Jr 1 lt Sn nm | ——…….— PT — un, RTS ae nn. r EC LA 4 hs .s © pu " ete UC LUE 7 US ON } A e mn..." ET Union RASE: =? ©/ | — ait la For er as re Er ns 4 PP Ps Di ue . PEL nt mer anna cruiser anna LU Mr + Pau D Re MC ER * — ps Ü D 4 pes RS n à 1 ww Moscier À 3 — TR | sh YA LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. “tt : F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 3. NO. 34 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 1 OCT. 1903. 1 ANNEE FEUILLETON DE L'IMPARTIAL & L'AVENTURIER MALGRE LUI. RISARIRIRI RIRE RIRIRIRIRIRIRERIRIRIU RS Michon, la bouche pleine, essa- yait encore de rire. “Voilà, dit-il, un foie gras bien- faisant, mais qui va nous forcer à humer le piot. Un verre de vin, en premier lieu, n'est-ce pas, mon oncle ?’’ Et il saisit une bouteille. M. Ellis avait eu l'attention d’a- jouter un veire aux provisions, Claude l’emplit, et le tendant à sa tante : ‘‘“Buvez la première, madame, ‘‘ lui dit-il en soulignant sa politesse d’un aimable sourire Il allait même ajouter quelques paroles folâtres, quand son bras s’ar- rêta. Le regard fixe, il resta la bouche entr'ouverte et sur son vi- sage qu'éclairaient vaguement les les derniers reflets de l'incendie, on put voir une contraction de tout ses muscles. ‘““Regardez! regardez! ‘‘ dit-il, la la gorge serrée, en désignant de la main gauche qnelque chose d’’hor- | rible rans doute, car on le sentait | trembler. Tous jetèrent les yeux vers le point qu’indiquait Michon, et l’on vit en effet un spectacle affreux. Sur le fond rouge de l'incendie : se détachait en vigueur, comme | une apparition infernale, houette d’un cheval qui galopait, fou de douleur et d’effroi, dans les champs où venait de passer la tour-' mente de feu. Sous les quatre pieds de la vail- Jante bête éclataient, à chaque bond, de; tisons à demi-consumés. Des milliers d’étincelles jaillissaient àce contact, et la flamme renais- sait, avivée par la secousse et par lecourant d’air que produisait en courant le cheval éperdu. Pour comble d'horreur, sur le dos de l'animal, dont on devinait le martyre, ily avait un être hu- main ; une femme. La malheureuse ponnée au cou de sa mionture, qu’- elle devait serrer désespérément pour ne pas tomber sur nn lit de charbons ardents, et sa tête se con- fondait avec celle du coursier, qui tendait ses naseaux vers le ciel, le plus haut qu’il pouvait, cherchant l'air pour reprendre haleine au mi- lieu de la fournaise. Dire l’effroyable vitesse de cette course diabolique est impossible. Ja bête etla femme passèrent, cruelle vision, et se perdirent dans le loiutain, comme s'ils se fussent enfoncés dans un brasier. Les quatre voyageurs, semblaient changés en Claude avait toujours la main ten- due vers l'horizon, on eût juré que quelque puissance inconnue l'avait pétrifié. |! / | l la sil- s'était cram: muets, statue. | L’oncle emballa silencieusement les | Toujours muets, Martin, sa femme, se sentaient comme fracassés par le | les nuits passées à la belle étoile, 00000000€ la lueur en vînt jusqu’à eux, ils se trouvèrent ensevelis dans les ténè- bres, sans songer à continuer leur repas, sans peut-être la conscience d'être ensemble et d’avoir assisté à cet épouvantable spectacle. Le premier mot qui vint rompre ce silence fut prononcé par Mme Martin, dont la voix sonna mécon- naissable. ‘C’est nous, c'est nous qui les avons enveloppés de feu !”” dit- elle. Puis un sanglot s’échappa de sa le cerveau plein de l'épouvante ressentie à un sihaut degré, refit vingt fois le même rêve. Tou- jours il revoyait passer sur le fond de l’incendie la bête apocalyptique. Cela glissait, point noir vertigi- neux, dans un nuage de fumée et de sang. L’horreur dece spectacle était augmentée par les fantasmagories qua les songes ajoutent aux sou- venirs de la réalité. C’est ainsi que les jambes du cheval semblaient se tordre humai- gorge. Les nerfs tendus à se bri- ser, elle crut qu'elle allait mourir là, de ce qu’elle avait vu. ‘C'est nous !’’ répéta Claude, sans ajouter un mot. Quant à l’oncle, il ne retrouvait pas la parole. XVIII Lorsqu'à la fin les quatre compa- gnons de route se ressaisirent, il ne fut plus question de manger. provisions, et nul ne protesta. Michon et Boubou se préparèrent au repos. Déjà éreintés par li rude jour- et reprenait son rêve, qui recon: née qui s’achevait dans ce noir, ils dernier et terrible épisode dont le spectacle restait obstinément dans leurs yeux. Claude ne marmottait plus. Son âme s'était élevée à des sommets inattendus. le sol, à la place même où ïilse trouvait, et appuya sa tête sur son bras recourbé, Martin et Annah Billenbrock en firent autant. Ce fut alors que, pour la pre- mière fois ‘depuis une heure, une voix se fit entendre, celle de Bou- bou. Le petit nègre qui, probable- ment, connaissait, par expérience, s'était éloigné de quelques pas, s’engageant sur les cendres encore tièdes qui entouraient le campe- ment, et, les balayant sur un es- pace de dix mètres carrés, il fit place nette. ‘“Mistress Martin, dit-il alors, il vaudrait mieux se coucher ici. — Pourquoi ? demanda briève- ment la Présidente. — Parce que la terre en cet en- droit est tiède, et qu’on n’y pren- dra par la fièvre.”’ Bien qu’il y eût lieu d’admirer le bon sens pratique du boy, on ne répondit rien, mais chacun chan- gea de place sans hâte et vint s’é- tendre sur la partie du sol préparée par Boubou. ‘Ici, ajouta ce dernier, tout le Martin, la face inondée de sueur, vacillait. Annah remuait les lè- vres, croyant murmurer. une prière. Boubou, cataleptique, ouvrait des yeux dilatés par une horreur immense . . .. La vision s'était évanouie depuis un quart d'heure, que personn*, dans la petite troupe, n'avait trouvé le courage de dire un mot, de pous- ser une exclamation. L'immobi- lité de ces quatre malheureux n’a-| vait pas cessé. Et comme le foyer de l'incendie monde peut dormir sans crainte. | Il n’y a pas de danger que les bé-! {tes viennent nous déranger. S'il y en avait aux alentours, elles sont ? loin ou mortes. —Tu as raison,” dit simplement Claude, qui se coucha de uouveau. Le sommeil, comme on pense, ne vint pas tout de suite, mais la fati- gue était trop grande pour qu’il ne vint pas du tout. A onze heures, quand la lune, près de son dernier quartier, se leva, tout le monde dormait. était maintenant trop loin pour que COR NE om D 2 ie ie mg pe gps ose ges" à » nement, comme les memres d’un désespéré, mais ce qui rendait le sommeil de Claude plus doulou- reux, c'était ia vue dela femme emportée et disparaissant dans la pourpre de l’embrasement. FOR DIARRHOEA, DYSENTERY, COLIC, CRAMPS, PAIN IN THE STOMACH, AND ALL SUMMER COMPLAINTS, ITS EFFECTS ARE MARVELLOUS, IT AGTS LIKE À CHARA, RELIEF ALMOST INSTANTANEOUS, Elle aussi se tordait dans l'impla- | cabilité de son supplice. Elle brû- | lait vivante, et de sa gorge serrée | partait un cri strident, immense, | emplissant l’espace, semblable à ces | clameurs qu’on entendait, dit-on, | jadis dans les villes prises d’as- saut, et dont l'accent portait la glace dans les cœurs. Le pauvre garçon se réveillait à moitié, sûc combait de nouveau à l'épuisement mençait, impitoyable. Toute la nuit se passa de Ia sorte Nil’un ni l’autre des dormeur: n’éprouva une sensation de froid, quoiqu'ils fussent assez légèrement A | vêtus. | ! | Quand le soieil se leva, tous res-! Ii se laissa tomber sur|tèrent plongés dans la torpeur d'un sommeil de plomb, | Ce fut seulement vers huit heu-| res que leurs membres, déjà dns | reusement chauffés par les rayons ardents de l’astre diurne, retrouvè- rent un peu de souplesse, Ils s’étirèrent l’un après l’autie et bientôt se trouvèrent debout. ‘Mes amis, dit l’oncle, nous a- | vons été cause d'un grand mal-! heur peut-être, mais il faut avoir | l'énergie de lutter contre ce souve- | nir diabolique ; mangeons, car il! nous faut ces forces pour trouver | notre chemin, et partons avant que | la grande chaleur ne soit devenue insupportable. Ils roulaient depuis une heure, | au moins. À droite, à gauche, devant eux, toujours des cendres. Non seule- ment les ravages de l’incendie s’é- taient étendus jusque-là, mais pou- vait-on savoir quels effroyables malheurs en résultaient à cinq lieues, à dix lieues, à vingt ? Avec ces suppositions, ce qui les hantait sans répit, c'était le souve- nir de la femme. Boubou, une fois, dit tout haut, comme s’il ré- pondait à une suggestion : ‘Un fantôme !...” Puis le silence se rétablit, na- vrant. Michon transformé, ne se res- semblait plus. En dépit de son affaissement, il y avait dans tout son être quelque chose de résolu, de plus viril. De- pis la veille au soir, aucune récri- lèvres. Il ne se disait même pas : à quoi bon ? Sa résignation intermittente des jours précédents avait disparu. Pour lui, et inconsciemment sans Quelle nuit, cependant ! Michon, doute, la vie était faite de ce qu’il 34 Pleasant, Rapid, Reliable, Effectual, EVERY HOUSE SHOULD MAVE IT. ASK YOUR DAUGGIST FOR IT. TAKE NO OTHER, PRICE, - 365c, Pape Pie X. 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Courageuse ou poussée aux extrémités les plus folles par son désespoir, n’av ait- elle pas voulu fuir ses persécu teurs ? On voit l’enchaînement : ayant pris ou acheté un cheval, elle s'était é- lincée au hasard, allant droit de- vant elle, poursuivie férocement, selon toute apparence...Et elle était tombée dans cette mer de feu... La sueur lui tombat du visage par goutt:s énormes. Il se révol- tait. Curieux contre le destiu, que, maintenant, il se sentait prêt à combattre jusqu’au bout, il pous- sait des grognement indistincts. C'était son cauchemar de la nuit qu’il continuait tout éveillé. L'oncle et Annah s’aperçurent du travaii singulier qui se faisait dans cette cervell:. Pour l'arra cher à l'obsession, le vi-liard prit la parole : ‘Nous declera-t-11. passer la grosse chaicur. — En attendant, ajouta la Biilen- rouleronus jus u'à midi, nous laisserons Puis mination ne lui était montée aux! brock, no 1s re voyons rien qui res- | | semble à une rivière. Cette plaine |est donc sans fin ?’”? | Très posément, Claude dit à son | tour | ‘““Jlne faut pas nous abuser. | (Suite à la 8me. Page) | J. H. Myrick & Co Importers aad LDealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOE* FINE GROCEKIES And Fi: u1ing Supplies AT TIGNISH: and A LBERTON We have just opened a tull ano complete stock oi NEW GOODS. We are prepared to supply the wants of the farmer, fisb- erman and mecha- nicC We invite in- tending purchasers to give us a cal, and they will fing we can meet al competitors, and save to them th: trouble ana và\- | ' | | | | pense of soing t Summerside O7: | ‘Charlottetown. «Dr. Murphy PHYSICIAN AND SURGEON TION. ii DE JE WYATT. SUCCESSEUR DE HODGSON & WYAT AVOCAT, NOTAIRE, etc. Solli- citeur pour les Nova Scotia et Summerside Banks — ARGENT À PRÊTER — Bureau : Au dessous de Clifton House SUMMERSIDE, PNR MeQuarrie & Arsenault Avocars, NOTAIRES, &C. Summerside, P. E. I. ! (Bureau au dessus du Royal Bank of Canada) ARGENT A PRETER Neil McQuarrie, K. C. 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