- x. F 5 4 à nn 1: D + - 4: ‘ Éi | ê ee E Ë \ : | u 1 L | | 1! 1: i £ l | LL" LE ! : e j ; 1 | | | 5 ! ! | L : | : f « | fù > L’'IMPARTIAL ot rt Se mu e | LE DEPART = — —Décidénent, nounou, vons [on enverra Bébé chez sa grand /donc un peu ce qu'il y a sur mère avec la nourrice. Pour la première fois Yvonne prendrez l’express du soir, illva quitter son enfant. Dans le est direct jusqu’à Brest, Ma- dame de Bondres enverra sa voiture et deux domestiques à la descente du train, Vous ar- fond de son cœur il y a bien un quelque chose qui l'attriste. C'est à cela qu'elle songe peut- être, tandis que les femmes de riverez aux Bruyères sur lesi/chambre effectuent les derniers dix heures. —Bien, ma lame ja comtesse. |préparatifs du départ. L'ordre est revenu peu à peu — Vous m'adresserez un té-|autsur d'elle : les fraiches toi- légramme de Brest. A pportez- moi Btbèe sur les quatre heures et demie, lorsque je serai ha- billée. —Oui, madame la comtesse Et la nourrice sort de lélé- gant boudoir, meublé dans le goût oriental. La jenne comtesse de Saint- Genis part le jonr même, avec son mari, pour Montreux. Au- tour d'elle s'étale un fouillis de chiffrons soyeux aux cou- leurs chatoyantes. Chacun des meubles est encombre de robes; robes de bal, rodes de diner, robes de ville et d’excursion. Deux femmes de chambre, très affairées, se courent l'une après l’autre et entassent dans huit chapelières les innombrakles cohfichets de leur maitresse. Celle-ci somnole, à demi éten- due sur une chaise longue, di- saut de temps en temps à cel. les qui la servent : —{Comment ! ce n'est pas en- core fini ? Pressez-vous donc un peu pius |! et surtout n'oubliez rien. Puis, elle ferme les yeux et recommence son rêve inter- rompu. Voilà deux ans qu’elle est mariée avec le vicomte de Saint-Genis, un mariage tres “fin de siècle,” celui-là. D'un côté une dot princière suivie d’une jolie bionde de vingt ans, sachant parfaitement cau- ser, recevoir, faire dn ‘“fiafla” et de la toilette ; de l'autre, un, titre fort autheutique, un chà- teau féodal perdu dans un coin de la Bourgogne, de bonnes rentes sur l'Etat et-v> qui ne nuit pas—de la jeunesse, de la distinction. de la beauté même. Bref, un ménage assorti. Quant à amour, c'est un su- perflu fait pour les bourgeois, absolument passé de mode dans uu certain grand monde. S'il existe encore quelquefois, ce n'est plus qu’à titre de curiosi- é et d'exception. Depuis leur tendre enfance, Robert de Saint-Genis et Y conne de Boudres ont ét& 6-| levés daus ces principes. On leur a enseigné que l'inclina- tion éprouvée l'un pour l'autrs par deux êtres jeunes est une) chimère. très peu nécessaire au bonheur. Alors ils ont étonff: dans leur âme toute voix qui leur disait autre chose et ils se, sont mariés, non pour se créer nne famille, mais pour possé- der ensemble plus de cent mille francs de rentes. L'hiver, ils vont à Nice ; ils passent le printemps à Paris, daus leur hôtel de la rue de Lille ; l'été ils fréquentent les bains de mer, les villes d'eaux, les stations à la mode. Un an après son mariage. la jeune femme est devenue mère. Cette dignité nouvelle n’a rien changé dens son existence. De- puis quelque temps Bébé est un pen palie et le médecin à conseiilé pour elle J'air de Ja mer ; Yvonne a qu'elle irait à Moxmtreux ; elle doit v retrouver toute une, s9: mA.s décidé ciété de connaissance ; où ri- valisera d'élégance coûteuse. Yoiià trois mois qu'ell:se berce de cette liée. Après tout, Îa une femme très süre qui a é- levé B “bé ; Bou- vres est dans son château eu bord de la mer, non loin de Brest. Tout est jour le micux. nourrice est madlame de 11 est done convenn qre, D à pend ini le EX vays Fnon : lettes ont été emportées et em- ballées. L'entrée du comte tire la jeune femme de son demi- sommeil. | — Vous n'êtes pas fatiguée ? iditil en s'asseyant près d’Y vonne. , —Je le serai bien davantage | demain. Que c'est ennuyeux, mon ami, cette nuit en chemin ide fer! | ——Voulez-vous route ? : —Oh ! non, non, j'aime | mieux subir la corvée en une fois, on en sera débarrassé plus vite. Dites-moi, nous lonerons lune barque à Montaeux, Je |venx canoter. | —Je ne demande pas mieux, si cela vous fait plaisir. : —Le petit baron de Ciré est uu rameur enragé, il ma pro- his de m'accompagner souvent. Vous ne serez pas jaloux, je | pense ? | —Quelle idée ! N’ai-je pas en vous une confiance absolne ? } ——Vous avez bien raison. Et puis nous donnerons une fête | vénitienne sur le lac, c'est très “chic...” et des bals... Oh ! vous savez, il faut que j'on me voie là bas avec mes diamants. ——Tout ce que vous voudiez, ma petite femme, et dites après cela que je ne suis pas un bou mari. ——Oh ! mon ami, je vous dé. elare une perle. coucher en —— Alors, vous êtes honteuse ? | —Oui...…… comme ça. —-(juoi ? comme ça ? | ——Eh bien...aujourd'hui j'ai lecœur gros. J'épronve une sote de pressentiment en quit- taut ma fille. —Puisque vous la confiez a votre mère, elle sera aussi en sureté qu'avec nous. --C’est vral, mais je ne Ja verrai plus. . —-Ta, ta, ta, quelle petite sensitive ! 11 faut être de son imonde, mon enfant, et quand on vit dans une centaine situa- ‘tion on ne saurait penser comme une petite bourgeoise. ——Qui, oui, mais vous avez ‘beau dire, ce n'est pas dans Ja ua ure de quitter ses enfants. Voyons, Robert, cela ne vous cause pas de peine de songer qu'elle dira pent-être son pre- \imier mot tandis que nous ne | serons pas là ? — C'est vrai, je vous l'avoue franchement, j'en ai du cha- grin, moi aussi. Mais que vou- lez veus y faire ? I] ne faut vas ‘aller à Montrenx alors, et on doit convenir que le château de votre mère manque ld'agré- ment à la fiu de sept:mbre. —Ah! toutes ces ch2ses sont bien ennuyeuses ! .Décidement Robert, je crois que je ne suis pas faite pour vivre ‘‘dans Île train.” J'ai une âme roturière : si j'etais née ailleurs, chez mon coiffonr ou ma marchande de modes, je serais certainement la femme d'un bon patit com- merçant et...:..j'elèverais mes enfants moi-même. —0Out ! je ne vous vois pas du tout là dedans. — Qui sait ? Ce serait mieux peut-être. —Sarez vors que Chez 1ous on s'amuse beaucoup pus en apparence qu'en réalité. — Quel quelois, j'en conviens Cependant, voyons, que nous manque-t-il ? —Oh! rien … rien... Mais parions d'autre chose : à quoi »Mhhilosopher ? Je voudrais Svre pour me distreire | , e 4 | A < an à de fer. Regardez crois que j'ai du saug de bour-| No.155rue Ëe da5q Se Ses cette table à côté de vous. —1l y a...il y a...voilà.….ah voilà du Musset ! —Je le connais par coeur. —Gy? ? —C'est In et relu. — Zola ? —1l me dégoite. — Feniilet ? —Fenillet ! Tiens comment est-il là, Feuillet ? Eonnez moi Feu'llet, cela me rappelera ma jeunesse. Jadis, quand j'allais au cours, je faisais semblant de suivre avec aftention mes exer- cices de français et je lisais le “Roman d'un Jeune Homme Pauvre” sous la table, Je trou- vais cela bien amusant, pour- tant maman me disait que c’é- tait “vieux Jeu”, que c'était “rococo.” —Moi, au collège, j'appre- nais Corneille, il me paraissait superbe. Hein ! comme on change ! —Ah l'oui, on change! Je sentais tout autre quand j'avais quinze aus. ? —Et moi aussi quand j'en a- vais vingt. Je rêvais d'épouser une femme sans dot. —Nous nous ressemblions donc autrefois ? Je voulais un mari sans fortune, car je pensais que la mienne était suffisante pour deux. —Oui, seulement nous ne sougions pas que la vie est fa- meusement chère. —Oh ! ce n'était nullement pratique. On rêvait un petit ro man alots. —Un petit roman à la Feuil- let, n’est ce pas ? — Enfin, puisque ce .— n'est | plus à la mode...1l fact bien! être de son siècle. Au fond, il, 2'y a que l'argent de vrai. Si uous n'avions pas d'argent nous u'irons pas à Montreux. par ex- emple. | —En revanche, nous aurions | peut-être une autre manière! d'envisager la vie. | -La vie ? c'est nne comédie une frim?, une parade et, dans le fond, c’e.t creux, c'est vide. Ah! j; vais sonner nounon pour qu'elle conduise Bébé ici. | J'ai besoin de changer Je cours de mes idées. | Deux minutes après, la nour | rice apporte un paquet blaac.| tout brodé, d'où émerge une petite tête rieuse, blonde et. rose. | Î —Oh ! qu'elle a bonne mine, dit Yvonne! Mettez-la par ‘terre, sur le tapis, nounou, je la! garde quelque temps. | pouvez sortir. | La jeune femme quitte sa | chaise longue et le père et la | mère, unis pour un instant. dans nn même sentiment d'af- | fection, caressant tour à tour la petite fille. La mignonne leur. sourit ; elle leur tend les bras, puis, s’essayant à bégayer : Pa-......pa.....pa.….. balbu- tie-t-elle. Elle a dit papa, elle a dit. papa, s’écrie Robert joyeux, ivre d'orgueil paternel. —Oh !la méchante, fait la jeune femme ; son premier mot. est papa ! Robert, je veux qu’- | elle m'appelle maman, je le! veux. Si..si...et bien là...sil nous restions ? | —Rester ? y pensez-vous ? | Mais la villa est retenue à Montreux : nous perdrons notre location. | Hélas ! nons avons jeté) ; beaucoup d'autre argent par les fenêtres. | | —C'est sérieux, Yvonne, € que vous proposez ? | | —Mais oui. 11 vous amnse | donc bien ce voyage ? | | _—Pas précisément S:ulement Vous | | | | | | | |vous y teniez. | | J'y tenais j'y tenais... | Parce que….parce que-c'est être! ‘“‘dans ie mouvement” de pas- ser uue saison à Montreux... | Mais est-ce que cela fait le bon-! |benr ? Je vous le répète, je. geoise dans les veines, Non, chérie, ton sang est. noble : nohle comme les aspi- UNDERTAKING Tam stil in the undertaking business and am prepared to rations de nos âmes. Jusqu'ici, attend to all business promptly. 1 cary a large and weil as vois {u. nous n# nous connais- sorted stock of caskets and coffins in all sizes from 2 ft. to 6 ft sions pas nous-mêmes. 8 in., with mountings and trimmings to suit. À nice imported ‘ —Je le crois ; recommencons coffin. full siz : for $9.00. autre chose, dis, une autre vie. —Non, Yvonne, puisqu'il faut l'air de la mer à Bébé veux- tu que nous passions deux mois aux Bruyéres ? — Non, non. Allons quelque part, tout seuls. —En Bretagne ? En Norman: die ? —Où tu vroudras. coin où nous ne trons personne. ——Et après ? Ori nous cecher, où nous enfuir ? —Chez toi, en bien longemps ! —Et uous ferons man à la Feuillet. - Vrai, mon Robert? Mais a- Dars un connai- Bourgogue, du ro- lors ce n’est poins tout à faire passé de mode ? —Pas nos mamaus, qu'est-} ce qu'elles diront ? ——Et nos amis ? Ouf! auci bruit dans l'entourage ! On va nous croire fous... ——Et moi qui ne canoterai pas avec le petit Ciré. Tant J'aime mieux cela. ——Lst-ce que nous partons toujonrs ce soir ? —Certainement, il n'y a qu'à faire changer l'adresse de nos malles. -Sais-tu, Yronue, que ne sommes pas chics du aujourd’hui. -Oh !'je m'en moque ! MARIE RAOULX. pis ! nous tout J14d | 2 : 3 S “Ù — 4 © « œ r ir 3 î + 2 = rt | JS É ® © . oo arts Z = PE e © 9 EH ‘© D 3 3 Yi = E A d F : LP] 2 © zoo? “À = = = "a a €: FE © © ee RCE cm @ Q 22) ® @ | Æ ed cb à ë ass 3 £D ++ —s © a a — »* RDS E RO SC be nL2562v0s 8 qe £a [36200 © © D + © | 5 8 3e > œ ° @ je E > je B © = © SE. .e3° H #2: HE © L © 5 SE cs = < za D Ca | pe ET Your Stomach Distresses You aftercatirg a hearty meal, and the result is a chronic case of Indiges- tion, Scur Stomach, Heartburn, Dyspepsia, or a bilious attack. RIPANS TABULES Promote Digestion, Regulate the Stormnet, Liver and Boewels, Purity the Blood, and arc a Positive Cure for Constipation, Mick Henadache, Bil- iouspesgs, and all other Diseases arising | from :: disoräcred condition of the Liver and | Stomach. 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