.... .... + Le 2E Win 1834. —=Les Débuts de Notre Société Nationale Æ St-J edn:Baptidte de Québec en 1842 et . . 1843.—La tempérance.--Un sermon de M. Chiniquy.—Liste de. toasts—MM. J. C. Tacné et P. J. O. Chauveau—Un patallèle.— Deux discours.—A la jeunesse et à la France. On à déjà raconté, les débuts de la sociéié Saint-Jean-Baptiste de Québec. +. Cependant, en feuilletant nos vieux Joërraux, nous avons trouvé à glaner encois quelques épis dans io éhamo ler- tife des soufentrs; et d'ailleurs, iés €! vocations patriotiques ne éont-elles pas de celles dont on peut dire: étita placent." _ Pa société Saint-Jean - Baptiste de Moñtféal avait été fondée par l.udger Duvérnaÿ, en 1834. Le 24 jiin de cet- te atinéé, un banquet de soixvite Cou- verts énviron eut lieu dans le jardin de M. McDonell, avocat, sous la prési- dence de M. Jacques Viger. En 1835 et en 1886, il rl eut encore à Montréal, des banquets du même genre, sous la présidence: de M. Denis-Benjamin Vi- gerx. Puis survinrent, les sombres jours, les jours de deuil, de larmes et de sang que nos pères eurent à traver- sær en 1837 et en 1838. L'échafaud eut ses victimes, la terre d’exil eut ses prescrits. Duvernay lui-même dût s’ex- vatrier pour sauver sa tête. Pendant ke Riusieurs années 11 ne fut pius quesuon 3 . de chômet la fête nationale. Les bles- sures étaænt encore trop cruelles et lés plaies trop saignantes. Cependant, lorsque les lois d’excep- tion éurent été remplacés par une constitution nouvelle, lorsque le régi- me de l’Union,—créé pour nous a$ser- \:r,—-eut commencé à fonctionner, les Canadiens - Français de cette époque, sentirent le besoin de sé groujer, de * concéhtrer leurs*forces, de réunir en un faisceau puissant les énergies nationa- tés pour résister aux périls qui nous È menaçaient @ de toutes parts. Cette fois, le mouvement commença à Qué- bec. Le 16 juin 1842, le “Fantasque’’. de satirique et impérissable mémoire, publiaït les lignes suivantes: ‘“Vendredi de ka semaine prochaine, 24 juin, est le jour consacré au patroxm que les Canadiens ont adopté, et ce- pendant nous ne Voyons pas qu’il soit fait aucun préparatif pour le fêter di- grenwnt et d'une manière nationale. Notre apathie pour tout ce qui pour - rait tendre à réunir tous les Canadiens sous une commune bannière est vrai - ment déplorable, cependant nous ne dé- séspérons pas de voir revivre cette fé- te que Montréal a célébrée deux fois d’une manière si brillante, lors des üx jours éypatriotisme. Il est trop tard maintenant pour monter une célé- bration sur ur grand pied à Québec ; mais il nous semble, cependant, qu’a - vec un peu de bonne volonté, on pour- xrait ofganiser un modeste banquet en famille, auquel se joindraient ceux €: nos Citoyens qui tiennent à voir n: léguer à ceux qui nous suivront quel- Æ que gage de nationalité. Nous ia répé- tons, il y a encore assez de temps pour faire une petite fête. A Montréal, il n’a falln qu'un ou deux jours à M. Ludger Dutérnay. “ “Si le jeunesse veut proliter de cet- te OCCasiôn pour se moztre encore Me AS /1@ mnons la nriors de s'en prester, CAT le temps est court. Ceux qui serxient disposés à célébrer là St- Jean-Baptiste par une réunion à la ortée de tout le monde, sont priés de Haisser leurs noms À ce bureau, d'ici à samedi prochain.’ M. Aubin publiait cet entrefilet dans son journal, sept jours seul:ment -a- vant le 24 Juin. Ccpend:nt, on se mé à l'œuvre avec entrain. Le diman- ché 19 juin, une afsemblée assé: Loin- breuse sé réunissait à l'hôtel Ge tein- pérance de M. Maäheux. Le Dr L:ruy était appelé au fauteuil et c:postir but de ta réunion. Puis étaient adop- tées des résolutions ayant poëur objet de éréer une association national: sous le vocable dé Saint-jexn-Baptiste, et de célébrer le 34 juin par une messe et uns banquet. M. Bardy fut nomm: pré- sident de l'association, M. Aubin, vicc- président; MM. Rhéaume &t Huston iu- rent nommés secrétaires. Le 24 juin 1842, conformément au programe improvisé en deux ou trois jours. il y eut procession, messe so- eunelle à la cathédrale, et le soir, anquet au ‘‘City Hotel”. Les discours y furent prononcés par MM. Bardy, Ca- ron, Chauveau, Cauchon, Belleau, E- tienne Parent, Derome et autres. Le matin, le sermon avait été prononcé à Ï& cathédrale par M. Chiniquy, qui Tee SL RTE IPN M Ari: LU FRE $5 ER CL PR AE Pt CLONE ad PAS PAT # Lier a T: LÉ "était réservé à une si rcten- tissante et «si infamante re- notmmée. “M. l’abïé Chiniguy a pié- thé À Ja méssé, ée matin,” disait le “Canddien’”; ‘la délivré un sermon patriotique sur la termpérance, cause à laauelle il travaille avec un dévoue- ment Si méritoire depuis longtemps. ” La tempérancé était, én ce moment, à l'ordre du jour. Au banquet, point de liqueurs fortes. On Hsaït dans le ccm- te rendu publié pur je ‘Canadien’ du 21 juin: “Les amis de la temnér-nce apprendrent avec plaisir qu'il ne s’est bu à ce repas aucune boisson enivrante; la limonade, la bièré de gingemvwre, la bière d'esprit d’épinette et le sirop de citron ont fait tous les frais du boire, gt l’on s'est amusé tout aussi bien, mieux peut-être ‘ue si le vin eut ruisselé à ilots sur la table et le ien- demain, l’on n'a pas eu à payer les fl.isirs d’une veille par aucun malai- Se atcune indisnosition.’’ Cette célébration de 1842 n'était tou- t:f01s" qu'on impromptu. Au cours de l'article que nous venos de citér, le “Cariadien ”’ disait : Dans quelque temps, dans quelques jours, nous l'es- pérows, il va Ctre pris des démarches pouf ofganiser Sur une plus large base la société Saint-Jean-Baptiste, qui n'en esténéore qu'au provisoire’. L'espoir exprimé par M. Etienne Parent dans son journal, se réalisa bientôt. Au emois d'août, les journaux de Québec publiènents des avis par lesquels on convoquait une assemblée pour ‘‘la ré- organisation. de la société Saint-Jean- + Baptiste.” Cet'e assemblée eut lieu le S août. Elle fut présidée par M. Fran- h çois Buteau, et Michel Tessier agit comme seerétairef 17 août eut lieu une nouvelle se on De Le Le d 4 ron, aqueile u Fe ’ adop sen d'organisation et de Ki lements”’ de la société. Enfin, le 31 Le août, l’assoctation fut définitivement | æonstituée. - ét les messieurs enfvants “bis” + ——_—— à ————— ivrent enOISIS P'OUT agir Comme ses of- le e-s-cénéranx : Président. .J'honora- nle R. FE. Coron: Présiéertf@adjoint, Dr Bardy {hrésorier, Louis Massue ; sovs-trésoritr, F. X. Méthot; secré- taire-rchiviste, N.‘3.Auhir ; commis- | saire-crcor niteur, L. G. Baillargé. Doitéon céusitérer âué là fondation rifable de la société Saint-Jean-Bap- tiste de Québec ne date que de cette as- semblée de 31 août 1842, ou faut-il la faire remonter à la réunion du 19 juin précédent? Le nouveau président, M.Re- né-Edouard Caron, semblait incliner pour le premier sentiment, lorsqu'il prononçait les paroles suivantes au banquet dé 1843 : ‘‘Quelques-uns de nos jeunes concito- yens plus énergiques, plus courageux, plus hardis que les autres, sautant avec gaieté par-dessus les difficultés et les obstacles qui jusqüe-là nous avaient arrôtés. ont à la fin réalisé l'objet de nos désirs en improvisant, l’an der- nier, à la veille même du jotr où de- vait être célébrée notre fête naticnale, | une association qui, quoique temporai- re et préliminaire, de l’aveu même de céux qui l'avaient formée, a eu l'effet de donner naissance à notre société ac- tuelle, que nous pouvons regarder au- jourd'hui comme parfaitement et com- plètement organisée.”’ D'un autre côté, l'association im- provisée en iuim 18142. toute ‘‘tempo- raire et créliminaire” au'elle eît été. n'en avait pas moins ‘‘douné naissance à la société actuelle.’ Cette question peut paraître assez oiseuse aujourd’hui; mais il nous semmble difficile de re point reconnaître le bien fondé de la tradition qui proclame ie Dr Bardy, MM. Aubin, Taché, Plamondon, Rhéau- me, et tous ceux qui ont pris part avec eux à l'assemblée du 19 juin 1842, com- me les fondateurs de la société Saint- Jean-Baptiste de Québec. L'année suivante, la célébration de la fête nationale eut lieu ici avec plus de pompe et de succès. Cette fois on avait eu le temps de se préparer, et il y parut. Nous n'entendoûs Eas donner un compte-rendu de + cette démonstra- ticn patriotique. On nous permettra seulement de nous arrêter à deux des discours prononcés au banquet du 24 juin 1843, parce que leurs auteurs étaient destinés à fournir une glorieuse carrière, à briller dans les iettres e. la politique, à atteindre Ces sommet. intellectucis auxquels bien peu de eurs émules d'alors ont su parvenir Nous ‘oions parier de MM. J. C. ‘a ché et P. J. ©. Chauveau. La liste des toasts Ctaient longue et to:lice, comme. dans tous les tanqucts de l'époque. Nous 12 cr.ions à cause ce son Chaise : Io:La et tous Ces qui rCsident, M. Caron, 20. Sa Maies té la lieine Victoria; ©o. A la mé- moire de sir Charles Lagot ; do. A Son Excellerce sir Charies Metcalle ; trans parium d'ar- Datnt-Jean-L'ap us. la célècient, le 50. A la patrie, 60. Au clergé ce nadien, 70. À nos frères exil:s, D Bardy, 8o. Au gouvernerent response Lle, M. Glsckmaycer, £o. Aux autr: sociétés £aint Jean-Baptiste, 160. Zu au.res sociétés de bisnias.nce; 11: A l'agriculture et à l'inda:trie Ge. pays, 120. À la jeuresse de tou les pays, Chs Taäché;, 130. A la pre: se libérale, N.F. Belleau, 140 A 1] Frasce, rays de nos ancêtres, P. J O0. Chaurceau. MM. Chauveau et Taché étaient alor de toit je n:s honimes. Le premi avuit vingt-trois ars, le s:cond vins: deux. Compagnons d'études, ils étatc: très liés et en même temps ir dissemblabl:s par le caractère et i talent, comme leurs œuvres w'tciiet res l'ont surabondamnent démen.rt M. Taché était ardent, primcsautie: un peu abrupte;, M. Chauveau ét: modéré, médiatif, et d'un comne:c aimable. L'un était “enticr dans se idées, l’autre conciliant écns se. vues. Le premier avait plus ce vi gueur, Île second plus de charme. L style de M. Taché brillait par l'érer gie, l'originalité, le pi‘torescue © l'expression ; celui de M. Chauvear par l’harmon'e, la c>recticn, l'atti cisme des termes. Tous deux ava: de l'esorit, mais celui de M. Tach était plus spontsnf, et celui de M Chauveau plus appritf. L'érudition & l'un et de l’autre devint fort étendue elle embrasse une foule de suiets' di vers, et si l’on voulait la caractérise chez chacun d'eux par un trait spécial! on pourait dire qu'au z‘nith de Icur carrière, cke: le premier, elle était surtout scientifique, et chez le second surtout littéraire, sans être confinée ni chez l’un ni chez l’autre, dans le stience ou les lettres. M. ‘Taché a- vait un tempérament de polémiste, M Chauveau, un tempérament d’académi cien. Oelui-là, n’eut pas le don oratoi- re, celui-ci le po:s>da à un degré émi nent, et cette supériorité contribua puissamment à établir et accroître s2 réputation. Ces deux hommes distin gués brillèrent par la même intégrité, par les mêmes vertus chrétiennes; ani- més d’une foi vive, ils n’en rougirent jamais devant les hommes; ils vécu - rent et moururent en croyants, Leur patrie et leur race sont fières À bon droit de ces deux nobles figures. Nous avons dit que le éon oratoire manquait à M. Taché, tandis que la Providence l’avait départi à M. Chau- veau. Cependant, le discours que le Premier prononça au banquet de la Saint-Jean-Baptiste, en 1843, n'était dépourvu ni de souîfle ni de mouve - ment. Au contraire, il était plutôt exubérant d'enthousiasme et de lyris- me. Nous allons le reproduire, à ti- tre de curiosité littéraire. L'exhuma- tion des premières productions, —ou- bliées ou inconnues,—des scrivains cé- DES nous à toujours paru d'un vif M. Taché était appelé à répondre * X la santé de la jeunesse. Il de ? D part a" la ve suivante: _ “Espérons et aimons, a dit l' “des libertés du peuple, ones n “‘admet tout, et l'amour rend toutes ‘““choses poseibles.’’ : ‘‘Et la jeunesse, amis, n'est-ce pas l'âge de l'amour, n'est-ce pas l'age des plus douces espérancéx, Ici airér ést un besoin, le cœur pluñfhaud bat avec plus de force, le #une homme aime son pavs, ses frères, sa belle, et cet amour - est pour lui un culte, une religion, bouillant d'amour, il est brillant d’es- pérance, il désire beaucoup et se con- fie toujours, le sentiment de sa force, de son courage, l'énergie de sa volon- té ne lui laissent rien apercevoir d’ifn- possible. (Applaudissements }, “Le ours est pour lui un supplice, il ne sait pas douter. Il ignore la crainte; vous le voyez fronder les pré- jugés, braver les puissants, courir le premier partout où il y a du bien à faire, du mial à détruire. (Applaudis- séments. }) “iruand les peuple: fatisnés de com- battre, Vont sur leurs lauriers goû- ter un repos mortel, c’est la jeunesse qui, toujours active, touiours affamée de gloire, crie et S'élance vers de nou- velles victoires au salut de la patrie. ( Applaudissements ). “Je ne parle pas de cette jeunesse, heureusement pew nombreuse qui use sa vie dans les frivolités, laisse dor- mir son intelligence et énerve son Corps; je parlé de ceëète jeuresse que vous voyez sortir de l'atelier, du cabi- net pour courir au temple, que vous voyez au forum, dans nos Îtes, } dans nos luttes, prier avec le peuple, aimer avec lui, espérer avec lui, pleurer avec lui, bondir quand il ést heureux, fré- mir &c S'emporterf quand il menace et tonne. (Applaudissements. ) “Telle ét la jeane:s: du Canada. De- mandez à ce jeune hômme où ilcourt, il vous dira: ‘‘Je vais combattre pour Dieu et les autels de la patrie.’ Vous l'avez vue celte jeunesse se mêler à tout cé qu’il y a de grand et dé beau. “Cette société St-Jean-Bapntiste, avec se; bannicres, ses lances, ses drapeaux, si belle qu’il n'est personne qui ne désirât d'être canadien aux jours de ses fêtes, si granée qu'elle fit ‘aire tons ses ennemis par le senti - ment qu'ils ont &e leur faiblesse et de leur puissance, qui l’a créée ? ( Applaudissements ). ‘ Cct'e société litt‘raire où va puiser la pensée, s'enrichir sans moyopole, donner sans s’appauvrir, qui l2 compo*e ? ( Applaudissements ) ‘‘ Cette auire assowation qui sans insigne, Sans fêtes, sans bruit, a or miss'en ce détruire le luxe tranger qui dévore le sein de la a‘re ui l'a rèvée, quien a exécuté te vo'et ? (Anplaudissements). l'on 5 ; 2 , TL EU DLL Z 1/ÿ} ELLE W. RL SUPPLEMENT Uozse on ie Volt, M. Chauveau a7afé dsa acquis queique renom, Guand il se (Eré poûr répondre au t6ast à la Fran- ce, le 24 juin 1843. Voici comment débuta le jeune ora- teur: : æ K— “M."le président. — Le sentiment que vous venez de nous proposer, et au- quel vous avez bien voulu m'appeler à faire écho, est un de ceux qui sont in- hérents à l'humanité. Pour tous les peuples produits de l’émigration, Île souvenir de la terre des aïeux a tou- jours été une réliaue garréa conser- vée au milieu de toute leur vénéra « tion, de tout leur amour. Il y a près de deux mille ans, qu'un poète a dit: ‘“Eà où sont la religion, les mocurs, le langage, là est la patrie.” Depuis ce temps, ce grand adagé n'a. as reÇu de l’histoire un seul démenti. Cane au temps d'Enée, les Colons aiment encore à donner aux monta -. gnes, aux” fleuves, aux cités de leur pays adoptif, les noms chéris de leurs ancêtres. De toutes les nations dives ses qui couvrent cette terre d'Améri - que, vaste et vivante mosaïque où se croisent et s’agiteut les religions, les moeurs, les langages et tous les peu: ples de l’Europe, il n'y en pas une seu- le qui voulut renier son origine, pas une qui ne consacre exclusivement ün jour au moins dans l’année aw senti- ment national. Messieurs, nous né pouvons pas res- ter en arrière d’aussi beaux exemples Et, Dieu merci, nous le suivons, & crois, noblement! (Cette fête à laquel- le tant de Canadiens prennent part au- jourd’hui, c'est, messieurs‘ deux gran- des choses dans une seulé. C’est d’a- bord un tribut d'amour et d’espoit au paÿsS Que nous habitons, à ce Csnada Leils et vigoureuse contrée qui, malgré ses revers, tiendra bien à l’avenir tout ce qu’elle lui a promis. C’est ensuite un tribut d'amour aussi à la belle krance le pay de nos ancêtres, qu pour être la première nation du monds n'a qu'à demander à l'avenir de 8e moucler sur son passé. (Applaudisse- meuts) Messieurs, ce cuite du passé est inoïiensif pour tout le monde: mais pour nouûs il est glorieux, il est fécond en grands enseignements. La France nous a laissé ses souvenirs dans tous les genres.” L'orateur évoquait ensuite avec 6&o- quence ces souvenirs: Souvenirs de sloire monarchique, souvenirs de gloi- re rénublicaine, souvenirs de gloire lit- téraire, souvenirs de gloire oratoire, souveuirs de gloire artistique, souve- s’é- nirs de gloire militaire. Puis il Crlait avet une fierté enthousiaste: MGR BÉGIN, CHANCELIER DE L’UNIVERSITÉ LAVAL DODEOOLOODO TOOL LO DID OPEELPOPDODDHOICODOETE “ BIlILANTe Jeunesse, IOUrnIS Ta! car- rière: qu'importe que le chemin ;soit poudreux, qu'importe qu’il soit semé d’épines, qu'importe que des voix en- nemies hurlent à la lisière du bois, puisque là-bas, au bout du sentier, pas très loin peut-être est un lieu de re- pos, une eau vive* «et les concerts, la voix d’un peuple” quiva crier 4 ‘* Honneur à eux, ils ont vaincu ! ( Applaudissements ). ‘! Ombres des héros de Carillon, tressaillez, vainqueurs de Châteauguay, n'allez pas pleurez sur vos cheveux blanchis, car vous vivez dans vos descendants. ( Applaudissements }. ‘‘ Hommes de tous les âgrs, ten- dez la main à ces jeures soldats, ne sont-ils pas vos fils, vos neveux ? ‘O ma patrie ! souris à t:s jeu- nes enfants, Car ils t’aimert beau - coup et feront pour toi de grandes chosts ! (Applaudissements ). D ‘“ Et toi, liberté, source de vie et de bonheur, seras-tu insensitle aux soupirs de tes fils ? Oh ! non, non; aux transports qui agitent mon cœur, je vois, jesons, quesur les campa- gnes du Canada luit aujourd'hai l'au- rore de l’indépendance. ( Applaudisse - ments ).”’ : Comme on le voit, elle était trés jeune cette réponse au toast proposé en l'honneur de la jeuLesse. M. Taché n'avait alors que vinst-deux ans. Nous qui l'avons connu aux heures de sa ma- mil I C:nüa, flous éÉprouvons un [Re past à lie cette ciiusion ju- “cnile et g-icreuse, ol chantent toules cs ilivsions de j'&ge beurtux qui ne chna:t pis l'ilcertituue, ct Gui semble tre andre l'avenir Cazus 1c$ embrasse- uxLis de scs arccatcs espiratiors. Ce discou.s ce la vingt-deuxième année ncis à rvuié un Taché inconnu,ct a jeté pour nous un jour nouveau sur la ptriote de sa formation intellectuelle ct politicue. Le prosrarime cu banquet contenait ce toust, jamais oublié : ‘*A Ja Fran- «e, pays de nos ancôtres.’’ avec ce com- L@:tiire : ‘Nous devo:s un souvenir à la tcr'e qui rous légua nos institu- tions, rotre langue et nos lois.” M. Chauveau, âgé de vingt-trois ans, Ctait chargé d'y répondre. Ce qui avait ca- ractrisé ses débuts dans la vie active, c'était surtout la précocité. Né en 1820, à seize ans, il avait terminé ses Étudés classiques au Séminaire de Qué- bec, A dix-huit ans il avait commencé à écrire dans les journaux, ct publié sur l’Insurrection’' une pièce de vers mpreinte d'un chaud patriotisme. A vingt-un ans, le barreau lui avait ou- Vert ses portes. En 1841, sa pièce sur l'Union : — ‘“‘Le jour des bancwiers ” —Yitante ct pleine de souffle malvré ‘es imperfections de facture, avait fait vibrer tous, Yes cœurs£{ En 1843, il était depuis ‘quelque temps le corres- “On a osé dire que nous ne pouvions nous targuer de tous ces vieux souve- nits, que Sa gloire n’était nas la nôtre, que nous étions dégénéirés! Ceux qui l’ont dit prétendaient-ils que nous so- yons dévénérés pour nous être mélés avec eux? Je ne le crois nas. (Ap- plaudissements 4 _J£n mettant en com- mun les grandes «aualités de leurs an- cétres, les descendants des deux plus grandes nations du monde ne sauraient qu'y gagner. Nous, des Français dé générés! Mais. Messieurs, ce n'est pas croyable. C’est une absurdité! Par- tout l’origine française se trahft d'’elle- même; vous la renieriez qu’elle parle- rait plus fort que vous. D'ailleurs il y a une vieille devise française qui le dit: ‘‘Bon sang ne peut mentir.’’ (Ap- plaudissements ). .”. “C’est une observation que tous les voyageurs, tous les historiens ont fai- te. Les populations que la France a laissées derrière elle sur les divers points du globe se conservent et se développent malgré tous les obstacles. “Si vous rencontrez quelque part une maison rustique, blanchie soigneuse- ment au dehors, que sur le seuil un homme hospitalier vous souhaite la bienvenue, vous fasse partager de tout son cœur le peu qu’il possède, si la gaicté la plus vive et la plus franche nréside à ses fo'ers. messieurs, ne cherchez point la France a passé Ja. (Aprlauédissements }. ‘Si vous trouvez quelque part des hommes chez quil8 seullmot de l’hon- neur fasse bouillonner tout leur sang, si, à la seule apparition de ce mot magique ils s’élancent vers le champ de bataille et comptent le d.a«ger pour un plaisir, Messieurs ne soyez pas en peine : la France à passé IA. (Ap- plaudissements ). ‘Si vous trouvez quelque part un groupe d'hommes qui vivent entre eux comme des frères, plus sensibles en- core au bienfait qu'à l’injure, aussi enthousiastes de tout ce qui est grand que bons et tendres pour tout ce qui est faible. Messieurs encore une fois : la France a passé là(Ap- plaudissements ). ‘ Mais, monsieur le Président, j'et été trop long, inutilement long. Que pourrais-je ajouter à ce grand désir que vous tous messieurs, vous avez, ct dont vous faites maintenant une si imposante manifestation, de conser- ver etde transmettre intact à vos derniers neveux,, :le dépôt sacré que nous {enons de nos pères : Nos institutions, notre langue et ‘nos lois ?”’ “Les palettes de Tabac à Fumer Amber”, s'imposent par leur seul mé- te. ” vondant du ‘‘Courrier des Ktats-Tluiw?. me En avez-vous essayé ? Conser vez les raquettes—ils ont de la valeur, . A constellation grandit, & Mélant son flamboiment Htawa, juin 1902. Le Vingt-quatré juin +. à: C'est le vingt-quatre juin! c'est l'été qui con ngnce us te us tnt “harmonie o ne art ble au role ht inoparable C'est la fête du peuple et de la liberté. ti ire. C'est la féfe du peuple et le jour de la Elo L Eà L'air est “plein e parfums ét de ce, dé ang ; Les échos ont partout de doux tressaillements; à Partout flottent au vent les couleurs de la Francs, Et le ir croit voir, enivré d cppérance , Ün nimbe d'or au front de tous nos monuments, Les villes et les champs rayonnent d'allégresse; Des souftles d'épopée et d'insffable ivresse Font battre à l'unisson tous les cœurs canadiens. Mais, malgré la gaité sans bornes qui le grise, Le peuple, en déployant sa bannière à la brise, Liu Par moments Se recueille, et dit:—Je me souv €: II + i £ Oui, nous nous souvenons, en chômant notre éte, A l'heure où nos drapeaux flottent sur slpque fi A l'heure où tout sourit sous le soleil d'été, . ds Nous nous souvenons tous, sur nos plages prospères, es immortels travaux accomplis par nOS pères Pour la France chrétienne et pour humatii 11$ avaient, ces héros, la démence sublime Qui fait narguer là foudre et délier l'abime- lis rêvaient d'agrandir le royaume des lis, Et, nés sous le soleil de la vieille Armorique, Voulaient renouveler sur le sol d'Amérique Les glorieux exploits des soldats de Clovis. Animés d'un espoir que la valeur inspire, lis révaient de fondér sur nos lords uñ empire, Et, pour sacrér lé sol qu'ombrageéaient nos grands bois, Pour le sacter d'un sceau que nul van tueur n'eiface, Ces fiers Brétons, aussi croyants qué pleins d audace, Brülaient d'y planter l'arbre immortel de la croix. Le grand soufile du large en leur large poitrine, Ils se sentaiént poussés par une maïn divifé. Un jour, à la Brétagne ils firent leur âdieu Et, sür des flots que seuls sillonnaient les orages, Hs vinrent apporter à des rives sauvages Le verbe de la Gaule et le verbe de Dicu. Ce double verbe émut la fauve solitude, , ct dès lors commença la lute la plus rude Que dut subir jamais un peuple à, son berceau, Et, pour la raconter, à cette heure choisie, 11 me faudrait le luth altier de Crémazie.. Ou bien la grande voix mâle d'un Papineau, III 6@ Nul obstacle ne peut faire pâlir le zèle De ceux qui vont créer üne Fränce nouvelle, La croix sur la poitrine et l'épée à la main. Aventuriers sur qui l'ombre des Croisés plane, A travers le grand lac, le grand môht. là Savare, Hs veulcnt à tout prix se fraÿer un Chemin. Ils luttent hardiment, sans trève et sans relâche. Ils veulent jusqu’au bout remplir leur noble tâche, :t rien ne les arrête, et rien ne les abat. La Barbarie en vain veut leur barrer la voic, ils marchent vers le but où le ciel les envoié : Aiec toute l’ardeur du prêtre et du soldat. 115 pénètrent, émus, la prière à la bouche, Lés grands bois ténébreux le mystère farouche; Ils versent la lumière ax incivilisés, Et, peuplant le désert, fondant la métropole, Des pamyjas du Midi jusqu'aux glaces du pôle Fromènent l'étendard aux plis fleurdelisés. Immort ls pionniers de l'immortéllc France, ls inarchent appuyés au bras de l'espérance, Lt, les yeux vers le ciel, gardant le souvenir Lu £rain de sfnevé dont parle l'Evangile, 115 j{c @at, en passant, dans un Sillor fertile Le Eli miraculeux d'où naîtra l'aveñir. Mis, pendant que ces preux, âpres à la corvée, Se hâtent d'accomplir l'œuvre qu’ils ent rêvée, ZCc-ourus sur leurs pas, lés enfants d’Albion ; —Les étérnels rivaux des ancttrés sublimes, ni #rélent de leur ravir lés richesses opirnes Qu enfantcra bientôt le merveilleux siHon. An Vs dt | teens $ 1 Î } HAT ELREE EE iedirent les clameurs farouches du çanon. Cent ans le sang rougit coteaux, valléns et plaires, À Cent ans on vit, au bord de nos ondés screines. | Le noll: acharnement de l'aigle et du lien 9 Et Monongahéla, Catillon, Sainte-Foye. | ! ont des noms dont l'éclat siperbement flamboie À la voit: d'azur de notre Panthéon. Mais le nombre deYait écraser la vaillance Ft nos rempares croùlants subirent l'insolence Les drapeaux arborés par la main des Vainqueurs. Lévis avaiten vain montré tous le$ couragts. Et le vieux drapeau blanc disparut de né plag:s Emportant daxs ses plis dés ambeaux dé ns Be La jeune nation, victime expiatoire Les hontes dont un roi devait souiller l'Histoire. Amèrcmcat pleura les lis d'or envolés: : Muis il vint une époque où la sainte espérance Chasste un jour des bords de la nouvelle France I.e.int bercer nos preûx à demi Consoles. , IV La lutte cependant n'était pas termince: Elle reprit bientôt, fanatique, acharnée. L'échafaud se dressa Sur un sol frémissant Et, pour te conquérir, Ô liberté si Chère! Nos péres, révoltés qu'aurait chantés Fomère Répandirent encore le plus pur de léur Sang : SuUY i2 pays naissant déchafnant leur colère, : il: texteat d'étoufier le fier aiglon dans l'aire, Et, pour en triompher, font mille efforts sahs nom. 4 Noire rac: déploie uné ardeur toujours neuve, î Et cet ans les échos éplorés du grand fleuve : < Ce sang roble et fécond fit germér nos franchi Et, grâce à nos maityrs, le doux Souffle &S délits Aujourd'hui fait flotter au front de chaque toui Dans un vaste concert de clämeéurs triomphafes * Les drapeaux gloricux de deux races rivales , Jurant de se garder un étérnel amour. * Désormais la Concorde unit comme d : à cs T Ceux qui, pleins de räncœur, se ebater es ñ Is sont liés d'un nœud infrangible et loyal Et tons 1°S Canadiens, emce joue . Mémorah Ont le Inême resçect pour la feuille d'été Aimert d'un même cœur le vieux terroir natal Et nous rivalisons dans l'arène choisie Où brille la science avec la poésie. Nous Sommes des égaux, nul ne peut le ni Et, sinos alliés exaltent leurs grands pates Nous ROIMMOCNS, POUr Montrer quelle, racc ne Certier, Laval, Dollard, Montcalm, Lévis Séee ‘ + , al … a Charrue et l'épée, aguères. Nos pères, par la croix, | Gn° été sur nos bols des Hérot d' HN S des héros d'épopée. Les riflets de leur œüre éllouissen£ notre ai] Et, lorsque nous SCRECCrS à la frace dfconce F Que la France à lais-Ce jux bords du hqu*éat, mord Le cœur rempli d'émoi, nous Éréssat OS d'orgucif. nn Mous tressaillcns d'orgugil ét 1iéspu gout an ee Notre histoire ! Jamaise Tres AQU histoire. Lens ses lastes na vu briflér plus fiets êlé Fe Jamais n’ont fétenti sos Sa voûte $Choré Noms plus grafids et plég fatx qué 18 F4 'hést és Aves tünt de fierté, le Canada franças. Ant S'honore, Comme des diamants divins | Dans le ciel étoilé d” + Et, säns crainûre jamais S ; rene FK fofsdnnéit 'éelirse “tt le ‘déé: Erandit efcote Fe, à cette double a-fore : ces noms raÿénn nt : ù u Les jours de MaisOnn uv e gt les jour 'dé Chaïiplä Æ CHAPMAN,