:—- 1755 '* I763 ——: PAGE 16 LïA BEFIŒE’ souvenance- Thomas Alberr Aussitôt le traité d’Utrecht signé. les gouverneurs de Louisbourg et de Québec engagèrent les Acadiens, passés sous l’administration des gouverneurs anglais. à quitter la Nouvelle- Ecosse pour se réfugier en territoire français, soit à Louisbourg. à l'île Saint—Jean. ou aux établissements de la rivière Saint- Jean. comme ils en avaient la permission de par le traité. Cette faculté cependant était limitée à un an de la date de la signa- ture du traité. Quelques—uns se rendirent à cette invitation. contre le gré des gouverneurs anglais, qui firent tout en leur pouvoir pour empêcher une émigration en masse. Le mauvais vouloir des gouverneurs à laisser partir les Acadiens se com— prend par le fait qu’ils avaient besoin d’eux pour ravitailler la garnison de Port—Royal. L'Angleterre n’avait pas de colonie, de ce côté. au nord de Boston. Toutefois. la position des Acadiens. restés en territoire anglais. était difficile et délicate : ils étaient suspects aux conquérants toutes les fois que les Français. les Canadiens ou les sauvages tentaient de reconquérir la province perdue. Les Acadiens de la péninsule nourrissaient sans doute l‘espoir que Port—Royal, qui avait tant de fois changé de mains. reverrait flotter le drapeau français: mais jamais ils n’ont manqué à leur semient; jamais. depuis 1713 jusqu‘à la fondation d'Halifax en 1749. on n'a pu leur reprocher un seul acte d‘insubordination, d'un caractère sérieux ou général, envers la couronne britannique. et cela malgré les provocations les plus humiliantes et les plus blessantes. tant de la part des gouverneurs que des officiers de la garnison. Une harmonie relative régna jusqu’à la fondation d’Halifax. À partir de 1730. date de la prestation du serment conditionnel, l’administration sage de quelques gouverneurs dépourvus de préjugés fit croire que la tranquillité était assurée. La colonie prospérait. Halifax fondé. les difficultés recommencèrent avec le gou- verneur Comwallis qui somma les Acadiens de prêter en entier le serment à Sa Majesté Georges Il. qui venait de monter sur le trône d'Angleterre. La guerre allait éclater entre la France et l’Angleterre; elle était prévue et déjà on s'y préparait. de part de d'autre. avec une fiévreuse anxiété. Déjà à Halifax on songeait à mettre a exécution le projet d’expulser les Acadiens. projet médité longtemps à l’avance par les gouverneurs an- glais. (Edouard Richard. Henri d'Arles) Pour demander un nouveau serment. Cornwallis alléguait que le serment pris sous Philipps n’était pas valide. les gouver- neurs n'ayant pas le droit d‘exempter les sujets de Sa Majesté de porter les armes contre les ennemis de l’Angleterre. Les Acadiens répondirent que le serment qu’ils avaient pris sous Philipps devait suffire. que les autres gouverneurs avaient reconnu que ce serment liait la conscience des nouveaux sujets. que la fidélité avec laquelle ils avaient rempli leurs promesses jusque la devait être une garantie de leur bonne foi. que l’obligation de porter les armes contre leurs frères de sang était inhumaine. qu’enfin ils ne prêteraient pas d‘autre serment que celui qu'ils avaient déjà prêté. Voici la formule du serment qu'on voulait faire prendre aux Acadiens : '93 . ‘ ’4 ,. si. atlaeçegattltee; 6:2. , se imam: (51j: ç" a w 2mm. Mata-9...} .4) T'est «a M A”) Je promets et jure en foi de chrétien, que je serai fidèle et obéirai à Sa Majesté Georges Il, que je reconnais comme le Souverain Seigneur de l’Acadie ou Nouvelle-Écosse. Ainsi que Dieu me soit en aide ! Il ne faut pas confondre ce serment de fidélité ou d’allégeance. qu'on exigeait de tout sujet britannique. avec le fameux serment du Test. qu’on ne demandait qu’aux fonctionnaires publics. dans le but d’écarter des hautes fonctions et des sphères d‘influence, les sujets catholiques du Royaume-Uni, et dont voici la teneur: Moi, (N) je proteste et déclare solennellement et sincèrement en la présence de Dieu. que je crois que dans le Sacrement de la Cène du Seigneur, il n ’y a aucune transsubstantiation des éléments du pain et du vin en le corps et le sang du Christ, dans et après la Consécration, faite par quelque personne que ce soit, et que l’invocation ou adoration de la Vierge Marie, ou de tout autre saint. et Ie sacrifice de la Messe, d’après les rites présentement en usage dans l’Église Romaine, sont superstition et idolâtrie. Comme le gouverneur Cornwallis menaçait les Acadiens de confisquer leurs propriétés s’ils ne prenaient pas le semient requis. ceux—ci demandèrent la permission de quitter la pro- vince. Le gouverneur. dans un langage presque suppliant. les en dissuada. ajoutant qu'ils étaient sujets britanniques au même î titre que les autres sujets catholiques de Sa Majesté, que. s’ils se décidaient d’émigrer, il se verrait. lui. dans l‘obligation de confisquer tous leurs effets. Les choses en restèrent là et le ; serment ne fut pas prêté. ‘ Au printemps de I755. le gouverneurtsic t Lawrence. qui venait de succéder a C ornwallis. somma encore les Acadiens de pren- dre le serment sans réserve. Les délégués. choisis par les g habitants des diverses localités pour porter leur refus de prêter ’ un serment qui les engagerait a porter les armes contre les , Français. furent jetés en prison. Quand les délégués s'otÏrirent i de prendre le serment en leur propre nom. le gouverneur j répondit qu‘il était trop tard... qu'un semient prêté dans de telles circonstances était nul et non avenu. , Pendant ces pourparlers. les préparatifs pour la Déponation se poursuivaient activement. par les ordres du même Lawrence qui parlementait avec les délégués. Le sort en esljeté. On n’ent de sceller le destin de tout un peuple qui ne demande pourtant qu‘une ehose : l qu’on le laisse besogner en paix 3 sur ses terres. 1 . Ri'nc l't‘rt't'llc. i lA' saule de GramH‘rc. 2mn. p. 4: l ________________________——————