1 I755 wk; I763 --—-: Il apportait au roi et aux « Lords of Trade >> la nouvelle que la déportation des Acadiens était organisée et bien enclenchée en Nouvelle—Écosse. Il fut à même de témoigner que Charles Lawrence et Robert Monckton y avaient tous deux grandement con- tribué. On s'empressa alors de ré- compenser ces deux derniers en les nommant respectivement au poste de gouverneur et de lieutenant- gouvemeur de la colonie. Il est fort a parier que ces deux promotions Tel est le fruit des jalousies nationales, de cette cupidité des gouvernements qui dévore les terres et les hommes. - l‘abbé de Raynal. philosophefrançais. «v triste épitaphe pour un aussi lugubre événement ». selon Robert Pichette, Pour l'honneur de mon prince. p. 102 leur avaient été promises, si ceux— ci réussissaient à vider la Nou— velle—Écosse de sa population aca— dienne. Ce sera ensuite au plus haut représentant du roi en Amérique du Nord, le général Jeffrey Amherst, de superviser la déportation des Acadiens jusqu’en 1763. C’est sous sa responsabilité que se fera la dé— portation des Acadiens du Cap—Breton et de l’île Saint—Jean (Île—du-Prince- Édouard) en 1758 et le massacre du village de la Pointe—Sainte-Anne (Fre— dericton) en 1759. Lors de la signature de la capitulation de Montréal en 1760, Amherst s'objecta officiellement à l’arrêt de la déportation des Acadiens. En 1758, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse interdit, par une législation, à tous catholiques le droit PAGE 9 d’être propriétaire foncier et interdi- sait sous peine d’emprisonnement à tout prêtre catholique le droit de séjour sur tout le territoire des provinces Maritimes. Seuls les protestants avaient droit à leur religion et à des concessions de terre ou à l'achat de propriétés foncières.m La déportation des Acadiens de l’Acadie fut l’œuvre des autorités britanniques de la plus haute instan- ce. En conséquence de la déportation de 1755, les Acadiens passèrent de l’état de majoritaire a celui de mi— noritaire dans les provinces Mariti— mes. Si la déportation des Acadiens n'avait pas eu lieu, la population des provinces Maritimes serait aujour— d’hui majoritairement française, et les Acadiens n’auraient pas a dépenser autant d’énergie pour revendiquer leurs droits et les faire reconnaître légalement. theri d’ubnet.nb.ca IO Michel Bastarache. « Droits linguistiques et culturels des Acadiens de I713 à nos jours >>. dans Les Acadiens des il/laritimes. I980. p, 380. Ronnie-Gilles LeBIanc I; Le: En cette année du 250“ anniversaire de la déportation de I755. l'expression « Grand Dérangement » est souvent évoquée dans les écrits ou la publicité entourant la commémoration de cet événement. Mais quelle était. au juste. la signification de cette expression à l‘origine? La première mention connue du mot « dérangement », pour décrire les événements marquants de l’histoire aca- dienne du milieu du XVIIIc siècle. remonte à l’année I773, alors que des Acadiens originaires de Beaubassin, mais établis à Miquelon, se réfèrent au « dérangement des guerres » en évoquant des événements survenus en Acadie et dans les lieux d’exil des déportés, durant les années I750 et I760. Il apparaît clairement dans les documents où a 2» 2‘ E ' , mm » v7 «W I m’amw '«t‘vw As ' ë“ ’ililëgiëèlël’EIëëlsli est consignée cette expression. que celle—ci se réfère autant aux Acadiennes et Acadiens réfugiés à I’Île Saint—Jean entre autres. qu‘à celles et ceux qui ont été déportés. De plus. puisqu‘il est question « des guerres ». il est possible d’étendre la période du « dérangement » autant aux années précédant la déportation de 1755 qu’à celles qui l’ont sume. Avec le temps. de « dérangement des guerres », on est passé à l’expression « Grand Dérangement » qui ne se limite donc pas à un seul événement. en I’occurence, la dépor— tation de I755, mais également aux cinq ou six années qui l‘ont précédée et aux années qui ont suivi ce tragique événement. ngltlrzt'gI Q umonçton. ca U C’est une...tragédie... Une catastrophe! Malgré votre bonne volonté de vouloir garder les familles unies dans leur malheur, plusieurs ont été séparées àjamais... (Wlit’tworlh à Winslow. en allant ù cheval uu l’or! lz'tlwartl. I’isiguitl, rtuj.ll’imlsm‘, N.—É.. le 31 octobre 12:;5) — René Verville. lat-sauleth ïrand-l’ni, 2001.1). 413