SR A MMM es SHOT DÉ HP Mosclier LA CIE. DE PUB. DE L'IMPAR TTAZL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. I, NO. 5. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 28 FEV. 1901. 8 ANNEE. - La MECHE D'Or. - 0000000% PREMIERE PARTIE (suite) — Oh ! Mon Dieu ! mon Dieu! Et cela, d‘une voix si lamen- table, que les deux hommes et les deux femmes qui l‘entendi- rent en furent tout remués. 1: 8e levait et allait sortir ; maisil regarda encore le cadavre de son père. Et la vue de ce cou- teau planté en pleine poitrine lai fittant de mal que, sponta- nément, il se baissa et :'arracha. Le sergent de ville, ayant en tendu des pas, s'avança st ou- vrit la porte de la salle à man- ger, à la minute même où Serge tenait, dans ses mains, le cou- teau qui avait servi à tuer son père. Le concierge, sa femme et Julie restaient en arrière, épouvantés. Sergese détachait, tout sanglant dans la lumière de la lampe. Le gardien de Ja paix arma rapidement son revol ver et mit Serge en joue. —N'essayez pas de me résis- ter, dit-il, car je ferais feu ! — Vous résister ? Et pour quoi ? demanda Serge en trem- blant. —Quand on a fait nn mau vais coup, on est bien oapable d'en faire un second. Qui V0 1... s'écria Serge, au oomble dela stupé- faction Qui. Lâchez moi ce cou- teau, et vivement ! Machinalement, Serge laissa tomber le couteau à terre L’a- gent de la paix se rapprocha de Serge et lui mit la main au col- let, tandis que Julie balbutiait : —Le malheureux ! 1l a tué son père |! [1 PARRICIBE. Une demi-heure s'était à peine écoulée depuis l'arrestation de Serge, et déjà ane énorme foule se massait dans la rue de Rome, commentant avee vivauité ce orime épouvantable, dont on ne oannaissait pas encore les dé- tails. Ou ne savait hien sûre- ment qn'une chose, c’est qu’on avait surpris un fils tenant cnco- re à la main le couteau avec le quel il avait frappé son malheu- reux père. Oas2 montrait la porte de la maison, gardée par des agents ; puis, sur l'assurance que j’appartement, où avait été commis le crime, “dounait sur la gare Baint Lazare, la plupart des curieux allaient jusqu'au pont de l'Europe et, par ies ou- vertures de la charpente de fer cherchaient les fenêtres de cet appartemant. Oe qui étonnait le plus vivement, e’est que l’as- sassin, disait-on, n'avait fait au- cune tentative pour s'échapper, et qu'il attendait, avec la plus] grande assurance, l'arrivée des magistrats, protestant haute. ment de s2n innocence. Ou parlait aussi, mais plus vaguement, d'une femme qui s'était enfuie de la maison, a l'heure même où se commettait le meurtre, et dont un gardien de la paix avait pu suivre la XX0000000 trace. — Quelque coquine, affirmait: on, qui l'aura aidé à assassiner son père ! Enfin les mauvais plaisants assuraient que cet homme de- vait être innocent, parce que sans oela, la police ne l'aurait Pas arrêté : Car on traversait une époque de crimes mystérieux, dont les auteurs restaient tou- jours inconnus. Tont à coup, une voiture fendit cette foule et s'arrêta devant la maison du orime. En même temps, le bruit se répandit comme une traînée de poudre : — O'est le chef de la sûreté. Un farceur s’écria ! — Oette fois, du moins, on ne pourra pas l'accuser d'arriver trop tard ! Boutade qui fut acoueillie par un immense éclat de rire. Le chef de la sûreté, nommé depuis quelques mois, avait eu bien peu de chance jusque-là pour (l'arrestation des criminels ; et c'était lui que les Parisiens, à |tort ou à raison, rendaient res. ponsable des lenteurs dés?spé- rantes de la police. Aussi, lors- que le commissaire de police du quartier était venu le prevenir, avait-il tout quitté pour com- imédiatement son en- ‘endant la route, le commissaire lui avait raconté ce qui s'était passé ; et le magis- trat lui avait répondu joyeuse- | ment : —Nous allons pousser, dès ce nencer 1! quête. soir, notre enquête à fond. Et demain, quand le procureur de la République confiera l'affaire à un juge d'ivstruction.…., l'ins- traction sera déjà faite. { 11 était ravi de tenir enfin un criminel et se frottait les mains en réfléchissant à la manière dont il conduirait ses premiers interrogatoires. Dans le bas de la maison, il trouva le conaierge, sa femme et la bonne, Julie qui racontaient pour la dixième fois, à un groupe d'agents, de quelle façon ils avaient découvert l9 cadavre. —S'est-il passé quelque chose depuis tout à l'heure ? demanda | ie magistrat, — Non, monsieur. — Le préveuu est toujours là- haut ? —Oui, monsieur, l'agent qui l’a arrêté, — Et personne n'est monté ? demanda le commissaire de po- lice. —Non, monsieur. Vous trou- verez toutes les choses exacte- ment dans le même état que lors- que vous êtes parti. —6G'est bon. | Puis, se tournant vers les con- cierges et vers Julie, il ajouta : — Veuillez noas suivre. Arrivé au quatrième étage, le chef de la sûreté interrogea d'’a- bor d Julie : — Vous étiez la bonne de la malson ? gardé par —Oui, monsieur. Ty à Le | 61 à 6 à y . —Depuis combien detemps, |S01t déjà présentée à votre es | — Depuis trois ans. Le magistrat fit dire à la bon:- ne sou nom de famille, Prestat, { son âge, quarante ans ; puis il lui demanda de raconter ce qu’elle avait vu. 11 voulait reconstituer toute la scène de suivie. Sur son ordre, un des agents ferma la porte de la salle à manger, pendant que Julie allait vers la porte de l'escalier de service. —Quand je suis revenue, dit- elle, je n’ai d'abord rien remar- qué, si ce n’est qu'on n'enten- dait aucun bruit. La porte de l'escalier de serviee était fermée comme d'habitude; j'ai ouvert et me suis glissée doucement dans ma cuisine. L'entrée n'’é- tait pas éolairée. — Et la grande porte ? — Attendez !...Au bout d’nue minute, je suis venue dans l’en- trée, avec ma lampe ; et c'est a- lors seulement que j'ai vue la porte grande ouverte. Ca m'a étonnée. J'ai voulu pénétrer dans la salle à manger, où je n'entendais rien... Et j'ai aperçu ce filet de sang, que vous voyez là, et qui commence à se coagu- ler. Naturellement, j'ai eu peur Je suis descendue comme une folle et j'ai demandé à la con- clerge de remonter avec moi... Elle est allée chercher son ma- lri, quiest arrivé avec un gar- } + | dien de la paix....Nous som- mes remontés ici......Æt nous a- |vons entendu un soupir à vous fendre l'âme...Le gardien de la paix a ouvert la porte Et nous avons vu M. Serge debont, auprès du cadavie de son père tenant un couteau à ja main. Julie s'arrêta et porta son mouchoir à ses yeux. — Et c'est tout ? fit le magis- trat. —Oui, Monsieur, c'est tont. —Ceperdant on m'a assuré que vous aviez prononcé quel- ques paroles à ce moment là ? — Je ne me souviens pas bien, Monsieur. —ÆEh bien, je vais aider votre mémoire ; vous avez dit : “Le malheureux, il a tué son père !” Julie ne répondant rien, le magistrat reprit sévèrement. —Avez vois dit cela, oui ou non ? La pauvre fille balbutia en pleurant : — C'est vrai, Monsienr, j'ai dit cela ; mais ce sont de mau- vaises paroles que j'ai pronon- cées sans Savoir.….je n'ai pas vu autre ehose que ce que je vous ai raconté.....Jene puis donc pas dire quiatué mon maître. —Pardon, Mademoiselle. J'ad- mets très bien l'exactitude de votre déposition ; elleest d’ail- leurs fort naturelle. Mais, si vous avez prononcé ces paroles, c'est parce que vous croyiez Serge Morain capable d’avoir tué son père. Voulez vous me dire les raisons qui vous font | croire cela ? Julie leva ses yeux étonnés sur le magistrat, qui eontinua d’une voix ferme : Poar que cette accusation ait été si promptement et si nette. | ment formylée par vous, il fant que l’idée d’un pareil crime se |nrit… | —Jamais, Monsieur! M. Serge (suite à la 8me page.) l'assassinat et celle qui l'avait l Dr. Murphy PHYSICIAN AND SURGEON First Prize Graduate New York Uziversity TIGNISEH, ..... .. P.E. I. 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