A D CR Re Zee D mm mr RE HR re, GLS AR pps L’'IMPARTIAL JEUDI LE 19 DEC, 1901 La Jeune Fille Pauvre de quelle façon il ma traité... C'est vrai...Que faire, mon, Dieu ? Ce soir, en votre nom, lui donner son congé. Elle part demain à la première heure, et demain, M. Philippe apprend qu'elle a tout avoué. Ce serait un mensonge. La vérité, madame. Je lui ferait avouer son amour, car elle l’aime, et je le lui pronve- rai. N'est-ce pas suflisant ! Pour tous, vous aurez agi en mère prudente. et votre frère vous restera. Madame Lobeau était s1 ab sorbée qu'elle ne s'était pas a- perçue du ton familier qu'avait pris Anatole: Ejile ne se sentait pas saüs reproches, et les rai- sonnements du précepteur lui étaient indispensables pour ré- gulariser sa conduite à ses pro- pres yeux. SANDERS Elle voulait se débarrasser de la jeune fille ; il lui fallait an prétexte. Ce prétexte ini était offert. Le repousser, était s-lon elle, une faute ; l’accepter, une faute aussi ; garder Fernande devenait nn danger, il était ur- gen: de la condaraner au dé-| une chaise, et, les coudes appu: yés sur sa table de travail, te- nant sa tête à deux mains, elle écoulait, trsublée et anxieuse. Taisez-vous, taisez-vous, M. Philippe, murmura-t-elle enfin, VOus ne voyez done pas que vous me torturez ! Ah !je de- viue maintenant ! Moi, la fem- me d’un tel homme ! Jamais !… Vous ne l’aimez done pas ? Eh ! qu'est ce que l'amour, sinon la fusion de deux âmes. Avez-vous pu penser que Ja sieaue fut ce soufle qui avait pa m'attirer ? Ainsi donc, vous ne l'aimez pas ? répétat-il avec une joie contenue, Soyez bénie pour cette parole, Fernande, car cet amour c'était ma perte. Ne plus vous voir, vons entendre, he plus respirer le même ai! que vous, c'eût eté un supplice : vous Savoir à un autre, c'était la mort. Mes jours d’angoisses, mes nui:s d'agonie qui oserait le décrire, Fernande ?....… M'ai- mez-vous un peu ? 11 l'avait attirée sur sa poi- trine, et son regard, noyez dans le sien, était plein de supplica tion et de crainte ; et eile, ca- chant son front sur ce sein ami, elle murmura : Phitippe, ne me le demandez pas. part. Au reste, ce secret, dont | Minute suprême où le bon- parlait le docteur, que! pouvait. /heur est pur et sans mélange, il être, sinon un acte déshono où l'âme plane vers des sphè rant ? 11 y avait là un doute res sereines ét sent paipiter en dures nécessités et d'impérien- ses rigneurs. Vivous d’an souvenir, ami. O'est déjà beau coup pour moi d'avoir senti battre près du mien un coeur loyalet digne. Je vais "ous paraître étrange, inexplicable. Je ne suis qu'une fille pauvre et je repouse l'offre de vote main paroe que ma position m‘empéche d'accepter la vôtre sans rougir, Ce n'ert pas mn vain orgueil, vous le reconnai- trez un jour. Ne me tentez pas mon ami! Dieu, mor devoir sauraient me défendre contre moi-même. Si jétais pauvre, si, pour vous, je consentais à le deveni:. Seigneur ! il ne comprend pas qu ii me brise et que tout m'in terdit le mariage ! Elle prouonça ces mots d'un: voix 81 déchirante que Philippe la zapprocha de lui comme jour la protéger contre le danger qui semblait planer sur elle. Elie se dégagea doucement, et allait sortir sans attendre sa réponse, lorsque Hermine fit irruption dans Îa pièce, portant triom- phalement un billet d'invitation pear un concert organisé, en faveur des pauvres, pas mada me la sous-préfette de... Sa mère consentail à l'accompa- gner .De là la joie abs rbaate de la jeune fille. En toute autre circonstance, elle se serait vite aperçue de l'émotion de son on: cle et de Fernande. Le billet qu'en toute autre circonstance, | elle aurait approiïondi d'abord, mais la situation était préssente; | impossibie de reculer. Voilà comment madame Lebeau . ac-! cueillit favorablement la propo. sttion Qu précepteur ; comment aussi elle devint son complice. À cette même heure, Fernande | s'interrogeait devant Dieu, et. coufiait à son ministre la garde | de son âme pure. | XL OU LE COEUR N’A PU $E MAIRE | Le matin du même jour, à un | moment où il savait trouver! Fernande seule dans la salle! d'étade. Philippe, n'en pou:| vant plus, torturée par l’idée du | mariage de ja jeune fille, par le! besoin d'entendre de sa bouche! ce qu'il appelait son arrêt, avait | êté la trouver. C'était la pre-| mière fois qu'il lui parlait sans | témoins depuis le dernier aveu | elle quelque chose de l'infini. Vrai, bien vrai ? reprit-il avec une Jenteur tendre. Laissez- moi encore vous regarder pour me persuader que je ne me troupe pas. Et il relevait les bandeaux touffus de sa cheveiure. Que nous sommes heureux ! souplaitil, Fernande, votre uom est doux au parler. Je l’ai répété bien des fois. Vous ne m'avez pas ewtendu ? Et il lui faisait mille questions pour savoir com ment son amour était né ; depuis quand elle a- vait senti soa cœur battre. A quoi elle ne savait répondre par un sourire ou un silence qui la révélait dans l’exquise pureté de ses aspirations. 11 l'avait tait asseoir sur une causeuse et ni dévoilait son af. fection mais comme à un ange dont on craindrait de ternir les ailes. 1lluai parla de sa trans- sauva |a situation. À revoir ! murmurat il, tandis que sa nièce s'installait devant son bureau pour remercier Ja sous-préfette, et disait à Phi- lippe : Mon oncle, vous serez des nô- tres? Oh! la charmante soi. rée ! Fernande ne l’écoutait pas. XUI LE GOLGOTHA APRES LE TIHABOR Tout s'était passé pour les jeunes filles selon les désirs de M. Anatole Philippe ne repa rut pas après la scène rapportée plus haut, et se fit servir chez lui, ce qui lui arrivait parfois. A sept heures, il fit seller son cheval et sortit. Où allait-il ? (Qui sait! À aeuf heures, il is'arrêtait devant l'unique an. berge de la première station du du chemin de fer, appelait un garçon, Jui confiait sa montnre qui n'avait pas été compris. | lormation, de la vis végétative|avec recommandation de la soi- Tous les deux restèrent d'abord | muets et embarrassés, 1l était | fort pâle, elle se sentait rougir, | et, soit sarprise, soit joie, l’une! et l’antre, peut être, son cœnr! bondissait dans sa poitrine, et sa paupière se baissait devant. le regard de Philippe. Celui-ci! mitenfin un terme à cette si—| tuation, et, après quelques ba | nalités débitées des lèvres, il | lui dit d'une viox émotionnée : Mademoiselle KFernande, puis: Je, dois-je vous féliciter du bon: heur qui se prépare ? La jeune fille leva sur lui son grand œil interrogateur. | Eh! quoi, poursuivitil, on croirait que vous ne m’entendez | pas. On ne parie que de cela autour de moi, et avant de lais ser Savancer Gavautage Ja chose, j'ai vouin rous consulter. | connaître vos désirs, votre pen. sée qui, quoi qu'il en doive coû ter, seront toujours Soyez confiante vous l’aimez bien. Qui ? exclama-t-elle avec stu- Peur. | Se seront-ils trompés ? Qui Lui, mademoiselie, celui que l'on vous destine, celui que vo-| tre coeur a chojsi et dans ja main duquel vous placerez la! vôtre, celui qui eus sépare pour toujours, Fer nande. et pour le- les nôtres. avouez que qu'il menait avant de l'avoir connue, de sa lutte, caril avait latié centre oe penchaut qui l'entrainait vers elle : de ses hésitations, de ses désespoirs, de ses espérances, de ses émo- tions. Cela est ie passé, continua t il. Nous nous aimons, voilà le weil leur des banmes. Je me sens fort désormais. Ne dois-je pas l'être pour deux ? Aujourd'hui, ma fiaucée devant Dieu, Fer. pande, et sons pu ma compa. gne ss... Ce serait trop beau, mon ami, Iinterrompit-elle avec effort. Oui, nos âmes sont bien sœurs etun lien impérissable, peut être, les nait, et pourtant, Philippe, j'ai été lâche {ont a l'heure je devais rester muette, impassib!'e ! Vous avez fait éclater en’moi une chaleur, une flamme inconnne, je me connais, enfin, et j'ai été heu. reuse. Soyez le toujours. mes no48 pas libres ? Je ne le suis pas. Mariée ? Non. Alors ? Le devoir nous sépare. Ne som- À deux certe charge sera plus légère. Dites, que faut il fatre? Rien, mon ami, qu'oubiier quel un autre que lui doit ou-/cette heure. blier que vous existez. La jeune fille était tombée sur! | | Autant blasphémer Dieu. gner jusqu’à son retour, et ilse dirigeait vers la gare. La pluie ruisselait sur son imperméable ; il ne s’en aperçevait même pa. À dix heures quinze, il mon- tait dans un train de passage e filait vers Orléans. Où allait-1il ? et iui Seuls, Dien et le savaient. Arrivé à | Orléans il prit le train de Paris. | Plusieurs fois, pendant je ira- ijet, il avait lu la lettre du doc- | deur Atfant. | | | These pills are a specific for all | diseases arising from diso“dered | nerves, weak heart or watery blood. | | They cure palpitation, dizziness, |smothering, faint and weak spells, | shortness of breath, swellings of feet | and ankles, nervousness, sleepless- |ness, anæmia, hysteria, St. Vitus’ | dance, partial paralysis, brain fag, | female complaints, general debility, AT THE TIGNISH Jewelry Store OR C. M. B. A. Pins, Handsome Lockets, Chaïins, : Stick Pins, The never slip collar Button, Cuff Links, Fancy Clocks, Parlor Clocks, Dining Room Clocks, Bed Room Clocks, Kitchen (Cilocks. WATCHES. All the above at price—just right L. S. Perry. Hemorroides Gueries Environ une personne sur quatre souffrent des Hémorroides déman- geantes, saignantes ou saillantes. 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