Re D RÉ TR EL + Se RE 7 TP EN PR AL er Michel Perrin Le vrai peut quelquefois n'é- tre pas vraisemblable. —1l faut partir et partir le plus tôt possible. Je vois bien qu’elle a vendu sa montre sans w'en parler...Elle a beau tra- vailler du matin au soir, l’aiguil- le d'une femme ne peut fournir aux besoins de deux personnes. Ah !jaurais dû partir depuis longtemps !.....mais où aller ? sans argeut, sans famille, sans amis ! Ce monologue se débitaït en l'an V111 de la République, dans une petite chambre qui peut-être existe encore à Dijon. et qu’habitait alors l’ancien cu- ré d'un petit vollage dn dépar- tement de la Côte-d'Or. Michel Perrin, qui n'avait vécu jusqu’- alors que pour faire du bien aux hommes, prier Dieu et cu!- tiver le petit jardin de son presbytère, s'était vu arra- cher de l'asile où . ve- naient de s'écouler vingt-deux ans de paisible existence. Pri- vé du modique salaire attaché à ses fonctions, par quelques- uns des agents du gôuverne- ment républicain, et suspect à tous, le pauvre prêtre avait er- ré longtemps de village en vil- lage, tantôt pour recourir à j'a- mitié de plusieurs braves gens dont il avait acquis la reconnais: sance dans des temps plus heu- reux. Enfin, depuis un an, il habitait Dijon. Cetait là qu’il avait rejoint sa sœur, Madeleine Perrin, ia souveraine maîtresse de sa maison, et maintenant son seul appui dans le monde. Madeleine, en quittant Je presbytère, s'était rendue direc- tement à Dijon, où elle espérait retrouver quelques anciennes connaisances et vivre du travail de son aiguille. El'eavait réussi en effet à utiliser sestalents en couture au point de pouvoir am- plement à son existence ; mais quand le bon curé, cédant à ses instantes prières, fut venu oc- cuper l’une des deux petites pièces touchant au grenier qu'elle appelait son apparte- ment, Madeleine reconnut bien- tôt qu'un homme, encore dans la force de l’âge et de bon appe- tit, est beaucoup plus difficile à nourrir qu’à loger. De son côté, Michel Perrin en dépit des efforts de sa sœur pour lui cacher l'effet de son séjour chez chez elle, n’avait point tardé à découvrir la triste vérité. Dès lors il n'avait cessé de former des plans pour parve- nir lui-même à gagner quelques sous ; mais Madeleine repoussait avec énergie tout ce qui lui semblait contraire à la dignité du curé de N....... 11 avait fixé à la semaine sui- vante l'époque d’une séparation aussi douloureuse, lorsqu'un matin, MaGeleine rentra portent sur sa figure certain air préoc- cupé qui ne Ini était pas habi- tuel, mais dont Michel Perrin, livré à ses réflexions, ne s’aper- çut pas d’abord: —Quet malheur que Paris suit si loin! dit plusieurs fois Madeleine, sans s’apercevoir peut-être qu'elle parlait tout haut. —Pourqui cela, chère sœur ? dit-il. —C'est que je viens d’appren- dre une chose si étonnante, ton aucien camarade de classes, Eu- gène Csmus, revient ici avec une place de deux mille francs dans les droits réunis. —Une place de devx mille francs ! s’écria le bon curé. Tu fais bien de dire qu'il y a des! —Ce n'était, ma foi, pas la |réponds, répliqua le bon curé. | gens heureux, Madeleine, ajou-| ta-t-il en souriant : car je te don-|n’aurais pu te rencontrer dans ne ce pauvre Eugène Camus pour le plus franc paresseux et le pius parfait ignorant qui soit | À : , : de . jamais sorti du collège de Juil-| 1y. . —Aussi mourait-il de faim à Paris, depuis près de trois ans ; | | db RAM L’'IMPARTIAZI, JEUDI, LE 8 SEPT, 1898. mais son qu'un autre élève des Orato- riens, Joseph Fouché, dont tu mu" parlé bien souvent... —-Oh ! Joseph Fouché doit é- être un autre homme, par exem- pie. Je suis bien aise d'appren- dre qu'il vit encore. Un fin ma- tois ! vraiment ! et toujoars dans les premiers. Luiet moi nous faisions ensemble, comme on di- sait au collège ; il m'aidait pour mes devoirs, et, en revanche, Je me battais pour lui ; car j'étais un solide gaillard, et Joseph Fouché n'était pas fort. —Cela ne l’a pas empêché de se pousser dans le monde, je t'en réponds ! Il est ministre. ministre de quoi donc ? c'est é- gal ; il parait quon peut tout quand on est ministre ; et com- me son plus grand plaisir est de faire ia fortune de ses an- ciens camarades de classe... — Si j'étais sûr de cela ! inter- rompit le pauvre curé avec une vive émotion. J'espère qu'il vient d'en dor- ner une bonne preuve en pla- çant Camus comme je te dis, ré- pliqua Madeleine ; mais Camus se tiouvait à Paris ; il pouvait le voir et lui parier. Et pourquoi xn'irasis-je pas à Paris, Madeleine—s’écria Mi- chel Perrin d'un air résolu. Le pauvre curé se montrait si plein d'espérance dans le suc- cès de son voyage qu'il finit par en inspirer à Madeleine. Dès qu'il eût établi son domi- cile dans le plus modeste hôtel garni de la capitale, il apprit que Joseph Fouché était minis- tre de la police générale, que tous les minisires donnaient une audience publique une fois par semaine, mais qu’il fallait leur écrire pour obtenir une audience particulière. Comme c'était une audience particulière qu’ambitionnait le curé, il traça sans tarder la mis- sion suivante : “Michel Perrin prie son an- cien camarade de classe, Joseph Fouché. de le recevoir le plus tôt possible. 11 loge hotel du Soleil’, rue Mouffetard. S “Vale et me ama”. La semaine presque entière se passa sans que le curé réçut aucunes nouvelles du minis- ‘êre, qaand un soir le portier lui remit une lettre ; le cœur du pauvre curé battait comme il n'avait peut-être jamais battu. Après avoir décacheté d’une main tremblante, 1! s’approcha de la chandelle allumée dans la loge, et lut ces mots qui lui semblèrent écrits en lettres d'or : “Le ministre ue la police gé- nérale recevra le citoyen Michel Perrin, jeudi, 24, à une heure.” Ce jour venu, Michel Perrin etait avant midi dans les anti- chambres du ministère. Assis sur le bord d’une banquette, il préparait ses phrases, il s'effor: çait surtout de bannir cette ti- midité naturelle à ceux qui ont | vécu toujours loin du monde, ct (qu'augmentait encore la vue | d’un séjour où tout annonçait le | pouvoir et l’opulence. Pour s’en ‘hardir, il se reportait au temps du collège, et il s'était répété cent fois que Joseph Fouché a. | vait été son camarade de classe, | lorsqu'enfin on l’appela. | Fouché était seul dans son ca- 'binet, assis devant un bureau |couvert de papier. À peine eùt- lil levé la tête et attaché ses pe- tits yeux rouges sur celui qui venait d'entrer que prenant un air riant : peine de t'annoncer, dit-il, je la rne sans te reconnaitre. À cet accuei! amical, le pau- vre curé reprit tout son cou- rage. —Savais tu que j'étais minis- tre ? bonheur a voulu! —Et tu as compté sur moi ? reprit Fouché avec bienveil- lance. —Si bien compté, répondit le pauvre caré, qu'après Dieu je u'espère qu’en vous. Empioyez moi où vous vondrez, comme vous voudrez ; la misère ne rend pas difficile ; je ne recule devant aucune espèce de beso- {ne ; je suis résolu à tovt faire pour gagner du pain. —AÀ tout faire ! répéta Foaché un peu surpris : ainsi tu ne re- fuserais pas d’être employé dans mon ministère ? —Eh ! c'est tout ce que je de- mande ! s’écria Michel Per- rin, les yeux rayonnants de joie. La porte du cabiaet s'ouvrit et l’un des huissiers vint avertir le ministre que le premier con- sul le mandai aux Tuileries sur- le-champ. Fouché se pressa de rassem- bler plusieurs lettres, qu'il mit dans son portefeuille avec toute la hâto d’un homme qui craint de perdre une minute. —Et moi ! et moi ? dit le pau- vre curé, qui le voyais avec ef- fro1 se disposer à sortir sans a- voir rien promis de positif. —Tiens, dit le ministre en é- crivant précipitamment deux lignes sur uu petit papier, porte ceci à Desmarest, chef de divi- sion ; puis il ne fit qu'un saut de son cabinet dans sa voiture. A peine le curé eut-il pris le temps de lire ces mots: ‘“Des- marest emploiera Michel Perrin et le payera cher”, que, trans- porté de joie, il courut à la re- cherche du personnage qu'ils indiquaient, et, grâce à l’ordre dont il se dit porteur, ou l’intro- duisit aussitôt près du chef de division. Le citoyen Desmarest, qui iu. sembla heaucoup plus imposant que le ministre lui-même, vu qu'il n'avait pas été son cama- rade de classe, prit le papier, le ut, et, sans l’'engager à s’asse oir, lui demanda gravement si c'était lui qui se nommait Mi- chel Perrin. —Moi-même, citoyen. —Vous venez d'être jugé par un homme qui ne se trompe guère. Je vais vous inscrire sur la liste de mes employés ; vous aurez vingt francs par jour, et nous partirons de ce matin pour vous payer votre traite- ment. A ces paroles, le pauvre curé eut besoin de faire le plus grand effort sur lui-même pour ne point laisser éclater une sa- tisfaction difficile à décrire ; mais se contraignant :—1l] me tarde bien de me rendre assez utile pour justifier la bonté de Joseph et la vôtre, dit-il ; et s:' vous voulez m'indiquer tout de suite la besogné que... —Pour aujourd'hui, je n'ai rien à vous désigner particuliè. ment ; mails vo s viendrez me voir dans deux ou trois jours ; en attendant, vous allez courir la ville, suivre les promenades, les endroits publics, diner chez ies restaurateurs, surtout chez les bans restaurateurs. — Ah ! pour les bons restau rateurs, dit Michel Perrin en souriaut, ils ne me verront guère ; je les crois beaucoup! trop cher pour ma bourse, à en juger par l’empoisonneur chez qui je me uourris tant bien que mal. -Je comprends, répondit) Desmarest : je vais vous faire, payer une quinzaine d'avance. Cela veus suflra, j'imagine ? | —— Pour longtemps, je vous en | Si la première pensée du cu- ré, quand il se vit possesseur de | seconde fut pour Madeleine ; s ne songea point à diner avant | cette bonne sœur, et sans ro) fait partir sa lettre et la moitié — Parbleu ! { de son trésor pour Dijon. Alors, | léger de coeur et d'esprit, il ré- solut de suivre les conseils du citoyen Desmarest, et de jouir uu peu des plaisirs de Paris.— J'ai quatre bons jeu s devant moi jusqu’à lundi, se.dit il, ma foi ! je vais m'amuser un peu En conséquence, il se mit à parcourir la vilie. Paris, qui jusqu'alors lui avait semblé triste, boueux, enfumé, prit ont à coup un aspoct riant à ses yeux. Le lundi matin venu, Michel Perrin se rendit au ministère, un peu inquièt de savoir 81 le travail dont on allait la charger ne serait pas au-dessus de sa Ca pacité. —-Àh ! c'est vous, dit le cito- yen Desmarest ? Eh bien !...……. Qu'avez-vous fait ces jours ci? —J'ai couru la ville comme si je n'avais que vingt ans, ré- pondit gaiement le bon curé. —Tout était tranquille, j'ima- gine ? —AÀh ! parfaitement tranquil- le ! Tout le monde avait l'air de s'amuser autant que mel. —Les mécontents ; ne man- quent pas, cependant... —Oui, les mécontents; c’est ec que me disait hier uu pauvre diable avec lequel j'ai lié con- versation, sur le boulevard du Temple, et qui n’était, ma foi, pas content lui-même Le curé se taisant après ces mots : — Parlez toujcurs, parlez tou- jours, dit le citoyen Desmarest, qui rouvrait deux cents lettres l’une après l’autre en frappant du pied. Je vous écoute Quel homme est-ce, votre pauvre di- able ? — C'est un ancien garde du corps de monseigneur le comte d'Artois. — Et, ie bon royaliste du beu- levard vit de famée comme tous ses amie ? Il a des espérances très prothaines d'un sort plus heureux ? —]l en a beaucoup —Quai reposent ? Ah ! je l'ignore. ——Diable ! dit le citoyen Des- marest, qui surreillait princi- palemeat alors les royalistes ; mais au moins vous savez son nom ? —1l ne me l’a pas dit. Le chef de division haussa les épaules en souriant — Vous lui 2vez laissé voir que vous étiez trop malin pour Jui. — Bien au contraire, répliqua ie bon curé ; car je lui ai dit tout de suite que je n'etait pas fort. —Je commence en eflet à le croire, pensa tout bas Desmarest. Puis, se levant pour le congé. dier : — \llons, citoyen Perrin. con- tinuez foujours ; nous verrous lundi. Michel Perrin avait à peine refermé la porte du cabinet que le chef de division sonna et fit venir u de ses mouchards qui se trouvaient dans l'anti-cham- bre : --Suis cet homme en redin- gote brune qui vient de me quitter, lui dit-il. Suis le toute la journee, et viens me faire ton rapport demain matin. Jusqu'au soir, le pauvre curé ne put faire ni un pas, ni un geste, ne put dire un mot sans que l'habile surveillant dont on avait fait son ombre n’en prit note ; en sorte que le lende main, quand il reçut l’ordre d'entrer chez Cesmarest, ce der- nier savait un peu mieux que Ini même tout ce qu'il avait fait la veille. Pour le coup, pensait le chef de division, à moins qu'il ne . “ . | . . trois cents francs, fut à Dieu, la soit sourd, aveugle ou muet, il ne se taira pas celui dit-il, vous allez, j'espère, me parier de vo- d’avoir écrit quatre pages à !tre journée d'hier ? —Oh ! rien de neuveau, ré- pliqua avec simplicité Michel Perrin ; je commence à connai- tre tous ces endroits-là comme ma poche. —Faites-moi le plaisir de me toyen Perrin ? Chez un restaurateur dn Palais Royal, répondit le curé, que cette d'interroga- se surprenait au dernier point. —-Et après ? —— Après, j'ai éte prendre ma demi-tasse au café du Caveau. -—Et tandis que vous preniez votre demi-tasse, que se passait- il, je vous prie ? ——Mais rien que je sache. --Quoi ! vous n'avez pas re- marqué trois jeunes gens qui causaient ensemble près de vous, dont ja table touchait la vôtre ? Attendez, attendez, je me rappelle :1l y avait eflective- ment à côté de moi trois ou quatre messieurs. —Et ils disaient les volus grandes horréurs du premier consul, ajouta ie chef de divi- sion avec colère ; ils allaient même jusqu'à menacer sa vie ! — Quant à cela, je l’ignore ah- solument, vu qu'après avoir re- marqué deux ou trois fois que ces messieurs baisseient la voix quand je tournais la tête de leur côté, J'ai été m'asseoir à deux tables plus loin : je ne voulais pas avoir l'air d'écouter ;eur conversation, vous sentez bien. — Par ma foi, c’est trop fort ! s'écria Desmarest : quel emploi croyez-vous donc avoir au mi- nistère ? —Ah ! voilà, dit vivement le curé, voilà justement ce que Je espece voudrais savoir depuis quinze Jours. —Eh, morbleu ! vous êtes es- pion de poiice ! — Mouchard ! —Mouchard. dire où vous avez diné hier, + Michel Perrin en levant Îles épaules d’un a°r incrédule. _-Nou, sur ma’ foi; le culte est rétabli. _Tu recevras de mes nouvelles vant peu ; car, en attendant, je te conseille de retourner prés de ta sœur. Paris est pleiu de gens beaucoup trop malins pour {01 ; et comme il faut vivre, Continu Fouché en tirant d'un tiroir nn rouleau de vingt-cinq louis, prends ceci. —Non, non, point d'argent, dit le hon curé en repoussant la )main du ministre. —Prends donc! Tu n'imagi- nes pas, J'espère que ce suit une gratification pour les services que tu as rendus, dit Fouché en éclatant de rire ; c’est moi qui te le donne, pour toi, pour ta sœur. --A Ja bonn: heure, répondit Michel Perrin attendri. Je ne refuse pas le don d'un honnête homme. Fouché étouffa un soupir.— Adieu, dit-il, retourne à Dijon. L'année suivante, Michel Per- rin avait repris ses fonctons à NX%%, et Madeleine était rede- venne dame et maitresse du presbytère. Si Madeleine, un peu vaniteuse da sa nature, faisait remarquer à son frère, quand ils sortaient de l’église, que tous les paysans ôtaient leur chapeau :— Oui, oui, lui répondait tout bas le curé en souriant, les braves gens ne savent pas que j'ai été quinze joyrs mouchard, MADAME DE BAWR. FOR SALE To Let The undersigned offers for sale or to let the property lately occupied by the late S. F. Perry, Le curé sauta de sa chaise, les joues pourpres, les lèvres trem- blantes : Monsieur ! .—Mais ce in’est pas à vous qne j'ai à par- ler, dit-ii en sortant précipitam- ment du cabinet. 1l cournt à la perte du mi- n'stre. —Je vous prie de m'entendre nne minute, citoyen ministre, dit-il d'une voix altérée. Fou- ché, quoiqu’un peu surpris à la vue de cette figure renversée, reconnat parfaitem-nt Michel Perrin et lui permit de lu suivre. — Eh bien ! qu'estce ? de- manda-til dès q''ils furent seuls as{u douc découvert quelque conspiration, pour être ainsi hors de toi : —J'ai découvert que vous vous êtes joué d'un arwi d'en- | fance, répondit le bon curé avec un courage que lui donnait son ressentiment. — Que je murs si je sais ce que tu veux dire ! répondit Fouché en le regardant, comme pour s'assurer que celui qui lui perlait était dans son bon sens. — M'employer !...m'employer comme espion ! s'écria Michel Perrin. —-1i me semble que le scru- pule te vient tard, dit Kouché ; quand on est depuis quinze jours affidé à de la police... Est-ce que je le savais ! s'é- cria le pauvre curé. —Quoi !...vraiment, tu ne le savais pas ?...Tu le devines au- jourd'hui ? dit le ministre ; et, frappé Gn comique de la situa- tion, il partit d'un grand éclat de rire. : —Je ne l’aurais jamais deviné, répondit fièrement Michel Per- rin + votre homme v'ent de me | le dire. Fouché ne rit plus ; et s’ap- prochant de son camarade de classe :—-1] y a eu malentendu, Michel, dit-il en iui prenant la main, oublions cela et restons bons amis; d'autant plus, aujou- ta-t-il, que j'ai une excellente vouvelle à te donner, c’est qu’on va te rendre ta cure. Encore une plaisanterie ! dit 1 Pa PE mm À. l- A Tignish, consisting of one large dwelling house, suitable for | hotel, barn and other outbuild- ings. The house is conveniently sit- uated in the most central. part of Tignish, is heated by hot air and thoroughly finished pamp in the house. Possession given at once. For further particulars apply to J. A. Brennan Tiguish, P. E. I. Sept 1st. 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