eu we PA L'IMPARTIAL, JEUDI LE 21 MAI, 1908. Le Cri du Sang (suite de la rre page) n'était pas en mon pouvoir de maî- triser.. —Assez, monsieur, interrompit la malade ; je n'affecterai pas de n° pas vous comprendre ; mais, eucore une fois, pourquoi vous justifier d'un tort dont je ne vous ai pas accusé ? Personne moins que moi, monsienr, n'est en droit de vous adresser de reproches.” Il y avait dans la voix tremblen- te, dans le regard humide de Mile de Norville, quelque chose qui dé- mentait la dureté de cette réponse ; néanmoins, Adrien en fut de nou- veau atterré. “Ne la crois pas, mon enfant, s'écria Malevieux , ce corps frêle contient une âme de fer, qui ne mollit jamaïs quand elle pense avoir un sacrifice ou un devoir à remplir! Ne la crois pas,te dis-je, si elle t’assure qu’elle est indifférente à ton amour...Demande-lui plutôt d'où vient ce chagrin secret qui la ronge et la tue, sans qu’elle daigne pousser un cri, exhaler une plainte ! Demande lui pourquoi elle veut si obstinément partir quand le voyage peut lui être funeste, quelle est cette nécessité inconnue qui la presse de quitter sa mère !...Mais É elle ne te répondra pas, et ce sera à : toi d'interpréter son silence. 1 —En vérité, ceci est insupporta- ble ! reprit Amélie d’un air trou- blé ; voyons, monsieur Adrien, vous qui du moins jouissez de votre bon sens, ne pouvez-vous me déli- vrer de ces persécutions ? : —Mademoiselle, il ne m’appar- | tient pas de juger si mon oncle a | touché juste ; peut-être attribue-t- il à un autre motif que le véritable ce chagrin mystérieux que vous essayerez en vain de nier....Ce- pendant, il n’a jamais eu plus com- k plètemrit l'usage de son intelli- gence.’’ | Malevieux le remereia d’un signe de tête. “Eh bien ! répiiqua Mile de Norville avec un accent d'angoisse, c’est à votre pitié que je m'adresse‘ messieurs, pour vous Supplier de changer un sujet de conversation si nénible pour moi.’ # Sans tenir compte de cette prière, É Adrien se jeta aux pieds d’Amé- A lie. ‘Gardez votre secret, mademoi- selle ! s’écria-t-il, je respecterai les FE voiles pudiques dont vous l’enve- loppez...Quand à moi, le jour où vous m'avez trouvé mourant sur le Roquairol, j'ai pris l'engagement É solennel de vous consacrer ma vie ; k cet engagement, j'ai pu l’oubler un moment, mais je ne l’ai jamais ré- ‘ voqué. Quels que soient donc vos sentiments à mon égard, je fais le L serment de ne solliciter jamais, de n’accepter jamais la main d’un au- tre femme que vous !” Mlle. de Norville lui posa vive- ment les doigts snr la bouche. ‘‘Pas de serment, Adrien, dit-elle avec un effroi mêlé d’attendrisse- ment ; oh ! ne jurez pas, de grâce ! Cette détermination porterait un : coup affreux à une personne bien , digne de votre respect...de votre. amour...Moi, mon sort est fixé. Je dois mourir et vous serez heu- reux avec...une autre. —]Jamais !...Si vous mourez, Amélie, je ne vous survivrai pas !’' A l’âge d’ Adrien, on dit de bonne k k È ë RSC . . Î foi de pareilles choses, et, à l’Âge on les croit aisément. | d'Amélie, Mlle de Norville se mit à sangloter en murmurant : ‘Je m'étais donc trompée ?... | Pauvre mère !"’ En ce moment, la porte de la chambe voisine s’ouvrit ; la mar- quise et Mornas parurent. deux jeunes gens ne s’en aperçu- rent pas d'abord. Adrien restait agenouillé devant Amélie qui ne songeait pas à le repousser ; confondaient leurs larmes en silence, Les ils et cette triste consolation semblait les absorber tout entiers. vieux, à l'écart, avec une joie muette. marquise entra, il lui doigt c: groupe gracieux en mar- mottant d’un ton moqueur et t:iom- phant : ‘Jupiter a vaincu Calypso.” Male- les contemplait Quand la montra du Mme de Norville, malgré ses dis- positions bienvei'lantes, fut sur le point d'éprouver une rechute ; elle devint pourpre, ses narines se gon- dèrent, son œïl brilla ; elle allait éclater, quand un mouvement du vicomte l'apaisa tout À coup. “Oui, oui, soupira t-elle, c'est juste...mon nouveau rôle comiien- ce ; je le avec résigna- »? remplirai tion. Les jeunes gens s'étaient retour- nés au ruit et s'étaient brusque- ment éloignés l’un de- l’autre en essuyant leurs larmes. Puis, par, un mouvement simultané, ils levè- rent les yeux vers la marqiüise, s’attendant à la trouver mena çante et irritée. Quel fut leur é- tonnement de la voir calme et sou- riante. Une expression de bonté était répandue sur son visage. “Pourquoi vou; défier et vous cacher de moi, mes enfants ? dit- elle ; me croyez-vous incapable l’indulgence pour un sentiment | honnête et partagé ? Ne craignez pas de me laisser voir votre affec- tion mutuelle, base sur l'estime et la reconnaissance....Ët, puisque nous a mis sur ce sujet, Le hasard {a tâche que j'ai à remplir sera plus ourte et plus facile.” Adrien et Amélie témoignage de leurs sens. doutaient du Etait- ce bien l’impérieuse marquise de Norville qui leur parlait sur ce ton maternel ? Pour elle, sans paraître s’apercevoir de leur étonnement, elle s’assit auprès de sa fille et fit asseoir Adrien de l'autre côté ; puis, prenant leurs mains dans les sienues, elle continua du même ton affectueux : ‘Je avec M. de Mornas, notre ami, une conversa- tion qui m'a éclairée sur les dan- gers de notre situation présente. Si cette situation se prolongeait, elle causerait peut-être de grands malheurs. Or, c'est à vous, mes enfants, de faire cesser le malaise dont nous souffrons tous. Parlez sans crainte et oubliez certaines cousid‘rations qui pourraient vous pousser à déguiser la vérité ; ré- pondez sans ménagements, comme vous repondriez à un confesseur ou à Dieu...Mes enfants, est-il vrai que vous vous aimez ?’? L'un et l’autre gardèrent le si- lence. ‘‘Parlez le premier, monsienr Adrien, reprit la marquise avec une légère altération dans la voix, et souvenez-vous bien, encore ne fois, qu'aucune espèce de considé- ration ne doit gêner l'expression de 7 viens d’avoir votre pensée... Adrien se redressa : ‘‘Puisque je suis adjuré avec cette solennité, dit-il d’un ton ferme, je désire expliquer... —Les explications sont inutiles ; répondez simplement, sans réticen- ces, par oui, ou par non...Adrien, aimez-vous ma fille ? —Eh bien ! oui. Mais... —-Il suffit, interrompit la mar- quise avec une fermeté stoique ; il y a quelqu'un qui doit remercier le ciel de n'avoir pas cru aisément à des protestations récentes !”’ | La voix lui manqua et elle fut | obligée de se recueillir un ins- tant. Elle reprit en s'adressant à | Amélie : | ‘“Et toi, ma fille, est-il vrai que |tu aies obéi seulement à la voix de (l'humanité lorsque, au péril de ta vie et au mépris de toutes les con- venances, tu es allée porter se- cours à M. de Laroyère, sur le Ro- quairol ? —Maman, demanda Mlle de Norville, pourquoi me faites-vous cette question ? — Ne le sais-tu pas? Si vrai- _ TABLETS YASAI ZUTOO | Guerison Japonaiseïpour ie Mal de Teie | | Tablettes végétales Elles re nina pour le Mal de Tête soit d'Ojinim ni F- " : Déneass d'un Sp hine, ni Poi-on, oil]! cialiste Japonais. rogues Délétères. A vendre Partout a 25€. la Boîte. Point de gué- rison, Point de paye. B. N. Robirson & Cie. 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Après avoir fixement regar- | de sa demande. dé sa mère, elle murmura : ‘C'est juste, madame, répondit “Vous souriez et pourtant il y aile vicomte, trous allons nous reti- des larmes dans vos yeux...Votre |rer...J'espère cependant que, le contenance est assurée et pourtant | premier moment passé, Melle de vous respirez à peine ; votre main | Norville réfléchira..… tremble....”’ — Ne l'espérez pas ! s'écria Amé- Elle s'arrêta ; puis, réunissant |lie avec énergie ; ma résolution est ses forces, elle dit avec fermeté : } prise ; elle 2st irrévocable. “Je n’épouserai jamais M. —Chère petite, dit la marquise Adrien de Laroyère...Jamais, ja-|bas, j'accepte ton sacrifice : tu maïs !”? vaux mieux que moi !...Mais la Puis elle tomba palpitante dans! Providence peut-être me fournira les bras de sa mère. une occasion de prendre ma re- Ces deux femtmes, quise com- vanche !”’ prenaient enfin, après avoir été si Les trois hommes s’inclinèrent cruellement divisées, se serraient et sortirent en silence, laissant la d'une manière convulsive, pleurant mère et la fille se livrer sans con- et sanglotant. Plusieurs fois elles trainte à la douloureuse intimité Ne Ù en Pr ; ÿ ï se séparèrent, mais aussitôt de qui venait de s'établir entre elles. | ment tu aimes Adrien, comme il, ve | prétend t'aimer, aucun obstacle! n'existe plus à votre union ; vous. serez mariés aussitôt que le permet- ») tra l’état de ta santé. assurance +:i positive, Amélie sembla se transfi-| gurer. rurent sur En recevant cette De fraîches couleurs repa- | son visage ; ses lèvres | remuèrent comte si elle allait lais- échapper un aveu. ‘Tous les assis- tanis attendaient avec anxiéte ce mot SUETÈIME, ce ŒCTEL GC jeune fille si longtemps inavoué. | Mais cette impression passa ra- pidement. L'incaruat, que le bon- heur venait d'appeler sur les joues paies de la malade, s’effaça tout à né made CE iouveaux transports {es poussaient| ‘Pauvre Adrien, pensait Mornas l'une vers l’autre. en voyant son ami qui marchait Les spectateurs ne pouvaient | comme un homme ivre, la tête per- iguorer le sens de cette scène | due et les yeux égarés, ni l’une ni muctte. La fillese refusait à é-|l'autre !...Voilà ce que c’est que pouser l’homme que sa mère ai-! de courir deux lièvres à Ja fois... mait encore, et ce sentiment était C’est qû’en vérité si Dieu ou le trogsacré pour qu’on pût essayer {diable ne s’en mêle pas, je ne sais se combattre. : lcomment nous nous je partirai, dit Adrien avec {jà r” une morne tristesse. Enfin, la marquise se dégagea | des étreintes d'Amélie. ‘‘Messieurs, dit-elle timidement, | peut-être trouverez-vous bien natu-| rel qu'après une telle crise nous é- ! prouvions le besoin d’être seules. .”’ | Et son regard semblait demander tirerons de » (à suivre) HPTEMENT LAvez-vousune idée? Sioui, demandez notre “Guide des Inven:ours,” pour savoir commet s’obtisnunent les prtentss Ivformations fourmicg gratuitement. FEAL:7C;N & MA REION, Experts ar à M nc TK “5 ' sacca | . Edifice New York life, Montréal. pardon à Mornas pour la hardies: € Bureaux: À Aiuntie Bud, Washington, D. © Horses for Sale ! 2 Stallions, 2 Draft Horse, 1 Gentleman’s Driver. AND TH SPÉEDY TROTTING SON OF PARESIDE COCK O'. THE NORTH The eli-kaowu draft stallion Prince Victor ; the h: » : sat} Locur Both the above stallions are t60 weil known . iudsoune ani v Hi brel siallisa, Patron. to need any Aattery. 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CONDITIONS GENERALES DE NOTRE COMBINAISON 1° La durée de la participation étant d’une année, les deux abonnés présentés par le Participant ne pourront donc pas devenir eux-mêmes Participants pendant la première année de leur inscription. 2° Les abonnés actuels qui désirent devenir Participants, qu’à présenter deux nouveaux abonnés. Les abonnements partant tous du 1er janvier, les personnes qui s’abonneront postérieurement à cette date recevront les numéros de l’année. n'auront NOTRE COMBINAISON. 1° À chaque groupe de 500 abonnés, la ‘‘Mutuelle’”’ de la REvux CA- NADIENNE offre chaque année $900 réparties en deux sommes, dont l’une de $600 et l’autre de $300. 2° Ces fortes sommes seront attribuées par voie de concours à deux des 500 abonnés d’un même groupe. 3° Le concours qui déterminera les gagnants sera très facile et acces- sible à tous, c’est-à-dire que tous les Participants du groupe pourront y prendre part avec des chances égales de sucrès. 4° Le premier concours, à la suite duquel sera attribué les deux prix offerts à chaque groupe, sera annoncé dans le numéro du mois de 110- vembre 1903, et les résultats en seront publiés dans le numé de janvier 1904. Il en sera de même des ann‘es suivantes. 5° Siau moment du concours le groupe constitué n'atteint “pas le chiffre de 500 Participants, la direction de la Revue CANADIENNE n’en mettra pas moins à la disposition de ce groupe une somme importante, seulement cette somme sera proportionnée au nombre des P ro du mois articipants, Une montre en er s0lide pour qon mn ou pour Dame coûte de 825 CSS D mené. 5i vous glésirez une mir le temps sera égale à SE man ess PE Solide, envoyez-nous votre nom et votre adressg immédiate- ment et convenez de vendre 10 boites, seulement, de nas fameuses Pilules Végétales de Nouvelle Vie à 25e, la boîte, Elles sont un excellent remède contre l'impurité et ia Pauvreté du sang, l'indi- pes les dérangements d'estomac, meux de tête. constipation ° éscrdres nerveux, rhumatisme, maladies particulières aux femmes, laxatif doux, puissant tonique, parfait rérovateur des forces. 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