Cette Légende, entièrement revue et corrigée par l’auteur, fait partie des ŒUVRES DE SANG, ouvrage en- registré à Ottawa selon la loi. Reproduction uniquement autorisé pour le Moniteur Acadien, \'Evan- géline, \’ Impartial, de Tignish, Le Courrier des Provinces Maritimes, de Bathurst. La reddition du Fort de Beausé- jour, aux Anglo-américains com- mandés par Monckton, reddition opérée par le lâche Vergor en juin 1755 sans qu’un seul coup de canon eût été tiré, livra aux Anglais l'is- thme reliant les deux provinces ac- tuelles de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick. Le village prospère et joli de L'IMPARTIAL, JEUDI. LE 24 SEPT. 1908, “Tam A ne LEGENDE HISTORIQUE XXX ss LL ZkX%— décrire les souffrances des Aca- diens ; nul tableau, fût-il du plus effrayant réalisme, ne pourra ja- mais dépeindre les agonies de cha- que jour de ces êtres aimants bru- talement séparés les uns des au- tres. A vingt milles environ à l’ouest de Chipoudy, près d’une de ces gracieuses anses dont est parsemé tout le littoral de la siperbe Baie Française, dans une vaste clairière qu’on ne pouvait soupçonner qu'en naviguant très près de la côte Pierre Landry, fils de Jean, de Port-Royal, avait bâti une petite ferme avec dépendances et y avait établi son fils aîné, Jean, comme son grand’ père. Les rumeurs qui, depuis long- Chipoudy, fondé par Thibaudeau . en 1699, avait été détruit parle] major Frye, commandant une par-| tie des troupes des Monckton. | Seules, quelques maisons, isolées | vèrent épargnées, défendues qu'- temps, circulaient avec persistance d’un coup de main des Anglais a- vaient décidé Pierre à abandonner Port-Royal. Ayant ajouté un et fort rapprochées du bois, se trou- | corps de logis aux bâtiments exis- tant déjà, il était venu avec sa elles furent par les habitants de | femme et ses autres enfants se fixer Chipoudy réfugiés dans ce bois. | auprès de Jean au Canisteau. Frye fut même rejeté au delà de la| Les sauvages avaient apporté à rivière Peticoudiac et forcé, après | Pierre la nouvelle des défaites suc- un combat meurtrier, de s’embar-|cessives subies par les troupes du quer à la hâte sur la Baie de Chig- | roi de France, des désastres de Pe- nectou, de gagner précipitamment |ticoudiac, de Chipoudy, de tout ce l’autre rive, et de chercher un re-|qui se trouvait sur le passage des fuge sous les canons du fort de! Beauséjour; Le vaillant missionnaire des A- cadiens et des sauvages de cette par- tie de l’Acadie, le P. Le Loutre atrocement calomnié de nos jours par l’insulteur haineux, auteur des | (Mémoires du Canada), après avoir vainement essayé de rappiler Ver- gor au devoir, avait pu s'enfuir à la faveur d’un déguisement avant la prise de possession du fort par les Anglais. Sa tête avait été mise à prix. Ilrésolut de gagner l'Ile Saint-Jean afin, de là, de s’embar- | quer pour la France. Il ne restait pour ranimer les sau- vages et nos chers martyrs acadiens, depuis la frontière de la Nouvelle- Angleterre jusqu'au fleuve, et du pays de Quebec jusqu’à la Baie Française, il ne restait plus que M. l'abbé Le Guerne. Sans avoir la renommée de M. l’ab5é Le Loutre, il était tout aussi dévoré que ce dernier à notre peuple, tout aussi vénéré des braves Malécites, amis constants des Français, des Micmacs, des Abénakis et des Al- gonquins, fideles également, mais plus éloignés. Honteusement battus à Peticou- diac par une petite bande paysans, les Anglais rêvaient une revanche sanglante devant parfaire ce que la déportation avait comencé : l’ex- tinction non seulement de la race a- cadienne mais jusqu’à celle du nom acadien |! Dieu se moque bien des projets des méchants ! De forts détachements furent en- voyés de Beauséjour avec mission d'anéantir tout ce qui résisterait. Les ordres donnés défendaient de faire aucun quartier aux sauvages. Les Acadiens pouvaient être faits prisonniers, ils devenaient et pou- vaient devenir, en bien des cas, de précieux otages, et plu: tard, s’ils n'étaient pas mort àla suite des mauvais traitements que les Anglais leur feraient subir, ceux-ci les dé- porteraient à leur tour et auraient de nouveau l'âpre jouissance du suprême désespoir de ces Papistes maudits. UNE OASIS Accablés par le nombre, les Français et les sauvages avaient dû céder : leur héroïque défense avait du moins permis à nombre de fa- milles, à quantité de femmes, de vieillards et d'enfants de se diri- ger, les uns Sur Québec, les autres vers l'Ile Saint-Jean, dont le gou- verneur était M. Rousseau de Vil- hordes sanguinaires de Monckton, de Frye, de l’infâme Winslow. L'Acadien prévoyait qu’il ne pour- rait échapper aux oppresseurs. Il s’aboucha avec quelques fugitifs de Peticoudiac et de Chipoudy et demanda du secours au chef malé- cite Oeil-de-Faucon. Pierre et sa femme avaient tou- jours été pleins de charité pour leurs frères cuivrés ; sa demande fut donc bien accueillie des guer- riers des environs. Oeil-de-Fau- con lui en emmena six ; tout ce dont il pouvait disposer ! En tout, la petite troupe commandée par Pierre s'élevait à vingt, capables de manier le fusil. Quelques vieil- lards, des femmes dont les maris tenaient la campagne—ou avaient été déportés, —une trentaine d’en- fant: y compris ceux de Pierre, peuplaient la clairière sur laquelle l'automne jetait un lourd voile de tristesse. I1 avait été résolu, en conseil de guerre auquel assistaient Oeil-de- Faucon et ses guerriers, que les hommes armés, seuls, resteraient à la ferme, toute la populotion, sous la conduite et deux guides maléci- tes choisis et des plus braves, de- vant s’efforcer d'atteindre la Baie Verte pour, de là, passer à l’Ile St- Jean. LE COMBAT. A lahâte, les préparatifs du douloureux voyage avaient été faits. Lentement, sous bois, la longue file s'était engagée allant dans la direction du nord-est, lors- que l’un des éclaireurs du chef se précipite et glisse. à l’oreille d’Oeil- de-Faucon et de Pierre Landry, le nom redoutable et ablorré : ‘‘Les Longs-Couteaux.”” Les dispositions sont rapidement orises. Oeil-de-Faucon et ses qua- tre hommes se glisserort dans les taillis du côté où les fugitifs ont disparu. Pierre, avec dix hom- mes; se tiendra au centre, pour at- (tirer sur lui l'effort de l'ennemi. : Le reste, sous les ordres du fils aîné de Pierre, appuiera vers la Baie, afin, si possible, de prendre les sol- dats en écharpe. Les sauvages ne doivent agir que si l’ Anglais, vain- queur ou vaincu, veut suivre la route prise par les fugitifs. Bientôt la troupe apparaît à l’o- rée du bois. Il y a plus de quatre- vingts hommes et c’est Winslow lui-même qui commande. Il forme sa troupe en carré et s’avance. Pierre ouvre sur lui un feu meur- trier, tandis que Jean et ses hom- mes essaient de jeter le désordre lejoin. Nulle plume ne pourra Jamais “Re mm mtires + mme ED Mes - "> "Dés 2 oemnienens Le) her nmtmnte "0 F8 ’ 2" 7e Le Serment de L'Acadien DEDIKE A L'HON. P. A. LANDRY, JUGE DE LA COUR SUPREME AU NOUVEAU-BRUNSWICK La disposition prise par Winslow déjoue les calculs des vaillants Aca- diens : les soldats .tués sont aussi- tôt remplacés par les rangs de fond. C’est un nur dont les trous sont bouchés aussitôt faits. Les Acadiens tirent juste : les Anglais ont le nombre, plusieurs de leurs coups font des vides que les nôtres, hélas ! ne combleront pas! Le combat devient inégal. L’Anglais avance toujours. Œil de-Faucon a vu le danger : rampant sous bois avec ses hom- mes, il s’élance soudain sur les der-| rières de la troupe en poussant son | cri de guerre. Chacun des coups de feu des braves Malécites a cou- ché un ennemi...la fumée dispa- rue, les alliés constatent que la li- gne est intacte. C’est le bataillon carré !… Pierre enlève ses hommes. ÀA- vec eux, il s’élance : l’impétuosité française contre le flegme britanni- que. Pauvre Pierre ! ilse heurte à un mur de fer et de feu, la plupart de ses hommes sont tués ou blessés, lui-rnême a reçu une balle dans la jambe. Ilest forcé de s’arrêter. La perte de sang l’étourdit, ses yeux se voilent...il tombe au mo- ment où Winsiow étend la main sur lui. Oeil-de-Faucon a rallié les hom- mes de Jean : il passe comme un tourbillon sur le front de l’Anglais, lui fait subir encore de graves per- tes, entraîne ce qui reste des hom- mes de Pierre et disparaît sous-bois à l’ouest, sans que Winslow cher- che à le poursuivre. L'œuvre ie destruction s’est ac- complie. De longs tourbillons de fumée montent, appelant la ven- geance du Ciel sur les lâches in- cendiaires. Le vent d'automne pleure dans la jolie clairière redevenue déserte. AMOUR FILIAL Œil-de-Faucon ayant appris par un de ses guerriers, chargé d’épier la troupe, que Winslow semblait se diriger sur la Baie Verte, envoya immédiatement son plus léger cou- reur prévenir la colonie des exilés. Ceux-ci devaient faire volte-face et tâcher d’atteindre la rivière St- Jean et le Fort. Les Anglais ni les Bostonnais n’avaient encore pé- nétré jusque’là ; les sauvages y é- taient en force. Beaucoup d’Aca- diens échappés des navires, naufra- gés ou venus par terre ou par leurs propres embarcations qu’ils avaient pu soustraire aux Anglais, s'étant joints à eux, ileût été imprudent pour les Anglais d’aller les atta- quer, si ce n’est avec une forte di- vision et des canons. d Le valeureux chef avait eu tou- tes les peines du monde à retenir Jean Landry. À peine âgé de dix- huit ans, Jean est doué d’une force herculéenne. Habitué à la vie des bois, il connaît les ruses des sauva- ges, il s'oriente dans une forêt vierge, il sait quand une piste est fraîche, il reconnaît celle d’un ami ou celle d’un ennemi. Ila vu les soldats emporter son père, le pan- ser sommairement et brutalement avant d’incendier la ferme, et a- près l'incendie l’obliger de les sui- vre. Il marcherait sur leurs tra- ces, les tuerait en détail, dit-il au chef. Celui-ci s'efforce de le consoler. I1 lui conseille la prudence, le dis- suade de son projet extravagant. ‘Tu pourras tuer deux, trois peut- être de leurs soldats, lui dit-il, mais tu seras tué toi-même sans pouvoir secourir ton père.’ Le jeune homme se tourne alors vers les cinq ou six Acadiens res- tés valides, il veut les entraîner à sa suite. En terme touchants il leur parle de son père, leur rap- pelle sa bonté pour eux. Il les é- branle, déjà ils préparent leurs ar- dans les rangs par un feu de flanc. Jjmes, quand surgit le vénérable t si elle est privée de l'unique sou- FOR WATCHES, CLOCKS, JEWELRY, SILVERWARE, SPECTACLES à EYECLASSES, SCHOOL BOOKS, MAPS, PRATER BOOKS and STATIONERY, PIANOS, ORGANS and SEWING MACHINES Try LEONARD MORRIN SUMMERSIDF Alter the Xmas à New Year Holidays Are gone by. at M it ae NX After the Xmas and New Year holidays are passed everything re- lapses into quiet again, even trade becomes at a standstilll However we must not forget that lots of purchases which were contemplated du- ring this holiday and busy season could not be accomplished owing to the very bad condition of our winter roads. Now in accordance with the old saying ‘‘It is never too late to do good’ We wish to say to our customers in particular and the public in general : that we will expect them to come and fulfill their wishes. We do not boast, but we can show you as good an assortment of general merchandise as you will find in any country store in Prince County. 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L'abbé Joseph-Marie Melançon. tien sur lequel, après Dieu, elle|n,,i4 Psalmiste. puisse compter....Jean verse un torrent de larmes. Une détente s'opère : ilest vaincu, il restera, il veillera sur sa mère, sur ses frères et sœurs. Maïheur à l'Anglais, s’il ose approcher ! ( A Suivre) mour.—(5e partie) Thomas Chapais....A travers les faits et les œuvres. A.-L. Notes Biographiques. ILLUSTRATION | Nap. Savard....Robert S.-M. Stanley Weyman....Périls d’a- cial standing. Salary 821.00 weekly with expenses additional, all payable in cash each Wednesday direct from head offices. Horse and carriage furnisheu when necessary. References. Enclose self-addressed envelope. Colonial Co., 433 Dearborn St., Chicago. M:18.16 W Bouchette, portrait, Dans les annonces :—M, Lamb- kin, célibataire, a la recherche du plaisir, des amusements, de la santé et du bonheur. Prix de la livraison : 25 cents, MONTREAL, La cie de publication de la Revue Dh IAE OBTENLES PROMPTEMENT Avez-vonsune idée? 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