D Re EE mere np CE EP TR A : : mme L’IMPARTIAL, JEUDI LE 26 JANVIER, 1800. LE GRAND VAINCU {suite de la 1ère page] delawares que le Serpent-Ronge avait envoyés eu reconnaissance parurent tout à coup sur a lisière du bois. Un nouveau prisonnier était au milieu d'eux En apercevant ce prisonnier, Jean d'Arramonde eut nn mou- vemont de surprise : —Paterne !...s'écria-til, aussi |... Pauvre garçon ! C'était, en eftet, l'infortuné Paterne qui apparaissait escorté de guerriers delawares. Mais dans quel état, graad Dieu ! Livide, les yeux sortant de l'orbite, les vêtements en désor- dre et couverts de boue, l'ancien aide-droguiste semblait pou- voir à peine se tenir sur 8ses jambes. es genoux s’'entre-cho- quaient, ses bras pendaient iner- tes le long de son corps. Tantôt il poussait des gémissements plantiis, tantôt il criait d’un air égaré, comme pour fléchir Ja férocité des sauvages gardiens qui ie conduisaient. Tout son attirail d’herboriste, ses cartons, ses boites de fer. blanc, dansaient autour de lui et suivaient les agitations con- vulsives de sa oorpulente per- sonne. 11 tenait à la main une longue plante décolorée et flétrie dont il respirait de temps en temps le parfum avec un geste machi- pal. On se souvient qu'en puni- tion de sa gourmandise Paterne avait été envoyé par son maitre aux avant-postes du camp. Au moment de l'attaque im- prévue des Delawares, il. s'était ieté plus mort que vif dans un buisson épais et y était resté blotti toute la nuit. Le lendemain matin, n’enten- dent plus aucun bruit, il se ha- sarda à sortir de sa cachette. 1] dirigea de tous côtés see regards circonspects, tendit l'oreille et marcha lentement dans le bois en se dissimulant derrière les gros troncs d'herbes qu'il 1en- contrait. 11 arriva ainsi au bord du lac, à l'endroit où, la veille, ses com pagaons avaient établi leur campement, Cet endroit était désert. Les herbes foulées et un épais tas de cendres étaient les seuls in dices du court séjour de la pe- tite troupe Il reprit alors le chemin bois. On devine les angoisses du pauyre Paterne abandonné seul dans cette vaste forêt, croyant à chaque instant voir se dreser devant lui un de ces horribles Peaux Rouges dont ses yeux a vaient gardé l'image terri fiante dont ses oreilles entendaient toujours les hurle- ments sinistres, s'imaginant en- fin que chaque pas qu'il faisait allait réveiller quelque bête fe- roce ou quelque serpent eéndor- mi. 11 marchait au hasard, le cœur oppressé, la poitrine hale- tante, souffrant de la faim, dé. voré par la soif, arrachant par- ci par-là aux buissons un fruit sauvage qu'il dévorait avec avi- dité. Enfin ii arriva à une sorte de petite plaine terminée par un anas de rochers grisâtres. Epuisé de fatigue et d’émo- tion, il tomba assix sur l'herbe épaisse et leva tristement les yéux vers le ciel afin de reconnai. tre ia hauteur du soleil dont la lumière dorée, perçant le feuil- iage des arbres élevés, venait i- nonder les rochers placés en face de lui. Tout à coup il se leva d’un bond. lai du sible. —Mon Dieu ! mon Dieu ! murmura-t-il, est-ce bien pos- sible ? Et, oubliant soudain sa fa- tigue, ses terreurs, il s'élança vers les rochers et se mit à gra vir leurs pentes glissantes avec l'une étonnante agilité. A le voir grimper ainsi, on aurait pu croire que les émo- tions de la nuit lui avaient fait perdre l'esprit. Qu'espérait-il donc trouver au sommet de ces énormes pierres amoncelées ? Le rocher le plas élevé était couvert d’un épais tapis de mousse. Une hante plante à la tige flexible, aux feuilles longues et pâles, sortait solitaire de cette couche de verdure et découpait ses formes grêles sur l’azur du ciel.— Un bouquet de clochettes rouges la terminait. Arrivé en haut du dernier ro. cher, Paterne arracha cette plante avec le geste brusque et violent de l’avare qui reprend son tréser, puis il se laissa glis- ser le long des ro‘hers, au risque de se rompre vingt fois le cou, et vint rouler lourde- ment sur l’herbe de la clairière. Il se releva rouge, essoufflé, saisit un long tube de fer blanc suspendu à son côté et en tira une feuille roulée qu'il contem- pla quelques secondes avec et- te ation. Ses regards agrandis par la joie et la surprise se portaient alternativement sur la plante ot sur le dessin qu'il venait de dé- pher. Enfin, frappant dans ses grosses mains et sautant comme un fou : — J'ai ia “Campanulse rubra”! s’écria-t il..je l'ai trouvée !...…… je la tiens !...… 11 se jeta à genoux pour re- mercier la Providence de cette découverte inespérée. Des larmes de joie coulèrent le long de ses bonnes joues rouges. 1l entendit, dans une sorte d’hallucination, le tinte- ment des écus promis par [maître Verdureau, il vit la bou- tique, objet de son ambition, ou- vrant sa large vitrine sur la rue des Lombards, le pilon d’or res- plendissant comme un soleil au- dessus de sa tête, la foule se précipitant pour contempler sa grande découverte, et lui, sou- riant, heureux, assis derrière son comptoir, recevant les com- pliments d'un air modeste et digne, racontant que pour con- quérir ce trésor il avait failli mourir de faim dans les bois, être dévoré par les bêtes fe- roces, assassiné pas les Peaux- Rouges... Arrivé à cet endroit de son rêve, Paterne poussa un terrible cri d'angoisse. Ces Peaux-Ronges que son i- magination surexcitée venait d'évoquer, il les voyait là de- vant lui, hideux, effrayants, brapdissant leurs lourdes haches, Ce n’était plus une fiction, mais une terrible réalité. Ca- chés dans les buissons voisins, les guerriers du Serpent-Rouge l'avaient aperçv, ils le guettaient depuis quelques instants... maintenant il en était entouré. L'uz d'eux venait même de laisser tomber sa large main sur l'épaule du pauvre garçon. —Grâcs !...…. pute 7...:. s'écri- a Paterne toujours à zenoux en joignant ses mains tremblantes. Mais les Peaux-Rouges ne beugeaient pas ; ils semblaient l'examiner avec curiosité. Les regards qu'ils fixaient sur lui avaient une expression plus étonnée que cruelle. Au boat d’un silence qui parut un siècle à l'infortuné valet de Jean d’Ar- Son honnête visage exprimait | ramonde, ils semblaient se con- use stupélaction profonde. 11 fit sulter entre eux. deux pas dans la clairière, l'œil Ils se montrrient les boites, les fixe, les mains tendues, comme |aibums de botanique, le grand Pour saisir quelque objet invi-| bissac de toile suspendus autour | de la ceinture de maître Pa- terne ; ils regardaient curieuse- ment la plante qu'il avait été cueillir et le dessin gisant à terre à côté du ronlean de fer- blanc. Enfin l'un deux prononça quelques paroles gutiurales ct ses compsgnens parurent l'ap- prouver par nn signe de tête. —Mon Dieu ! sainte Vierge ! murmura Paterne, si vous me tirez de ce mauvais pas, je brû- lerai cent cierges devant le par- vis Saint Eustache ! Les Delawares, qui le trou- vaient ainsi seu! et sans armes au milieu de la forêt, qui l’a- vaient vu courir sur les rochers, au risque de se rompre les os, pour cueillir cette plante mys- térieuse et se jeter ensuite à ge. noux devant elle en lui adres- sant des paroles bizarres, s’ima- ginèrent qu'ils avaient entre leurs maine le grand magicien des français. L'aspect singulier de Paterne et l'enorme perruque qui ruisse- lait en boucles innombrables autour de sa large figure étaient bien de nature à frapper l'ima- gination de ces hommes super- stitieux. ls emmenèrent aussitôt l'an- cien aide droguiste dans leur camp, persuadé que le Serpent- Rouge les féliviterait de l'im- portante capture qu'ils venaient d'opérer. ET. LE GRAND MAGICIEN FRANCAIS. Le Serpent-Rouge écouta en effet avec attention, le récit que ses guerriers lui firent en lui présentant leur étrange prison- nier. Celui-ci, qui jetait autour de lui des regards désespérés, aper- çut tout à coup Jean d’Arra- monde, le missionnaire et Ouin- nireg attachés au poteau de torture. Oubliant alors le danger qui le menaçait, il courat vers l'endroit du camp où é- tsient les trois prisonniers et s’a- dressant à son maitre avec des] larmes dans la voix : —Ah! monsieur, s'écria-t-il, vous voici donc aussi au milieu de ces affreuses gens ! 1i vous ont attaché, ils vont vous faire mourir peut être... —Je le crains, mon pauvre Paterne. —\h! mon Dieu! tous nous massacrer ! — Vous n'avez rien à redouter d'eux, mon brave garçon, dit a- lors le missionnaire qui aveit surpris les paroles échangées entre les guerriers delawares et ie Serpent-Roug». 11 vous pren- nent pour un fou ou pour un sorcier ; ils ne vous feront au- cun mal. ils vont femmes qui l’écoutaient curieu- cinnnifte l’histoire du monde, aucun médecin etaucun remède n’ont pu guérir et sauver la vie à un si grand nombre de femmes que les Pilules Rouges du Dr. Coderre. Elles sont pour les femmes seulement et elles agis- sent directement sur les organes spé- cialement féminins des femmes, qui, quand elles sont en santé les rendent si attrayantes, mais quand elles sont malades, font qu'elles sont un objet de pitié. Ne voulez-vous pas encore être bien comme quand vous étiez petites filles ? Les Pilules Rouges du Dr. Coderre vous rendront ainsi. Telle est l'opinion de Madame St. Laurent, qui est une dame intelligente et tout à fait digne de foi. Voici ce qu’elle dit : “ La misère et le travail “ ont été laÆause que j'ai contracté “souffrir pendant sept ans. Le ‘ d'appétit. Les Pilules Rouges du Dr. Cocerre Dans tout le monde, et dans toute É ‘une grave maladie qu m'a fait “beau mal me rendait martyre. Je souffrais de maux ‘ de tête, douleurs dans l'estomac, Îe dos, les côtés, pas J'étais si faible que j'avais de la misère ‘à marcher seule, j'avais l'air d'une morte tant j'étais ‘ pâle ; quatre médecins me soignèren:, mais sans suc- ‘“ cès, j'étais tout à fait découragée, quand des amies ‘“ charitables qui connaissaient les Pilules Rouges du Dr, ‘ Coderre me conseillèrent d'en prendre. ‘* remède, car je ne me sens plus du beau mal, je fais mon ‘Ouvrage comme si je n'avais jamais été malade et je “ suis bien, forte et alerte comme à l’âge de 1 sans. Je ‘ suis heureuse de vous envoyer mon témoignage, car “ je dois la vie aux Pilules Rouges du Dr. Coderre.” Mme. Marie St. Laurent, Lac Edouard, Co. Portneuf. Que pouvons-nous ajouter de plus après un témoignage aussi éloquent ? N'est-il pas clair, n'est-il pas évident que les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent ? N’estl pas assez prouvé qu'aucune maladie particulière aux femmes ne peut résister contre leur us en même temps que la guérison, l'énergie et le courage pour entreprendre les luttes et les tracas inévitables dans la vie, Elles sont toutes puissantes pour guérir le beau mal, la leucorrheé, les irrégularités, la constipa- tion, les maux de tête, d'estomac, de reins, côtés, dou- MADAME MARIE ST. LAURENT, ne leur cachez rien, Béni soit ce Dr. Coderre, age P donnent toujours dat-poste pour six retard. Adressez : lime. Marie St. Laurent | PENDANT SEPT ANS SOUS LES SOINS DE QUATRE MEDECINS-—MAIS SAUVÉE DE LA MORT PAR LES PILULES ROUGES DU DR. CODERRE. Les Pilules Rouges du Dr. Coderre sont la supreme espérance de toutes les femmes malades et l’amie des jeunes filles.— Elles conviennent a tous les ages et a toutes les bourses. leurs dans le bas-ventre, les étourdis- sements, nervosités, les particulières au changement d'âge, bouillonnement du sang, froideur des pieds et des mains, elles sont d'un grand secours, prises avant et après la naissance d'un enfant ; les mères devraient toujours en donner à leurs jeunes filles, elles les rendront régulières et aideront à leur forma- tion. maladies Souffrez-vous depuis longtemps ? Alors il est bien douteux qu’une ou deux boîtes de Pilules Rouges du Dr. Coderre puissent vous guérir. Soyez consciencieuses et prenez-en assez pour leur donner une chance d'agir sur votre maladie, en même temps écrivez à nos médecins spé- cialistes. pour rien. —— cription bien complète de votre ma- ladie. 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Et, tirant de sa ceinture un large couteau, il se jeta furieux sur le malheureux Paterne, Je saisit par les cheveux pour le scalper...… Au même: instant, un cri de stupeu1 s’échappa de toutes les bouches. —C'est un magicien, un graud magicien |... crièrent les —Vous croyez. mon père ? dit Paterne dont un vagne son. | rire vint animer la physionomie consternée. - J'en suis sûr. Mais Alagami le jongleur ne ‘arda pas à démentir l'espoir que ces paroles avaient fait con- cevoir au malheureux Paterne. Elevantla voix, il railla la su- perstitieuse erreur des Delawa- res et osa même accuser la cré- dulité de leur chef —S'il est sorcier, s’écria-t:il, qu’il fasse un miracle pour prou- ver que je Grand-Esprit est a- vec lui. Et, s'’élançant aussitôt vers Paterne qu'il terrifia par son as. pect bizarre et par l'éclat de sa veix rauque et discordante : —Fils de chienne, s'écria t-il, oses-tu te dire magicien ?...…. Montre-nous ten pouvoir... nous avons des malades dans nos wigwams, viens les guérir ! node un de nos guerriers est mort hier et son corps refroidi. est exposé dans la tente des sa- chems, viens le ressusciter !...… Imposteur à la langue double, tu trembles devant moi, tu n’oses fixer tes regards sur les æiens |... sorcier delaware, se cacher dans les bois, pour- suivi par leurs malédictions et |sang froid, du courage, et venus femmes delawares en s'écartant du prisonnier avec une crainte respectueuse. Paterne s'était laissé tomber à terre au moment où Alagami s'était jeté sur lui... Et sa fameuse perruque était restée entre les mains du saus que le couteau à scalper ait eu le temps de toucher la peau de sa tête. Malgré son impudence, Ala- gami fut terrifié par ce prodige. 11 tenait au bout de son bras tendu la perruque Louis X1V de maitre Paterne et la regardait d’un air hébeté. —C'est un magicien, un grand magicien |... crièrent de nou veau les femmes de la tribu. Et, ramassant des pierres et de Ja boue, elles en couvrirent :e sorcier delaware, qui courut leurs insultes. Alors le missionnaire se pen- cha vers Paterne agenouillé et tremblant : —Relevez-rous promptement, dit-il d’une voix ferme; du pouvez {ons nous saaver. Paterne entendit ces paroles, ilse remit debout, mais ses jambes tieniblaient et ses re- gards étaient toujours hagards et terrifiés. Le Serpent-Rouge s'avança alors vers lui et montrant la “campanula rubra” que, malgré tant d'émotions, le digne gar- çon tenait toujours serrée dans sa main Crispée : — Quelle est la plante que mon frère blanc a cueillie ? dit- il avec une feinte douceur ; elie m'est inconnue... Mon frère me dira-t-il quelles sont les ma- ladies qu'elle guérit ? Maigré l’énergique recomma- dation du missionnaire, je valet de Jean d’'Arramonde sentit son cœurs défaillir en voyant les peintures (ffrayantes dont le chef sauvage était couvert. — Courage ! courage ! Pater. ne, dit alors le père André. Faites tout ce que je vous dirai. et votre maitre sera libre. Puis. s'adressant à l'Aigle- Noir, en langue deiaware : —Cet homme ne comprend pas les paroles de mon frère rouge, dit le missionnaire ; je vais les lui expliquer. Et à Paterne en français : ——Dites-moi quelques mots, n'importe lesquels... —AÀh ! mon père, je voudrais bien être à Paris, rue des Lom- bards !..fit le pauvre Paterne en soupirant. —-Bien. Se tournant aiors vers le’ chef peau-rouge, Je père André re. prit d’un twn solennel : — Mon frère blanc me dit que le breuvage dans lequel cette les invuinérabies et plante est trempée rend gueriiers donne aux femmes la beauté de leur jeunesse. Un rsurmure d'étonnement s’éleva dans les rangs pressés des Dulawares. 1l se rapprochèrent de Pa- terne et fixèrent leurs veux (brillants de curiosité sur la î “campanula rubra.” (à continuer ) Notice ——0X0- —— J. B. Poirier, formerly of Tig- pish, now residing at Miscouche, P. E. I, has given me a power of attorney to collect all amounts due him. 1 have therefore placed my authority in the hands of Mr. J. F. Chaisson of Tignish with instructions 10 collect, grant receipts and tran- act a!l other business neces- sary in the affairs of J. B. Poi- rier. Notice is finally given that all settisments must b2 made before th: 1st February 1899. Gilbert DesRoches Attorney for J. B Poirier Miscouchse Jan Gih 1899. BARGAIRS 1. BOOTS & SHOES TIGN1SH FOR EVER ! Come and leave your order for a pair of good Fishing-boots, Winter boots, Fine shoss. An opportunity to get just what you want at reasonable price. Have you got old Rabber shoes which are out of nse ? Bring them over and 1 will make them as good as new. Have you got any Boots to patch ? Come and see me; I will mend them to your satis- faction. ANTOINE &AUDIN. Tignish Sept. 15th 1898. Store of J. J, McLeltan. 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