Hi 1 1 a CRE SR Ë Fa £ re ei à E 1% ft |: js #4 Evangeline (Suite) Ainsi, en paix avec Dieu et avee le monde, le fermier de Grand-Pré vivait au milieu de sa ferme enso- leillée, et Evangéline gouvernait son ménage. Maint jeune homime, lorsqu'il s’agenouillait À l'église et qu'il ouvrait son missel, avait les yeux fixés sur elle, comme sur sa sainte la plus vénérée. Il était bien heureux, celui qui pouvait toucher sa main, ou le bord de son vêtement. Plus d’un amoureux, à la faveur de l'ombre, venait frapper à sa porte, mais. pendant qu’il prêtait l'oreille pour entendre le bruit des pas de la bien-aimée, il n'aurait pas su dire si e’était son cœur oule marteau qui battait le plus fort. Cependant, à la joyeuse fête dn patron du village, plus d'un s’en- hardissait et lui pressait la main à la danse en lui murmurant précipi- tamment à l'oreille quelques mots d'amour, qui semblaient faire par- tie de la musique. Mais, de tous ces amoureux, seul le jeune Gabriel était le bienvenu. Gabriel Lajeunesse était le fils de Basile, le forgeron, homme puis- sant dans le village et que tout le monde honorait, car, depuis l’au rore des temps, à tous les âges et parmi toutes les nations, l’art du forgeron a été tenu en haute esti- me par le peusle. Basile était l’a- mi de Bénédict. Leurs enfants, de puis l'âge le plus tendre, avaient grandi ensemble comme frère et sœur, et le Père Félicien, qui était à la fois le prêtre et le maître d'’é- cole du village, leur avait appris les lettres dans le même livre, ainsi ue les hymnes du service divin et le plain chant. hymnes étaient chantées et la le- Mais, lorsque les çon du jour finie, vite les deux eii- fants s’envolaient à la forge de Ba- gile. Là, debout contre la porte, avec des yeux émerveillés, ilsle contemplaient qui prenait comme. un hochet, dans son giron de cuir, | le sabot du cheval, et qui clouait | le fer à sa place, tandis que près de lui, la bande d’une roue de cha-| rette, semblable à un serpent de feu, se tordait dans un cercle de braises, : Souvent, les soirs quand au ‘dehors, dans l'obscurité croissante, la forge semblait prêt, à s'échapper en éclats lumineux à travers chaque fente et chaque crevasse, eux, bien: chaudement abrités à l'intérieur, observaient le travail des soufflets, et quand ces lourds engins cessaient de haleter et que les expiraient dans les cendres, ils poussaient de étinoeiles joyeux éclats de rire. disant que c'étaient des nonnes qui allaient à la chapelle. Souvent aussi, en hiver, rapides comme l'aigle, ils se laissaient glis- ser dans les traîneanx du haut des collines, et disparaissaient au loin dans la prairie. Souvent encore dans les granges, ils grimpaient jusqu'aux nids populeux cachés sous les poutres, cherchant avec des yeux avides cette pierre mer- veilleuse qne l’hirondelle apporte des rivages pour rendre la vue à ses petits. Quelle chance pour ce- lui qui trouvait cette pierre dana le nid de l’hirondelle ! Aïnsi pas- sèrent quelques rapides années, et déjà ils n'étaient plus des enfants Lui était devenu un vaillant jeune ressemblait : homme ; sa figure celle du matin dont la lumière ré:| jouit la terre ; ses pensées, müre désormais, se changeaient en actes. Elle était une femme maintenant, avec le cœur et l'espérance d’une femme. Soleil de Sainte Eulalie, c'est ainsi qu’on l’appelait, car. de même que ce soleil, au dire des fermiers, devait accabler, sous le poids des pommes, les arbres de leurs vergers, de même, elle devait apporter dans la maison de so époux la joie et l'abondance, en la remplissant tout entière d'amour et d'enfants aux fac aces rnpDiconces. II La nuits de 4? +n 16 a automne | L’'IMPARTIAL JEUDI LE 26 SEPT, 1901 mt plus longues, et où le soleil, re- broussant chemin, entre dans le si- gue du scorpion. Des oiseaux de passage, venant des baies désolées pes Nord qu'assiègent des glaces éternelles, voguaient par l'atmos- phère pesante vers les rivages des iles tropicales. Les moissons é- taient rentrées. Les arbres .de la lorêt luttaient avec rage contre les vents de septembre, ainsi qu'aux temps anciens Jacob avec avec l'au- ge. Tout annonçait un hiver long et rigoureux. Les abeilles, avec une sorte d'instinct prophétique, avaient amassé du miel jusqu'à faire débo:der leurs ruches, et les chasseurs indiens assuraient que l'hiver serait froid, car la fourrure des renards était épaisse. Telle fut l’arrivée de l'automne. Alors suivit cette magnifique aison appelée par les pieux pay- ans acadiens, l'été de la Toussaint. Les airs étaient remplis d’une mer- veilleuse et magique lumière, et le paysage s'étalait comme une nou- velle création dans toute la frat- cheur du printemps. La paix sem- blait régner sur la terre, et le cœur inquiet de l'Océan paraissait pour un moment apaisé. ‘Tous les sons se confondaient dans un ensemble harmonieux : les voix des enfants aux jeux, le chant des cos dans les basses-cours, le battement des ailes dans l'air assoupi, et le rou- coulement des pigeons, tous ses sons étaient doux et étouffés com- me des murmures d'amour ; et le grand soleil regardait avec un oeil attendri à travers les vapeurs do- rées qui l’entouraient, tandis que drapés dans leur robe rouge, écar- late où jaune, brillant de l'éclat de la rosée, les arbres de la forêt res- plendissaient comme ce platane que les Perses ornaient de man- teaux et de bijoux. n nn Alors recommença le règne du repos, du calme et de l'intimité. Le jour avec son fardeau et sa chaleur avait disparu, et le crépus- 1 ‘ule, en descendant, ramenait l’é- ‘le du soir au ciel et les troupeaux l'étable. Ils venaient, battant ol du pied, et reposant leurs cous l’un sur l'autre, et leurs naseaux dilatés aspiraient la fraîcheur du Eu avant, portant la tlo- e, la belle génisse d’'Evangé- |line, fière de son poil blanc comme |la neige et du ruban qui flottait à | SOIT. « rhet chett | son cou, s’acheminait d'un pas lent Let paisible, comme si elle eût cons- cience de cette affection humaine. Puis, le berger revenait des bords de la mer, avec son troupeau bê- lant qhi trouvait 1à son pâturage favori. Derrière, venait le chien, gardien patient, plein d'importance, et superbe dans l'orgueil de son instinct. Il allait de droite à gau- che avec un air de grand seigneur, balançant majestueusement sa queue opulente, et chassant en avant les traîuards. Il était le régent du troupeau pendant le sommeil du berger, il en était le protecteur lorsque la nuit, à travers le silence étoilé, le hurlement des loups retentissait du fond de la fo- rêt. Plus tard, à la lune montante, rentraient des prairies mérécageu- ses les chariots chargés de foin sa- lin, qui rermplissaient les airs de parfum. Gaîment hennissaient les chevaux, dont la crinière et les fanons étaient humides des vapeurs du soir, pendant que sur leurs crou- pes, les lourdes selles de bois pein- tes. à couleurs éclatantes et ornées 8, de glands eramoisis, se balançaient dans un ordre superbe, comme la passerose accablée sous le poids de | ses fleurs. Cependant les vaches attendaient patiemment et aban- donnaient leurs pis aux mains des | laitières, tandis que le lait, en jets écumants et avec une cadence ré- gulière, descendait à grand bruit dans les seaux sonores. Les beu- clements des bestiaux et les éclats de rire retentissaient dans la cour | de la ferme, et étaient réperoutés É ar l'écho des granges. Puis tout retombait dans lesilence. Les por- tes à deux battants des granges se fermaient avec unson criard, les barres de bois roulaient à leur place vec fracas, et, pour une saison bruits s'êtei- } | itière, tous les aient. Au dedans, sechauffant sous lé {|iarge manteau de la cheminée, le [fermier était assis monchalamment dans son fauteuil, et suivait Ou regard la flamme et les guirlandes | de fumée qui luttaient enscmble, comme des ennemis dans une ville en feu. Derrière je vieillard, im0o- bile et moqueuse, son ombre g'œnn- tesque gambadait ie long êe la mu- raille avec des allures fantastiques et s'évanouissaient Cans les ténè- bres. ( Sur le dossier de son fauieuil, des figures grossièrement taiilées dansle chêne riaient à la lumière vacillante, etles assicttes d'étair sur le dressoir recevaieut et reflé- taient la flamme, comme les bou- cliers d'une armée reflètert les ray- ons du soleil. Le vieillard fre“onnait des fragments de ces chants et de ces noëls qui jadis, au pays, ses ancê tres chantaient avant lui dans leurs vergers de Normardie et dans leurs riches vignobics de Pourgco gne. Près de son père était assise la gentille Eveargélire, laine pour le métier placé éerrièrc elle dans un coin : pour le rioment, il dormait silencieux, laissant re. poser sa diligente navette, pendant que le bruit monotone du rouet, semblable au bourdonnement d'une cornemuse, accompagnait seul la voix du vieillard et reliait entre eux les fragments de ses chansons. fiiant Îl« (à continuer.) LE SENATEUE HANNA RECOIT DES LETTRES LE MENA- CANT DE MORT VIOLENTE Cincinnati, Ohio, 18.---Siles nou- velles sont vraies, la vie du sénateu Mark Hanna est en danger. Ce der- nier, eu effet, areçu des lettres lui annonçant qu'ilétait désigné être assassiné. pour Le sénateur Hanna n'apas l'ai d’attacher à ces lettres une grande importance. Mais ses amis le font accompagner partout par Îles poli ciers. La plupart des lettres de menaces: adressées au sénateur viennent de l'Est ; cependant, plusieurs d'entre elles ont été mises À la poste à Cle. veland, es tt LE° PAPE. Le Souverain Poutife a été si im- pressionné par l'attentat contre le président McKinley, dit je correspondant du ‘Daily Mail” à Rome, qu'il a l'intention de pren. dre l'intiative pour unir les puissan- ces chrétiennes dans une croisade contre J'anarcLisme. Ile t à écrire une impr rtante encyclique sur le su- jet qui sera livrée au moule ie mois prochain.”’ LA VACHÉE DU GENERAL À Piymouth {Angleterre].en face de l'hôt2l de go:vernement. ilyanne petite pelouse, sentinelles out ia consigue for melle d'en dfhdre touf'antre qu'a aue vache appar- tenant an géncrul Une vieill: dame, sortant de l'hôtel, s'avisa de :raverser je Auseitèt, eu faction- paire l'intero-lie eu termes (rêr vif. La dame, outrée, 8e re tourue : —Saves-coas bin qui j+ suis, Les l’ac, ès 8 pelousr. vous qui mepari Zsur ce tou ? Mais le factionuaire, esclave de sa consigne : —Je ve sais mais je sais birn Que vous n ê.cs qui vous êtes, pas la vache du général. em No 91—-UNIVERSALITE: L'Amérique, l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l‘Océanie connals- sent la vertu remarquable du BAUME RHUMAL. TE 11 vaudrait aussi bien entre prendre d'entretenir la maison aus pain que sans un assurto- ment du linimeut KFNDRICK — le Roi de tous les Liniments. M. Origene Vigneault — DE MILFORD, N.H. Guéri du Rhumatisme et du Mal de Reins par les PILULES MORO. Quoique bien jeune, il était incapable de travailler, vu les douleurs 2 qu’il endurait, L'homme est industrieux. Ils sont rares parmi nous ceux qui ne travaillent pas ; le riche travaille pour conserver et agrandir sa for- tune, le pauvre pour procurer à sa famille le pain quotidien. L'ambition et la nécessité sont : les deux grands inspirateurs du travail, mais l'assurance du succès réside dans la bonne santé. Se tenir en bonne santé, atin de remplir sa tâche et de réussir, voilà pour chaque homme la ques- tion vitale. Les Pilules Moro sont le remède à prendre pour l’homme fatigué et souffrant, et le seul qui le gué- risse des maux auxquels il est exposé. Elles sont bonnes pour l’homme de bureau comme pour celui qui est obligé de gagner sa vie au bout de ses bras. Elles guérissent les maux de tête, la mauvaise digestion, l’amaigrisse- ment, les douleurs dans le dos, le mal de rognons, les points de côtés et les rhumatismes. Voici ce que monsieur Vigneault nr à la Compagnie Médicale Oro : M. ORIGÈNE VIGNEAULT, Chers Nocteurs, ‘ Lorsque j'ai commencé à prendre les ‘ Pilules Moro pour les hommes, je souf- ‘frais d’un rhumatisme qui m'avait ‘empêché de travailler depuis trois ‘“ mois ; la nuit surtout, j'avais desélan- ‘“ cements dans les jambes et les bras ‘ qui me mettaient dans l'impossibilité ‘“ de dormir. J'étais devenu sans appé- ‘“tit, mes vivres digéraient mal, mon ‘ urine était rouge et chargée. J'étais ‘‘ maigre et chétif. ‘* L'ouvrage forçant que j'étais obli- ‘“ gé de faire avait probablement été ‘“ chez moi la cause de ces troubles. Vos ‘* Pilules Moro m'ont fait un grand bien, ‘‘ car elles m'ont donné appétit, aidé à ‘‘ ma digrstion et ont soulagé mes reins ‘* et mes douleurs de rhumatisme, ‘“ Après la quatrième boite, j'ai com- ‘* mencé à travailler, et aujourd’hui, ‘‘ après en avoir pris en tout 19 boites, ‘‘ je suis complètement guéri de mes ‘maux. J'ai perdu mon été pour ne ‘€ pas avoir pris en temps vos Célèbres ‘“ Pilules, mais je vous suis’ bien recon- ‘ naissant pour les soins que vous m'’a- ‘‘ vez dorrfiés. Es ‘ J'encourage beaucoup tous les ‘ hommes qui ont à travailler fort à ne ‘ pas attendre trop longtemps, mais de ‘* prendre vos Pilules Moro afin de sou- ‘‘ teuir leurs forces.”? ORIGÈNE VIGNEAULT, Boite 850. Milford, N.H. Les médecins de la Compagnie Médicale Moro, peuvent être vus à leur bureau, au No. 1724 rue Ste-Catherine, tous les jours de la semaine, excepté le dimanche, jus- qu'à huit heures du soir. Aux hommes qui demeurent à la cam- pagne et qui ne peuvent venir faci- ment à Montréal, un blanc de trai- tement ieur sera envoyé sur de- mande, ainsi qu'un petit livret rempli de conseils et d'avis. Les consultations par lettres sont aussi gratuites et absolument confi- dentielles. Les Pilules Moro se vendent 50 cts. la boîte, ou six boîtes pour 82.50 ; si votre marchand ne les tient pas, elles vous seront expé- diées sur réception du prix. Adressez vos lettres comme suit : COMPAGNIE MEDICALE MORO, 1724 rue Ste.Catherine, Montréal. mar à Du ns dome Drm ces me 2e Re ae ner a ce nces lo Travail ou l'Exercise 1 r'é ira ti faii 165, a il me ( hc se Gi ent fa ile nr t alem: nt Ge _ Li is0D D:0 STILL TO CTHE FRONT Weare : OL » vi ‘cru tihis spriax withone of th: nis4 assorted stock of general merchaudise to be fouud in any otty or ouutry store in this province, Although this is th2 season of bad roads, the extra indace- ments we oft+r, and the redaced prices on most of our goods, will more than repay the sacrifice of travelling through ths bad roads. Do not come all at once, bat for the next few months we can gaarautee you, that our staff of attentive elerks will be even ready aud willing to serve you all, to your attire satisfastion. 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