tu as des des en-) nuis, mon chéri ? une femme, hein ? oh ! c'es: une femme ? ofiès exclama-t-elle aves volubt- lité. | à | : Mt RE... c'est une femme. Et Philippe tomba en san-| glotant dans les bras de sa mère. Pauvre petit ! tu l’aimes done bien, cette méchante ? | me Qu a. je bien —Vois-tu, mon petit, fit-elle en essuyant les larmes qui coulaient des yeux de son fils, il faut leur pardonner, aux femmes, quand elles vous font souffrir, ce n’est pas toujours leu faute et souvent elies ne l'aime savent pas pourquoi. Nous sommes un peu irresponsables déiuies oubiie..…...mon cher petit! oublie. —Ah' ma chère, mère Je l'aime ! Philippe pleura longtemps, la tête appuyé sur l’epaules eur de la frivole Mme Arche- raud. Le iendemain matin, le ga- çon des Trois-Rois, en péné- trant chez David Wintropp, le trouva étendu au milieu de sa chambre et la poitrine trou- ée par deux balles de revol- ver. On l’avait vr rentrer la veille au soir complètement ivre, et on supposa que, dans une crise de délire alcoolique, il s'était suicidé, Le vieux Pérignon fut payé, et chose extraordinaire, dont on parla longtemps au cercie des officiers on vit le liente- nart Archeraud suivre le cercueil de l'ivrogne book- maker et l'accompagner seul et tête nue, jusqu'au cimetière. Et comme on ini demandait prurquoi tant de déférence en- vers nn tel individu : C'était un de mes créanciers; demandez à Pérignon, avait-il réponda pour se débarrasser! des carieux. Longtemps il fut question à M......du créancier du lieute-| naut Archeraud. ULAUDE BERTON. EN < ET % 4? « 4 Ja Læ + [' / À 4 & : + : LH è 4 15 À nn 22 REY Should be up to the times. Al shops are now being fitted with the latest. Climax Barber Chairs mn BR mr | tout de même vous ne pouvez pas tan: me mépriser que je me | méprise.....je m'en vais ! | Et courbé, dé son pas boi- teux, il regagaa la porte Sar le seuil i! se retourna, et timi- suis jusqu’à demain soir à l'h5- tel des Trois-Rois. Enfin Philippe sans rele- ver les yeux, fit un signe de la tête : | —Oui..…..oui merci... | jusqu’à demain, l'hôtel Trois-Rois...…… merci... vais. | | . * | Ce dernier mot s'acheva en SUN soupir sur ses lèvres et il dispa- parut par la porte entre-bäillce | comme si la muraille l'avait en. glouti. k*X des | Colds GChills, Night Sweats. Pal je m'en) +: | pitation cf the Heart | PRICES No. 1 Gold Pen, fia: point, at $1.75 No. 2 Gold: Pen. fine or stab | DYSENTERY. (Side, Rhumatism, Sprains, Headache Tootache | JONES BROS WALL CASES Send for price list Bros & Co DARBER SUPPLIES TORONTO ONT P. E. 1. Agent : Mark Wright & Co. Charlottetown PENDLETON S | PANAGEA ETES: Internally for Cramps. Païns. 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