L'IMPARTIAT,, JEUDI LE 25 AOUÛUT, 1898. LA CORDE —Midi,!.....Le sergent Ru- pert devrait être arrivé depuis longte nps, et je n’ai pas enten- du la sonnerie des lettres ?..……. Le lientenant Harmont secoua sa pipe éteinte et s'approcha de la fenêtre de sa baraque d où, en vagues énormes, se déta- chait la chevanchée des cimes neigeuses. Depuis les commen- cements des grands froids, il vi- vait là, seul avec son peleton de chasseurs alpins, impatient des nouvelles qu'une fois par se- maine, quand le temps était fa- vorable, un sous officier allait chercher à Ja garnison voi- sine... | C'était un rude labeur qui exigeait quatre heures de des- cente et cinq de remontée. Le sergent Rupert, parti de Ja veille, devait s'être remis en route dès le matin et par suite, son retard actuel était inquié- tant. Harm nt se vêtit de sa ca pote, quitta la pièce chaude où ronflait le poêle et gagna une éminence d'eu il dominait la route. Au loin, des blancheurs, des blancheurs entassées, stiiées seulement çà et là par l'ombre: d'une crevasse. La route se tor- dait, s'en fonçait dans la vallée, rn sinuosités brusques, à nerte de vue, solitaire. L'anxiété gran- dit dans l'âme du lieutenant. Il appela le sous-officier de se- maine. —Un caporal et quatre hom- mes on tenue de sauvetage ! L'absence de Rupert m'inquiète, nous allons à sa recherche. Cinq minutes plus tard, le pe: tit groupe était assemblé cor- deau en bandoulière, piolet au poing, manteau en sautoir. bé- ret sur l'oreille. Harmont inspecta d’un œil a- wical les cinq itroupiers dont Ja face insouciante et hardie nar- guait les dangers. —En route ! commanda:t-il. Les chasseurs d’un pas leste y dan ces cas, The D. & L. uision produit uable. Re Tuue de The Cr & L, Emulsion. j'ai réusssi À me mr d'une toux persistante dont j'étais affligé depuis ee an, et j'ai gagné beau- coup en poi Are an IL. C., Montréul. ors er #1 LA Bouruce. DAVIS & LAWRENCE CO. Lid., MonraxaL —Allez ! dit-il. Lentement, la corde fila ; l’of- ficier, de son bâton ferré se pré- servait des chocs contre les pa- rois du ravin. 1l se rendait compte de ia difficulté qu'il y aurait à remonter un corps in- erte et du danger presque iné- vitable qui menaçait de fracas- ser les membres du sous-officier sans défense. I] cria : , Halte ! sidérer cette démarche, 1l est Le mouvement s'arrêta. 11 re-|resté à son poste. “Et personne. reprit : à ajouté Sir Charles, ne l’a solli-| —Pourrez-vous nous remoGn- ter tous les deux à la fois. Le caporal répondit : Oui !...… mais la corde ? —Elle est en bon état ? nant. — Bon !....… on Descen- dez-moi ! — Enfin il arriva à hauteur de ee ;] comme dans le cas de Sir John, la tache sombre. Maintenant, distinguaait les détails de l’uni- forme. 1l aborda ie ressaut où gisait le sergent. immobile, raidi, yeux clos, Rupert semblait mort. Cepen- dant la main glissée sous la va- reuse sentit que le cœur battait encore. Il vit! cria éperdument l'of- ficier. 11 lia solidement le sons les aisselles, puis manda : —Dovcement, hissez ! Là-haut, les hommes s’arc- corps corm- boutaient. La cerde se tendit, le: double fardeau s’élera. Attentif, d’un bras mainte- nant contre lui le sergent inani- mé, de l’autre Harimout évitait dévalèrent les pentes. 118 allaient, la cigarette aux lévres, mais silencieux, soucieux de l'accident qui avait pu at- teindre leur gradé, le sergent Rupert, un rude homme, à che- val sur la discipline, il est vrai, mais iutrépide, payant d’exem- ple, admiré de tous pour sa crâ- nerise et son adresse... Et l’ad- miration mène bien vite au culte. Maintenant, le sentier étalait sa nappe unie, creusée seule- ment des empreintes laissées par le sous-officier à sa descente, Soudain, la neige apparaît bou- leversée, balayée par quelque avalenche. Au-delà, les traces se doublaient, une descendante, | l'autre remontante. Le sergent Rupert était revenu jusque-là. Le lieutenant rétrograda, ex- plora le cuuloir tracé par la chute des neiges. Soudain au- dessous d'un roc, une tache troua :a neige...une tache bleu sombre, un drap sombre, un drap d’uniforme. Elle apparaissait au milieu d’un éboulis de roches entrai- nées par l’avalanche, à pic au- dessus du sentier ; le sergent Rupert était là, à cinquante mè- tres de profondeur. —Les cordes ! ordonna Har- mont. Les chasseurs les déroulèrent, ies ajoutèrent bout à beut. L'un d'eux se présenta pour s’en atta- cher. Harmont s’interposa. —Non ! ce sera moi 11 se ceignit sous les reins. —Maintenant, mes amis, vous allez me descendre. Enroulez la corde à ce sapin et laissez filer les obstacles. La moitié de la remonté était faite, quand les yeux du lieu- tenant s’hypuotsèrent de ter-| reur. Uu frottement avait tranché un toron de la corde. La tortis se détendait, relächait peu à peu sa résistance sous le poids trop | lourd. Et chaque effort, progressive. ment, voyait céder le chanvre ee Jamais ils n’arriveraienti jusqu'en haut !...... Seui ! peut être, la résistance le soutiendrait-elle jusqu’au but .. Mais avec son fardeau, c'’é- tait impossible !....…. Une hoirible tentation le han- ta. Il tâta dans sa poche le cou- teav qui le libérerait de son compagnon... À quei bon :is- quer sa vie pour un être déjà brisé, peut-être déjà mort ou condamné à raourir. Mais cette pensée brüla son front de chef. Allait-il se dés- honorer, oublier sa charge de pesteur d'hommes. — Non, se jura-t-il, nous mour- rons ensemble ! 11 leva ses yeux d'angoisse ; à peine quelques mètres le sépa- raient du but... quand un deuxième toron Ccassa. Maintenant un faible fil ie supportait...…. 1l allait céder. 11 succomberait au port. La corde montait toujours... Un à un les fils se délordaient, rompaient sous Ja charge. Sa tête émergea au niveau du che- min... D'un geste désespéré il leva son bâton. Le dernier brin rompait doucement. À vous cinq, vous parviendrez bien à hisser notre camarade quand je l'aurai arri- mé, puis vous redescendrez la corde et ma remonterez à mon tour. 11 se saspendit par les mains dans l’espace. Mais il ne tombait pas... Des poings s'étaient abattus sur la canne ; d’autres se tendaient, le saisissaient, j’amenaient sur le sol avec le sergent sauvé! Jar à: était sauvé Rupert, bien sauvé, puisque c’est de lui que l’on tient ce récit. Z. —Toute neuve, mon lieute-| SIR CHARLES TUPPER { Au CaP-BRETON. Les conservateurs triompheront aux prochames élections. Sydney, 16—Les conserva- teurs du Cap Breton ont tenu une convention samedi et ont é- lu leurs officiers. M. E.T. Mac. keen a été appelé à la prési- dence. Sir Charles Tupper était pré- sent et a fait un long discours. Il a évité avec soin de traiter les questions diplomatiques Il a fait précéder ses remarques d’une allusion à Sir John Mac- donald, qui, à l’époque, du scan- dale du Pacifique avait donné sa démission comme chef du pa-:ti, mais ayant été forcé par ses partisans à recon- cité plus que moi à reconsidérer sa démission, Car je reconnais- sais quelle grande perte le pays aurait faite s'il avait démission- né.” Sir Charles Tupper dit qu'il a suivi cet exemple lorsque Îles chances de la guerre l'ont placé lai et son parti dans les froides régions de l'opposition, mais, les officiers et les soldats de son pa.ti l'ont sollicité à rester à son poste, et il est en consé: quence resté chef de son parti. Parlant de la prochaine confé- rence de Québec, il dit qu'il a- yait préparé un programine dé- taillé pour la campagne qu'il a entreprise cet été, mais il cousi- dère qu'il est de l'intérêt du pays—et le parti conservateur ne cherche que l'intérêt du pays—de remettre à plus tard la discussion de ces grandes questions. 11 fit aïlusion ensuite au cen- | flit hispano américain et aux re- | lations amicales qui en ont ré- suité pour les Etats-Ums et la Grande Bretagne et ses colonies. Le moment est donc favorable pour régler les questions pen- dantes entre le Canada et la ré- publique américaine. Sir Charles Tupper sollicite les électeurs de surveiller les listes électorales, à cause des changements qui ont été faits à la loi. 11 faut que la révision de ces listes se fasse avec le plus ‘grand soin, que pas un nom ne soit laissé de côté et que l’on as- sure ainsi un grand triomphe à notre parti le jour de la vota- tion. Il établit un parallèle entre le régime libéral et le régime conservateur, et il ajoute : “Je ne puis mettre le doigt sur un acte du gouvernement libéral qui ait béneficié an pays, qui ne soit pas la mise à sxécution de ia politique du parti conser- vateur.” Sir Charles termine en disant que les libéraux sont arrivés au pouvoir par une fraude, mais qu’il n'hésite pas à affirmer que les conservateurs l’emporteront aux prochaines elections, kind, as our family doctor caïled it, I had Sait Rheum of the worst and could not get anything to cure me. Î read of Burdock Blood Bitters, and determined to try it. 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