TS es, . "7 + 3 7 A e A eee « LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. VOL. 1. NO. 37 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI La Jeune Fille Pauvre 0090000XXK0000000 PREMIERE PARTIE ex (Suite) —Je le sais ! certainement que je le sais ! Mais croyez vous | qu'il ne me répngne pas, après avoir ruiné ceite pauvre enfant, de la condamnerau travail ? — Mieux vaut. —Mieux vaut le Pa que Ja misère, n'est-ce pas ? Et je la. + sens venir: Quelque temps en- core, quelques jours peut être —Feruande me cache ses ressour: ces, —et nous n’auron: proba- blement plus rien. —Donc. il faut accepter. —Non, d'ici, là,la chance peut. tourner. —Je me plais à croire, p fois, que celui qui a abusé ma confiance revieudra un jour, —Et voilà trois ans cne vous êtes déçu. Causons sériense- ment, monsieur le duc, Vous aimez votre fille ? de | — Gertes ! — Vous ne voulez pas malheur ? —Dieu m'en garde ! —Arrachez-la à ce précair qui la tu, Elle se soutient pa un miracle d'énergie, mais elle souffre, croyez-moi. 11 m'est pénible de vous parler ans, je le dois pour elle et \r voue La vérité est souven: krutale, mounsieur le duc ; il ar:ive des heures où nous devyc 3 savoir! la regarder en face. tre posi-| tion est critique. Le :ndre a- Jarmante on intolér pour quelques préjugés, c'est ce que ne peut admettre un homme aussi intelligent que vons. Un peu plus tôt, un peu plns tard, il faudra recourir au travaii. Je devine ce qu'il en coûte à vo tre orgueil et aussi à votre ten- dresse paternelle. Letravail de- vient un devoir pour Miie Fer- uande puisqu'il est une néces- sité. En exil, vos pèresont bien travaillé pour vivre. Ont-ils dérogé ? Non. 11 m'était péni- ble d'aborder un tel sujet c'est ce qui m'a faitiouvoyer. Vousnel me répondez pas ? —Docteur ! doeteur! vous n'è-|'e tes pas père, vous ne pouvez sentir mes angoisses. —Je les devine, mons: due. —Ma fille, ee cher trésor que j'ai sacriié à mes folles asian tions, Jui imposer d'autres € preuves ! c'est affreux ! —Accepter ce qui lui est oi fert c'est lui en éviter. — Quel est cet emplei ? ur le mur- mura le duc vaineu et em cour | ant la tête, Comme un athlète qui ramns se ses forces, le doctenr serepliia un moment sur lui même H reprit enfin : Quelques leçons à une enfant d: —(Combien d jour ? —Voilà où sera le monsieur le duc, vous vous séparer de mademoiselle Fernande —James ! — À c MA, —— |V] 4 if 1 î fo TE [gers ‘ ? Ce serait insensé ! Ex poser sa jeunesse, la placer comme une servante à gages.….....? —Une institutrice n'est pas une servante. — Sans doute ele est anu-des sus de la femme de chambre ! Belle perspectivé# ma foi ! En batte aux dédainsipolis des maf- tres de la maison, aux tracasse- ries Jjalouses des valets, trembler devant les uns et devant les au- tres ; être flagellé et devoir sou- rire, es un supplice cela, ot Fernande ne consentira pas... —Mile Fernande consent à ce que vous permettrez. Kile est re Dar de ces mesquineries. t qui vous dit qu'elle ne trou- |vera pas en Mme Lobeau de Fi- me. |neste ses —Lobeau ! Ce nom sent déjà |le marécage....…… — Le non imperte peu. Qui | vous dit qu'elle ne trouvera pas | dens cette maiso# une seconde |famille ? Sa douc:ur, sa simpii- leité, son instrnction,—je la sais instruite,-—sa position ex- C nero. ses malheurs... — Vous croyez, docteur, que jo ls laisserai révéler ? — J'est votre affaire, monsræur le Cuo ; elle n’en serait que plus touchante. C’est cela de :: pitié ! —De la con: dération, mon- sieur le dus. 4 | —Vops connaissez peu les ho names, docte rx Quelques na me la vôtre ap nde de Vald Ds parvenus, des envieux, des esprits étroits, enfin, ne lui par. donneront pas la supériorité de son origine. Et sa supériorité morale ? Chaeun se jage trop bien pour avouer œælle-ci. Tout oela mé- rite réflexion, docteur. Je vous Cemande pardon de mes emportements. —]1]s sont respeetables, mon- sieur le due. J'étais sûr d'’a- vauce qu'il faudrait combattre. | —-Vous n'avez paseneore vain- cu, docteur. | _— M adem reste. — Elle en serait eapable si je |la laïssais faire. rien avant déhx jours. — Vous voulez prendre des |renseignements ? C'est inutile : | la supérieure des “Oiseaux” les [a die en véritable mère ; elle ous les soumettra. —S il y a lieu, docteur. Après les salutations d'usage, les deux hommes se séparèrent. XV1 LA VOIX DU DEVOIR, C'EST LA VOIX DE DIEU. res d'élite com- précieront Fer- oiselle Fernande fera | } | | Depuis sa funeste tentative, le. duc n avait pas quitté la maison. | Grand fut l’ébahissement de! François, lorsque, pénétrawt) h:z 801 maît re, il ie trouva de- out, habillé, la canne à da main p'et à sortir. — Movsi'ur va seal à Ja ar menade ? murmwra le bra 1omme — Seul ! oui, François. Me ve là remis. Où est mademoiï-! \se dit elle. Et Î —A la messe, ronsieur le duc. Ta la prieras de ne pas m'at- tendre pour le déjeuner. | —Seigneur Jésus! que ma demoiselle va être daté | monsieur le due sera lougtemps}f absent ? — La journée, Le duc était a la porte de sortie. Frawçois le suiveit la mine basse, comme an chien que l'on vient de battre. — Monsieur le duc ? hasaraa- til, tandis que celni-ci imettait le pied dehors. — Que veux tu? —8i monsieur le permettait. — Parle ! —J'irais aveclui et mademoi selle serait plus tranquille. —(O'est inutile! répliqua le dco d'un ton si péremptoire que François n'insista pas. —Où'dirais-je à mademoiselle que monsieur est allé ? — Je le lui apprendrai à mon retour. Le duo était dans e François éteit stnpéfait pensée lui reriut bientôt. 1 suivit son maitre de loin, le vit monter en omnibus et se diriger vers Paris. Qu'’ailait-1} y cher cher. Enigme ! — Monsieur le dostenr invité, se dit-ilenfin. le cacher ? Etil rentra moins soucieux | Fernande venait d'arriver. Ne voyant passon père, elle de-| rue. La ! l'aura | Pouranoi ourquo tôt le départ du duc pour Paris. —1laété aux renseignements | vette id'e «] ‘pine à sa valeur. |trompaient. Ce jour-là rassura, Fernande et Fran oig se , pas p'u:| que le suivant, le duc ne vit n1 | le docteur, ni la supérieure déposa sa carte dans bien des maisons de la hante industrie ; chose étrange! il ne rencontra aueun patron. À Îa première visite, il crat à la vérité des réponses ; à la seconde, il ep douta; à la tr isième, il comprit qu'on ne voulait rece- Yoir. Combien de ceux là on! rampé devant moi, alors que je leurétais ntile! Qaelles mo testations! Oh! les hommes ! les hommes ! soupirait amère. ment le duc. pas le Je ne décide |le reconnaitre. Aîlleurs, on feignit de ne pas Q 1elques uns, avec une politesse obséquiense, ne voulurent aucnnement pren- dre au sérieux la demande d’em. ploi qu'il leur faisait. li frapoa chez des inconnus. Après les: Qne savez vous faire ?—Quel cst votre âge ? —Quelles sont vos prétentions? | et mille autres litanies de ce | genre, on le renvoyait avec un : — Nous verrons V!—Repassez dans quelque temps ! le com. merce langait, notre personnel est trop nombreux ! Nous pré. Lorsque le duc rentra, le se. | cond jour, il n'en pouvait plus ; lil avait dépensé cinquante | francs de voiture, et ne r1ppoi- tait, de sa tentative, qu'un dé-| couragement imm«ase et un ac- | cès de fièvre. La uuit, Fernand: Les François, inquiets au de à di toute expression, 2 veilèrent, ne sachant à quoi a triber cet état lu mn deciu, up vd ISUMMERSIDE manda où il était, et apprit bien |! s'3ide, Oct. 19th. 1 y. férons les jeunes gens !etc.,ete.! G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT CARTES D'AFFAI RES Ne Dr. Murphy PHYSICIAN AND SURGEON First Prize Graduate New York University LIGNE IL...: PEL J. DOIRON,H.D. GRADUË DE LAVAL DE MONTREAL. NS Ne D À. À Mc ean, K. 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