dans un travail ingrat du jour ot de la nuit. Et ce n'est pas iles, qu'en Angleterre seulemeat où CONTE DE NOEL, ces mélancoliques victimes pour- ralent chanter la “Chanson de S ee la chemise” ! cette lugubre mar- est la veille de Noel, Déjà seillaise des pauvres coutu- la nuit boire enveloppe la ville. |rières, dont le premier, Thomas Le froid est intease. Le vent du) Hood, sut chanter les souf- nord souffle avec rage. Seconés|frances. Jusque dans leurs racines, les arbres craquent et le givre tombe de leurs branches dé- pouiilées. Leurs rameaux nus, qui se penchent en tout sens fouettés par la bise, semblent autant de spectr:s sombres se li- vVrant dans Jes airs à leurs danses macabres. Aussi, on le conçoit, les passants sont bien rares dans les rues, et au pre- mier coup d'œil on pourrait croire la ville déserte et le fau- bourg inhabité, si de sourdes rumeurs qui vieunent de l'inté-|lier, autant pour subvenir à ses rieur des maisons ne disaient propres besoins et à ceux de que la vie, bannie an dehors, est l'enfant, que pour payer quel- réfugiée au dedans, dans la ques dettes de son mari. Car douce chaleur des foyers. l’humble et donce créature te. | Non, ce n’est pas le vide et la | nait à faire honneur au nom que mort ; NOUS pourrions même |lui avait laissé le regretté com- dire que rarement la vie a eu! pagnon de sa vie. Et ainsi, pièce plus d'intensité. Toutes les che. | à pièce, ils s’en étaient allés les minées fument avec entrain. Kt |jolis meubles, qui jadis faisaient quand les portes s'entrebaillent | le luxe et Ja gaité de la maison- à la hâte pour se refermer bien |rete. Et l'avenir s’annoncait vite, on entend les sons de pia- | plus sombre encore : elle était no et de violon, des causeries a- en retard pour plusieurs termes nimees que dominent des voix | de loyer, et le propriétaire exi- joyeases d'enfants. Les chers pe-|œeant menaçait de les expulser tits sont dans l'attente des | tous deux de cet humble logis, bonnes choses de demain, et pas |si on ne le payait pas. un n’oubliera ce soir, avant de | fermer l'œil, de laisser un mi-| gnon soulier près de la cheminée, | tous vont s'endormir en souri- ant au petit Jésus qui va passer avec ses cadeaux. Age privilé- Les Petits Geles * Elle a les yeux rougis par l’insomnie, Déja la fatigue a roidi ses dix doigts, Les traits ridés et la face jaunie ; | Près la lucarne et sous les toits, Faisant courir le fil d’aiguille, Une femme cousait, cousait : La faim Ja tord, le froid mord sa (guénille ; Quand son métier cependant se (taisait, Elle chantait, a son malheur soumise, La ‘Chanson de la chemise !” Et la veuve, elle anssi, cou- sait, cousait..…...Mais les misé- rables sous qu’elle gagnaïit ainsi ne suffisaient pas. Elle avait dû vendre une partie de son mobi- Hélas ! ce soir-là, qui appor- tait tant de joies ailleurs, la mi- |sère était arrivée à son combie. | Depuis plusieurs jours, l'ou- |vrage avait mauqué, et Ja veuve gié où l'espérance enchante D nee » 7 _— : ; - . |sonne. Dans la froide mansarde, l'âme, pius encore que la réali-|;] ue restait plus qu'une misé- “, où l'on jouit pis de _ qu'on | »able chaise, le lit de la mère et réve que de Dati À de vs Free. | la couchette de l'enfant. Le der- Pariout ns des odeurs déli- |, jy morceau de pain, le petit cieuses de volailles rôties et de | pyvait mangé avant son cou- savoureuses pâtisseries. cher ! Et, depuis le matin, la Bref, partout dans les familles, | veuve était à jeun, faible épui- en ville et au faubourg, partout | see, souffrante dans son corps, le bonheur, partout ia gaité et | agonisante dans son âme. La der- la joie. iuière bâche se consumait dans Hélas ! non point partout, ce-|l’âtre, elle allait bientôt s'étein- pendant. Une pauvre petite|dre, et la bise glaciale déjà se maison fait exception à J'ailc- | faisait sentir à travers les fentes gresse générale, tâche d'ombre | de la cambuse lamentable, d'au- dans ce faicean de lumiére.|tant plus que deux carreaux C’est là-bas, tout au bout de ja |"”anquaient aux croisés et que ville, dans le quartier le plus|le propriétaire avait refusé de pauvre. Une maisonnette à l'air|les faire réparer, tant qu'il ne se- minable, donne sur la campa-|ralt pas payé. gne. La misère et le deuil y! La pauvre femme était là, ad- sont entrés, depuis six mois. |s0rbée dans ses tristes pensées. C'est la demeure d’une panvrre|Oh ! que la vie était dure pour veuve, bien jeune encore. Son |elle ! et que serait-elle pour son mari, brave et loyal garçon, qui |enfant, son Jean adoré ? Mais l’aimait de tout son cœur et |elle était chrétienne, elle se sou- qu'elle aimait seul au monde, €’ mettait à Dieu, une fervente tait mort au mois de juillet der | prière jaillissait de son âme meur nier, victime d’un accident à l'a |trie, iaissant du reste su divin me|protecteur des abanloanés, le "oO telier où il travaillait. Com £ . g | » : 1 » d habitude, le patron avait été|choix des moyens par lesquels or di d “121 : St s nn à exonéré de tout biâme, j'acci- {il daignerait soulager son im dent ayant été imputé à l'im-|menss misère. rudenuce de l'onvrier mais,! Le petit Jean, encore accoutu- sans vouloir isdemuiser aucune-{mé aux douces surprises que ment l’hamble famille privée | permettait la modeste aisance de son chef, il ava‘t donné quel-| d'autrefois, avant de s'endormir, ques piasires à ia veuve, ci pai- avait laissé son sabot dans le fo- tout on avait exalté sa généro | yer. Pauvre bebé, qui souriait à sité ! la vie, il ignorait, lui, les affres Ah! certes, tant que ‘“son | de l'indigence : il avait même homme” avait été là, son travail | dit, daus un caudide sourire : avait apporté un peu de joie et —N'est ce pes, maman, que le donné un petit air d'aisance à petit Jésus visitera mon sabot la pauvre maison, Et mainte- un des premiers et y mettra de nant, la veuve était seule, seule | belles choses ? car petit pére, ui est avec lui, le lai dira ! L'IMPARTIAIL,, JEUDI LE 8 DECEMBRE, 1898. hit la cabane. à peine dissi-1figures blanches, mains blan- r. Dés par lee obles ravoue de la lches leurs pioda blancs etit lu A LBERTON HEADQUARTERS lune. Alors, n’en pouvant plus,|semble voir flotter sur leurs pe- la veuve vient s'asseoir près du|tits corps comme une blanche petit lit de Jean. Elle l'embrassa | robe de neige. Son Jean, son For STYLE, VARIETY and VALUE en sauglottant, elle l'étouffait bien-aimé Jean, est aussi bianc de ses baisers, et lui bercé dans |que ses compagnons... un songe enchanté, balbutait jo- yeusement : —Maman !.....petit Jésus !… Le froid grandissait dans ia chambre silencieuse, c'était comme une vague montante, qui engourdissait les membres de la pauvre mère et ceux de l’enfant endormi. Hélas elle le sentait venir, ce courant de mort. elle frisonuait sous ses é- treintes mordantes, et déjà elle ne pouvait plus guère réchauffer en ses bras, à peu près glacés, le petit Jean, lui aussi, tout transi, tout grelottant de froid, sans que ce souflle meurtrier l’eût ti- ré de son sommeil. Et alors, elie se pencha davantage sur Ja pauvre couchette, et il lui sembia que teus deux ils al- laient ainsi mourir, par cette froide nuit de Noel !...Ah ! tant mieux, ce serait la fin, ce serait la délivrance !...…… Mais voici que soudain elle tressaille d’une indicible joie... Dieu !'est-ce une réalité bénie ou bien une décevante téerie ?.…. Elle voit une grande lumière, bien blanche et bien douce : cette lumière l'enveloppe de sa gloire, et, sans éblouissement, verse la candeur de ses rayons dans les yeux dilatés par l’ex- tase. Les murs dénudés de la froide masure ont disparu com- me par enchantement ;et Ja veuve se voit transportée dans Et il sembla à ja pauvie mère une merveille de palais, ou plu-| qu'elle tendait ses brasaux An: tôt dans une immensité delges qui descendaient Puis splendeurs, dont les rayonnants elle ne vit plus riex, n'entendit | plus ri Sa té , espaces, en haut et en bas, sem- plus rien...Sa tête retomba su blent se perdre dans l'infini. Et, S02 petit Jean, aussi froid qu'el- c'est comme une douceur repo- | le... sante qui passe dans tout son Et ce fut le grand sommeil. corps, une délicieuse sensation} Le matin, des voisins charita- de bien être et de calme pénêtre bles qui entrèrent dans la pau- tous ses membres engourdis. | re maisonnette apportant spon Bientôt elle voit—oh ! alors|tanément leur aumône de Noel son cœur maternel bondit de | à la malheureuse veuve, la vi- joie !—elle voit son petit Jean, | rent étendue sur son petit en- que, depuis le début de cette é-;fant, tous deux froids et blancs tonnante transformation, elle tons deux morts gelés. Et les chorchait d’un œil anxieux, elle| cœurs se serraient à la vue de ce le voit, lui aussi dans la lumiè-| drame insoupconné de la mi- re, lui aussi dans l’immensité |sère paradisiaque. Oh lil est bien] Mais en regardant mieux le beaux, bien joyeux, mêlé dans cadavre roidi de la mère, on vit une grande foule de petits gar- | quelques larmes figées au bord çons et de petites filles de son des paupières, d'où elles lui- âge, tous comme lui rayonnants |saient conme de petits glaçons, |de joie et de beauté. Ces chéru- tandis qu’un doux sourire repo- bins de la terre se tiennent Dar/|sait sur ses lèvres blanchies. a main et dansent, le sourire C'était la révélation des der- aux lèvres, dans une animation |niers navrements de la mère, trépidante de gâté. mais aussi des voisins inccon- Au dessus des têtes joyeuses hace Dern | suprême. de ces groupes eufantins, On! Jille avait entrevu les joies du | voit vlaner de grandes et ma-| Paradis, où le petit Jésus l’em-| jestueuses créatures, belles oh !| menait avec son petit Jean ! | si belles que :a beauté de la PHILALETHE. plus belle femme de la terre pà- DISAPPEARED Et la veuve, en son extase, en- tendit une voix qui sortait des profondeurs de l'infini ; et cette voix était ineffablement douce. Elle disait : — Venez, montez avec mes Anges, à vous les vetits, vous à qui la vie a été si dure, vous à qui la terre a refusé le pain et la Chaleur des foyers, vous les petits gelés, vous les petits morts de faim !......Le petit Jé. sus à passé près de vos petits lits, où vous reposiez blancs comme un cristal de glace, il vous à emportés dans ses bras, et il vous donne la iumière, la chaleur et la joie de son Para- Mn. Et une voix reprit : —Mais, Seigneur, et leurs mères, qui pleurent là-bas près de leurs froids berceaux, leurs mères qui se meurent d'agoisse et de misère, qu'en ferez vons ? Et la première voix répondit, se taisantplus douce encore : — Je veux que leur mères soient avec eux. Les enfants des grauds et des riches de ia terre, en ces jours de Noel, auront bien, près d’eux, leurs mères pour les caresser et leur sourire. Je veux que mes petits chéru- bins soient plas heureux encore Anges, allez chercher jes raères des petite enfants blancs ! lit à côté. Elles ont des ailes de blancheur neigense. Leurs mains tendues sont pleines de ces bonnes cheses, que ies en- fants aiment tant ! Mais ici tout est d’une richesse d’une magni-| ficence in‘lescriptible. On dirait que ces belles dames du para- dis tiennent en leurs mains ces Al NÉ” RIRE F Mr. W. J. Pappa, 112 Barrie St., Kinge radieuses étoiles, perles de rubis ston, Ont., writes as follows: “Having | ou diamants irrisés qui étincel- | been troubled with kidney disease for é 3 What Did It? Doan’s Kidney Pilis. How Do You Know? A Kingston Man Says So. claires nuits d'hiver. | ; | -rê 8 doux sourire, Les les rend pla by Doan's Pills. Before taking them I doucés choses à la troupe en- fantine.…ÆEt les vetits innocents | battent des mains, ef, sans rom- in the morning. I hope that this may induce other sufferers from kidney or urinary troubles to give Doan's Kidney Pills a faithful trial, for I know that no | | avec un Charmaüt chéerubin Ge qui 1 C4 }° rs Coin À € cinq ns le petit Jean. Oh !'elik Et l'ance avait fvrmé ses yeux 1: UD, ! $ Lt « &£ di - . Û ca blons. révant at eaux jouet avait bien travaillé ‘a pauvre et! Dieus, réFAant anx beaux ] S vaillante créature, pour vivre,let aux bonbons sl doux qui de- CL :1iet 2 Vi un . ui A À VE EE" à e de + ain remvniiraicnt son sabot. elle et son enfant. Le jour elle main Temp:TaRnt j S 1.4 . É: de 1! ju . cousait ( ivait daus das is la veuve, elle, savait es, et la nuit cnce tit Jens ne viendrait Y = ait i j savait lnéme pas its O s Nrisé t ies y l 14 242 avai Li CL P S de | sé à ouner à son petit Jean e 1. { Ji La Un Zi In DS Pit : Fa dit dd toi « ur le lendemain ! Et la paa- 3 1 it LA 7 y on eo n'enr 1t egar- écutaut des commandes pour les Vre lemme pienralt, el Tegar : | da » mionon sabot, qui lui ragasins de la ville. Jar « - | ce mIgnon sabot, Qq — à dis « ast ras soerances SOT - tait habile conturière. Mais on | Pariait des CSpETances de son en sait tron combien sout maisres | laut et de son atireuse détresse, BAIL &L21 ni ie 49 432 iCu ë 15 U LAR (Ce k Û 3 1 ‘ " à 13 2 ce * te 1! 310 » LiSOR CONSUME ]C les salaires de ses ILdiliCu: nt . € ” ] ouvrières, femmes ou Jeunesl|la son derBier } M s:1 U * ? 1: 4 Lu is 9 \ lles. dont les forces s épuisent|dans ! à r? : | pre leur danses, ils montent tou- | sis ihey didin my case.” jours, toujours vers les grandes | : à Le > | for Backache, Pright's Disease, Diabetes, |eréatunres angéliques qui les aP-| Dropsy,andail Kiirey and Urinary troubles, | | Price soc , all drugvists. The Doan Kidney | pellent Jà-haut. Pill Co, Toronto, Cnt. 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