M “ [ i + - * y Te Do. + ” 2 RE ne paannn sn. I PRE ee PR RTL LL LIMPARTIAL ot délicate enfant de quatorze ans, un peu triste, toujours un peu malade, et pour laquelle le médecin avait recommandé un séjour de plusieurs mois au grand air, en pleine vie cham- pêtre. —-De préférence la Bretagne, avait-il ajouté. Et pas tout à fait sur la côte, à cause des vents. Après avoir longtemps et Yainement cherché un endroit qui lui plût et convint à sa fille elle avait fini par trouver, à trois kilomètres de la ville d'Auray, sur les bords du Loch, une maison charmante et très) ancienne, moitié ferme, moitié! château enfouie dans la verdure | et cependant ayant vue sur la rivière, par une large échap- | pée dans les bois. Ce qni la | décida, c'est qu'il n'y avait pas de landes aleniour, de ces landes mornes, comme elle en. avait vu dans la campagne de | Vannes et le pays Gallo, et qui | lui serraient le coeur de tris-| — Folle n’est pas le mot, re- partit l'épicière..……… Elle est fai- ble de tête, voilà tout..…..Mais bien adroite, et douce comme un agneau. —Enfin, envoyez la tout de mème !...1l faut que j'en sor- mis Et puisqu'elle est dou- 01: Le lendemain Mathurine Le Gorrec se présentait à Toulma- nach, au moment où Mme Le- chanteur et sa fille achevaient de déjeuner. —Bonjour, madame ! … C'est sans doute votre fille, cette belle demoiselle !...... Bonjour, mademoiselle ! Mme Lechanteur examina Mathurine. Celle ci avait un as- pect avenant, propre, l’air doux, |le visage souriant, les yeux un zeu étrang.s. Eile portait la coiffe des femmes d’Auray. Un petit châle violet, à franges, couvrait ses épaules ; une co- quette guimpe de fine jingerie ornait son Corsage. Sans doute l'examen fut favorable, car Mme Lechanteur demanda a- tesse et de peur vagues. Et puis | vec sympathie : le gardien qui l’accompagnait dans la visite domiciliaire lui avait fait remarquer, en ouvrant les volets, que, du salon, aux heures du flot, on voyait passer des lougres, des goélettes, et toutes les chaloupes du Boune, petit port de pêche situé près de là au confluent du Loch et de la rivière de Sainte-Avoye, Elle s'installa donc à Touima- vach. Ainsi se nommait la pro- priété. Avant de partir de Paris, Mme Lechanteur avait congé- dié ses domestiques se disant qu’en Bretagne elle en aurait autant qu'elle en voudrait, de tous les genres, et à meilieur compte Sur la foi de queique histographes romantiques, eile avait même émis cette opinion : | —En Bretagne, ce sont des, gens vertueux et quine man- | gent rien ; des domestiques d'a-| vant la Révolution ! Cependant, au bo t mois, quel désenchantement ! Elle avait eu douze d'un cuisinières et femmes de cham , bre qu’elle avait été lorcée, à peine arrivées, de renvoyer ; bonnes, : | — Alors, ma fille, vous dési- rer entrer icli comme cuisi- | pière ? | —Mais oui, madame ! avec ‘une belle dame comme ma:- dame ! avec uae belle demoi- selle ! Moi, j'aime les bons maitres. : —Vous avez été dix ans chez | Mme Créac'hadic ? | Dix ans, oui, madame ! Une bien bonne dame !....Et très! MONS Elle avait up râte- lier en or. Le srir, elle le met- tait dans un verre d’eau, pour qu'il baignce...C'élait très joli, très riche...Madame a sans doute un râtelier en or ? -Non, ma fiille ! répondit en souriant Mme Lechanteur. Que savez-vous faire en cuisine ! Mais }s yeux de Mathurine étaient fixés sur le parquet, ob stinément...……. Tout à coup, elle se baissa, s'agenouilla, et remena au bout de ses doigts ‘un fragmeut d’allumette. -C'est une allumette, ça ma- dame !..C'est très dangereux RAS Ainsi, madame, au Guc- inéné, une fois un homme avait posé une a:lumette près d’un les unes volaient le sucre, le paquet de tabac... L’allumette café, lea de-vie;les autres pris feu, le tabac prit feu, Ja dérobaient le vin et s'ivro- maison prit feu... Et l'on a gnaieut comme des brutes. Toutes étaient d’une saleté re- poussante. Celle-ci était plus insolente qu'une celle-là était partie voiontaire- mént parce qu'étant d'une con- grégation, elle ne pouvait cau- 4 ser avec un homme, le boulan-| ger, sous peine de péché mor- tel. Et Mme Lechanteur $£e désolait. Obligée le plus sou: vent de faire sa cuisin®, son ménage, de se livrer à dés be- sognes qui lui r pugnaien!, elle ne ce:sait de soupirer : _-Eh bien, voilà un repos? Quelle plaie, mon Dieu’ que que les domestiques | Et ce sont des Bretonnes, ça ©. .De; | de la. Bretonnes!...… Jamais vie. Elle alla conte ses peines. à l’épicière. _-Voyons, madame, vous ne Eu LE 0 connaîtriez pas quelqu'un *.… une bonne fille, une vraie Bre-| tonne ©? L'épicière hocha la tête. __C'est hien difficile, mada-} me, bien diflicile..……… _Jeue puis pourtant pas me passer de bonne : cria Mme Lechanteur. Sans doute, madame...J en connais bien une, une bonne fille, une bonne cuisinière, très douce,qnarante ans ! Nous l'ap- pelons Mateurine L2 Gorrec. Seulement elle est un peu drû- ee !.…. Elle est Je, un peu toquéc :.… poissarde :, retrouvé l’homme brülé, sous les cendres, avec deux doigts de moins. C'est très vrai, ce que je dis à madame...Ce n’est pas un conte !… Oui, ma fiile, mais que sa- vez-vous faire en cuisine ? -Madame, je prends deux o- rvilles de cochons, deux pieds d: co’hon, dn persil haché... Et je fais lougtemps lon gteinps, com- cuire l..C'est uu mandument de marine qui a-| vuit été au Sénégal qui m'a 19- pris cela...C'est très doux. Et ça cuit, madame, comme du ‘beurre, comme de la C’est très doux ! Et regardant autour d'elle. Oh ! mais l'habitation est très jolie, ici... il y a du bois! Seulement je tiens à préve- nir madame que les bois sont dangereux...li y a des bêtes dans les boiïis...Ainsi, madame, ce que Je dis à madame, est très vrai, Ce n’est pas un conte | ainsi, MON PÈre, UN SOIT we... pailie… —Est-ce que vous n'avez ja- |mais été malade ? interrompit Mame Lehanteur, inquiète de | ces propos incohérents. | -Jamais, madame...Ainsi la sonnette de Mme de Créac’ha- dic,-une grosse sonnette,-m'est tombée sur la tête...C'est très | vrai, ce que je dis à madame... | Eh bien, je n'ai rien eu à la tête.….Et c'est la sonnette qui [n'a plus sonné !...Ce n'est pas coup, aveuglée par la fumée, 1 LE N1D DE FRELONS restée dix ans chez Mme de lun conte. THE SL AUGHTER $ ALES pr Créachadic, votre voisine, sur Elle parlait d’une voix douce Mme Lechanteur, veuve d’un |la rivière. et chantante. Et cette douceur, a, pee et , honorabiement —Mais si elle est folle ? inter. et ce chantonnement tranquil- Der Re LR si US Du ang le quartier des |rogea avec effroi Mme Lechan |lisaient un peu la pauve veuve, “re 7 RÉ EE e. , alles, avait quitté Paris au dé-|teur. malgré le décousu et l’incom- 7 RME D 4 but de l'été, avec sa fille, frèle it” ——_—_—" préhensible verbiage de Ja bonne. Et puis était lasse de jouir du plaisir de la campagne, d’avoir quelqu'un qui püt gar- der, elle absente, la maison. Justement, ce jour-là elie avait projeté de faire une excursion en rivière, de visiter le golfe si gai du Morbihau, les dolmens de Gavrinis, l'ile aux Moines. Elle avait loaé un bateau qui l'attendait... L'heure de la ma- rée passait... Elle engigea Mathurine. Et après lui avoir donné des ordres pour le diner, elle partit. On verrait plus tard. 11 était huit heures du soir, quand, déliciensement fati- guées et ravies de leur prome- nade, elles débarquèreut non loin de leur propriété, masquée à cet endroit par une élévation verdoyante de la rive. -Comme ça sent le roussi ! fit-elle. En même temps, au-dessus des arbres, dans le ciel, elle vit une colonne de fumée épaise et noire qui montait. Et il lui sembla entendre des clameurs des cris, des appels sinistres de de voix humaines. Mais que se passe-t il donc ? se demanda-t-elle prise d’an- goisse...On dirait que c’est a Toulmanach. Vite, elle escalada la rive, coupa par les bois, courut…. Quelque chose rougeoyaitentre les feuilles...Les clameurs se rapprochaient....les cris se fai- saient plus distincts. Et, tout à étourdie, bousculée, elle se trou va dans la cour et poussa un cri d'horreur. De Toulma- nahe, il ne restait plus rien. plus rien, que des murs eflou- drés, des poutres embrasées, des cendres rouges qui crépi° taient et fumalent. Calme, - souriante, coiffe blanche, son petit châle violet et sa gulnpe bien pro pre, Mathuriue était auprès de sa maitresse. —C'est très curieux, ma- dame, dit-elie. C’est un nid d: fre'ons...Mon Dieu oui, un nid de frelons ! | Et comme Mme Lechanteur restait là, muette, les yeux fixes, ne comprenant pas, Ma thurine reprit de sa voix chan- tante : —C'est un nid de fielons. | C'est très vrai ! Quaud ma- | dame a été partie, J'ai visité la! maison...Je suis montée au gre | nier.…Un bien bean grenier! qu'avait madame..Daus un troa de la charpente, il y avait! au nid de frelons. C'est très! méchant, cela, madame ; cela! petites bêtes.…Au Guéméné, quand on ‘rouvre un | nid de frelons, on les enfume.. | Et ils meurent tous. Et ils ne) | piquent plus....Alors j'ai appor- | té un fagot.…..j'ai mis ie feu au fagot…..le fagot a mis le feu à la charpenie...la charpente à mis | le feu à la maison qui était très) avec sa: pique, ces vieille.….Et voila !......... I n'y a plus de nid de frelons, il n’y a plus de maison... 1] n’y à plus rien !.… Octave Mirbeau. —— Your Stomach Distresses You aftereating a hearty meal, and the result is a chronic case of Indiges- tion, Sour Stomach, Heartburn, Dyspepsia, or a bilious attack. RIPANS TABULES Prom igestion, late e LR. dre and Bowels, FA the Blood, and are a Positive Cure for pati n, Sick Hendache, Bil- En — all other Diseases arising a disordered condition of the Liver and ns. They act gently yet promptiy, and Se es i shoul be kept {or use in 0 < ne me Price, 50 Cents a box. At RIPANS CHÉMIC LC fl co 1 10 SPRUCE ST, New Yogx. — D — I have been waiting for developments for the true inwardness of these sale. In many cases the prices are increased 30 per cent. AND THEN REDUCED, bring- ing them back to par. Customers WHO KNOW THE VALUE of Goods will Find my prices as low as any in the market and the largest Stock in the County to select from. 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