esmne PE POUR : | La Mineralogie PAR A. DOIRON, INST. pas l'anglais quand je lis l’'ImPaR- TIAL. C'était pour dire que je ne voulais pas que l’on me dit adieu après m'avoir fait passer pour un ignorant, un arrièré, etc. Voilà} notre inspecteur des écoles aca-| diennes aux abois. Il dit que mes paroles sont de mauvais goût et il s'en sert pour me répondre. Et enoore il me dit adieu en anglais, dans la belle langue anglaise, et de plus il lui faut changer bout pour bout la belle phrase ‘‘au revoir but not Good-bye’’ et en faire ‘‘Good Bye but not au revoir’. Est-il au monde littéraire rien de plus en- fantin que de pareilles transforma- tions? Du goût ! Quand nous n'aurons que des spécimens sem- blables à l’adieu de notre inspec- teur, ilne sera pas étonnant de trouver du mauvais goût chez les instituteurs de campagne. Je cro- yais avoir affaire à un homme qui respecterait mes pensées et im’ac- corderait au moius l'attention que l’on doit à un coucitoyen. Il ne veut me répondre. Il appelle à son secours le vaillant sénateur de la province voisine qui connait au- tant de nos circonstances scolaires .que je connais de jurisprudence. Mais nous parlerons d'eux séparé- ment car l’un où l'autre pourrait se trouver en mauvaise compagnie, quant au matières scolaires, je veux dire. Premièrement. M. Arsenault nous écrit pour dire à M. A. Doi- ron que les instituteurs peuvent se procurer des minéraux en échan- tillons, sur demande faite au dé- partement d'agriculture. M. A. Doiron, qui voudrait bien avoir des spécimens de minéraux, fait une demande selon ces instructions et on lui fait savoir que le départe- ment d'agrioulture ne s'occupe pas de minéraux. - Première folie. Le département de l'intérieur s'en oc- cupe et le géologue lui dit que les spécimens de minéraux ne sont ja- mais donnés aux instituteurs ou aux professeurs mais seulement aux institutions où la minéralogie est un sujet régulier du cours d’é- tudes. Deuxième folie. Et main- tenant M. Arsenault se charge d'obtenir des spécimens pour l’é- cole du Village. Sa première fa- daise est envolée et il en présente une autre. Jene doute pas qu'il soit plus puissant que moi auprès du département géologique, mais je ne pourrais enseigner la minéra- logie car je n’ai pas, moi, le don d'enseigner ce que je ne connais pas. Il faudrait aussi bien me de- mander de donner une leçon de grammaire française devant la con- vention d'instituteurs. Voilà tout ce que j'ose dire par rapport aux instructions de M. Arsenault. J'ai demandé des spécimens et je ne les ai pas reçus. J'ai parlé assez au long de l’inu- tilité des sciences minéralogiques oomme principe éducateur pour J’snfance. J'ai cité les paroles de l'évêque Spalding mais M. Arse- aault les dédaigne. Pourtant il, mérite l'attention du monde en- tier. Que M. Arsenault relise le numéro pour février du P.E. Is- land Magazine et il y verra les o- pinions de ses confrères inspec- teurs. Tous s'acçordent à dire que le cours d'étude comprend trop de matières. M. Arsenault, aussi bien que M. le Sénateur Poi- rier, semblent se moquer de moi parce que j'attache tant d’impor- tance à la calligraphie, à l’histoire canadienne etc. Ilest des inspec- teurs d'école qui ne demandent ja- mais une question d’histoire cana- dienne aux élêves ear ilse disent inoapables de le faire, mais ils sont prêts à les faire courir chercher une pierre pour leur dire que c’est produisit pas de fruit.” rier. mon meilleur. Jen’ai jamais vu, les murs d’un collège français. Puisqu’il faut parler comme on le peut je dirai ceci. M. le Sénateur nous fait comprendre qu'en con- uaissant la minéralogie nous fai- sons un pas vers l'étude de la sci- ence agricole. Mais c'est trop que d'aller commencer si loin. Ib est des hommes dans notre pays qui peuvent faire des lectures en science agricole et qui ne savent guère cul- tiver leur terres avantageusement. En théorie c'est bien de commen- cer par étudier tous les éléments mais en pratique il vaut mieux ap- prendre à faire usage de ses mains, de son énergie physique, de ses moyens d'instructions et d’obser- vations dans l'opération actuelle que de s‘enfermer entre les quatre murs d'une école avec quelques pierres et une bouteille d'acide. J'ai toujours maintenu que nous négligeons l'agrioulture, Je lisun journa! agricole. Je parle à mes élèves des animaux de la ferme, de leur nourriture, des soins à leur donner etc. et des graines que le département d'agriculture envoie aux oultivateurs et je crois avoir mieux fait que si j'avais dépensé autant de temps à parler d’une roche. Voyons à ce que M. le Sénateur dit du département géologique où l’on ne trouvait pas de français. Il ne prétend pas assurément que je pourrais, par exemple, enseigner la minéralogie à un élève pour le mettre en état d'entrer au service du pays comme géologue. Et si un jeune homme veut se présenter comme tel il doit entrer au collège et faire des études. Le sénateur ne savait-il pas qu'if fallait être sa- vant en géologie avant que de se présenter pour remplir les fonc- tions de géologue? Cela me rap- pelle l’histoire de la vieille qui de- mandait à son curé de faire un prêtre d'un de sesfils, car, disait- elle, c’est si beau d’avoir un prêtre dans sa famille. Eh bien, lui dit le bon curé, au- riez-vous un fils qui se sent appelé au sacerdooce ? Sont-ils bien ins- truits vos enfants? Pas beaucoup, reprit la vieille, mais Camille sait bien son catéchisme et ïil écrit toutes nos lettres. Mais il faut plus que cela, lui dit le saint homme. Vous êtes bien exigeant, mais pour me plaire, faites vous en un vicaire seulement, car c'est une in- justioe à me faire que de ne pas faire un prêtre dans ma famille. Si les acadiens veulent être repré- sentés au département de géologie, illeur faudra faire comme pour leur avocats et leur médecins : les faire entrer au collège. KEt M. le Sénateur doit savoir que les uni- versités enseignent la minéralogie à ceux qui doivent étudier les ssi- ences pour devenir ‘‘magister ar- tium,‘‘etc. Mais s'il allait par ex- emple demander à un professeur de l'université Laval d'enseigner la minéralogie aux enfants, il ne se- rait pas du tout drôle qu’on lui at- tribuât au moins un peu de folie, sinon le malhonnêteté. La lettre de M. le Sénateur m'a fait trem- bler d’abord mais, lecture faite, je me suis remis un peu la tête et j’é- cris somme je le peux- Je connais le mérite de l'honorable monsieur. Ses intentions sont bonnes, mais je crains qu'il ne veuille exiger de nous plus que nous sommes en me- sure d'enseigner. Chez nous, nous n’enseignons qu’à demi beau- coup de matières. Et quand nous ce n’est que pierres et minéraux lune position aussi maigre que celle | ‘‘sur quoi la semence tomba et ne|de n'être capable de dire deux mots pour se justifier ? J'espère que je Quelques amis bien intentiou- |suis le seul qui à fait la folie de de- }més sans doute m'ont dit de ne pas |mander des spécimens de miné- Je disais que je ne Eee me mesurer avec le Sénateur Poi-;raux. J'étais si certain de les S'ilest aussi courtois quefavoir que j'avais déjà choisi une j'ose l’espérer il me pardonnera le | place pour les mettre et je les avais style grossier que j'emploie, c'est |promis aux élèues. Eh bien, je ne donnerai pas de noms à M. Arse- nault car ce serait de mauvais goût. De plus, ilest comme le reste ce mortels, un peu sensible aux mor- sures, et il serait trop pénétré de la peine qu’il m'a faite en me nom- mant farceur, Je ne veux pas qu'il s'en repente. Je regrette, mais seulement à cause de li, que j'aie eu à parler aussi franchement. A. DOrRoN. Ce 27 fev. 1901. 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