ll du son de la voix gémissante jusqu'à en tomber en pamoison. S'il n'y avait que des "femmes et des enfants qui affirmassent la chose, on pourrait tout uniment l'attri- buer à une imagination échauffée, mais parmi plus de cent personnes qui l'ont entendue dans la seule église de Rustico, -et peut—être dans celle de Malpec, il y a des gens de tout âge, des esprits sensés et solides; tous rapportent la chose uniformément sans avoir aucun intérêt à le maintenir puisqu'ils en sont fatigués et affligés.(I) Ces voix n'ont pas même épargné les cabanes où les Acadiens occupés au loin à l'exploitation des bois se réunissent le dimanche pour chanter quelques cantiques. Elles ont même traversé à Shëdiac, où l'on a cessé de les entendre le dimanche de la Quasi- modo 1811. "J'ai nié cela, disait au prélat un des hommes les plus sensés de Rustico, aussi longtemps que j'ai pu, car je ne suis pas du nombre de ceux qui entendent les voix. Mais ce nombre a tellement crû, et il s'y est trouvé des personnes si incapables de mentir; j'en ai tant vu mettre en dépense et faire prier pour les âmes du purgatoire, dont ceci leur semble être le langage, que î'aurais crû être coupable de 'têmêritê si j'avais résisté plus long— temps ä la persuasion générale. Que conclure de tout cela? Qu'il y a des .v . voix qui se font entendre et cela dans | - F - x (1)' En 1830 M. l'abbé Cêcile, affirma qu'il avait entendu ” ces voix mystérieuses les quatre dernières fois qu'il avait fait l'office à Rustico. Les litanies étaient alors leur chant favori; elles chantaient aussi.la préface et le Pater. C'était des pleurs,des sanglots, semblant provenir de des- sous_le plancher entre le choeur et le nef. "En 1822 le jour de Saint—Marc, ä la procession qui se fait autour de l'église de Rustico, les chantres eurent beaucoup de peine ä chanter les litanies; il leur semblait qu'il y avait autant de sanglots qui répondaienttaux invoca— tions. (Lettre de M. l'abbé Cécile à M. Painchaud, le 15 avril 1830, Vie de l'abbé LaFrance, par Ph. F. Bourgeois C.S.C.)